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Description

Il existe de nombreux dictionnaires, encyclopédies, recueils de citations et de proverbes. La masse de ces derniers atteint quelques dizaines de milliers ; la planète en est tapissée. Au-delà de leur Intérêt
documentaire, historique, littéraire ou patrimonial, ils comportent des inconvénients. Et non des moindres
est de trop embrasser… Une sélection s’impose donc, pour la commodité de leur usage pratique.
Ce livre est destiné aux amateurs de pensées bien formulées pour nourrir et agrémenter leur esprit ou leurs conversations. Il constitue un jeu de citations qui défilent et ne se ressemblent pas dans un enchaînement dicté par l’ordre alphabétique des thèmes et des auteurs. Allégeant le caractère souvent austère des pensées sélectionnées, les registres changent constamment : absurdité,
cynisme, drôlerie, gravité, humour, paradoxe, poésie, stoïcisme… En fait, la variété des tons, du badin au sentencieux en passant par l’allègre et l’ironique, n’est pas nécessairement incompatible avec le sérieux, le réfléchi, quand elle contribue à faire jaillir le vrai.
Pour les étudiants en sciences humaines, les essayistes, les chroniqueurs, les journalistes, les rédacteurs dans tout domaine ou les participants à une controverse, ce recueil peut s’avérer utile pour Illustrer, cautionner ou anéantir des opinions adverses.
Un index des auteurs et des mots clés cités complète cette compilation qui ne craint
pas les nombreuses contradictions de la sagesse.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2019
Nombre de lectures 6
EAN13 9782897263744
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0750€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Préface
L e philosophe américain Benjamin Lee Worf a écrit que « la pensée d’un peuple est déposée inconsciemment dans sa langue ». De manière analogue, il en est ainsi de la sagesse humaine déposée dans ses proverbes, maximes et adages des différentes cultures. La compilation de François d’Apollonia est une vraie sélection des principaux mots de sagesse de l’histoire occidentale ; les auteurs célèbres sont suivis ou précédés des anonymes.
Cette sélection a l’originalité de ne pas être divisée par auteurs ou par époques ; ce sont les thèmes de la vie quotidienne qui importent à tous et qui ponctuent le récit de chacune de nos vies qui constituent le mode de présentation du recueil. Ce regroupement thématique des sujets et des questions sur le sens de l’existence elle-même est l’élément qui attire l’attention. Les différentes formules de sagesse concernant un thème de vie précis sont regroupées. Chaque ensemble thématique expose des phrases provenant d’auteurs et de siècles divers autour d’une valeur ou d’un principe qui semble immobile à travers le temps et l’espace. Cette thématique, sélectionnée elle aussi par l’auteur, devient fascinante en soi.
Le travail de compilation fut minutieusement orchestré avec un travail de classification. Par cette classification thématique, chaque aphorisme, adage ou proverbe, loin d’être amoindri par les autres, en ressort davantage approfondi dans sa signification. On va alors de l’un à l’autre auteur sur un même thème ; l’effet est surprenant !
Claude Gagnon


Introduction
C omme on cherche des filons dans une mine, il faut parcourir des centaines de pages de collections de toutes sortes avant de trouver un aphorisme admirable ou déroutant, un merveilleux proverbe chinois ou japonais, une maxime étonnante, une citation mémorable. Ce dictionnaire est le résultat d’un tri, d’une sélection effectuée parmi les milliers de citations que comprennent les sources compulsées mentionnées ci-dessous. Les citations choisies se rattachent, pour la plupart, à des domaines de prédilection, et selon deux critères internes : l’originalité de la forme et la portée critique du propos. Cependant, ces deux conditions ne suffisaient pas pour retenir une citation ; elle devait satisfaire à un troisième critère : ne pas appartenir au répertoire courant. En effet, il s’agit de découvrir, non de reconnaître ce qui est déjà connu ou de confirmer ce qui est convenu. Le classement est thématique, comme celui de Maurice Maloux, mais moins détaillé.
Les écrits restent, les paroles s’envolent , dit le proverbe latin. Ceux-là ont laissé des traces documentées. Mais celles, non référencées, que l’auteur a attrapées au vol ou formulées lui-même, apparaissent entre parenthèses avec la mention « anonyme ». Un index comprend les auteurs cités avec les thèmes ou les mots clés qu’ils illustrent.
« Il n’est pas de sentences, de maximes, d’aphorismes dont on ne puisse écrire la contrepartie » (Paul Léautaud). Et quant aux proverbes, Paul Valéry va jusqu’à dire : « Ils finissent par répondre à tout, et sont tous niais ». Et c’est bien ainsi puisque la contradiction nourrit la réflexion, alimente un débat, fait avancer la controverse vers une synthèse qui dépasse et intègre les énoncés antinomiques suscités dans une discussion en clarifiant ou nuançant la pensée des tenants d’opinions adverses.
La lecture de ce livre doit solliciter la pensée, ouvrir une perspective sur un problème, faire découvrir un angle d’attaque, entrevoir un aspect inattendu d’une chose, d’une situation, d’une question. Pour cette raison, ont été résolument rejetés la banalité des faits d’expérience, la bassesse conformiste des poncifs, des clichés , des truismes et les prudhommesques platitudes prudentes des lieux communs. Ont également été écartés les innombrables et navrants stéréotypes misogynes depuis la Bible (« C’est un don de Dieu qu’une femme silencieuse » *) jusqu’à Sacha Guitry (« Son sommeil était, de beaucoup, ce qu’elle avait de plus profond » **) ; sont aussi exclus l’intention ludique ou facétieuse, les mots ou traits d’esprit, les jeux de mots gratuits. Les citations populaires, si célèbres soient-elles, ne répondent guère plus au propos de ce dictionnaire, filtré, sélectif, de ce S é lectionnaire, r épertoire qui se veut un recueil de provisions pour alimenter l’esprit ou l’assaisonner.
* Si 26, 14.
** Cité dans Tout l’esprit français, de J. Delacour, p. 274.


La grande famille des formules de sagesse
Citations et aphorismes
On peut faire une différence entre, d’une part, les citations littéraires, potentielles, qu’on peut extraire d’un texte et, d’autre part, les citations, réelles, conçues et voulues comme autonomes et érigées en aphorismes. Contrairement à La Rochefoucauld, Chamfort et René Char, Saint Augustin, Pascal et Roland Giguère ne mirent pas en relief leurs phrases que l’on sélectionne comme des échantillons. Se situant entre les citations virtuelles et les citations voulues comme telles, le style cadencé de Saint-John Perse comme celui, lapidaire, de Cioran semblent destinés à devancer les amateurs de citations. Malicieusement, on a dit que l’auteur de Syllogismes de l’amertume n’aurait écrit que des citations…
adage
Brève formule populaire exprimant avec force un conseil pratique, une règle d’action tenue pour démontrée. Ex. : Qui aime bien, châtie bien. Qui vole un œuf, vole un bœuf.
aphorisme
Énoncé concis, incisif, lapidaire, percutant, habilement formulé, « un aphorisme n’a pas besoin d’être vrai, mais il doit survoler la vérité ; il doit la dépasser d’un trait » (K. Kraus). Il peut être paradoxal ( Le commencement est la moitié du tout, Le mieux est l’ennemi du bien ), péremptoire, parfois pompeux. Il exploite l’antithèse, le parallélisme, la symétrie. Il prend souvent le contre-pied du proverbe, en présentant une vérité qui provoque sous un jour nouveau ou par une boutade cocasse ; il sait être insolite, voire insolent ; comme le proverbe, il peut être ironique ou désenchanté. L’aphorisme est un prisme. Les meilleurs aphorismes ébranlent les certitudes, secouent les idées reçues et les préjugés. Leurs qualités formelles et leurs vertus métaphoriques leur donnent leur lustre et leur relief ( Tout louer est d’un sot, tout blâmer est d’un fat. On n’est jamais sali que par la boue ) .
maxime
Illustrée par La Rochefoucauld et Vauvenargues, la maxime est une formule concise qui énonce une règle morale, une conduite ou un précepte d’ordre général. Ex. : Supporte et abstiens-toi (Épictète). En parlant peu, tu entends davantage (maxime russe). L’apophtegme est une parole mémorable ayant une valeur de maxime.
proverbe
Socrate définissait la parole proverbiale des Spartiates comme « des manières de dire courtes et mémorables ». Pour favoriser sa mémorisation, l’énoncé proverbial condense et organise le sens par des particularités formelles et rhétoriques frappantes (allitération, antithèse, assonance, chiasme, ellipse, parallélisme, paronymie, rythme, et force expressive de l’image). D’origine inconnue, le proverbe exprime une règle de conduite, un conseil de sagesse pratique, un fait d’expérience ou d’observation, ou encore une réflexion de portée générale, une vérité rebattue. Il rappelle l’homme à la fatalité ou à l’évidence ( Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse ). Sa formulation est généralement imagée et originale. Anonyme et collective, sa transmission cristallise une sagesse, répand des préjugés, et traverse générations et frontières. La fonction de nombreux proverbes est de réconforter, de cautionner, et de ménager ceux qui se dispensent de formuler leur pensée.
Sources : Carlier , R., De Sacy, S.-S., Josserand , P., Lalanne , J.-L . (éds.), Dictionnaire des citations françaises et étrangères , Paris, Larousse, 1980. Classement onomastique Delacour , Jean, Tout l’esprit français , Paris, Albin Michel, 1974. Classement thématique Dupré , P., Encyclopédie des citations , Paris, Éditions de Trévise, 1959. Class. chronologique Maloux , M., Dictionnaire des proverbes, sentences et maximes , Paris, Larousse, 2009. Classement thématique Mennig , J. M ., Dictionnaire des aphorismes , Alleur (Belgique), Marabout, 1994. Classement thématique Montreynaud, F., Pierron, A., Suzzoni, F., Dictionnaire de proverbes et dictons , Paris, Le Robert, 2006. Classement complexe Le Petit Robert. La Toile.

absolu
Il n’y a qu’une maxime absolue, c’est qu’il n’y a rien d’absolu (A. Comte).
Esprit de contradiction, fredaines, méfiance joyeuse, raillerie, sont signes de santé ; toute forme d’absolu relève de la pathologie (F. Nietzsche).
Absurde
L’homme absurde est celui qui ne change jamais (G. Clemenceau).
acte
L’acte est vierge, même répété (R. Char).
Accomplis chaque acte de ta vie comme s’il devait être le dernier (Marc Aurèle).
action
L’homme ne peut agir que parce qu’il peut ignorer. Mais il ne voudrait agir qu’en connaissance de cause – funeste ambition (J. Grenier).
Attendre d’en savoir assez pour agir en toute lumière, c’est se condamner à l’inaction (J. Rostand).
Que de choses il faut ignorer pour « agir » ! (P. Valéry.)
J’ai trop pensé pour daigner agir (A. Villiers de l’Isle-Adam).
actualité
La conscience […] développe inconsciemment un intérêt envahissant pour le fait plutôt que pour le sens (P. Vadeboncœur).
admiration
Nous aimons toujours ceux qui nous admirent, et nous n’aimons pas toujours ceux que nous admirons (La Rochefoucauld).
adversaire
Il est juste de savoir reconnaître les raisons de l’adversaire (A. Camus).
adversité
Dans une période de grandes difficultés et de mince espérance, les desseins les plus auda- cieux sont les plus sûrs (Tite-Live).
affaires
Les affaires, c’est bien simple, c’est l’argent des autres 1 (Alexandre Dumas fils).
Agir
Pour agir avec prudence, il faut savoir écouter (Sophocle).
Aimer
L’art d’aimer, c’est savoir joindre à un tempérament de vampire la discrétion d’une anémone (É. M. Cioran).
Si tu veux être aimé, aime ( Si vis amari, ama, traduit de Hécaton par Sénèque).
N’aimer guère en amour est la meilleure façon d’être aimé (La Rochefoucauld).
On ne peut rien aimer que par rapport à soi ( idem ).
J’ai toutes les raisons de t’aimer. Il me manque la déraison (R. Mallet).
Pour être aimé, aime (Martial).
On n’aime pas une femme pour ce qu’elle dit ; on aime ce qu’elle dit parce qu’on l’aime (A. Maurois).
Qui aime, attend (H. de Montherlant).
Aimer est un mauvais sort comme ceux qu’il y a dans les contes, contre quoi on ne peut rien jusqu’à ce que l’enchantement ait cessé (M. Proust).
Aimer, c’est vouloir être aimé (J.-P. Sartre).
altitude
Il est des êtres que l’altitude altère, d’autres qu’une bassesse désaltère (anonyme).
ambition
L’origine de tous les péchés est le sentiment d’infériorité, autrement dit l’ambition (C. Pavese).
C’est dans le mépris de l’ambition que doit se trouver l’un des principes essentiels du bonheur sur la terre (E. A. Poe).
Ce sont des hommes publics : ils sont sortis de l’ombre pour entrer dans la boue (L. Scutenaire).
L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi que l’on grimpe dans la même posture que l’on rampe (J. Swift).
Les hommes se distinguent par ce qu’ils montrent et se ressemblent par ce qu’ils cachent (P. Valéry).
Amérique
L’Amérique est un tout dont le monde est une partie (R. Ducharme).
L’Amérique n’est pas l’Occident, elle est l’Extrême-Occident (G. Duhamel).
Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres (Montesquieu).
Aux État-Unis, on n’a jamais entendu parler d’une vie sobre sans but lucratif (anonyme).
Amis
Il est plus honteux de se défier de ses amis que d’en être trompé (La Rochefoucauld).
amour
L’amour n’est peut-être que la reconnaissance du plaisir (H. de Balzac).
L’amour vrai règne surtout par la mémoire ( idem ).
L’insolite est inséparable de l’amour, il préside à sa révélation (A. Breton).
En amour, assez est trop peu (Bussy-Rabutin).
L’amour, c’est l’infini mis à la portée des caniches (L.-F. Céline).
Le plus beau moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier (G. Clemenceau).
La magie du premier amour, c’est ignorer qu’il puisse finir un jour (B. Disraeli).
C’est à partir de toi que j’ai dit oui au monde (P. Éluard).
Et mon amour est bien plus grand que mon passé ( idem ).
L’attente du plaisir en amour est presque toujours préférable au bonheur même (Esquiros).
L’amour humain ne connaît rien qui se puisse appeler victoire ; à peine quelque petits succès stratégiques avant le désastre final de la mort ou de l’indifférence (G. Greene).
L’amour commence par une métaphore (M. Kundera).
L’amour est, comme la médecine, seulement l’art d’aider la Nature (P. C. de Laclos).
L’amour est aveugle mais le mariage lui rend la vue (G.-C. Lichtenberg).
Tout amour dépose en nous ce qu’il a de meilleur avant de disparaître (G. Miron).
L’amour est le comble de l’esprit (D. de Rougemont).
Amoureux
Un homme amoureux est un homme qui veut être plus aimable qu’il ne peut ; voilà pourquoi presque tous les amoureux sont ridicules (N. Chamfort).
amour-propre
L’amour-propre est le plus grands de tous les flatteurs (La Rochefoucauld).
Nous n’avons pas assez d’amour-propre pour dédaigner le mépris d’autrui (Vauvenargues).
Ce n’est pas l’amour qu’il fallait peindre aveugle, c’est l’amour- propre (Voltaire).
animaux
Chaque fois qu’on observe un animal, on a l’impression qu’il y a là un être humain en train de se foutre de nous (É. Canetti).
Quand les animaux nous regardent, ils ont un visage humain (K. Kraus).
anxiété
L’anxiété que nous cause la prévision du mal est plus insupportable que le mal lui-même (D. Defoe).
Apprendre
On se lasse de tout, excepté d’apprendre (Virgile).
argent
L’argent est le meilleur bouillon de culture où puissent pulluler la mauvaise foi, la muflerie et la prostitution (F. Picabia).
L’argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n’en ont pas (B. Vian).
art
L’art vise à imprimer en nous des sentiments plutôt qu’à les exprimer (H. Bergson).
L’absence de défauts n’est pas une qualité, en choses d’art, et les qualités moyennes même n’y sont presque comptées que comme absence de défauts (É. Faguet).
Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière (G. Flaubert).
L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible (P. Klee).
Qu’est-ce que l’art ? – Ce par quoi les formes deviennent style (A. Malraux).
« Les œuvres d’art achevées » sont celles où il n’y a pas une seule touche qui soit isolée, où chaque partie tour à tour reçoit des autres sa raison d’être comme elle leur impose la sienne (M. Proust).
L’art est de cacher l’art (Quintilien).
L’art même n’est, à mon sens, qu’inceste entre l’instinct et la volonté (Saint-John Perse).
En Art, j’aime la simplicité ; de même, en cuisine (É. Satie).
Une œuvre d’art devrait toujours nous apprendre que nous n’avions pas vu ce que nous voyons (P. Valéry).
N’importe quel objet peut être un objet d’art pour peu qu’on l’entoure d’un cadre (Vian).
art bourgeois
Cet art est essentiellement signalétique, il n’a de cesse à imposer non l’émotion, mais les signes de l’émotion (R. Barthes).
Assez
Q ue celui qui a assez ne souhaite rien de plus (Horace).
athée
La vie de l’athée est un effrayant éclair qui ne sert qu’à découvrir un abîme (Chateaubriand).
au-delà
Il n’est qu’un d’esprit lézardé pour avoir des ouvertures sur l’au-delà (É. M. Cioran).
autres
Nous n’arrivons jamais à nous faire à l’idée que nous comptons moins pour les autres qu’ils ne comptent pour nous (G. Greene).
avenir
L’avenir à chaque instant presse le présent d’être un souvenir (L. Aragon).
L’avenir n’est pas pour demain (R. Girardin).
L’avenir est un présent que nous fait le passé (A. Malraux).
L’avenir est un paradis d’où, exactement comme de l’autre, personne n’est encore jamais revenu (P. Reverdy).
L’avenir n’existe qu’au présent (L. Scutenaire).
Tout ce qui est incertain est la proie de l’imagination et des conjectures auxquelles l’épouvante s’abandonne (Sénèque).
Nous entrons dans l’avenir à reculons (P. Valéry).
avis
Je pardonne aux gens de n’être pas de mon avis, je ne leur pardonne pas de n’être pas du leur (Talleyrand).
avoir
La voracité de l’avoir dévaste sans cesse l’être de l’homme (M. Seuphor).
barricades
Les barricades n’ont que deux côtés (E. Triolet).
bassesse
Ce sont les mêmes âmes qu’on voit ramper devant les forts et humilier les faibles (R. Caillois).
beauté
Il n’y a point de beauté qui n’offre quelque étrangeté (F. Bacon).
La beauté est une fleur éphémère (Bible, Is ).
La beauté est une énigme (F. M. Dostoïevski).
Ce qui est beau est une joie pour toujours ( A thing of beauty is a joy for ever ) (J. Keats).
La mode et les pays règlent souvent ce que l’on appelle beauté (B. Pascal).
La beauté n’est que la promesse du bonheur (Stendhal).
La définition du Beau est facile : il est ce qui désespère (P. Valéry).
Rien de beau ne peut se résumer ( idem ).
La beauté est une courte tyrannie (Zénon d’Élée).
bêtise
La bêtise, c’est d’être surpris (R. Barthes).
La bêtise insiste toujours (A. Camus).
Deux choses sont infinies : l’univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’univers, je n’en ai pas acquis la certitude absolue (A. Einstein).
La bêtise consiste à vouloir conclure (G. Flaubert).
Être bête, égoïste, et avoir une bonne santé : voilà les trois conditions pour être heureux ; mais si la première vous manque, tout est perdu ( idem ).
La bêtise est quelque chose d’inébranlable, rien ne l’attaque sans se briser contre elle ( idem ).
Tout le rêve de la démocratie est d’élever le prolétaire au niveau de la bêtise du bourgeois. Le rêve est en partie accompli ( idem ).
La terre a des limites, mais la bêtise humaine est infinie ( idem ).
Ce qui est immoral, c’est la bêtise (R. Gourmont).
La bêtise des gens consiste à avoir une réponse à tout (M. Kundera).
L’obstination et ardeur d’opinion est la plus sûre preuve de bêtise (M. de Montaigne).
La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini (E. Renan).
Il n’y a d’autre enfer pour l’homme que la bêtise ou la méchanceté de ses semblables (Sade).
Il faut un double soleil pour éclairer le fond de la bêtise humaine (J.-P. Sartre).
bibliothèque
Il y a des gens qui ont une bibliothèque comme les eunuques ont un harem (V. Hugo).
bienfaisance
La bienfaisance est bien plutôt un vice de l’orgueil qu’une véritable vertu de l’âme (Sade).
Faire attendre un bienfait, c’est couver un ingrat (Ausone).
bien-pensants
Ceux qui sont « bien-pensants », parce qu’ils ne peuvent pas être « pensants » tout court (R. Martin du Gard).
bien public
Le bien public requiert qu’on trahisse et qu’on mente et qu’on massacre (Montaigne).
biographes
Les biographes ne connaissent pas la vie sexuelle de leur épouse, mais ils croient connaître celle de Faulkner ou de Stendhal (M. Kundera).
Blâmer
Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur (Beaumarchais).
bonheur
Le bonheur, c’est la somme de tous les malheurs qu’on n’a pas (M. Achard).
Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce que l’on possède (saint Augustin).
Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront (R. Char).
C’est avoir beaucoup de bonheur que n’avoir pas de malheur (Q. Ennius, cité par Cicéron).
Il n’y a qu’une route vers le bonheur : c’est de renoncer aux choses qui ne dépendent pas de notre volonté (Épictète).
La spécifique et volatile essence [du bonheur perdu] (M. Proust).
Nous sommes beaucoup plus malheureux dans le malheur qu’heureux dans le bonheur (A. Salacrou).
Le secret du bonheur, voyez-vous, n’est pas trouvé dans la recherche du plus, mais en développant la capacité de jouir du moins (Socrate).
Il est difficile de ne pas s’exagérer le bonheur dont on ne jouit pas (Stendhal).
Le bonheur véritable, c’est le bonheur promis (anonyme).
bon sens
Le bon sens, tout le monde en a besoin, peu l’ont, et chacun croit l’avoir (B. Franklin).
Nous ne trouvons guère de gens de bon sens que ceux qui sont de notre avis (La Rochefoucauld).
bonté
La bonté est la forme supérieure de l’intelligence (M. Proust).
boucs émissaires
Selon ce que je connais de l’histoire, je vois que l’humanité ne saurait se passer de boucs émissaires. Je crois qu’ils ont été de tout temps une institution indispensable (Koestler).
bouffons
C’était les rois jadis qui avaient des bouffons ; aujourd’hui ce sont les peuples (M me de Girardin).
bourgeois
Le bourgeois ne prétend pas que les choses aillent bien ; tout ce qu’il affirme, c’est qu’elles ne peuvent aller mieux (E. Berl).
J’appelle bourgeois quiconque renonce à soi-même, au combat et à l’amour, pour sa sécurité. J’appelle bourgeois quiconque met quelque chose au-dessus du sentiment (L.-P. Fargue).
Qu’est-ce qu’un bourgeois ? Je proposerai cette définition : c’est quelqu’un qui a des réserves (A. Siegfried).
bruit
Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse (proverbe japonais).
calembour
Le calembour est la fiente de l’esprit qui vole bas (V. Hugo).
calme
Le calme pèse nos paroles aux heures creuses (R. Giguère).
calomnie
Il faut recevoir les calomnies avec plus de calme que les cailloux (Antisthène).
Qui s’irrite contre la calomnie lui donne créance (B. Johnson).
capital
Le capitalisme ne peut être pensé que par le communisme (E. Berl).
Le capital est du travail volé (L. A. Blanqui).
Le défaut du capitalisme, c’est qu’il répartit inégalement la richesse. La qualité du socialisme, c’est qu’il répartit également la misère (W. Churchill).
Le capital, c’est le travail accumulé. […] Le travail, c’est du capital qui ne s’accumule pas (J. Laffitte).
Le capital est semblable au vampire, ne s’anime qu’en suçant le travail vivant et sa vie est d’autant plus allègre qu’il en pompe d’avantage (K. Marx).
Le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait pas les rouages de ses machines avec de l’huile d’homme (J. Vallès).
célébrité
L’avantage d’être connu de ceux qui ne nous connaissent pas (N. Chamfort).
Le moyen le plus efficace pour devenir célèbre est de faire croire qu’on l’est déjà (G. Leopardi).
certitude
La seule certitude, c’est que rien n’est certain (Pline l’Ancien).
Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou (H. Nietzsche).
chair
La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres (S. Mallarmé).
Changer les choses
Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre (Marc Aurèle).
chasse
On aime mieux la chasse que la prise. […] Ils [les hommes] ne savent pas que ce n’est que la chasse, et non la prise, qu’ils recherchent. […] Nous ne cherchons jamais les choses [la prise], mais la recherche des choses [la chasse] (B. Pascal).
chasteté
De toutes les aberrations sexuelles la chasteté est la plus grande (A. France).
chat
Le chat ne nous caresse pas, il se caresse à nous (A. de Rivarol).
chemin
Pour aller loin : ne jamais demander son chemin à qui ne sait pas s’égarer (R. Giguère).
Chercher
Quand on cherche, on trouve ; mais on trouve rarement ce que l’on cherche ( idem ).
cheval
L’homme n’aura jamais la perfection du cheval (B. Spinoza).
Chimères
Mieux vaut une main pleine de repos que les deux mains pleines de labeur et de poursuite de vent (Bible, Qo ).
Quoi de plus malheureux que l’homme esclave de ses chimères ! (Pline l’Ancien.)
christ
Le Christ n’a triomphé qu’à travers Constantin (Chateaubriand).
Si l’on réfléchit bien, le Christ est le seul anarchiste qui a vraiment réussi (A. Malraux).
christianisme
La conception sociale la plus importante léguée par le christianisme fut la défense de l’égalité entre tous les hommes (J. K. Galbraith).
Tout ce qu’il peut y avoir de valable dans le monde moderne lui est venu du christianisme, ou tout au moins à travers le christianisme qui a apporté avec lui tout l’héritage des traditions antérieures (R. Guénon).
Le christianisme a été prêché par des ignorants et cru par des savants, et c’est en quoi il ne ressemble à rien de connu (J. de Maistre).
Le coup d’état du christianisme, c’est d’avoir installé la fatalité dans l’homme. De l’avoir fondée sur notre nature (A. Malraux).
Le bouddhisme et le christianisme, religions éthiques plus que métaphysiques (Malraux).
Soumission et usage de la raison, en quoi consiste le vrai christianisme ( idem ).
Le christianisme serait peut-être une bonne chose si quelqu’un l’essayait un jour (G. B. Shaw).
cimetières
Les cimetières sont remplis de gens qui se croyaient indispensables (aphorisme arabe).
Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés 2 (A. Allais).
Les cimetières sont pleins de gens arrivés (H. Jeanson).
circonstances
Ce sont les circonstances qui décident du bien et du mal (N. Machiavel).
citations
Les citations sont les béquilles des écrivains infirmes (P. Morand).
civilisations
Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent (Chateaubriand).
Les civilisations sont les fards de l’humanité (P. Reverdy).
Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles (P. Valéry).
clarté
La clarté est la bonne foi des philosophes (Vauvenargues).
Classe sociale
Chaque classe d’hommes tombe dans un excès qui lui est particulier (Confucius).
Chaque classe sociale a sa pathologie (M. Proust).
Classique (livre)
Un classique est quelque chose que tout le monde voudrait avoir lu et que personne ne veut lire 3 (M. Twain).
cœur
Le cœur de l’homme est tortueux et inscrutable (Bible, Jr ).
Quelle nécropole que le cœur humain ! (G. Flaubert.)
L’esprit est toujours la dupe du cœur (La Rochefoucauld).
colère
Que le soleil ne se couche pas sur votre ressentiment (Bible, Ép ) .
La colère est une courte folie (Horace).
Les conséquences de la colère sont beaucoup plus graves que les causes (Marc Aurèle).
La colère n’est qu’une tentative aveugle et magique pour simplifier les situations trop complexes (J.-P. Sartre).
La colère est une avalanche qui se brise sur ce qu’elle brise (Sénèque).
colonies
Les colonies ne cessent pas d’être des colonies parce qu’elles sont indépendantes (B. Disraeli).
comique
Le comique étant l’intuition de l’absurde, il me semble plus désespérant que le tragique (E. Ionesco).
commencement
Si vous cherchez la source du fleuve Yosthino, vous le trouverez dans les gouttes d’eau sur la mousse (proverbe japonais).
Ce qui est commencé est à moitié fait (Horace).
Le commencement est la moitié du tout 4 (Platon, cité par Aristote, repris par Horace).
commerce
Le commerce est l’école de la tromperie (Vauvenargues).
communisme
Une société communiste idéale prendrait modèle sur le règne végétal où les plantes n’ont pas de cerveau : elles sont tout entières leur propre cerveau (anonyme).
comparaison
Comparaison n’est pas raison (R. Queneau).
compromis
Pour arriver, il faut mettre de l’eau dans son vin jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de vin (J. Renard).
concision
Abrège ton discours, beaucoup de choses en peu de mots, sois comme un homme qui a la science et qui sait se taire (Bible, Si ).
Connaître
La plus grande faiblesse de la pensée contemporaine me paraît résider dans la surestimation extravagante du connu par rapport ce qui reste à connaître (A. Breton).
Connais-toi toi-même (Thalès de Milet, repris par Socrate).
conscience
La conscience a peur du vide (P. Valéry).
La conscience est un effet secondaire de l’existence (anonyme).
contentement
Celui qui ne se contente pas de ce qu’il a ne se contenterait pas non plus de ce qu’il veut avoir (Socrate).
contradiction
La contradiction est la racine de tout mouvement et de toute manifestation vitale (Hegel).
contrariété
S’irriter contre la contrariété ne fait qu’en aggraver l’effet (anonyme).
Contre-nature
On appelle contre-nature ce qui est contre la coutume (M. de Montaigne).
controverses
Les controverses les plus furieuses ont pour objet des matières où il n’y a aucune sorte de preuve (B. Russell).
Convaincre
On parvient quelquefois à vaincre les gens dans une discussion, à les convaincre, jamais (A. de Rivarol).
conversation
Dans la conversation, chose si superflue et si nécessaire, les uns ne disent pas toujours ce qu’ils savent, et les autres ne savent pas toujours ce qu’ils disent (S. J. de Boufflers).
Ce qui fait que si peu de personnes sont agréables dans la conversation, c’est que chacun songe plus à ce qu’il veut dire qu’à ce que les autres disent (La Rochefoucauld).
Pour plaire aux autres, il faut parler de ce qu’ils aiment et de ce qui les touche ( idem ).
La conversation est un jeu de sécateur, où chacun taille la voix du voisin aussitôt qu’elle pousse (J. Renard).
convictions
N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi (É. M. Cioran).
Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges (F. Nietzsche).
Les convictions sont des prisons ( idem ).
couardise
La plus grande couardise consiste à éprouver sa puissance sur la faiblesse d’autrui (J. Audiberti).
Courber, se
Ne te courbe que pour aimer (R. Char).
courir
Rien ne sert de courir si l’on n’est pas pressé (P. Dac).
coutume
La coutume est une seconde nature, qui détruit la première (B. Pascal).
La coutume contraint la nature ( idem ).
Les preuves ne convainquent que l’esprit. La coutume fait nos preuves les plus fortes et les plus crues ( idem ).
La coutume fait tout, jusqu’en amour (Vauvenargues).
craindre
Qui craint de souffrir, il souffre déjà de ce qu’il craint (M. de Montaigne).
Ce que l’on craint arrive plus facilement que ce qu’on espère (Publilius Syrus).
Tu cesseras de craindre en cessant d’espérer (Sénèque).
crainte
La crainte ajoute à nos peines, comme les désirs ajoutent à nos plaisirs (Montesquieu).
création
Il ne peut y avoir de Créateur, tout simplement parce que son affliction devant le sort de sa création lui serait inconcevable (É. Canetti).
crédulité
L’homme est prêt à croire à tout, pourvu qu’on le lui dise avec mystère (M. de Chazal).
Crier
À force de crier en silence on perd la voix (R. Giguère).
critique
Pour être juste, c’est-à-dire pour avoir sa raison d’être, la critique doit être partiale, passionnée, politique, c’est-à-dire faite à un point de vue exclusif, mais un point de vue qui ouvre le plus d’horizons (C. Baudelaire).
Le critique compare toujours. L’incomparable lui échappe (J. Cocteau).
La critique est aisée et l’art est difficile (P. N. Destouches).
La critique est un impôt que l’envie perçoit sur le mérite (G. de Lévis).
Toute critique est dominée par ce principe suranné : l’homme est cause de l’œuvre, comme le criminel aux yeux de la loi est cause du crime. […] Sur ce qui nous intéresse le plus, la biographie n’apprend absolument rien... (P. Valéry.)
Croire
Je ne cherche pas à comprendre pour croire, mais je crois pour comprendre (saint Anselme de Cantorbéry).
Je crois afin de comprendre ; la foi précède, l’intelligence suit (saint Augustin).
Les hommes croient ce qu’ils désirent (J. César).
On croit ce que l’on veut croire (Démosthène).
On est emporté à croire non par la preuve, mais par l’agrément (B. Pascal).
Ce qui a été cru par tous, et toujours, et partout, a toutes les chances d’être faux (Valéry).
Culpabilité
Seul un sot s’intéresse à la culpabilité des autres, à laquelle il ne peut rien changer (C. G. Jung).
L’homme intelligent ne puise ses enseignements que dans sa propre culpabilité ( idem )
Le coupable est celui à qui le crime profite (Sénèque).
culture
Quand j’entends le mot « culture », je sors mon carnet de chèques (J.-L. Godard).
La culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié (japonais, cité par É. Herriot).
cupidité
Quiconque ne renonce pas à la cupidité s’abîme dans l’idolâtrie (saint Polycarpe).
découverte
La plus belle découverte de l’homme est le bicarbonate de soude (F. Picabia).
défauts
Un homme sans défaut est une montagne sans crevasse. Il ne m’intéresse pas (R. Char).
La fortune se sert quelquefois de nos défauts pour nous élever (La Rochefoucauld).
Le pire des défauts est de les ignorer (Publilius Syrus).
Nous avons les défauts d’autrui dans l’œil et les nôtres dans le dos (Sénèque).
Nos défauts sont parfois les meilleurs adversaires que nous opposons à nos vices (M. Yourcenar).
défiance
Notre défiance justifie la tromperie d’autrui (La Rochefoucauld).
définitions
On ne discute jamais qu’autour de définitions mal faites (hollandais, attribué à Spinoza).
Délasser
Qui délasse hors de propos, il lasse (B. Pascal).
déluge
Il n’y a que l’inutilité du premier déluge qui empêche Dieu d’en envoyer un second (N. Chamfort).
démagogues
Le plus sûr moyen de ruiner un pays est de donner le pouvoir aux démagogues (Denys d’Halicarnasse).
démocratie
La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité ( A. Camus)
Le droit du nombre, le respect de la foule a succédé à l’autorité du nom (G. Flaubert).
Non seulement l’état d’esprit démocratique vient de l’inspiration évangélique, mais il ne peut pas subsister sans elle (J. Maritain).
De lui-même, le peuple veut toujours le bien mais, de lui-même, il ne le voit pas toujours. La volonté générale est toujours droite, mais le jugement qui la guide n’est pas toujours éclairé (J.-J. Rousseau).
désespoir
Béni soit celui qui a préservé du désespoir un cœur d’enfant (G. Bernanos).
désir
Les désirs naturels ont une limite ; ceux qui naissent d’une opinion trompeuse n’en ont pas (Sénèque).
destin
C’est toujours par hasard qu’on accomplit son destin (M. Achard).
Le destin est simplement la forme accélérée du temps (J. Giraudoux).
Détruire
Enfin, si tu détruis, que ce soit avec des outils nuptiaux (R. Char).
Devancer
Celui qui devance son siècle doit s’attendre à peu de suffrages (D. Diderot).
Dieu
Dieu est le seul être qui, pour régner, n’ait même pas besoin d’exister (C. Baudelaire).
Dieu n’explique rien, c’est là sa force (É. M. Cioran).
Si Dieu existe, alors je me demande à quoi il veut en venir (R. Girardin).
Dieu est le plus court chemin de zéro à l’infini, dans un sens ou dans l’autre (A. Jarry).
Dieu n’est qu’un mot rêvé pour expliquer le monde (A. de Lamartine).
Dieu ne nous remplit qu’autant que nous sommes vides (H. de Montherlant).
Incompréhensible que Dieu soit, et incompréhensible qu’il ne soit pas (B. Pascal).
[Équivoque] la nature est telle, qu’elle marque partout un Dieu perdu ( idem ).
Que Dieu soit caché en partie, et découvert en partie, cela est juste et utile, puisqu’il est dangereux de connaître Dieu sans connaître sa misère [orgueil] et de connaître sa misère sans connaître Dieu [désespoir] ( idem ).
Dieu veut plus disposer la volonté que l’esprit. La clarté parfaite servirait à l’esprit et nuirait à la volonté ( idem ).
Dieu : le non-être qui a le mieux réussi à faire parler de lui (R. Queneau).
Croire en Dieu, c’est avant tout et par-dessus tout vouloir qu’il existe (M. de Unamuno).
difficulté
Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles (Sénèque).
Dire
Combien tout ce qu’on dit est loin de ce qu’on pense (J. Racine).
Il y a des gens qui trouvent toujours quelque chose à ne rien dire (R. Queneau).
Il n’est pas nécessaire de parler pour ne rien dire (anonyme).
discussion
Toute discussion est une percussion de mots […]. Le langage creux résonne mieux (R. Barthes).
La discussion est le tamis de la vérité (S. Guazzo).
Le but de la discussion ne doit pas être la victoire, mais l’amélioration (J. Joubert).
La mauvaise foi est l’âme de la discussion (N. Roqueplan).
Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyens discutent des événements ; les petits esprits discutent des gens (Socrate, repris par J. Romains).
Dans toute discussion, ce n’est pas une thèse que l’on défend, c’est Soi-même (P. Valéry).
Qui ne peut attaquer le raisonnement attaque le raisonneur ( idem ).
La probité de la discussion consiste à laisser à l’adversaire toutes les chances d’avoir raison contre soi-même (anonyme).
dispute
Celui qui se tait le premier dans une dispute est le plus digne de louange (le Talmud).
dissimuler
Il est plus difficile de dissimuler les sentiments que l’on a que de feindre ceux qu’on n’a pas (La Rochefoucauld).
Qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner (L ouis XI).
Il était d’autant plus fourbe qu’il ne l’était pas toujours (B. Pascal).
Savoir dissimuler est le savoir des rois (cardinal de Richelieu).
divertissement
Quel est ce bonheur qui consiste à être diverti de penser à soi ! (B. Pascal.)
Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser ( idem ).
Le divertissement nous fait arriver insensiblement à la mort ( idem ).
doctrines
Les doctrines ont cet avantage qu’elles dispensent d’avoir des idées (É. Herriot).
Dogmatique
C’est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique (J. de La Bruyère).
don
Un don qui se fait trop attendre est gâté quand il arrive (A. Oxenstierna).
Dormir
On ne peut plus dormir tranquille quand une fois on a ouvert les yeux (P. Reverdy).
douleur
La douleur qui se tait en est que plus funeste (J. Racine).
N’aggrave pas toi-même ton mal, et ne l’empire point par tes plaintes (Sénèque).
doute
P lus on sait, plus on doute (Pie II).
Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir (H. Poincaré).
Le doute est le remède qu’enseigne la sagesse (Publilius Syrus).
Le doute est stérile et la peur est servile (Saint-John Perse).
Le doute est le commencement de la sagesse (Socrate).
droit

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