Pour un retour à la réalité : Pourquoi les écrans absorbent tant nos enfants?
95 pages
Français

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Pour un retour à la réalité : Pourquoi les écrans absorbent tant nos enfants? , livre ebook

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Description

« Un livre remarquable »
Préface de Thomas De Koninck,
philosophe et professeur émérite
À l’heure où les enfants ont accès, dès le plus jeune âge, à un large éventail d’appareils technologiques, à l’heure où les adolescents passent pratiquement la moitié de leur temps d’éveil devant un écran – un phénomène amplifié par la pandémie –, il est temps de faire le point sur la situation. Qu’en disent les experts ?
Ce livre vise à démonter les mythes qui circulent impunément au sujet des technologies et qui ne font que multiplier les écrans dans les maisons et les écoles, en plus d’accroître le temps que nos enfants et nos élèves passent devant ceux-ci.
Jamais n’avons-nous autant utilisé de moyens artificiels pour motiver nos enfants. Et jamais nos enfants n’ont été aussi démotivés et inattentifs.
Lorsqu’un jeune se trouve plusieurs heures par jour dans un monde virtuel, il y a une perte d’opportunités de relations interpersonnelles, qui sont cruciales à son éducation et au développement sain de sa personnalité. Contrairement à ce que l’on pense, la meilleure préparation pour faire un usage responsable des technologies ne consiste pas à accumuler les heures devant un écran, mais plutôt à expérimenter librement, au contact de la réalité.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2021
Nombre de lectures 1
EAN13 9782764442234
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0450€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

De la même auteure chez Québec Amérique
Cultiver l’émerveillement – Comment préserver la soif d’apprendre de nos enfants , Dossiers et Documents, 20 19.




Projet dirigé par Marie-Anne Legault, éditrice

Conception graphique : Nathalie Caron
Mise en pages : Marylène Plante-Germain
Relecture/correction : Marie-Agnès Le Roux
Révision linguistique : Flore Boucher
Traduction : Isabelle Saint-Georges
Photographie en couverture : CreativeAngela / shutterstock.com
Conversion en ePub : Fedoua El Koudri

Québec Amérique
7240, rue Saint-Hubert
Montréal (Québec) Canada H2R 2N1
Téléphone : 514 499-3000, télécopieur : 514 499-3010

Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien. We acknowledge the support of the Canada Council for the Arts.
Nous tenons également à remercier la SODEC pour son appui financier. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC.


Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Titre : Pour un retour à la réalité : pourquoi les écrans absorbent tant nos enfants ? / Catherine L’Ecuyer ; traduction, Isabelle Saint-Georges.
Autres titres : Educar en la realidad. Français.
Noms : L’Ecuyer, Catherine, 1974- auteur.
Collections : Essai (Québec Amérique (Firme))
Description : Mention de collection : Essai | Traduction de : Educar en la realidad.
Identifiants : Canadiana (livre imprimé) 20200092502 | Canadiana (livre numérique) 20200092510 | ISBN 9782764442210 | ISBN 9782764442227 (PDF) | ISBN 9782764442234 (EPUB)
Vedettes-matière : RVM : Technologie et enfants. | RVM : Internet et enfants. | RVM : Ordinateurs et enfants. | RVM : Éducation—Effets des innovations sur.

Dépôt légal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2021
Dépôt légal, Bibliothèque et Archives du Canada, 2021

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés

© Éditions Québec Amérique inc., 2021.
quebec-amerique.com


À Alicia, Gabriel, Nicolas et Juliette


Un père est en excursion à la montagne avec ses deux adolescents. Une fois arrivé au sommet, il s’émerveille devant le paysage :
— Regardez, mes enfants, quel coucher de soleil magnifique !
— Franchement papa ! Deux heures de marche pour voir un fond d’écran…
Adaptation d’une caricature de Faro


PRÉFACE DE THOMAS DE KONINCK
Dans sa célèbre allégorie de la caverne, Platon nous met en présence de prisonniers assis enchaînés devant le fond d’une caverne. Ces chaînes les empêchent de tourner la tête, de sorte que leur unique horizon est celui d’ombres projetées sur ce fond par la lueur d’un feu et de marionnettes portées par des personnages allant et venant derrière un mur les séparant des prisonniers. Aux yeux de ces prisonniers, la seule réalité est par conséquent celle de ces ombres, ainsi que des bruits et chuchotements produits par ces personnages entre eux, qui, pour les prisonniers, ne peuvent provenir que des ombres elles- mêmes. La force de l’accoutumance aidant, on imagine aisément combien cette perception des ombres ira s’endurcissant au fil des années – après à peine vingt ans, par exemple.
Quelle tristesse, me direz- vous, quelle misère ! Qui d’entre nous ne souhaiterait pouvoir libérer ces prisonniers afin de leur permettre de se retourner et de monter vers la sortie de la caverne pour y découvrir la splendeur du monde réel, illuminé par le soleil ? Le problème est que de tels prisonniers ne se laisseraient pas faire, profondément habitués qu’ils sont à l’univers faux des ombres en question. « Ils le tueront certainement », écrit Platon, à propos de qui conque tenterait de les en libérer. Cette remarque fait référence en même temps à la mise à mort à laquelle Athènes a soumis Socrate pour avoir dénoncé la « double ignorance » (ne pas savoir qu’on ne sait pas) qui enchaînait ses concitoyens et rendait du coup impossible tout questionnement authentique de leur part.
Je n’en dirai pas davantage ici, car l’auteure de ce livre remarquable, Catherine L’Ecuyer, a dit tout ce qu’il fallait dire à partir de cette même allégorie dans son chapitre dix- neuf . Si les ombres de la caverne anticipent avec autant de justesse les « milliards d’écrans » (Paul Chamberland) qui nous entourent, il n’empêche qu’un rare courage et non moins de lucidité s’imposaient pour en retracer toutes les conséquences de façon aussi magistrale.
Et cependant, il fallait accepter pareille tâche. Car la culture narcissique dans laquelle nous sommes, en faisant éprouver des besoins qui ne sont pas nôtres, nous éloigne de nos véritables besoins et de nos véritables désirs, dont dépend notre bonheur. Seule la satisfaction des désirs réels, de nos désirs les plus profonds pour commencer, peut rendre heureux. C’est ainsi que l’amour lui- même s’apprend, par l’amour reçu d’abord, qui le premier donne le goût de vivre en donnant sens à l’existence. « C’est là le fond de la joie d’amour, lorsqu’elle existe : nous sentir justifiés d’exister », écrivait Jean- Paul Sartre dans l’une de ses meilleures pages. L’amour déclare : « il est bon que tu existes » ; la haine cherche au contraire l’exclusion, l’élimination, elle est aveugle et homicide. Le désir de reconnaissance, si profond en chaque être humain, trouve sa forme la plus parfaite dans le désir d’être aimé et d’aimer en retour. Cette reconnaissance ne peut évidemment pas venir d’une chose. Elle ne peut venir que d’un égal, d’une autre personne. Or, des objets de notre fabrication, notamment des écrans de toutes sortes, ne cessent de se substituer aux humains autour de nous, comme autant de reflets de notre puissance, suscitant un sentiment d’omnipotence. « Nous vivons moins, au fond, à proximité d’autres hommes que sous le regard d’objets obéissants et hallucinants qui nous répètent toujours le même discours, celui de notre puissance médusée, de notre abondance virtuelle, de notre absence les uns aux autres », observait il y a déjà cinquante ans Jean Baudrillard. Le monde anonyme, introverti, que génère la techno logie est à l’image de celui de Narcisse. Une parole se voulant l’expression authentique d’une pensée y a quelque chose de déplacé, tout comme la recherche de débats rationnels. Ce qui aide à comprendre la détresse de certains jeunes.
Une autre raison qui rend une pareille tâche nécessaire est l’empire toujours croissant de la curiositas , génialement décrite par saint Augustin et par Heidegger. La curiosité en question ne s’intéresse qu’à l’aspect extérieur des choses ; elle ne cherche nullement à comprendre, mais seulement à voir. S’agitant et poursuivant l’excitation d’une nouveauté continuelle, c’est la possibilité constante de la distraction qui l’occupe. Elle n’a rien à voir avec l’observation et l’émerveillement. Elle ne désire pas tant savoir qu’avoir su. Jamais elle ne séjournera où que ce soit. Il est dès lors évident que le voir de la curiosité est à l’opposé de la contemplation du beau, c’est- à- dire de la theôria . Or, cette opposition met en vive lumière, par contraste, ce qu’il y a de plus grand en l’homme : son regard. Le regard du curieux ne s’oppose pas seulement à celui de l’amant ; il s’oppose également à celui de l’intelligence. Le curieux est irrémédiablement dyslexique, sans cesse à la poursuite du neuf qui est vieux aussitôt vu : il fuit et se fuit. Ce qui le caractérise, c’est l’abstrait au sens d’isolé, de séparé, d’unilatéral. On pourrait montrer que l’envahissement progressif d’un visuel médiocre ajoute, aux effets nocifs déjà relevés, celui d’émousser l’intelligence au profit de l’esprit d’abstraction, mis en cause avec raison par Gabriel Marcel, dans Les hommes contre l’humain , comme facteur de guerre et de « techniques d’avilissement ». La parole de Dostoïevski, « la beauté sauvera le monde », trouve ici une première application

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