Nature, art et culture au Burkina Faso
176 pages

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Nature, art et culture au Burkina Faso

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
176 pages

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Cet ouvrage aborde différents aspects du Burkina Faso : l'environnement naturel avec le climat, la flore et la faune sauvages, la musique, les instruments, l'architecture, l'artisanat, le cinéma, l'art culinaire. Sa lecture permettra de mieux connaître les Burkinabè, leur art de vivre et leurs talents.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2009
Nombre de lectures 338
EAN13 9782336260525
Poids de l'ouvrage 9 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
9782296076372
EAN : 9782296076372
Sommaire
Page de Copyright Page de titre AVANT-PROPOS NATURE
LE CLIMAT ARBRES, ARBUSTES et PLANTES SAUVAGES LES ANIMAUX SAUVAGES
ART ET CULTURE
MUSIQUE, CHANT ET DANSE
L’ARCHITECTURE
L’architecture traditionnelle L’architecture coloniale L’architecture subsaharienne L’architecture moderne L’habitat Les bâtiments publics Exemples d’immeubles modernes à Ouaga
L’ARTISANAT - « ARTISANAT TRADITIONNEL - ARTISANAT D’ART »
INTRODUCTION LE TISSAGE LE BATIK LE BOGOLAN LA TEINTURE AUX TAMPONS LA BRODERIE LE BRONZE PAR CIRE PERDUE LE FIL DE FER et LE FER BLANC LA PYROGRAVURE LA POTERIE LA SCULPTURE LE TRAVAIL DU CUIR LA VANNERIE
LES RENDEZ-VOUS DU CINEMA
Le FESPACO Les éditions 1999 à 2005
LA CUISINE
La façon traditionnelle de se nourrir Quelques plats de la cuisine locale Quelques recettes
Nature, art et culture au Burkina Faso

Les Amitiés Franco-Burkinabè
AVANT-PROPOS
Septembre 2008

Début 2007, avec l’encouragement de l’éditeur, nous reprenions des articles et des témoignages publiés depuis treize ans sur le Burkina dans le bulletin de l’association 1 pour les organiser sous la forme de trois livres.
Le bulletin s’adressait à la fois à des lecteurs avertis, documentés sur le Burkina pour y être nés, y résider ou y avoir séjourné, souvent impliqués dans des associations humanitaires ou de développement, et à des personnes nous accompagnant dans notre démarche associative, sans pour autant avoir beaucoup d’informations sur le pays et ses populations. Le contenu se voulait sérieux et documenté et le style simple, agréable, sans termes ni concepts abscons. Enrichissant pour les plus concernés mais lisible par tous.
Les livres devaient conserver ces qualités, mais alors que le bulletin avait souvent un caractère d’actualité, les textes devaient être organisés par thèmes.
Les deux premiers livres : Traditions et modernité au Burkina-Faso et La vie quotidienne au Burkina-Faso ont été publiés au premier semestre 2008 et sont disponibles en librairie.

Les articles et témoignages du présent ouvrage, également écrits par des membres ou des sympathisants de l’association, s’attachent à des sujets différents et complémentaires.
En premier lieu, le livre s’intéresse à l’environnement naturel : le climat, la flore et la faune. Puis, il traite de l’art - et plus particulièrement de l’artisanat - et de la culture. Cette partie comporte des chapitres sur la musique, sur le cinéma africain, mais aussi - plus inattendus pour les lecteurs occidentaux - sur l’architecture et la cuisine burkinabè.

Nous ne prétendons pas avoir été exhaustifs ni dans le bulletin, ni dans les livres. Nous espérons seulement avoir donné des informations intéressantes et utiles sur le pays et sur les populations et contribué ainsi à les faire connaître, comprendre et apprécier.
L’association : « Les Amitiés Franco-Burkinabè »
En France : chemin du Trial — 34160 Saint Drézéry Téléphone et fax : (33) (0)4 67 86 57 78. Mail : « afb.france@wanadoo.fr »
Au Burkina : 01 BP 5904 — Ouagadougou 01 — Burkina-Faso Téléphone et fax : (226) 50 38 47 24. Mail : « afb.burkina@yahoo.fr »



Qui sommes-nous ?
Fondée par des Français et des Burkinabè en 1995, l’association compte des membres des deux nationalités et naturellement, ses administrateurs sont indifféremment de l’une ou de l’autre nationalité.

Son objectif premier est d’initier et de développer des liens directs et réels entre des familles de ces deux pays. Les séjours des membres français au Burkina, accueillis, pilotés et, lorsque cela est possible, hébergés dans les familles, y contribuent efficacement. Presque toujours et comme cela a été voulu, une solidarité directe s’installe entre les personnes et les familles et se développe même en dehors de l’association..

Une réunion du Bureau à Ouaga

Le bulletin
Pour permettre aux adhérents de s’apprécier, il fallait leur fournir des informations pour se connaître et se comprendre. Le bulletin (qui donna naissance aux livres) publia des articles et des témoignages sur le pays et ses populations, leurs difficultés, leurs façons de vivre et de penser...
Par ailleurs, et comme le font toutes les associations, des actions humanitaires ou de développement ont été et sont menées sur place, maintenant à partir de la « Maison de l’amitié » ouverte à Ouagadougou.

Les livres
Les auteurs des articles et des témoignages de ce livre sont des membres ou des sympathisants de l’association. Les sujets « techniques » ont été rédigés par des spécialistes : tels que Oger Kaboré, Mathieu Yanogo, Walter Dabiré et Grégoire Sanou ou des amateurs - comme on dit - éclairés, comme Jules Kafando et Jean-Claude Bourguignon. Ce dernier en a dirigé la rédaction et a rédigé les exposés non signés.

Nicole Orssaud a procédé à la sélection des articles et à la mise en forme de l’ouvrage. Grégoire Sanou a contribué à la composition du livre. Les photos proviennent de la photothèque des AFB alimentée par ses adhérents et en particulier, Cécile Mella, reporteur-photographe.

La maison de l’amitié ouverte par l’association à Ouaga
NATURE

Un des sites « enchanteurs » : la cascade de Banfora.
LE CLIMAT

A la saison des pluies

A la saison sèche

Généralités sur le temps :
Pays de savane et sahélien dans son extrémité nord, le Burkina-Faso est un pays chaud et sec.
Plus chaud et sec dans les régions du nord, plus humide et tempéré dans la partie sud-ouest (Bobo / Banfora). La carte des zones de végétation rend bien compte des zones climatiques.
On peut y définir 3 saisons :
- Une saison fraîche de novembre à février faisant la transition entre les deux saisons principales : celle des pluies (avant) et celle de la chaleur (après). Saison sèche, très agréable pour séjourner, facile pour voyager.
- Une saison chaude, et sèche la plupart du temps, qui va de mars à juin (vent de sable au début de la période, petites « pluies des mangues » en fin). Période acceptable pour les visiteurs à condition de supporter les fortes chaleurs, surtout en avril (40 à 45°C).
- Une saison des pluies de juin à octobre (avec un maximum de précipitations en août) permettant néanmoins un séjour pour ceux qui ne peuvent pas voyager à d’autres périodes.

Zones de végétation



Les saisons
La saison fraîche et sèche :
De novembre à février/mars : c’est la saison idéale pour séjourner et visiter.
Le climat est sain et ensoieillé avec une température clémente pour les Occidentaux (en janvier, les Burkinabè parlent de « période de froid intense »). Les fêtes de Noël et du premier de l’an sont l’occasion de se joindre aux amis et à leurs familles.
Dans certaines régions, les fêtes coutumières telles que la fête des récoltes et les funérailles traditionnelles sont célébrées à ce moment pour profiter de l’abondance de l’eau dans les puits et d’une pause dans les travaux agricoles. Les fruits et légumes sont abondants et variés ce qui permet aux ménagères et aux restaurateurs d’offrir des produits naturels et de qualité à leurs hôtes.
Pendant la période de fraîcheur, les maladies infectieuses sont moins virulentes : il y a donc moins d’épidémies et davantage de quiétude dans les familles d’autant plus que, certaines années, les greniers regorgent de céréales...
En dehors de la température, un agent perturbateur important peut être le vent : l’harmattan, vent du nord qui souffle donc du Sahara - pas en permanence mais par périodes assez imprévisibles - surtout en janvier et février. Il soulève du sable et souvent une fine poussière qui cache soleil et horizon et qui pénètre partout. Les allergiques doivent protéger gorge et poumons en portant un masque/filtre ou, pour faire plus couleur locale, un chèche. Le vent, l’harmattan, assèche les muqueuses et tous ont intérêt à porter des lunettes et à s’enduire l’intérieur des narines avec du beurre de karité (ou de la vaseline). Comme les femmes burkinabè, les visiteuses habituées s’en enduiront le visage et le corps ; évidemment le karité acheté sur les marchés n’est pas raffiné et conserve une odeur à laquelle on s’habitue. Les citadines coupent cette odeur en ajoutant quelques gouttes de parfum (essence de lavande par exemple) après l’avoir fait clarifier. Le vent assèche aussi les gosiers et voyager avec une provision de boisson est une bonne précaution. Prendre un lainage pour les soirées et les nuits.

Témoignage
Je retiens essentiellement du pays...

... les vastes étendues, l’uniformité du paysage parsemé de villages avec leurs greniers, les difficultés à cultiver - un paysan arrosant chaque pied de maïs avec un seau d’eau -, à élever du bétail - les troupeaux ont peu de nourriture -, et la sécheresse. Que ce soit en train dont les portes ne fermaient pas pour aller à Bobo, dans la bâchée avec des canisses comme protection solaire pour aller à Gorom-Gorom ou avec Éric dans une voiture confortable pour visiter Banfora, la poussière est pire que ce que j’avais vu dans les films de westerns américains. Nous devions donner notre linge à laver à chaque retour de randonnée.
Michel Luiggi

Terre craquelée en saison sèche

Rue de Ouaga sous la pluie
La saison chaude :
De mars à juin : la température est, en valeur absolue, élevée, mais la perception qu’on en a est un peu réduite car, par forte température, l’air est sec. La sensation est donc tolérable pour les Européens à condition qu’ils supportent la chaleur, et qu’ils se ménagent des pauses aux heures méridiennes. Rien de comparable avec une température humide de mousson asiatique. Avril est souvent le mois le plus chaud (40°C, quelquefois plus, surtout dans le nord). Les paysans se livrent à des activités de contre-saison (artisanat, maraîchage...). Généralement, en mai, interviennent quelques jours de faibles pluies appelées « pluie des mangues ».
Si vous séjournez pendant la saison chaude, sachez que vous pouvez toujours retrouver une température plus clémente au sud-ouest, par exemple à Banfora, le poumon vert du pays.
La saison des pluies :
De juin à septembre, on l’appelle « l’hivernage ». Les pluies sont importantes mais pas permanentes. Elles permettent donc un séjour actif à une température convenable. Les déplacements sur certains itinéraires (pistes en latérite) peuvent être rendus difficiles d’août à octobre par les pluies et leurs conséquences (dégradation des voies). C’est la saison des gros travaux agricoles et l’exploitation des terres peu riches. Les congés scolaires, comme en France, sont placés dans cette période qui est donc peu propice à visiter des écoles et à rencontrer des enseignants : ceux-ci, rarement originaires du village seront retournés chez eux.
La nature offre une vision étonnante, inattendue par la plupart des visiteurs : pistes coupées par des torrents d’eau et de boue, campagne verdoyante, dunes de sable recouvertes d’herbe...

Témoignage
En taxi-brousse à la saison des pluies
Octobre 2001
[...] C’est l’heure du départ, tout le monde descend pour pousser le camion et une fois démarré, chacun saute et tente de se faire une petite place.
Une heure plus tard, secoués dans tous les sens et manquant de tomber à chaque trou, nous arrivons au premier obstacle : la rivière gonflée par les pluies.
Tout le monde descend [...] et nous commençons la traversée de la rivière, les sacs et les paniers sur la tête et l’eau jusqu’à la poitrine [...] Le voyage continue, alternant les changements de véhicules, les traversées de rivières, les routes inondées ou cahoteuses, les fous-rires et les échanges animés.
Laure, Hélène et Isabelle.
ARBRES, ARBUSTES et PLANTES SAUVAGES


Novembre 2000

Le texte ci-après est original. Il a été réfléchi et écrit par Jules Kafando qui a une bonne connaissance de la nature et du terrain, mais qui n’est pas botaniste au sens scientifique du terme. Il parle des plantes telles qu’on peut les voir au Burkina et plus particulièrement sur le plateau « moaga » 2 . Des différences sensibles de taille et d’allure des arbres et des arbustes pourront être constatées par rapport aux végétaux décrits dans des ouvrages plus généraux ou moins centrés sur le Burkina (par exemple sur des pays côtiers, en zone tropicale humide).
Nous n’avons pas voulu dénommer ce chapitre « la flore » pour ne pas suggérer que Jules avait été exhaustif. En revanche, il indique pour la plupart des plantes des utilisations possibles comme remèdes et en cuisine.
Enfin, il est toujours possible que quelques erreurs ou imprécisions de dénomination aient été commises sur les rares plantes dont les noms français ou latins n’étaient pas connus de l’auteur.

Considérations générales
Si, d’une façon générale, la brousse (la campagne) est plus verte pendant et après la saison des pluies, en grande partie du fait de la pousse du tapis herbeux, et plus brûlée en fin de saison sèche, les arbres et arbustes ont des périodes de feuillaison, de floraison et de fructification qui rendent la végétation très changeante en cours d’année. Par exemple, pendant la période la plus propice à un séjour (du fait du climat), en décembre et janvier: -les kapokiers sont sans feuilles mais portent des fleurs rouges. -les manguiers perdent une partie de leurs feuilles et une nouvelle pousse avec bourgeons apparaît, la fructification s’amorce puis se développe (trois fructifications par an). -les baobabs n’ont pas de feuilles (elles apparaissent en début de saison des pluies) mais portent des fruits. -les raisiniers ont perdu leurs feuilles et paraissent nus, voire morts. -les cads sont totalement verts (ils n’ont pas de feuilles à la saison des pluies), etc.
Les termes utilisés en mooré diffèrent selon les régions. Ceux retenus sont ceux utilisés par l’auteur avec une transcription phonétique adaptée au français (ex.: le caïlcédrat, en transcription mooré habituelle : « kuka“, écrit ”kouka“ dans le texte car prononcé ainsi par les Français). Dans la description ci-dessous, nous utiliserons les abréviations suivantes :

NM  : appellation en mooré
ND  : appellation en dioula
NF  : appellation en fulfuldé (langue des Peuls, pasteurs principalement rencontrés au nord du pays)
NS  : nom scientifique



Les principaux végétaux sauvages (par ordre alphabétique) Nous avons placé une flèche devant les arbres les plus facilement repérables.

➩ Arbre à gomme /gommier mbep

NM : posempôrgo
NS : slerculia seligera
Arbre moyen ou haut avec un tronc épais à la base. Ecorce grise se détachant en plaques, une gomme s’écoule de l’aubier, grandes feuilles à 3 ou 5 lobes, douces au toucher.
L’écorce bouillie pendant 20 mn donne une décoction qui soigne les affections des voies respiratoires : à boire plusieurs fois dans la journée. Sur le plateau mossé (le “mogho”), on raconte que ceux qui consomment du miel de cette plante deviennent lépreux...

Arbre à serpent
NM : pelga
NS : securidaca longepedunculata
Arbuste ou petit arbre à cime claire.
Fruit avec une aile et une graine (hélice).
Très utilisé par les tradipraticiens ; dans le mogho, l’écorce de la racine est réduite en poudre très fine et associée à une poudre également très fine de feuilles tendres de caïlcédrat. C’est un bon remède contre les céphalées : à priser en petite quantité par les narines. La poudre de l’écorce de racine additionnée à un peu d’eau est à appliquer à l’endroit de la morsure d’un serpent, une pincée de cette même poudre doit être prisée par les narines.

➩ Baobab
NM: en mooré : twèga
NS : adansonia digitala
Allure caractéristique : tronc et branches énormes dénudés en saison sèche. Floraison avant la saison des pluies (mai - juin), grosses fleurs blanches, fruit ovoïde à pulpe comestible blanche, contenant des graines appréciées (arbre à pain ou à farine).
Parmi les arbres les plus utiles, feuilles comestibles et excellentes comme fourrage, la pulpe sert à confectionner des boissons. Les feuilles sèches réduites en poudre fine calment les crises d’asthme : en sucer une cuillerée à soupe au démarrage d’une crise. La coque du fruit (pain) mûr et sec, calcinée et réduite en poudre soigne les dermatoses d’origine flaire : en prendre une pincée par jour dans les aliments. On entend dire qu’une préparation permettrait de développer l’intelligence des toutes petites filles : -faire bouillir une poignée d’écorce -récupérer la décoction -préparer du fonio avec la décoction.
On peul y mettre tous les ingrédients voulus - sauf le piment. (Pour chaque fillette, il est nécessaire de faire une préparation particulière).

Fruits du baobab (pains)

➩ Bouleau d’Afrique
NM : siiga
NS : anogeissus leiocarpus
Grand arbre, écorce écailleuse gris-jaune, rameaux fins et retombants, feuilles longues et ovales de 6 cm de long.
Fleurs blanchâtres à calices rouges, petits fruits en cône cassants contenant des graines à 2 ailes.
L’écorce nettoyée de son tissu extérieur, séchée, réduite en poudre sert à soigner l’amibiase. Les feuilles, en association avec celles du manguier, du goyavier et de 2 autres plantes appelées en mooré : kwigenga et sompiiga, soignent les diarrhées. La dose à absorber doit être respectée pour éviter une intoxication.

➩ Cad ou kad(e)
NM : zaaga
NS : acacia albida
Grand arbre à cime en cône pointe en bas chez les jeunes arbres, hémisphérique chez les plus âgés. Petites feuilles vert-bleu alternées en saison sèche, curieusement, elles tombent pendant la saison des pluies. Fruits en gousses orange enroulées en spirale contenant des graines. Très apprécié car se nourrissant en profondeur, il ne concurrence pas les cultures céréalières. Il est très utilisé dans tous les domaines : fourrage, amendement, tannage... La décoction de l’écorce est un bon remède contre la toux.

➩ Caïlcédrat
NM : kouka
NS : khaya senegalensis
Grand arbre à cime immense. Ecorce foncée écailleuse. Feuilles pennées allongées. Petites fleurs blanches peu visibles. Les grandes artères de la ville de Ouagadougou sont bordées de ces arbres dont l’ombre est fort appréciée en période chaude.
Utilisation : bois de menuiserie, fourrage, et différents usages médicinaux.
Comment soigner la bourbouille de votre enfant (irritation de la peau due à la chaleur et à la transpiration, très commune en Afrique) ? Laver l’enfant deux fois par jour jusqu’à guérison avec une décoction d’écorce bouillie pendant 15 à 20 mn. On utilise, à petite dose, une macération avec du piment et d’autres plantes pour soigner des dermatoses et autres maladies de peau. Une décoction d’écorce est également utilisée comme purgatif pour des animaux, les ânes par exemple.


Chrysanthème
NM : souam-nonkida ou wal-touko
NS : chrysanthelium indicum
Herbacée saisonnière qui, bue en décoction (laisser bouillir 15 mn), soigne le palu, dissout les petits calculs et améliore la circulation sanguine (jambes lourdes).

Citronnelle (différente des “verveine” et “mélisse” qu’on utilise en France)
NS : cymbopogon citratus.
Herbe vivace à très longues feuilles étroites. Appréciée en tisane.

Courge potiron
NS : cucurbita
Plante annuelle à tige grimpante et rampante. Les graines servent de vermifuge (ténia).

➩ Datier du désert
NM : kyèlèga
NS : balanites aegyptiaca Arbre de taille moyenne à longues épines (5 à 7 cm). Fruits de la grosseur de grosses olives à gros noyau. Jaunes à complète maturité, ils se sucent comme des bonbons (la peau du fruit, dure, cassante et très amère, doit être enlevée).
Effet laxatif et sur les maux de foie. L’écorce en décoction est également laxative et soigne les maladies du foie.



➩ Ebénier de l’ouest africain
NM : gâaka
NS : diospyros mespiliformis
Arbuste très ramifié. Petites feuilles alternes, fruits en gousses.
Utilisation : dur, résistant et durable, le bois est utilisé pour fabriquer des instruments de musique, en magie et en sculpture. Les sourciers utilisent les branches en forme de V pour rechercher les sources et les réserves souterraines d’eau.
Nombreux usages médicaux ; par exemple ses racines, en association avec celles du nger, soignent l’infection des pieds.

➩ Eucalyptus
S’utilise pour soigner rhume, rhinite, sinusite et paludisme.

Flamboyant
NM : nassar-roanga
Arbre à cime en parasol. Ses feuilles ressemblent à celles du néré. Il donne de superbes fleurs rouge éclatant (ou rouge orangé vif) pendant la saison de floraison (avril, mai ).

Fromager
NM : goungha
NS : ceiha pertandra
Grand ou très grand arbre (mais moins grand et tronc moins élancé que sur la côte) , départ des racines formant des renforts. Le bois, blanc et tendre, découpé dégage une forte odeur expliquant probablement son nom.
Fruits en capsule contenant un genre de kapok.
Le gui le parasitant sert à calmer les personnes à l’esprit agité.

Gingembre
ND : yânmakou
NS : zingiber officinale
Sorte d’herbe dont la tubercule entre dans la composition de poudres aphrodisiaques. Utilisé également pour confectionner des sauces et des boissons (jus de gingembre, non alcoolisé).

Gnounougnouga (NM)
Petite herbe qui pousse dans les bas-fonds donnant des chatons soyeux contenant de toutes petites graines. On l’utilise (comme une spontex) pour nettoyer les canaris et autres récipients, les désodoriser et les désinfecter. Elle sert également à la conservation des haricots en évitant qu’ils soient attaqués par des parasites. Enfin, une des graines est mise dans l’œil pour expulser poussière ou saletés.

Henné
NM : lal-lé
NS : lawsonia inermis
Arbrisseau. La pâte (faite de réduction en poudre et d’eau) est utilisée par les femmes comme teinture pour décorer les mains et les pieds.

➩ Gommier blanc / vérek
NM : gon-pelga
NS : acacia seyal
Petit arbre à couronne en parasol et écorce claire. Epines par trois, petites feuilles bipennées et fleurs en boules jaune vif en grappes. Gousses contenant des graines rondes aplaties.
Principal fournisseur de la gomme arabique, exportée ou consommée localement (cosmétique, chimie, textile, industrie alimentaire...). Plante mellifère et fourragère, bois de combustion, préparation de plats.
Les écorces du gommier blanc et du gommier rouge bouillies ensemble donnent un remède contre les candidoses vaginales : faire un lavement intime matin et soir pendant une semaine.

➩ Gommier rouge / gonakié
NM : gon-miga
NS : acacia senegal ?
Arbre grand ou moyen à écorce foncée et couronne ronde. Grandes épines par paire. Feuilles bipennées et fleurs en boules jaune vif (mimosa). Fruits en gousses étranglées entre chaque graine. Sécrétion d’une gomme (gomme arabique de moindre qualité que celle du vérek).
Utilisation : bois de combustion et de construction. Fourrage. Production de tanin, de teinture et d’encre.

➩ Jujubier
NM : mougoulga
NS : ziziphus mauritiana
Arbuste ou petit arbre à rameaux retombants poussant en lignes brisées. Petites feuilles et curieuses épines par paire, l’une droite, l’autre recourbée. Fleurs jaunâtres, petits fruits ronds brun-rouge à graines jaunes. Tous les enfants raffolent des jujubes. Lorsque j’étais petit, je partais les cueillir en brousse les jeudis matin, en compagnie de copains du quartier. Une fois de retour à la maison, nous les pilions pour extraire la poudre comestible avec laquelle nous faisions des beignets appelés “moug-gonré” en mooré; aujourd’hui encore, je constate avec plaisir que mes enfants adorent ces fruits sauvages.
Utilisation : alimentation, fourrage, haies vives.

➩ Kapokier rouge ou faux kapokier
NM : vaaka
NS : bombax costatum

Arbre ne dépassant pas 5 à 6 m en savane, à écorce liégeuse et épines sur le tronc et les branches. Fleurs rouges ou orange en tulipe. Fruits en capsule contenant du kapok et de petites graines.
Pour soigner des ulcères d’estomac : mettre dans les aliments une poudre très fine de résine ou exsudat. Pour les abcès froids : utiliser cette même résine mélangée avec du piment.
Feuilles, fleurs et fruits du faux kapokier

➩ Karité


NM : taaga
ND : si gniri
NS : hutyrospermum parkii
Grand arbre trapu. Ecorce très épaisse, liégeuse et crevassée. Feuilles allongées en touffe. Le fruit est une grosse baie ovale jaune ou vert-jaune contenant une graine : la noix de karité dont on extrait le beurre. Son beurre est localement utilisé en cuisine. Il est par ailleurs usité en médecine. Mais il est de plus en plus exporté, utilisé dans les industries alimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques. Beaucoup de mortiers sont fabriqués en bois de karité. Au Burkina, le karité est un arbre très répandu, aux multiples qualités médicinales.
Tout est utilisable pour les soins des nouveau-nés, des enfants et des adultes. Mais, attention, la racine est un poison.

Feuilles de karité
Si vous venez au Burkina, nous vous ferons déguster nos plats préparés au beurre de karité. Et vous repartirez avec des boîtes de beurre que vous aurez clarifié et, si vous le voulez, que vous aurez parfumé, pour la beauté de votre peau et de vos cheveux...

Kakaga (NM)
Une décoction d’écorce, sucrée ou non, soigne la toux (en particulier des enfants).

Kinkéliba
NM : rânga
NS : combretum micranthum
Arbuste ou petit arbre à rameaux touffus s’entrelaçant. Feuilles allongées opposées de couleur verte puis rapidement rouille. Petites fleurs en grappes. Fruits à 4 ailes.
Utilisation : bois de combustion et de charbon ; fibres pour tissage de corbeilles, sièges et lits.
Une décoction des feuilles soigne la jaunisse.

Faux kinkéliba
NM : kinkéliba
NS : cassia occidentalis
Petit arbrisseau pouvant atteindre 1 m de hauteur. Le froissement des feuilles dégage une forte odeur peu agréable. Les feuilles sont composées, imparipennées, les fleurs sont jaunes, les fruits sont des gousses étroites et arquées.
L’usage médicinal le plus courant que je connais consiste à boire une décoction de feuilles (faire bouillir une poignée de feuilles dans un litre d’eau pendant 15 mn) pour soigner les lourdeurs intestinales et les mauvaises digestions. Boire la totalité de la tisane, en plusieurs fois, dans la journée. Les feuilles, associées avec des feuilles de manguier, de goyavier, d’eucalyptus, de nim, de papayer, constituent un bon médicament contre le paludisme : faire un bain lent et boire un verre de la décoction matin et soir. Et bonne santé!

➩ Manguier
NM : mangui
ND : mangoro gniri
NS : mangifera indica
Arbre généralement de taille moyenne apprécié pour ses fruits mais aussi pour l’ombre qu’il procure.
Près des chutes de Banfora, il existe une allée de manguiers atteignant probablement 30 m. Cime dense régulièrement étalée.
Feuilles alternes longues et régulières. Très petites fleurs inflorescentes.
Les fruits, maintenant bien connus en France, sont doux et juteux pour les variétés cultivées (greffées). Mais ils peuvent être filandreux et à goût de térébenthine pour certaines variétés sauvages (mangot).
Utilisation : pour son ombrage et ses fruits. La succulence des mangues et surtout des mangues-papayes se passe de commentaire.


Mimosa (clochette)
NM : sousoutouga ou sousoutri
NS : dichrostachys cinerea
Buisson épineux ou arbuste à feuillage penné (mimosa). Fleurs en goupillons tombants et fruits très ramassés en gousses.
Utilisation : fourrage, bois dur pouvant servir de manches et pieux. Bois de combustion.
Une décoction des tiges sans feuilles associées à des tiges sans feuilles d’une plante appelée “lélogo”en mooré (leptadenia hastata dec) est un bon remède contre les ténias.

Myrrhe africaine
NM : sa-noâbga
NS : commiphora africana
Arbuste.
L’écorce des racines, séchée et réduite en poudre soigne l’amibiase (une à deux pincées, 2 à 3 fois par jour).

Nèb-nèb / acacia
NM : pernéga
NS : acacia nilotica adansonii
Arbre moyen à feuilles composées. Fleurs en petites boules jaunes accrochées à l’extrémité des rameaux et fruits en gousses (très voisin du gommier rouge, mais gousses en virgule).
Production de tanin. Soigne angine, infection de la bouche et de la langue.

➩ Néré / caroubier
NM : dôaaga
NS : parkia biglobosa
Grand arbre à cime en parasol. Feuilles pennées vert foncé (mimosa). Fleurs en boules tombantes rouges ou orange et fruits en longues gousses contenant des graines noires. (Floraison et maturité des fruits en saison sèche).

A gauche : feuilles de néré
Utilisation : les graines sont très appréciées dans la confection des sauces (soumbara ou soumbala) incontournables dans la cuisine des Mossé et d’autres.
Une décoction de l’écorce sert au lavement des nourrissons atteints de diarrhée. (C’est une telle décoction que les mamans mettaient dans leur bouche et injectaient directement dans le derrière de leur enfant comme le représentent des sculptures en bronze ou des scènes du film Issa le tisserand d’Idrissa Ouédraogo).

N’guere / nger
NM : wilenwiga
NS : guiera senegalensis
Arbrisseau ou arbuste à écorce grise et feuilles ovales. Fleurs en inflorescences jaunes, fruits allongés, plusieurs portés par un pédoncule en étoile.
Utilisation : fourrage, fruits mangés par les chèvres et moutons. Bois comme combustible.
Les tradi-praticiens disent que cet arbre a la propriété de soigner trente-trois maladies différentes, à condition de prélever les éléments nécessaires très tôt le matin avant que le soleil soit levé. Si une personne fait ses selles en brousse en utilisant ses feuilles pour s’essuyer, tout médicament dans lequel le nger est associé sera totalement inefficace pour elle. Amis français, attention quand vous irez en brousse...

➩ Nim /neem / margose
NM : Neem
NS : azadirachta indica
Arbre petit ou moyen à tronc lisse et droit. Branches étalées formant une couronne ovale. Longues feuilles alternes paripennées. Petites fleurs odorantes blanchâtres en grappes. Fruits : drupes vert clair, jaunâtres à maturité, semblables à des olives, que l’on suce.
Utilisation : pour son ombrage et comme bois de combustion. Comme nous l’avons dit précédemment, les feuilles rentrent dans la composition d’un remède contre le paludisme.
Les graines sont achetées à Ouaga par des sociétés américaines, je suppose que celles-ci ont des propriétés intéressantes (que j’ignore) et une valeur certaine.

Feuilles de nim
Oseille
NM : bito
ND : da en dioula
Petite plante poussant dans les champs. Les feuilles sont utilisées en sauce et les fleurs rouges en boisson (bissap). Les fleurs blanches et le résidu de fleurs rouges servent également à confectionner des sauces. Les graines macérées (bi-calga en mooré) sont utilisées comme un ingrédient de sauce pour remplacer le kolgo (mooré) ou soumbala (dioula).

➩ Palissandre / santal
NM : nwéka / nwéga
NS : pterocarpus erinaceus
Arbre moyen à fût droit et couronne ovale. Ecorce craquelée foncée. Racines formant contreforts avec l’âge. Grandes feuilles alternes.
Utilisation : bon bois de construction, crosses de fusils, statuettes et masques, instruments d’intérieur et de cuisine. Bon combustible. Fourrage apprécié.
Le gui qui a poussé sur l’arbre entre dans la composition d’un remède contre la rage humaine.

➩ Papayer
NS : carina papaya
Arbuste portant ses fruits (délicieux) en grappes le long du tronc juste au-dessous du feuillage. Les feuilles servent à recouvrir les têtes de moutons (plus généralement les viandes dures) pour accélérer leur cuisson.
Les papayes vertes cuites avec une perdrix entière soignent l’hépatite. Les graines sont croquées comme vermifuge.


Piment de cayenne (appelé couramment : pili-pili)
NM : kiparé
ND : foronto
NS : capsicum frutescens
Petit arbrisseau à fruits en cône. Utilisation très répandue comme condiment.
Laxatif et digestif.

Pois d’angol
NS : cajanus cajan
Arbrisseau à fruits marron de la grosseur d’un petit pois.Sert à préparer un lavement qui, lorsqu’on soupçonne une rougeole (maladie infantile qui, en Afrique, peut être très grave), a la propriété de la déclarer.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents