Les Victimes de la coutume
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Les Victimes de la coutume , livre ebook

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Description

« Les Victimes de la coutume », c’est l’histoire tragique de Diaz et Elem, deux jeunes gens qui, sous l’emprise d’un conformisme congénital aux us et coutumes de leur milieu d’origine, acceptent de s’engager pour la vie.
Malheureusement, à peine quelques semaines de mariage, Elem développe des troubles de comportement. C’est le déclenchement d’un drame familial et social aux conséquences fatales. Les longues et dures pérégrinations entre la ville et le village, entre les centres hospitaliers et les officines des guérisseurs traditionnels, ponctuées d’intenses séances de prières de délivrance, n’auront rien apporté.
L’irréparable survient et menace dangereusement des alliances scellées depuis l’aube des temps. D’où la convocation de la palabre, solution idoine pour réconcilier des familles déchirées à la suite de ce drame. Dans cette agitation, la précarité de la vie humaine n’a d’égal que la victimisation à tort ou à raison des protagonistes face à la violation des interdits de la coutume.
Qui sont-elles donc ces victimes de la coutume ? et de quelle coutume se réclament-elles ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 23 août 2018
Nombre de lectures 10
EAN13 9782312060606
Langue Français

Extrait

Les Victimes de la coutume
Jules Lubuma
Les Victimes de la coutume
Drame
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2018
ISBN : 978-2-312-06060-6
Avant - propos
Au moment de publier ce livre, il est important de rappeler que c’est le 29 février 1976, dans la salle polyvalente du Lycée Siama, à Kikwit Sacré-Cœur, dans le Bandundu, en République Démocratique du Congo alors Zaïre, que la troupe estudiantine « Les Masques » de l’ ISP / KIKWIT présenta pour la toute première fois la pièce « Les Victimes de la coutume » . En septembre de la même année, elle fut représentée avec succès au Festival National de la Culture et des Arts, à la Foire Internationale de Kinshasa, par le Théâtre provincial « Craie » du Bandundu.
Depuis lors, d’autres représentations ont eu lieu, notamment en soirée de gala, à Kinshasa, en la Salle Mongita, le 30 juin 1979 par la Compagnie du Théâtre National, antenne provinciale Bandundu.
« Les Victimes de la coutume », c’est l’histoire tragique de Diaz et Elem, deux jeunes gens qui, sous l’emprise d’un conformisme congénital aux us et coutumes de leur milieu d’origine, acceptent de s’engager pour la vie.
Seulement voilà ! À peine quelques semaines de mariage, et le jeune couple est confronté à une expérience malheureuse. Elem développe des troubles de comportement. C’est le déclenchement d’un drame familial et social aux conséquences fatales. Les longues et dures pérégrinations entre la ville et le village, entre les centres hospitaliers et les officines des guérisseurs traditionnels, ponctuées d’intenses séances de prières de délivrance, n’auront rien apporté.
L’irréparable survient et laisse propager interrogations, angoisses et émotions de nature à alimenter la rumeur, à entretenir la médisance et à faire planer le doute sur les protagonistes de la crise quant aux circonstances funestes et occultes de la disparition inopinée d’Elem .
C’est la toile de fond de la pièce et le prétexte à la tenue de la palabre, solution idoine pour réconcilier des familles déchirées à la suite de ce drame. Outre l’éternelle question sur le mystère de la mort, la précarité de la vie humaine n’a d’égal que la victimisation à tort ou à raison des personnages face à une certaine coutume qui expose au grand jour ses propres insuffisances.
Qui sont-elles donc ces victimes de la coutume ? et de quelle coutume se réclament-elles ?
Dans un environnement enclin à la suspicion et aux rumeurs, l’émotion est à son comble et le commun des mortels semble s’accommoder de simples supputations. Qu’à cela ne tienne !
Première victime : Elem , la défunte, absente du début à la fin mais son ombre plane sur la pièce du premier au dernier acte. Sa maladie et les circonstances de sa mort demeurent un mystère. Qu’a-t-elle fait pour mériter un tel sort ? Il faut aller interroger la coutume de ses ancêtres, croit-on savoir, pour tenter de répondre à la question.
Deuxième victime : Kapita , également absent mais faisant toujours parler de lui et diabolisé à souhait : honni de tous, c’est l’homme sans qui rien ne serait arrivé. Mais où est sa victoire, à en croire les circonstances de sa propre mort ?
Autres victimes : les clans Kikosi , Mbelo et Misengi , frappés de malédiction pour amnésie collective du fait d’avoir ignoré des interdits de la coutume.
Enfin Diaz dont les choix semblent plutôt obéir à un conformisme inné dans la manière d’assumer ses propres responsabilités d’époux, en dépit de son niveau d’éducation, de son rang social et de son statut professionnel.
Au-delà de toutes ces considérations, la mort de par son caractère inéluctable impose à la communauté un modus vivendi consacré en l’occurrence par la palabre comme mode de règlement coutumier des conflits collectifs et communautaires.
Le lecteur voudra bien accorder le bénéfice de l’indulgence à une œuvre de jeunesse dont la toute première mouture date d’il y a plus de 40 ans mais dont le sujet reflèterait encore l’approche existentielle à travers les villes et villages congolais d’aujourd’hui. Tout en essayant de la réécrire et de l’actualiser, nous avons voulu néanmoins en conserver un fond d’originalité à travers la théâtralisation d’un récit plutôt dramatique, en ce qu’il met en scène des personnages beaucoup plus parlants qu’agissants, sur une thématique essentiellement passionnante et subjective.
Il convient de noter que cette pièce, bien que s’inspirant d’un fait vécu, demeure une construction littéraire et artistique. Par conséquent, toutes ressemblances et/ou similitudes au cadre physique, aux actes et paroles des personnages n’ont nullement l’intention de reconstituer la réalité vécue. Que tous ceux qui pourront se reconnaître à travers les noms, le comportement et les paroles des personnages ne s’en trouvent pas intentionnellement visés.

L’auteur
À mon très regretté frère et ami,
Roger Pambu Gollah Parroy
Personnages
C LAN M ISENGI
Diaz, 32 ans, Ambassadeur itinérant
Mbaro, son oncle, 75 ans, Chef de clan
Mbu et Mpia, ses oncles, 28 ans
Kanda, son frère, 35 ans
Ngway, sa mère, 50 ans
C LAN M BELO
Mala, 80 ans, Chef de clan
Mianzi, sa cousine, fille de Mbaro et belle-mère de Diaz, 40 ans
Mboma, son neveu, 25 ans
C LAN K IKOSI
Ntoni, 60 ans, Chef de clan, époux de Mianzi
S AGES N OTABLES
Mbaku, 65 ans
Bipele, 55 ans
A UTRES PERSONNAGES
Mfumu Nkento, 60 ans, Chef du village
Za, son Assistant, 45 ans
Alingi, 35 ans, une veuve
Milolo, 18 ans, un jeune du village
Des figurants, jeunes et vieux
Acte I
Décor . Le village Eyana . Sous la véranda d’une maison en matériaux durables qui donne sur la place du village. Côté cour, la porte à double battant, en bois massif, par laquelle s’effectuent le plus souvent les mouvements du clan Misengi . Côté jardin, par où accèdent tous les autres personnages, la place du village avec, en vue panoramique, un important alignement des palmiers et divers arbres, surplombant des cases dont les murs sont en pisé et les toits en chaume. Quelques maisons en matériaux semi-durables, mi chaumes, mi tôles, parsemées ici et là. À l’arrière-scène, une piste en terre débouchant sur des villages voisins perceptibles à l’horizon. La pièce est sobrement meublée d’un grabat et d’une chaise longue non loin de la porte. En cas de nécessité, chacun des personnages se présente muni d’une chaise.
S CÈNE 1
Côté cour
K ANDA
Pensif , assis sur le grabat.
Cette nuit, j’ai vu en rêve mon frère Diaz , au moment où une longue et violente dispute nous opposait aux clans Kikosi et Mbelo . Mon Dieu ! Est -il possible que la mort d’Elem , à elle seule, vienne briser des alliances scellées, par nos aïeux, depuis l’aube des temps ?
Soudain , des coups de klaxon entrecoupés qui se rapprochent davantage. Puis des cris, des bruits de plus en plus pressants et assourdissants, consécutifs au vrombissement d’un moteur qui va finir par s’arrêter.
Écoutez ! C’est sûrement Diaz.
Kanda en pleurs s’empresse de sortir. La scène reste momentanément vide. En échos sonores, l’appel pathétique de lokole {1} puis de mfung {2} , annonciateurs de grands événements, appelant à la mobilisation, ainsi que des chants funèbres, exécutés par la foule de plus en plus nombreuse.
S CÈNE 2
Côté cour. On voit entrer Diaz , tout de noir vêtu, entouré des jumeaux Mbu et Mpia qui l’installent sur la chaise longue. Personne ne dit mot. Diaz , bras croisés, tête baissée ; Mbu et Mpia , debout, restent interdits, avant de sortir, visiblement éplorés. De la cour du village, bruyante, mouvementée et animée, se poursuit en échos sonores le ballet nourri de la foule qui ne cesse de s’amasser.
Z A
Entrant côté jardin, demande à Diaz qui veut se lever de rester assis.
En pareilles circonstances, on trouve rarement à dire. Je manque de mots pour traduire l’émotion de tout le village. Diaz , la mort d’Elem bouleverse et suscite des interrogations. Personne n’en revient, et la rumeur se porte bien. Certains parlent de contentieux familial : des interdits du clan auraient été violés. D’autres murmurent ici et là que la défunte elle-même en savait quelque chose. Il semble qu’elle eût été victime d’une succession des scènes de ménage, dès son arrivée à Kinshasa . Mais , dans tout cela, Diaz , c’est votre personnalité même qu’on traîne dans la boue.
D IAZ
Visiblement choqué.
Moi ?
Z A
Comme pour se raviser.
Gardez-vous de me répondre. Je mesure parfaitement votre peine mais i

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