Pauvreté au travail, transformations des marchés de l emploi et trajectoires de résistance : Un dialogue Nord-Sud
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Description


Dans les 25 dernières années, la croissance de la précarité d’emploi s’est accentuée du Nord au Sud à un tel point que le travail n’est plus un rempart contre la pauvreté, mais constitue bien souvent le chemin qui y conduit. Si les marchés du travail et de l’emploi se sont profondément transformés, l’action publique a aussi joué un rôle ambivalent : d’un côté elle a facilité la précarisation de l’emploi en y adaptant les modes de régulation du travail, et de l’autre elle a structuré des régimes de protection sociale qui, lorsqu’ils existent, peinent à compenser les insuffisances de l’emploi précaire.



À la suite de ces changements découlant de l’adoption de politiques néolibérales, les stratégies de résistance des travailleurs pauvres se sont adaptées. Alors que le syndicalisme est en déclin, leur identité collective se recompose autour de nouveaux types d’organisations et des formes novatrices d’action collective apparaissent en réponse aux transformations observées.



Ce collectif, qui s’adresse tant aux universitaires qu’aux citoyens engagés dans des luttes sociales, présente un tour d’horizon empiriquement riche de la réalité contemporaine des travailleurs précaires qui, au Nord comme au Sud, sont confrontés au travail qui rend pauvre, mais qui, aussi, inventent de nouvelles manières d’y résister.


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Informations

Publié par
Date de parution 06 octobre 2021
Nombre de lectures 0
EAN13 9782760554887
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,1200€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Pauvreté au travail, transformations des marchés de l’emploi et trajectoires de résistance
Presses de l’Université du Québec
Édifice Fleurie, 480 de la Chapelle
local 015, Québec (Québec) G1K 0B6
Téléphone : 418 657-4399 – Télécopieur : 418 657-2096
Courriel : puq@puq.ca – Internet : www.puq.ca

Diffusion / Distribution :
C ANADA
Prologue inc., 1650, boulevard Lionel-Bertrand Boisbriand (Québec) J7H 1N7 – Tél. : 450 434-0306 / 1 800 363-2864
F RANCE ET B ELGIQUE
Sofédis, 11, rue Soufflot, 75005 Paris, France – Tél. : 01 5310 25 25 Sodis, 128, avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 77403 Lagny, France Tél. : 01 60 07 82 99
S UISSE
Servidis SA, chemin des Chalets 7 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse – Tél. : 022 960.95.25

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Pauvreté au travail, transformations des marchés de l’emploi et trajectoires de résistance
Un dialogue Nord-Sud
Sous la direction de
Emma JEAN , Yanick NOISEUX et Sid Ahmed SOUSSI
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Titre : Pauvreté au travail, transformations des marchés de l’emploi et trajectoires de résistance : un dialogue Nord-Sud / sous la direction de Emma Jean, Yanick Noiseux et Sid Ahmed Soussi.
Noms : Jean, Emma, éditeur intellectuel. | Noiseux, Yanick, 1974- éditeur intellectuel. | Soussi, Sid Ahmed, 1955- éditeur intellectuel.
Collections : Collection Innovation sociale.
Description : Mention de collection : Innovation sociale | Comprend des références bibliographiques.
Identifiants : Canadiana (livre imprimé) 20210058234 | Canadiana (livre numérique) 20210058242 | ISBN 9782760554863 | ISBN 9782760554870 (PDF) | ISBN 9782760554887 (EPUB)
Vedettes-matière : RVM : Travailleurs pauvres—Conditions de travail—Études de cas. | RVM : Travailleurs pauvres—Conditions sociales—Études de cas. | RVM : Travail précaire—Études de cas. | RVM : Travail—Politique gouvernementale—Études de cas. | RVMGF : Études de cas.
Classification : LCC HD4901.P38 2021 | CDD 331.5/40723—dc23


Révision Nathalie Elliot
Correction Karine Lavoie
Conception graphique Marie-Noëlle Morrier
Mise en page Le Graphe
Image de couverture iStock
Dépôt légal : 4 e trimestre 2021 › Bibliothèque et Archives nationales du Québec › Bibliothèque et Archives Canada
© 2021 – Presses de l’Université du Québec Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
D5486-1 [01]
LISTE DES FIGURES ET TABLEAUX
Figures
FIGURE 1.1 La satisfaction des besoins
FIGURE 2.1 Types de régimes d’informalité
FIGURE 2.2 Représentation graphique du régime d’informalité dans la zone métropolitaine de Buenos Aires (2015)
Tableaux
TABLEAU 2.1 Répartition de la population par position de classe et par statut d’informalité. Zone métropolitaine de Buenos Aires, 2015-2016
TABLEAU 2.2 Composition de la classe ouvrière par type de trajectoire d’informalité Zone métropolitaine de Buenos Aires, 2015-2016
TABLEAU 2.3 Auto-identification de classe selon la position de classe et le statut d’informalité
TABLEAU 2.4 Auto-identification à la classe ouvrière selon la position de classe et la trajectoire d’informalité
TABLEAU 2.5 Répartition des répondants par position de classe : Région métropolitaine de Buenos Aires (MABA), 2015-2016
TABLEAU 2.6 Groupes professionnels par position de classe
TABLEAU 5.1 Entités qui interviennent dans la définition des conditions de travail et d’emploi des attrapeurs de poulets
TABLEAU 7.1 Salaires moyens par profession, 2015
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES
ACA Action communautaire autonome
AFO Afrique occidentale française
AOF Afrique de l’Ouest francophone
ASS Afrique subsaharienne
CSMO-ÉSAC Comité sectoriel de main-d’œuvre de l’économie sociale et de l’action communautaire
GIREPS Groupe de recherche interuniversitaire et interdisciplinaire sur l’emploi, la pauvreté et la protection sociale
LMKS LEARN Women Workers Union
LNT Loi sur les normes du travail
LSST Loi sur la santé et la sécurité du travail
MPC Mesure du panier de consommation
OIT Organisation internationale du travail
ONG Organisation non gouvernementale
PCBU Person conducting a business or undertaking
PTET Programme fédéral des travailleurs étrangers temporaires
RQ-ACA Réseau québécois de l’action communautaire autonome
SUPPRET Supplément de revenu pour travailleurs
UGTCI Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire
INTRODUCTION
Dix ans de recherche au Groupe de recherche interuniversitaire et interdisciplinaire sur l’emploi, la pauvreté et la protection sociale
Évolutions et perspectives 1
Yanick Noiseux, Laurence Hamel-Roy, Emma Jean, Marie-Pierre Boucher, Mylène Fauvel, Laurence-Léa Fontaine †, Diane Gagné, Sid Ahmed Soussi Groupe de recherche interuniversitaire et interdisciplinaire sur l’emploi, la pauvreté et la protection sociale
F ondé en 2007 par Pierre-Joseph Ulysse, le Groupe de recherche interuniversitaire et interdisciplinaire sur l’emploi, la pauvreté et la protection sociale (GIREPS) 2 fêtait sa première décennie d’existence au moment du troisième colloque international qu’il organisait à Montréal en septembre 2018. En visant à pousser la démarche et la réflexion par-delà ce qui avait été au cœur des éditions précédentes, il importait que cet événement scientifique intègre une réflexion de l’équipe sur l’évolution des questions scientifiques et sociales au cours de cette période. L’exercice réflexif a ainsi permis d’affirmer que si, dix ans plus tard, l’objet central – les travailleurs pauvres – est demeuré essentiellement le même, force est aussi de constater que les manières de l’appréhender ont nettement évolué. Nous proposons de revenir sur cette « évolution dans la continuité » en établissant et en abordant, dans la première partie, quatre déplacements de la démarche de production des connaissances du GIREPS depuis sa création. À l’évidence, ceux-ci sont en partie dus aux renouvellements des individus – chercheurs universitaires, étudiants, partenaires des milieux de pratique – et, par conséquent, des expertises déployées au sein de l’équipe. Ils témoignent également – voire davantage – de l’actualisation de la problématique et de sa mise à jour au regard des travaux les plus récents et des sensibilités de la recherche sociale ou sociopolitique, nationale et internationale, autour des thèmes du travail et de l’emploi, de la pauvreté, des politiques publiques, mais également de l’organisation collective des travailleurs marginalisés.
Le premier déplacement concerne l’objet même du GIREPS, à savoir l’emploi faiblement rémunéré. Ce déplacement met en évidence la maturation de la problématique de la pauvreté salariale, avec et en dépit de la polysémie des termes pour l’évoquer : emploi atypique, travail informel, précarisation, travail précaire, flexibilisation, ubérisation, etc. En insistant sur le fait que travail et emploi sont des moteurs d’appauvrissement, ce déplacement témoigne ainsi de la multiplication des études qui permettent de le démontrer et, ce qui conduit au deuxième déplacement, d’ouvrir sur l’analyse des facteurs conduisant à l’interpréter. Celui-ci concerne alors le rôle de l’action publique relativement à la structuration des sphères de participation à la société, rôle joué en particulier par les politiques sociales. Le regard des membres du GIREPS s’est à cet égard surtout déplacé de l’action sur la pauvreté « hors salariat » vers l’intervention sur l’encadrement, souvent en négatif, et la configuration des marchés du travail précaire. Le troisième déplacement concerne l’articulation entre le travail qui rend pauvre et les rapports sociaux de domination, ce qui implique la multiplication des travaux portant sur les divisions raciales et genrées du travail. Enfin, et sans doute par voie de conséquence, le quatrième déplacement est de nature épistémologique et méthodologique. Il implique d’intégrer, de plus en plus, les personnes visées par la recherche – et la transformation sociale – à même les processus de production et de diffusion des connaissances.
La deuxième partie de cette introduction présentera les différentes contributions constituant le présent ouvrage. En regroupant les travaux de chercheurs et d’acteurs de la société civile en provenance de quatre continents, cet ouvrage présente un tour d’horizon empiriquement riche de la réalité contemporaine de ces travailleurs qui, au Nord comme au Sud, font face au travail qui rend pauvre, mais qui inventent aussi de nouvelles manières d’y résister.
1. Du travail qui « n’empêche plus d’être pauvre » au « travail qui rend pauvre »
En ce qui a trait à la notion même de pauvreté dans son rapport au travail et à l’emploi, les premières formulations de la problématique de recherche du GIREPS partaient de l’idée – qui était alors presque une « découverte » – qu’il serait novateur d’étudier le lien entre pauvreté et travail/emploi. Dans le cadre d’une recherche qu’il avait menée en 2005 pour le Forum de développement social de l’Île de Montréal, Pierre-Joseph Ulysse, initiateur du GIREPS, tenait ainsi à mettre en relief, à même le titre du rapport, le fait que « le travail n’empêche plus d’être pauvre ! » (Ulysse, 2006, p. 1). Ainsi, alors que la question de la pauvreté était d’abord et avant tout associée à une forme ou à une autre de difficulté à « s’insérer dans la société », la question du rôle de la précarisation du travail et de l’emploi n’était alors qu’accessoirement ou marginalement évoquée comme facteur décisif de la condition de pauvreté.
Certes, il faut relativiser le caractère « nouveau » de cette pauvreté liée au travail. Il n’en demeure pas moins que l’ancrage disciplinaire de bon nombre de chercheurs de la première cohorte du GIREPS – du milieu du travail social et de l’action communautaire, notamment – a permis d’entrer dans la problématique des « travailleurs pauvres » à partir des enjeux de pauvreté, et ce, à un moment où, parmi les sociologues du travail, il n’y avait encore que relativement peu d’intérêt pour les études autres que celles du travail salarié, principalement en milieu industriel ou professionnel. Dans un contexte de consolidation de la précarisation du travail, d’étiolement de l’action collective et de l’approfondissement des politiques d’emploi orientées vers la mise en concurrence des travailleurs, les membres du GIREPS en sont progressivement venus à vouloir alimenter le débat public non seulement autour du travail qui « n’empêche plus d’être pauvre », mais également, en poussant la logique plus loin, en mettant désormais en avant-plan le « travail qui rend pauvre » (Ulysse, Lesemann et Pires de Sousa, 2014 ; Yerochewski, 2014). Bref, il s’agissait de prendre toute la mesure du fait qu’au fil du temps, la flexibilisation de l’emploi s’appuyant sur la segmentation des marchés du travail, renforcée par la succession des périodes de crise et de reprise, n’a pas créé suffisamment d’emplois de qualité pour empêcher la progression des formes d’emplois précaires (Organisation de coopération et de développement économiques [OCDE], 2019b) et que le passage à une politique économique néolibérale marque un saut qualitatif si important que l’intégration complète des travailleurs dans le « salariat classique » apparaît désormais véritablement, pour reprendre les mots de Castel (1995), comme une « utopie à rebours ». Plus récemment, notamment dans l’économie à la demande ( gig economy ), qui est en essor, la précarisation du travail se traduit par un morcellement des horaires à travers l’octroi de microtâches (Prassl et Risak, 2016 ; Slee, 2016) ainsi que par l’approfondissement des techniques de surveillance et d’incitation à l’autodiscipline (Cherry, 2016 ; Paltrinieri et Nicoli, 2017 ; Jamil, 2020), des mécanismes qui renforcent l’exploitation et sont source de graves insécurités et incertitudes face au présent et à l’avenir (Guégnard et Mériot, 2007 ; Castel, 2009). Les vecteurs de ces transformations apparaissent d’autant plus importants à étudier dans la foulée de la mise à disponibilité d’une « armée de réserve » de travailleurs précaires et « jetables » (Scholz, 2016b), notamment par le développement de dispositifs algorithmiques, mais aussi, dans le Sud, par la mobilisation de la paysannerie dans les emplois industriels des zones économiques spéciales (Jean, 2017a). Localisés à l’intersection de rapports sociaux qui concourent à produire et à reproduire les inégalités en emploi (Hardgrove, McDowell et Rootham, 2015 ; Wright et Clibborn, 2019 ; Jamil et Noiseux, 2018), les membres de cette « armée de réserve » se trouvent au cœur de la course aux bas salaires qui caractérise la réaction de bien des employeurs aux contraintes compétitives néolibérales (Chan, 2003). À terme, pour quiconque s’intéresse aux transformations contemporaines du travail, ces dynamiques doivent désormais être appréhendées comme un trait marquant d’un nouveau modèle d’organisation et de régulation de l’emploi (D’Amours et al. , 2017) où « la structuration d’un marché des travailleurs pauvres a complètement déstructuré l’emploi stable sous l’effet d’un chantage à la précarisation et à l’appauvrissement » (Lazzarato, 2014, p. 4).
Force est par ailleurs de constater que l’appauvrissement et l’enfermement dans la précarité contribuent à la destruction méthodique des collectifs de travail (MacDonald, 2014 ; Soussi, 2016), à la perte d’efficacité des modes traditionnels de représentation des travailleurs (Gagné, 2018 ; Fontaine, 2015 ; D’Amours et Deshais, 2012), voire à la montée des populismes antisyndicaux (MacDonald, 2017). Corollairement, ces circonstances contribuent à la reconfiguration des luttes des travailleurs précaires et des modes d’organisation collective à travers notamment la mise en place de centres de travailleurs ( workers centers ) souvent constitués sur la base de solidarités ethnoculturelles ou territoriales, d’associations sectorielles et parasyndicales (Choudry et Henaway, 2014, 2016 ; Malhaire et Noiseux, 2019 ; Salamanca Cardona, 2018 ; Yoon, 2020), à la mise en place de stratégies syndicales visant à investir ce que Haiven (2006) appelle la « non-union zone », à la mise en place de coalitions larges réunissant différents acteurs de la société civile (Fauvel, 2019) et, plus récemment, au déploiement de stratégies de résistance numérique à travers le « coopérativisme de plate-forme ». Ainsi, dans les dernières années, notamment à travers les activités du Pôle de recherches sur l’action collective et le travail atypique (PRACTA) – aujourd’hui intégré à même le GIREPS –, nous nous sommes intéressés à la campagne de syndicalisation dans les Walmart (Mayer et Noiseux, 2015) et dans les Couche-Tard (2018), mais également à l’organisation collective des travailleurs d’agences de placement (Bordeleau et Rivet-Préfontaine, 2015 ; Malhaire et Noiseux, 2019).
2. De la transformation du rôle de l’État : l’activation flexible
Les travaux récents portant sur les transformations ou la remise en cause de l’État social insistent quant à eux sur le parallélisme entre le changement du modèle d’organisation et de régulation de l’emploi et les transformations de l’action publique (Vielle, Pochet et Cassier, 2006 ; Peck et Theodore, 2015 ; Borgeaud-Garciandia et Georges, 2016 ; Jenson, 2017 ; Brodie, 2018). Dans le même esprit, le deuxième déplacement de la problématique de recherche du GIREPS renvoie au rôle de l’action gouvernementale dans la transformation des marchés du travail. Tandis que sous sa forme providentielle, l’intervention de l’État avait contribué à la consolidation d’une société salariale où l’intégration dans le salariat classique – pour certaines catégories de travailleurs plus que d’autres – se juxtaposait, le plus souvent, à l’accès à une protection sociale relativement convenable et à un niveau de rémunération relativement acceptable, il convenait de prendre acte des transformations de ce rôle dans la succession des phases du néolibéralisme mondialisé. Deux axes caractérisent alors ce déplacement : d’abord, celui portant sur la reconfiguration de l’intervention de l’État sur les ménages, en particulier le glissement du modèle pourvoyeur-ménagère vers celui de la participation à tout prix au salariat ; ensuite, et conséquemment, celui qui implique de considérer davantage les politiques sociales comme des mesures de soutien du revenu et de disciplinarisation salariale que comme des mécanismes de redistribution du revenu et de sécurisation des parcours (Morel, 2012 ; Bellot et al. , 2016).
Dans ce cadre, les travaux du GIREPS mettent en lumière le rôle actif de l’État dans la production et la légitimation de la flexibilisation de l’emploi et la précarisation qui l’accompagne. Ce faisant, l’action publique déployée par un État social néolibéralisé vise la dépolitisation des enjeux du travail et de la pauvreté, un phénomène facilité par la judiciarisation du social, la fiscalisation de la politique sociale (Boucher, 2013, 2016 ; Lamarche, 2017), ainsi que par l’institutionnalisation de configurations complexes de la relation d’emploi et des statuts et droits qui lui sont associés (Jamil, 2017 ; D’Amours et al. , 2017). Parallèlement, nous nous sommes intéressés au développement de programmes d’activation de la main-d’œuvre (Boucher et Noiseux, 2018), qui tendent à réduire les personnes « exclues » à leur éventuel « potentiel économique » et viennent en quelque sorte se substituer aux dispositifs visant l’intégration citoyenne. Plus encore, même sur le plan strictement économique, la mise en place de « mesures d’employabilité » tend à les confiner au statut de travailleurs pauvres « plutôt que de contribuer à sortir les personnes de l’orbite du travail au bas de l’échelle » (Charron, 2019, p. 26) 3 . C’est dans cet esprit que plusieurs chercheurs du GIREPS se sont intéressés aux mécanismes de précarisation de l’emploi, et plus particulièrement au rôle de l’État dans cette dynamique, tant à titre d’employeur que de régulateur des marchés de l’emploi. Cela implique notamment de considérer l’encadrement institutionnel du travail et les effets de son inadéquation sur les travailleuses domestiques, les femmes œuvrant dans des secteurs majoritairement masculins (Lagacé, Hamel-Roy et Coulombe, 2020 ; Gagné, 2019), les personnes qui travaillent pour une agence de placement (Hanley et al. , 2017), ainsi qu’eu égard aux modalités d’exercice du travail autonome (D’Amours, 2020b) et de ses formes contractuelles émergentes associées à la gig economy (Jamil et Noiseux, 2018 ; Jamil, 2020).
La prise en compte de l’interrelation entre ces transformations et celles qui se déploient dans le champ des politiques migratoires fait pour sa part apparaître ce qui peut être assimilé à une néoféodalisation des travailleurs agricoles (Gallié, Ollivier-Gobeil et Brodeur, 2017) et contribue, plus largement, au renouvellement de la division sexuelle du travail et des modes d’appropriation et d’exploitation des travailleurs précaires (D’Amours, 2009 ; Noiseux, 2012 ; Bernier, Dupuis, Fontaine et Vultur, 2014 ; Soussi, 2015 ; Hanley et al. , 2017 ; Jean, 2017b ; Galerand et Gallié, 2018). De la même façon, l’analyse critique des politiques de soutien du revenu et de leur infléchissement vers des mesures d’employabilité – de l’assurance-emploi évidemment (Gallié, 2015), mais aussi des différentes réformes de l’aide sociale autour de l’éventuelle mise en place d’un revenu minimum garanti, de l’instauration de « programmes d’insertion » et de « plans de lutte » à la pauvreté – doit également être réalisée à l’aune de cette nouvelle donne (Boucher, 2016 ; Noiseux et Boucher, 2017 ; Lalonde, 2017 ; Boucher et Noiseux, 2018 ; Boucher, 2020 ; Noiseux, 2020a). Ces transformations font par ailleurs l’objet de résistances qui indiquent un renouvellement des modalités de luttes dont les membres du GIREPS se sont saisis, par exemple, à travers l’analyse de la mobilisation contre la réforme de l’assurance-emploi par le gouvernement Harper (Lessard-Mercier, 2015) et de la campagne pour un salaire minimum à 15 $ au Québec (Bergeron et Lalonde, 2017 ; Fauvel, 2019).
3. De la prise en compte des rapports sociaux de domination et des divisions genrées et racisées du travail à l’ouverture aux épistémologies des Suds
Le troisième déplacement renvoie à une prise de conscience, fort tardive il faut l’admettre, quant à la nécessité d’une réelle prise en compte des divisions sociales du travail et de l’imbrication des rapports sociaux de domination fondés sur le genre et la race dans la réflexion liant travail et pauvreté. Traditionnellement, le phénomène des travailleurs pauvres a été mesuré à partir du revenu des ménages. Ce faisant, on analyse les caractéristiques des « pauvres » plutôt que celles des travailleurs et de leurs conditions de travail et d’emploi (Ponthieux, 2009). Or, la notion de revenu familial, qui tient pour acquis le partage automatique des revenus et des niveaux de vie entre les différents membres de la famille, ne rend pas compte de la pauvreté en emploi des individus, et masque plus particulièrement les rapports de pouvoir et les inégalités au sein de la famille et de la société (Belleau et Proulx, 2011). Cette mesure fait également l’impasse sur les enjeux autour du travail ménager et de soin effectué gratuitement par les femmes (Delphy, 2003 ; Dussuet, 2005 ; Hirata et Kergoat, 2005), et de leurs effets sur la participation de ces dernières sur le marché de l’emploi : le « double bind » (Hochschild et McDermott, 1998), le temps partiel (Vosko, 2000), le ralentissement dans la progression de carrière (Budig et England, 2001) et l’accès restreint à la représentation collective sont quelques-unes des conséquences de cette assignation sexuée qui se réfractent de façon d’autant plus profonde à l’intersection des rapports de classe et de race. Dans les faits, si la précarisation marque bien l’ensemble du salariat, elle prend des formes sexuées et racisées : la majorité des « travailleurs pauvres » et des « travailleurs vulnérables » sont des travailleuses (Galerand et Kergoat, 2008 ; Vosko et Clark, 2009), y compris au Québec (Yerochewski, 2014). La consolidation de la tertiarisation de l’économie dans la foulée de la désindustrialisation dans les pays du Nord global, mais aussi le rôle majeur joué par les travailleuses dans l’industrialisation des pays du Sud (Jean, 2017b), tout comme l’intérêt porté au travail encore dit « atypique » (D’Amours, 2006 ; Noiseux, 2009) font ainsi surgir brutalement les femmes et les personnes migrantes, surreprésentées dans ces statuts d’emploi, comme des figures centrales des transformations du travail. Cette attention particulière portée au sexe du travail permet alors de dévoiler l’a priori androcentriste sur lequel repose cette qualification d’« atypique » qui n’est en fait toujours signifiée que dans son rapport avec une société salariale masculine, basée sur le modèle du père pourvoyeur, et qui est considérée, elle, comme « typique ».
Cela a ainsi poussé les membres du GIREPS à examiner les mécanismes de sexuation et de racisation du travail, et à ouvrir un horizon de recherche autour notamment – mais certainement pas exclusivement – des dynamiques particulières propres aux ghettos d’emploi féminins. La précarisation du travail faisant désormais en sorte qu’il faille deux revenus de travail pour faire vivre un ménage (Langlois, 1984, 2008), la fin du modèle de l’homme pourvoyeur et de la femme assignée au travail domestique nécessite de rendre disponibles les femmes avec enfant(s) – et les mères de famille monoparentales – sur le « marché du travail », ce qui à son tour exige des ressources institutionnelles qui, pour leur part, se sont attachées à reconduire et renouveler la division sexuelle du travail, voire leur appropriation (Laurin et Juteau, 1988). Du côté de l’« autre travail » – « ménager », « domestique », de « care » –, on constate en effet une absence quasi totale de redistribution entre hommes et femmes (Delphy, 2003 ; Pfefferkorn, 2011), si bien que les transferts de travail ménager et de care se font pour l’essentiel entre femmes, suivant les divisions raciales et internationales du travail domestique (Nakano Glenn, 2009, 2010 ; Sassen, 2010 ; Stasiulis et Bakan, 2005 ; Boivin, 2014 ; Galerand et Gallié, 2015).
Poursuivant leurs réflexions liant pauvreté et travail à leurs ressorts genrés et racisés, les chercheurs du GIREPS se sont donc intéressés aux expériences d’emploi des travailleuses dans les centres de la petite enfance (CPE) et dans les ressources intermédiaires (RI) pour personnes âgées (Laurence-Ruel, 2020), dans les « groupes de femmes » (Coget et Noiseux, 2019), dans les services de soins à domicile pour les personnes en perte d’autonomie (Hamel-Roy, 2018 ; Hamel-Roy et Noiseux, à paraître) et autour du travail domestique marchandisé (Fauvel, 2020 ; Galerand, Gallié et Ollivier-Gobeil, 2015). Ces travaux se sont attachés à délier l’étroite relation entre la persistance de la segmentation sexuée du marché du travail (Noiseux, 2011), la non-mixité de nombreux secteurs d’emplois (Beeman, 2011 ; Noiseux et Boucher, 2013), le maintien des inégalités salariales des emplois féminins (Legault, 2013), la déqualification qui frappe encore plus durement les femmes immigrantes (Chicha, 2012 ; Hanley et al. , 2010, 2011) et, plus largement, l’effectivité de la protection sociale contre la discrimination systémique (Hamel-Roy, 2017 ; Gagné et Dupuis, 2016 ; Gagné, 2019 ; Yerochewski et Gagné, 2017). La compréhension des mécanismes de ségrégation professionnelle s’observe ainsi également par son revers, c’est-à-dire par les modes de discrimination qui scellent l’herméticité et l’homogénie des métiers dits « non traditionnels » (Gagné, 2019 ; Hamel-Roy, Dumont-Lagacé et Coulombe, 2019). La prise en compte de ces réalités exige aussi à terme de s’intéresser aux dynamiques inégalitaires entre les femmes, notamment entre les femmes blanches et les femmes racisées, lesquelles sont souvent mobilisées afin de rendre possible l’intégration en emploi des premières (Nakano Glenn, 2012 ; Ehrenreich et Hochschild, 2004).
Au cours des dix dernières années, la recherche portant sur le travail qui rend pauvre a ainsi dû prendre acte de la prépondérance des travailleurs im/migrants sur les marchés périphériques du travail. Dans un contexte où le Canada est passé d’un régime d’immigration fondé sur l’intégration permanente des immigrants à un régime s’appuyant davantage sur la circulation de travailleurs migrants temporaires depuis 2008, il est devenu plus que jamais nécessaire d’articuler la réflexion sur les liens entre travail et pauvreté à la transformation de ces régimes, et de considérer la façon dont ceux-ci contribuent à la consolidation et au renouvellement des modalités de division du travail au sein de la société. Une attention particulière doit être portée aux régimes spécifiques de configuration de la participation salariale, qui les affectent de manière différenciée selon leur statut migratoire. C’est ainsi que des membres du GIREPS se sont intéressés aux conditions de travail des travailleurs des agences de placement (Hanley et al. , 2018) – notamment dans les entrepôts – et aux chaînes de valeurs dans le secteur de la transformation de la viande (D’Amours et Deshaies, 2019 ; D’Amours et Belzile, 2019 ; D’Amours, 2021). Une enquête, menée par Hanley et al . et toujours en cours, s’intéresse quant à elle à la dynamique d’insertion sur les marchés du travail de réfugiés syriens (Hanley et al. , 2018). À terme, une attention particulière à l’imbrication des rapports sociaux de domination dans le contexte des réformes de ces programmes met par ailleurs en exergue la consolidation de régimes de servitudes et de formes de travail « non libre », notamment des travailleuses domestiques, le plus souvent d’origine philippine, ainsi que de travailleurs dans le secteur agricole au Québec et au Canada (Galerand et Gallié, 2018).
Corollairement, ces réflexions ont par ailleurs amené les membres du GIREPS à ouvrir un autre chantier : celui d’une réflexion épistémologique à même de décrypter les réalités des travailleurs pauvres dans les sociétés du Sud. Les interrogations soulevées ne visent pas seulement à considérer, avec Boaventura de Sousa Santos, que « la justice mondiale n’est pas possible sans justice cognitive mondiale » (de Sousa Santos, 2016, p. 340). Même s’il prend appui sur cette thèse forte, en la faisant sienne, ce chantier sur les épistémologies des pays du Sud n’a pas uniquement pour ambition de remettre en question les rapports de domination cognitive exercée depuis trop longtemps par le Nord sur le Sud et que dénoncent régulièrement les postcolonial studies (Bhabha, 1994 ; Appadurai, 2001 ; Chakrabarty, 2000 ; Mbembe, 2000) en écho aux intellectuels non alignés qui les ont précédés dans les années 1970 (Samir Amin, Abdelmalek Sayad et Edward Saïd, notamment).
Pour rendre compte brièvement de la portée réflexive de ce chantier et du saut qualitatif dans lequel il a été engagé, il paraît important d’insister sur le fait que son interrogation principale consiste à se demander comment comprendre et expliquer les phénomènes sociaux et les réalités du Sud – « des Suds » devrions-nous insister ? – avec les logiques historiquement produites et culturellement marquées par la pensée du Nord, qui font souvent l’impasse sur les altérités contextuelles et les causalités endogènes propres aux sociétés des Suds. « Provincialiser le Nord », pour paraphraser Chakrabarty (2000), exige de reconstruire nos théories à l’aune des réalités et des histoires des Suds, et de considérer les logiques sociales qui s’y développent comme valables en elles-mêmes et pour elles-mêmes, sans les traiter comme des « anomalies » ou des « déviations » par rapport à des modèles théoriques qui normalisent l’Occident (Pomeranz, 2009 ; Bhambra, 2010). De même, comprendre les multiples réalités du travail précaire renvoie aussi aux dynamiques et à l’analyse comparative des facteurs à l’origine de cette problématique, à la fois dans les sociétés du Sud et dans celles du Nord, de manière à « saisir ensemble » et à comprendre ces réalités, ainsi qu’à en comparer les dynamiques causales et les interdépendances 4 . Une telle optique exige non seulement de regarder, pour une fois, le Nord avec les yeux du Sud, mais aussi de reconstruire les catégories d’analyse qui sous-tendent la démarche comparative à l’aune des histoires et des réalités propres aux sociétés des Suds. Ainsi, alors que dix ans plus tôt, Lesemann et les membres du GIREPS abordaient les questions relatives au travail qui rend pauvre dans les sociétés des Suds, d’abord et surtout par le biais de la problématique de l’informalité (Lesemann, 2014), l’inflexion opérée dans les dernières années s’appuie sur une ambition d’élargir désormais davantage les horizons de ces investigations en diversifiant les objets, les perspectives et les méthodes d’analyse. Les travaux menés par Noiseux en Inde et en Argentine sur la question des travailleurs pauvres, par Jean sur les travailleuses dans les industries exportatrices chinoises et indiennes, par Fauvel sur les travailleuses domestiques au Pérou, par Adanhounme sur le syndicalisme en Afrique de l’Ouest, par Sadik sur les jeunes au Maroc et par Elbert sur les trajectoires d’informalité des travailleurs argentins s’inscrivent dans cette tendance. De même, en s’engageant dans des essais de théorisation motivés par une réflexion visant la construction d’une véritable « épistémologie du travail qui rend pauvre », la réflexion entamée par Soussi et Sadik a abouti à la publication d’un numéro thématique consacré à la question des épistémologies des pays du Sud (Soussi et Sadik, 2020).
En somme, chercher à comprendre le phénomène du travail qui rend pauvre ne peut se faire sans comprendre les réalités socioéconomiques et les parcours des travailleurs pauvres au Nord, mais aussi dans les Suds. Dans cette optique, et c’est à cette tâche que nous tentons de nous atteler, il importe de savoir si l’outillage conceptuel produit dans le Nord et par la pensée du Nord demeure opératoire – l’a-t-il déjà été ? pourrait-on aussi se demander. En fin de compte, et non sans ironie, nous constatons qu’il faut « universaliser » le postulat selon lequel la compréhension et l’explication – ou la théorisation – des phénomènes sociaux doivent être situées par rapport aux conditions locales et historiques de leur production. Par conséquent, il nous faut admettre la validité des outils d’analyse vernaculaires propres aux Suds, de la même manière, par exemple, que l’on admet, au Nord, la validité, l’importance et la pertinence des connaissances coconstruites en collaboration avec les travailleurs pauvres. En d’autres termes, c’est ce même postulat épistémologique, si consensuel dans les sociétés du Nord, qui conduit à reconnaître la validité épistémologique de la pensée des réalités du Sud produite par les sociétés du Sud. Comprendre et expliquer se conjuguent ainsi pour rendre compte des dynamiques de fabrication de ce phénomène du travail qui rend pauvre produites par ces sociétés, sans y surimposer le colonialisme des modèles théoriques explicatifs conçus par les sociétés du Nord à partir de leurs expériences historiques spécifiques et qui ne traduisent, en dernière instance, que leurs propres réalités.
Pour résumer, la perspective qui est toujours en cours d’approfondissement au GIREPS s’inscrit, au-delà de la diversité contextuelle et des singularités propres aux objets respectifs de ses chercheurs, dans une herméneutique des émergences (de Sousa Santos, 2016) dont le point de convergence suggère précisément de se saisir des potentiels émancipateurs conçus et déployés par et dans les sociétés du Sud, à travers des pratiques alternatives, aussi diverses dans leur globalité que singulières dans l’intelligence de leurs réponses aux contextes locaux où elles prennent forme pour faire face précisément aux conséquences de ce travail qui rend pauvre.
4. Un engagement fort dans la recherche partenariale et la construction d’une programmation scientifique « engagée »
Le quatrième déplacement découle de la prise en compte, sans doute elle aussi trop tardive, du fait que les travailleurs pauvres ne peuvent être réduits – et subordonnés – à de simples « objets de recherche ». Au cours des dix dernières années, force est de constater que la multiplication des interactions avec les personnes concernées, qui parlent, agissent et cherchent, activement et quotidiennement, à résister aux transformations en cours, a amené les chercheurs du GIREPS à faire le pari d’adapter leurs méthodologies de recherche. Cela s’est traduit par l’adoption de méthodes à même de capter et d’étudier toute la richesse des savoirs expérientiels et de tabler sur le croisement des expertises permis par l’instauration d’une relation de proximité entre les chercheurs universitaires et les acteurs du terrain. Dit autrement, si l’on veut aller au-delà de représentations statistiques qui établissent des moyennes abstraites – qui bien qu’utiles s’avèrent déshumanisantes – et si l’on aspire à comprendre ce qui se joue par-delà l’analyse des textes de loi et des énoncés de politiques, ce qui occulte bien souvent le canyon séparant ce qui existerait de jure et la réalité vécue de facto par les travailleurs pauvres, il faut sortir de la tour d’ivoire universitaire. Cette nécessité était devenue évidente afin d’appréhender dans toute leur « épaisseur » les enjeux autour du travail et de la pauvreté.
À terme, l’attention portée aux revendications et pratiques des mouvements sociaux engagés dans les enjeux liés au travail et à la pauvreté, combinée à l’intégration, à même l’équipe scientifique du GIREPS, de nombreux acteurs issus des milieux de pratique, a ainsi provoqué un important renversement de perspective. Comme nous l’avons évoqué rapidement plus haut, la démarche de production de connaissances amorcée par les membres du GIREPS en 2007 accordait beaucoup d’attention à l’État et à sa production de politiques publiques de lutte contre la pauvreté et d’insertion en emploi, ce qui réifiait l’idée que les travailleurs pauvres doivent être « pris en charge » et accompagnés – et s’il le faut, sous la contrainte – pour s’insérer dans un modèle de société proposé par les politiques d’État. Or, la prise en compte des revendications et des pratiques portées par les mouvements sociaux eu égard au « travail qui rend pauvre » a permis de se sortir d’une manière de poser la question de recherche à partir de l’État et de la poser désormais à partir de l’expérience concrète des travailleurs, de leurs préoccupations par rapport à la défense de leurs conditions de travail et, plus largement, des aspirations qui animent les luttes qu’ils mènent dans un contexte de transformation radicale du travail.
Non seulement s’est-il agi d’aller à la rencontre, d’écouter, de se rapprocher des réalités vécues, mais aussi de prendre parti dans le processus de construction de connaissances et d’ainsi participer, dans un objectif de transformation des rapports sociaux de domination, à la construction d’une société plus juste et égalitaire. Plus largement, le rapprochement avec les acteurs du terrain enrichit la compréhension de la question du « travail qui rend pauvre ». Tout en faisant l’objet de différentes productions scientifiques, ces diverses collaborations ont mené à la réalisation de documents d’éducation populaire et d’activités de formation qui ont pu être directement utilisés par les partenaires du GIREPS.
C’est ainsi que, dix ans après sa création, le GIREPS est devenu une équipe dite « en partenariat », dont la programmation scientifique engagée est d’abord construite à partir des besoins établis sur le terrain. Elle doit ainsi désormais énormément à ses partenaires de terrain tels que Relais-femmes, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI), Au bas de l’échelle, le Collectif pour un Québec sans pauvreté et le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) 5 . Concrètement, cela s’est traduit, au cours des dernières années, par la mise en place de partenariats de recherche visant à raffiner les argumentaires en faveur de l’augmentation du salaire minimum (Soussi et Thibault-Leblanc, 2020), en vue de la réforme de la Loi sur les normes du travail (LNT), d’un meilleur encadrement des agences de placement et pour une meilleure prise en compte des enjeux auxquels font face les personnes à l’aide sociale dans leurs parcours d’emploi et de vie (Boucher, Desbiens, Dupuis, Gagné et Noiseux, 2019). Les partenariats de recherche qui ont été développés au sein du GIREPS ont aussi permis l’émergence de questions nouvelles, ancrées dans les considérations des partenaires des groupes de pratique. Par exemple, la nécessité de jeter un regard particulier sur les conditions de travail des femmes, notamment les travailleuses du milieu communautaire, a été progressivement mise sur la table par plusieurs représentantes de mouvements de femmes et du mouvement de l’action communautaire dans le cadre de consultations autour de la lutte pour l’augmentation du salaire minimum à 15 $ (Fauvel, Noiseux et Coget, 2020). De la même façon, la question des personnes migrantes, du rôle des employeurs et des agences de recrutement et de placement à leur égard est largement due à la mise en place de collaborations régulières entre le GIREPS et le CTI, mais aussi à la circulation des personnes, souvent étudiantes, faisant des allers-retours entre leur parcours universitaire et la militance au sein de cet organisme. La présence de collaborateurs issus des rangs syndicaux a quant à elle permis une meilleure appréhension du rôle des centrales syndicales au Québec eu égard à la question de la mobilisation et des formes possibles de syndicalisation des travailleurs confrontés à des conditions de grande précarité.
Ultimement, prendre la mesure des réalités vécues et comprendre les dynamiques sociales au plus près de l’expérience concrète passe par la mise en place de méthodologies collaboratives et participatives : recherche-action, coconstruction des connaissances et participation observante. Ces postures méthodologiques – où l’aspect qualitatif est souvent ancré dans l’expérience quotidienne des travailleurs pauvres – y occupent un espace central et où les notions d’objectivité, de neutralité axiologique et de mise à distance prennent d’autres dimensions et ouvrent, en outre, sur un autre débat épistémologique qui pose la question de l’implication des chercheurs sur leur terrain de recherche et du parti pris pour une recherche engagée. Cela se traduit ainsi, en outre, par un effort intellectuel cherchant à comprendre, questionner et accompagner les partenaires de terrain et les acteurs sociaux dans une pratique d’organisation collective conjointe et solidaire orientée vers la transformation sociale. C’est dans cette optique que bon nombre de membres du GIREPS, notamment plusieurs étudiants, osent aujourd’hui davantage miser sur des pratiques relevant de l’ethnographie militante et participative afin d’étudier l’organisation et la mobilisation des travailleurs précaires (Yoon, 2019 ; Salamanca Cardona, 2018 ; Malhaire, 2016) et découlant d’une réflexion éthique plus large portant sur la contribution potentielle des chercheurs qui permettrait de poser les jalons d’un réel rapport de réciprocité entre chercheurs et acteurs de terrain à travers des démarches de recherches participatives (Fauvel et Yoon, 2018).
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En regroupant les travaux de chercheurs et d’acteurs de la société civile en provenance de quatre continents, cet ouvrage présente un tour d’horizon empiriquement riche de la réalité contemporaine de ces travailleurs précaires qui, au Nord comme au Sud, font face au travail qui rend pauvre, mais qui, aussi, inventent de nouvelles manières d’y résister.
Les diverses contributions réunies ici partent du constat que la précarité d’emploi s’est, dans les 25 dernières années, généralisée à un tel point que le travail n’est plus un rempart contre la pauvreté, mais constitue bien souvent le chemin qui y conduit. La première partie du volume se penche donc sur les liens entre le travail, la pauvreté et la précarité au Québec, en Argentine et au Maroc.
Le chapitre 1 , écrit par Marie-Josée Dupuis, Claudine Gagnon et Isabelle Landry, du Collectif pour un Québec sans pauvreté, illustre parfaitement comment les insuffisances du salaire minimum québécois enferment plusieurs travailleurs dans la pauvreté et la précarité. À l’aide d’une quarantaine d’entrevues, les auteures montrent que ces travailleurs peinent à couvrir leurs besoins de base, avec toutes les conséquences que cela suppose sur le plan de l’insécurité alimentaire, de l’accès aux médicaments ou de la santé physique et psychologique.
Dans le chapitre 2 , Rodolpho Elbert s’attaque à l’idée d’informalité, à l’aune de laquelle les analyses de l’emploi dans les pays du Sud sont trop souvent réduites. Il critique la thèse, popularisée notamment par Portes (1985) ou Standing (2014), selon laquelle « les travailleurs informels constituent une nouvelle classe sociale avec des intérêts et une identité différents de ceux du prolétariat formel » (voir chapitre 2 ). À l’aide d’une analyse quantitative des trajectoires de vie des travailleurs formels et informels en Argentine, Elbert montre qu’au cours de leur vie, une proportion significative de travailleurs dans l’économie formelle ont aussi expérimenté des emplois informels, avec pour conséquence que cette expérience commune de l’informalité pousse un grand nombre d’entre eux à s’identifier à la classe ouvrière, et ce, qu’ils se situent d’un côté ou de l’autre de la barrière de l’informalité.
Youssef Sadik poursuit ce travail critique dans le chapitre 3 en s’attaquant, à partir d’un point de vue marocain, à l’usage du concept d’employabilité. À l’aide de ses études de terrain, il montre comment la construction des politiques publiques d’emploi visant les jeunes est inefficace, de par son inadéquation aux réalités socioéconomiques marocaines, contribuant au passage à enfermer les jeunes dans un horizon instrumental qui bloque leurs perspectives d’émancipation. Il fait ainsi valoir que l’importation aveugle d’un concept socioéconomique exogène – l’employabilité – peut contribuer à reproduire des rapports néocoloniaux tout en s’habillant des atours « neutres » de la science.
Le chapitre 4 , écrit par Mylène Fauvel, Céline Métivier et Yanick Noiseux, qui clôt la première partie de ce livre, se penche, quant à lui, sur les conditions de travail dans le milieu communautaire autonome du Québec. Les auteurs y brossent un portrait des conditions de travail, de la précarité des statuts d’emploi et de la rémunération qui révèle les insuffisances du financement des organismes communautaires. Alors que ces organismes sont des maillons essentiels du filet de protection sociale et offrent des « solutions novatrices aux problèmes sociaux présents dans leur communauté », les travailleurs qui animent ces organismes, souvent avec dévouement, se trouvent forcés de concilier plusieurs sources de revenus et d’aménager leur vie personnelle pour « réduire leurs frais de subsistance » de manière à compenser la pauvreté de leur salaire.
Dans la deuxième partie de l’ouvrage, deux auteures examinent certaines transformations des marchés du travail et de l’emploi en montrant que l’action publique a joué un rôle ambivalent dans ces changements : d’un côté, elle a facilité la précarisation de l’emploi en y adaptant les modes de régulation du travail et, de l’autre, elle a structuré des régimes de protection sociale qui, lorsqu’ils existent, non seulement peinent à compenser les insuffisances de l’emploi précaire, mais exigent que les bénéficiaires de l’aide publique s’y soumettent.
Dans sa contribution sur les attrapeurs de poulets, Martine d’Amours souligne avec acuité, dans le chapitre 5 , comment la multiplication des employeurs dans la chaîne de valeurs des volailles s’imbrique avec la fragilité de statut des travailleurs, pour la grande majorité des migrants issus du programme de travail temporaire, construisant ainsi une situation dans laquelle l’action collective peut difficilement se développer. Pointant du doigt de nécessaires changements institutionnels, elle suggère en conclusion trois conditions qui, réunies, pourraient contribuer à améliorer les conditions de travail dans le secteur : une modification au régime de négociation collective, un élargissement de la responsabilité légale des employeurs couvrant certains autres acteurs de la chaîne de valeurs et, finalement, l’abolition de la contrainte de l’employeur unique dans le programme de travail étranger temporaire.
Dans le chapitre 6 , Marie-Pierre Boucher souligne pour sa part que le programme d’aide sociale est, au-delà d’une aide de dernier recours, profondément intégré à une politique publique de gestion de la main-d’œuvre dans laquelle des « techniques disciplinaires [sont] mobilisées pour orienter ou contraindre à la participation au travail rémunéré ». Elle montre en outre comment, à travers la notion d’aptitude, surgissent des préoccupations, paraissant souvent plus morales qu’économiques, qui contribuent à transférer le stigmate de la pauvreté sur le dos des prestataires. Dans le discours sur la responsabilité individuelle qui en résulte, le stigmate de l’assistance ne peut alors être allégé que par l’activation des prestataires et l’adoption d’une éthique du travail démontrant leur bonne volonté. Boucher souligne toutefois les limites d’une explication uniquement morale en analysant les politiques d’activation visant les mères de famille monoparentales. En effet, conclut-elle, il y a bien dans la mise au travail de ces femmes une logique sociohistorique à l’œuvre : la marchandisation et l’institutionnalisation du travail de reproduction sociale et du travail domestique ayant créé une forte demande de main-d’œuvre, l’État gestionnaire a graduellement ajusté ses politiques publiques pour la combler, notamment en insistant sur l’activation des femmes prestataires de l’aide sociale.
La troisième partie de ce volume aborde les stratégies de résistance des travailleurs pauvres qui se sont aussi modifiées dans la foulée de l’adoption des politiques néolibérales. Alors que le syndicalisme est en déclin, l’identité collective des travailleurs pauvres se recompose autour de nouveaux types d’organisations. De Londres à Mumbai, en passant par le Japon et les États-Unis, des formes novatrices d’action collective apparaissent en réponse à la fragilisation des statuts d’emploi, à l’insuffisance de la protection sociale ou face à la montée de l’économie de plate-forme.
Le chapitre 7 , écrit par Nik Theodore, ouvre la troisième partie et illustre la recomposition du mouvement ouvrier aux États-Unis au moyen du développement des centres de travailleurs en analysant l’action novatrice de ces organisations sur le marché du travail journalier dans le domaine de la construction. Theodore soutient que, laissés à eux-mêmes dans une industrie où les emplois sont décentralisés, les travailleurs désorganisés et la qualité des emplois dégradée, les mécanismes de marché produiraient des salaires et des conditions de travail « principalement fixés par le désespoir économique de la main-d’œuvre ». En s’engageant dans l’action économique et en organisant l’offre de travail par des bureaux de placement, les centres de travailleurs contribuent à développer et à imposer de nouvelles normes du travail aux employeurs, tout en renforçant l’identité collective des travailleurs.
Le chapitre 8 , écrit par Pierre-Hubert Leroux, explore plus en avant l’action des groupes de défense des droits en s’attardant sur la situation des travailleurs migrants au Japon. Le contexte japonais, caractérisé par le vieillissement de la population, pousse les petites et moyennes entreprises à engager des travailleurs migrants temporaires sous des conditions extrêmement restrictives qui les exposent à toutes sortes d’abus. Des organisations d’entraide et de défense des droits leur viennent en aide, mais elles font face à de nombreux défis, souligne Leroux, la participation des travailleurs migrants y étant limitée par des enjeux de pauvreté, par des difficultés d’intégration des migrants récents ainsi que par des enjeux autour de la langue. De plus, le contexte politique est relativement insensible aux revendications de ces travailleurs, avec un droit de l’immigration restrictif et la prégnance d’une idéologie de pureté ethnique qui contribuent à altériser les migrants et à fragiliser leur statut.
Indira Gartenberg nous offre un point de vue intersectionnel sur l’action collective des travailleuses informelles en Inde dans le chapitre 9 . Gartenberg brosse le portrait vivant d’une campagne menée par un syndicat de travailleuses informelles actif à Dharavi, le plus grand bidonville d’Asie, pour faire améliorer le service d’une ligne d’autobus essentielle aux déplacements de ses membres. Tout en montrant que les enjeux autour des services publics sont indissociables de ceux concernant le travail et l’emploi, elle illustre au passage comment l’action collective permet aux travailleuses de faire des gains matériels immédiats tout en s’inscrivant dans une démarche d’ empowerment (autonomisation) qui participe, de manière plus générale, à l’émancipation des femmes.
Armel Brice Adanhounme poursuit, dans le chapitre 10 , le travail de construction d’une épistémologie des Suds en développant une thèse forte : les lois du travail et le syndicalisme dans les pays d’Afrique francophone s’inscrivent dans la continuité postcoloniale de l’esclavage, en réactualisant un appauvrissement anthropologique qui « dépouille l’Africain de ses attributs humains pour le réduire à l’état de bête de somme, pour l’instrumentaliser et le chosifier » (voir chapitre 10 ). Alors qu’au Nord se développait une citoyenneté industrielle, notamment grâce à la reconnaissance du syndicalisme, en Afrique francophone, le droit du travail, d’origine coloniale, a plutôt contribué à asservir les travailleurs, en en faisant les objets du capital. Le syndicalisme, dépouillé de ses capacités d’action par cet héritage colonial, se trouve ainsi domestiqué et englué dans des pratiques affairistes qui contribuent à la neutralisation de son potentiel émancipateur. Les grands perdants en sont les travailleurs qui, loin d’être des citoyens industriels, restent de fait des « esclaves toujours taillables et corvéables à merci ».
Dans le chapitre 11 , Jamie Woodcock fait revivre la tradition militante de l’enquête ouvrière chère à l’autonomisme italien en présentant ses recherches sur le travail de plate-forme à Londres. Woodcock plaide pour une ethnographie engagée, qui tente de comprendre les dynamiques capitalistes en faisant appel aux connaissances des travailleurs. Dans une industrie où la collecte des données joue un rôle crucial pour le contrôle algorithmique du procès de travail par l’employeur, la méthode de l’enquête ouvrière permet de rétablir partiellement le déséquilibre de pouvoir induit par l’asymétrie des connaissances. L’auteur illustre notamment comment la mobilisation des connaissances des travailleurs permet d’ouvrir des opportunités d’organisation en dévoilant les routes de livraison fréquemment utilisées et les lieux les plus fréquentés par ces derniers. De même, il plaide que de rendre les « réseaux de production transparents [peut] conduire à de meilleures conditions de travail pour les travailleuses et travailleurs du numérique dans le monde entier », notamment en permettant de développer des systèmes de certification capables de rendre responsables les employeurs de l’économie de plate-forme.
Dans le dernier chapitre , Sid Amhed Soussi présente l’esquisse d’une reconstruction épistémologique qui intègre les réflexions amorcées dans le présent ouvrage par Rodolpho Elbert, Yousef Sadik, Indira Gartenberg et Brice Armel Adanhounme. Soussi confronte aux réalités endogènes des sociétés du Sud certaines catégories d’analyse ayant structuré les travaux du GIREPS, comme le « travail qui rend pauvre », l’informalité, les mouvements sociaux, la société civile ou le syndicalisme. Par cet exercice, il montre comment les paradigmes issus de la sociologie occidentale peinent à rendre compte des réalités des Suds et imposent une lecture du social qui, faisant abstraction de leurs trajectoires de développement sociohistoriques, rendent invisibles leurs causalités endogènes. Pour Soussi, ces concepts, développés par et pour les sociétés du Nord, renvoient « de fait à des réalités différentes de leurs équivalents occidentaux, des réalités autres, en raison des contextes de leur historicité » (voir chapitre 12 ). Ces « altérités contextuelles », plaide-t-il, doivent être saisies en fonction des causalités endogènes qui les construisent, les reproduisent et leur donnent un sens.
Finalement, en guise de conclusion, un collectif d’auteurs du GIREPS offre une réflexion « à chaud » sur les liens entre le travail précaire, la pauvreté et la santé publique en contexte de pandémie. Les délais entre la réalisation d’un événement scientifique et la publication des réflexions qu’il a suscitées étant ce qu’ils sont, la parution de cet ouvrage a lieu deux ans plus tard, au moment où la pandémie s’est rapidement répandue aux quatre coins de la planète. Ses conséquences désastreuses – dont on n’a sans doute pas encore pris toute la mesure – touchent, outre les personnes âgées, au premier chef, les travailleurs précaires désormais qualifiés d’« essentiels », voire d’« anges gardiens ». De même, la pandémie soulève de nouvelles questions en lien avec le travail reproductif et la division sexuelle du travail. Ce constat nous oblige à réfléchir de manière prospective aux orientations futures du GIREPS, ce à quoi nous nous attardons dans l’épilogue présenté en fin de parcours.
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