Le Traité Antarctique
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Description

L’Antarctique est, depuis les premières missions d’exploration qui s’y sont aventurées, un intarissable réservoir de découvertes.

La recherche scientifique qui y est menée concentre toutes les questions d’intérêt sociétal et environnemental du moment : changements climatiques, montée des océans, érosion de la biodiversité...

En pleine guerre froide, sept pays revendiquant une partie du continent (Argentine, Australie, Chili, France, Nouvelle-Zélande, Norvège et Royaume-Uni) décident de geler leurs prétentions territoriales et, avec les États-Unis, l'URSS, le Japon, la Belgique et l'Afrique du Sud, signent le 1er décembre 1959 à Washington le Traité sur l'Antarctique.

Le Traité sur l'Antarctique est un document historique et diplomatique exemplaire ou comment des États territorialement rivaux se sont réunis pour garantir la liberté de la recherche scientifique et la coopération internationale pour faire de l'Antarctique un continent de science et de paix.


Avec un avant-propos de Yves Frenot, Directeur de l’Institut polaire français Paul-Émile Victor (IPEV) ; Président du Comité de protection de l’environnement établi par le Protocole de Madrid.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 16 avril 2013
Nombre de lectures 22
EAN13 9791092305043
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Le Traité sur l'Antarctique
Avant-propos de Yves Frenot

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L'avant-propos et l'introduction sont tirés de l'ouvrage Antarctique, une explosion de vie , publié par MkF éditions en coédition avec le Muséum d'histoire naturelle du Havre à l'occasion de l'exposition "Antarctique, une explosion de vie" .


© MkF éditions, 2013 - pour l'édition numérique
Avant-propos

Le continent antarctique fait partie de ces rares terres qui auront attendu jusqu’à très récemment pour être découvertes et donc influencées par l’homme. En 1773, James Cook fut le premier navigateur à s’en approcher et à en faire le tour, sans le savoir… Ce n’est qu’en 1820 que le Russe Fabian Von Bellingshausen aperçut pour la première fois cette terre, qu’il nomma « Alexandre-Ier », et c’est en 1840 que Jules Dumont d’Urville découvrit quelques îlots au large de ce qui est aujourd’hui la Terre Adélie. Puis, il faudra attendre une cinquantaine d’années avant que des progrès significatifs soient faits dans la connaissance de cette région du monde, mais l’évènement majeur qui marque un véritable tournant dans l’histoire de ce continent fut l’Année Géophysique Internationale de 1957-58 (AGI).

Le succès de l’AGI à laquelle ont participé plus de 25 000 scientifiques, regroupés au sein de 4 000 organismes représentant 67 nations, a attiré l’attention du monde entier sur l’intérêt scientifique dec l’Antarctique. En pleine guerre froide, sept pays dits « possessionnés », car revendiquant une partie du continent (Argentine, Australie, Chili, France, Nouvelle-Zélande, Norvège et Royaume-Uni) décident alors de geler leurs prétentions territoriales et, avec les États-Unis, l'URSS, le Japon, la Belgique et l'Afrique du Sud, signent le 1er décembre 1959 à Washington le Traité sur l'Antarctique. Celui-ci, entré en vigueur le 23 juin 1961, compte aujourd’hui 50 États signataires. Il pose les principes qui doivent garantir la liberté de la recherche scientifique et la coopération internationale sur toute la surface qui se déploie en dessous du 60e degré de latitude sud. L’Antarctique devient une « Terre de paix et de science », un continent où la connaissance scientifique ne serait pas monnayable, où les données tirées de l’observation deviendraient immédiatement patrimoine commun de l’humanité et où la solidarité serait la règle et la concurrence l’exception.
Mais assurer la paix et la liberté de la science en Antarctique est rapidement apparu insuffisant, et les signataires ont réalisé dès les années 1980, alors que s’ouvraient des perspectives sur l’exploitation des ressources minérales du continent, qu’il fallait aussi prendre de fermes résolutions pour préserver cet environnement exceptionnel et en faire une réserve naturelle mondiale. Le protocole pour la protection de l’environnement signé à Madrid le 4 octobre 1991 est alors venu renforcer et étendre dans ce sens le Traité sur l'Antarctique. Il prévoit une protection environnementale de ces terres comme il n’en existe nulle part ailleurs sur notre planète. Le protocole de Madrid établit notamment un moratoire de 50 ans sur l’exploitation des ressources minérales (renégociable à son terme, mais dans des conditions telles qu’il sera difficile, pour les pays signataires, de revenir en arrière). Dès son origine, il fut complété par quatre annexes techniques qui établissent une série de principes fondamentaux et de règles obligatoires qui s’appliquent aux activités humaines dans l’Antarctique. Elles traitent respectivement des études d’impact, de la protection de la faune et de la flore, de la gestion des déchets et de la prévention de la pollution marine. Par la suite, une cinquième annexe sur la gestion des zones spécialement protégées, ajoutée et entrée en vigueur en 2002, permet de classer un certain nombre de sites spécialement protégés ou gérés ainsi que d’identifier plusieurs monuments et sites historiques de l’Antarctique. Enfin, en 2005, une sixième annexe est adoptée, précisant le régime de responsabilité en cas d’atteinte portée à l’environnement. Cette dernière annexe n’entrera en vigueur qu’une fois ratifiée par toutes les Parties consultatives, ce qui n’est pas effectif en 2013.

L’Antarctique est, depuis les premières missions d’exploration qui s’y sont aventurées, un intarissable réservoir de découvertes scientifiques. Les 2000 mètres de glace, en moyenne, qui coiffent la quasi-totalité de ce continent représentent un volume de 30 millions de km3 d’eau douce gelée dans laquelle des bouleversements climatiques successifs ont laissé leur empreinte. Les espèces animales qui vivent sur le pourtour du continent – manchots, phoques, pétrels – sont autant de témoignages de l’extraordinaire capacité d'adaptation du vivant aux milieux les plus inhospitaliers. En un mot, l’Antarctique regorge de secrets à livrer et de données à fournir, si bien qu’on le présente parfois comme un gigantesque laboratoire, un lieu rêvé pour de nombreuses disciplines scientifiques, un idéal polaire, loin de l’agitation du monde et des hommes.

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