Accompagner les publics

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La médiation culturelle est devenue l'une des fonctions essentielles de tout équipement culturel patrimonial qui cherche à toucher un public à la fois large et impliqué. L'approfondissement des pratiques professionnelles qu'elle comporte a suscité de nouvelles démarches dont l'expositions Naissances a tenté une application forte, permettant de poursuivre une exposition matérielle par une exposition virtuelle qui peut se prolonger indéfiniment.

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Publié par
Date de parution 01 décembre 2007
Nombre de visites sur la page 244
EAN13 9782296186156
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Accompagner
les publicsCOLLECTION: PATRIMOINESET SOCIÉTÉS
Collection dirigée par
Catherine Ballé
Elisabeth Caillet
Françoise Dubost
Dominique Poulot
PATRIMOINESET SOCIÉTÉS
Présente les travaux de sciences humaines qui explorent le
phénomène de patrimonialisation dans les sociétés
contemporaines. A cet intérêt pour l'héritage artistique,
culturel et naturel, la collection associe la réflexion sur la
création contemporaine, patrimoine de demain.
Déjà parus
Publics et projets culturels, un enjeu des musées en Europe,
(éds) C. Ballé, E. Clavé, V. Huchard, D. Poulot, 2000.
Corinne Welger-Barboza, Le patrimoine à l'ère du
document numérique, 2001.
Politique et musées, J.-M. Tobelem (éd.) 2002.
L'art contemporain et son exposition (1), E.Caillet, C. Perret
(éd.) 2003.
E. Caillet, O. Coppey, Stratégies pour l'action culturelle,
2004.
Le patrimoine scientifique et technique contemporain, (éds)
C. Cuenca, Y. Thomas, 2005
C. Merleau-Ponty, J.J.Ezrati, L'exposition, Théorie et
pratique,2005.
V. Charléty, Itinéraire d'un musée, le Heimatmuseum, 2005.
B. Deloche, La nouvelle culture, 2007Elisabeth Caillet
Accompagner
les publics
L'exemple de l'exposition «Naissances»
au Musée de I 'Homme
novembre 2005-septembre 2006
Patrimoines
et Sociétés
L'HarmattanPhotographies
En couverture:
Page d'accueil du site "Naissances"
http://www.mnhn.fr/naissances
A l'intérieur: @Musée de l'Homme
@L'Harmattan, 2007
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-04480-7
EAN : 9782296044807Remerciements
Marion Bonjean, Jean-Marc Brétegnier, Cécile Le
Callet, Elodie Cheney, Isaac Cardoso, Béatrice
Coursier, Marie-Caroline Delaveau, Soazig Desbois,
Frédéric Dubos, Alain Epelboin, Lionel Gauthier,
Caroline Grienenberger, Etienne Hatt, Hélène Lassalle,
Pascal Léonardi, Xavier Monmarché, Carlos Oliveira,
Virginie Palisse, Patrick Pereur, Anne Pison,
Dominique Vitale, les membres du groupe de pilotage
et toutes les associations et organismes qui ont
soutenu ce projet, y ont apporté ou apportent encore
leur concours et sont les véritables auteurs de ce nous
racontons ici.1. La question de la
participation
La volonté de faire participer les visiteurs de l'exposition
Naissances à son animation repose sur une conception
déterminée de ce que peut être l'action culturelle dans les
musées que nous avons appelée « médiation» afin de la
distinguer d'autres formes traditiOlmelles d'action
culturelle. La médiation explore ici deux démarches dont
l'importance nous paraît essentielle dès lors que la
médiation s'exerce dans un musée de société comme l'est
le musée de l'Homme où s'est tenue l'exposition
Naissances. La première est que pour s'approprier un
contenu « exposé» défini par des spécialistes
(commissaires, conservateurs, chercheurs), rien ne vaut
les méthodes actives par lesquelles le visiteur est conduit
à refaire le parcours de ceux qui ont mis en place les
savoirs exposés. Méthode inspirée des méthodes actives
en pédagogie et par les travaux concernant l'efficacité de
la « fiction vraie» pour vulgariser les savoirs scientifiques
et techniques en leur conservant leurs caractéristiques
d'innovation1.
1
Cf le club Scientifiction créé par Isabelle Stengers, Bruno Latour,
Denis Guedj et Françoise Bastide au début des années 1980.
1La seconde idée tient en ce que l'on considère que sur
certains objets exposés (<< expôts ») les visiteurs possèdent
des regards, des expériences, voire des savoirs qui sont
tout aussi importants que ceux des spécialistes qui ont
conçu l'exposition et qui peuvent offrir à d'autres
visiteurs des discours qui les intéresseront autant que les
propos des spécialistes. Tout particulièrement parce qu'ils
pourront les critiquer, les mettre en question et ainsi
mieux comprendre les concepts issus des controverses
présentées par les experts.
Ces deux idées considèrent que l'attention que nous
sommes capables d'apporter à une proposition de
formation informelle, comme l'est une exposition, ne peut
trouver d'intérêt que si l'on «intéresse» réellement les
destinataires de l'exposition, si l'on parvient à les mettre
en situation d'être en quelque sorte «auteurs» de
l'exposition. Ce que j'appelle ici médiation participative et
qui est donc une forme d'action culturelle de l'exposition
qui tente de mettre le public en position d'auteur, de
coauteur de ce qu'il perçoit. Par quoi, diront certains, le
discours des auteurs initiaux sera renforcé, critiqué,
approprié, intériorisé et goûté davantage que s'il n'est
accompagné que par des moyens de diffusion ordinaires.
Par quoi, diront d'autres on ne parvient qu'à renforcer la
situation hiérarchique des dispensateurs de savoirs.
On voit donc que cette position comporte une ambiguïté,
se tient dans une ambivalence: elle cherche à la fois à
favoriser l'effet recherché par les concepteurs tout en
tentant de le limiter. Cette ambivalence est au cœur même
de ce qu'est la médiation2.
2
Cf. Elisabeth Caillet. 1995.
2Afin de préciser ce que nous cherchions dans la
construction des différentes activités que nous avons
mises en place autour de l'exposition Naissances, il
convient, afin de faire comprendre que l'ambiguïté qui est
la nôtre ne se résout que par certaine pratique de la
médiation, de préciser quelques points théoriques sur ce
que nous entendons par médiation participative. Et donc
d'abord par participation. FonctiOlmant comme des
horizons d'attente, ils ont nourri notre travail avec les
publics.
Participation et démocratie culturelle
La participation est une tentative de réponse à la volonté
qui était la nôtre d'établiT une démarche qui contribue à la
« démocratisation» de la culture (scientifique et culturelle
ici). Toutefois, nous partions d'une critique de la
démocratisation de la culture conçue comme démarche de
diffusion de la culture savante vers des récepteurs
ignorants. Le terme de démocratie culturelle nous paraissait
plus apte à définir notre objectif, en ce qu'il supposait que
l'action que nous souhaitions mener devait conduire les
experts de la naissance (chercheurs en sciences de la vie et
chercheurs en anthropologie) à dialoguer avec les
spectateurs. Nous faisions ainsi nôtre cette conception de
la démocratie qui considère que la démocratie se définit
par le fait que chacun peut occuper n'importe quelle
place3 (ici auteur ou récepteur), et en l'occurrence être à
3
A quels titres est-on conduit à occuper une place de gouvernant ou
de gouverné? Jacques Rancière (2005 : 46) reprend les titres énoncés
par Platon dans Les Lois au nom desquels on est conduit à occuper
une place de gouvernant ou de gouverné:
1) parce qu'on est parent ou enfant
2) parce qu' on est plus âgé ou plus jeune
3l'origine, d'un savoir ou d'une expression capable
d'intéresser les autres récepteurs, spectateurs, visiteurs,
voire les experts eux-mêmes.
Dans une exposition, le titre au nom duquel un propos
est présenté (présent scénographiquement) est pour les
expositions scientifiques, celui du savoir. Ce qui n'a rien
d'une décision démocratique lorsqu'il s'agit d'un sujet
sociat puisqu'il privilégie le discours savant de
l'observateur-chercheur sur celui des acteurs de
l'événement dont traite l'exposition. Nous voulions donc
donner aussi la parole à ceux qui ne l'ont pas et qui sont
trop souvent les exclus des expositions, les « sujets»
devenus « objets» de l'exposition: ici les femmes qui
accouchent et qui ne possèdent ni les connaissances ni les
pratiques culturelles de la société dans laquelle elles
accouchent. Tel est le sens que nous dOilllions au
« hasard» qui nous a fait choisir de travailler avec telle ou
telle association, avec tel ou tel partenaire.
Dans l'exposition elle-même nous faisions place tant aux
savoirs des experts qu'aux paroles des femmes qui
accouchent aux pères ou aux différentes personnes qui
participent à l'accouchement et à l'accueil de l'enfant
(sage-femmes, accoucheurs); nous avons même cherché à
laisser une place au propos de l'enfant en train de naître,
même si cela n'était possible qu'à travers des
3) parce qu'on est maître ou esclave
4) parce qu'on est bien né ou né de rien
5) parce qu'on est plus fort ou moins tort
6) parce qu'on est savant ou ignorant
7) par hasard (<<aimé des dieux»), par tirage au sort.
4intermédiaires4. C'est pour cela que nous avons utilisé les
espaces laissés libres à mi-parcours de l'exposition pour
en faire un espace entièrement dévolu aux travaux des
personnes (nous préciserons lesquelles) co-auteurs
d'autres propos sur la naissance.
Participation et partage
Une fois cette décision prise, nous devions travailler à
établir cette démocratie culturelle dans une situation
d'exposition. Nous pensions qu'il fallait permettre à
chacun d'éprouver la singularité de l'expérience de la (sa)
naissance, tout en le conduisant à prendre part à
l'expérience singulière des autres5. Il nous apparaissait
alors nécessaire d'ouvrir à des questionnements mutuels
sans chercher à imposer une quelconque vérité de
référence. Sans pour autant tomber dans un relativisme
4
Nous avons ainsi trouvé des artistes qui ont tenté de représenter ce
moment inexprimable de la naissance vécu par l'enfant lui-même.
Une vidéo de Bill Viola (Silent Life) par exemple.
S
La participation selon Julia Kristeva (2005) est la condition de la
réalisation de la libelié humaine, elle-même fondée sur la
transformation des désirs, des pulsions en pensée et en création. Elle
est le rapport qui s'instaure avec un autre, rapport de langage ou
biologique, qui consiste à se risquer pour partager ce qu'on est mais ne
saurait être sans ce rapport à l'autre. Se risquer par une remise en
question de soi dans l'interlocution, l'interpellation, Ie questionnement
de soi par l'autre.
La rencontre avec l'autre exige qu'on prenne part à ce qu'est l'autre si
l'on veut qu'il nous porte attention. «Nous mesurons avec la
littérature et la psychanalyse, que notre entendement s'ouvre à ce que
le risque du lien anthropologique (sexuel et linguistique) compOlie
également comme limites et régulations dans le partage entre
singularités. »
5des croyances. Pour ce faire, nous avons cherché à ce que
le visiteur se pose des questions. Les activités
d'accompagnement devaient ainsi prendre une part
importante dans le questionnement sur le sujet de
l'exposition et sur l'exposition elle-même, qui devait
apparaître seulement comme une présentation possible
d'une expérience susceptible d'être vécue différemment
par chacun. Prendre part au discours de l'exposition
supposait que nous laissions la place pour d'autres
formulations, réalisées soit dans les ateliers qui jouxtaient
l'exposition, soit ailleurs dans d'autres lieux où les futurs
spectateurs soient considérés comme auteurs. Comme le
dit J. Kristeva, partager c'est «prendre part à la
particularité par-delà la séparation que nous imposent nos
destins, participer sans oublier que chacun est à part, pour
reconnaître « sa » part impartageable, irréductible jusqu'à
l'irrémédiable, et inassimilable dans aucune communauté
salvatrice »6. L'exposition jouait alors un rôle de
construction d'un lieu commun d'où chaque auteur
(spécialiste savant ou non) pouvait s'interroger et
interroger les autres « par la rencontre de l'un avec l'autre, et
dans l'immanence du questionnement infini.» Œuvre
ouverte, l'exposition se voulait un cheminement parmi
d'autres possibles pour construire ensemble la
communauté de ce lieu qu'est le musée7, matrice possible
du lien politique.
La participation est ainsi la forme nécessaire que doit
prendre l'approche de l'autre en tant que nous cherchons
à construire des singularités libres. Ce qui est le projet
6
Id. p. 22.
7
Et forcément un musée comme le Musée de j'Homme.
6même que nous poursuivons lorsque nous faisons de
l'action culturelle.
Les méthodes participatives
Dans son livre de 1980, Franck Popper distingue les
multiples formes que les artistes contemporains utilisent
pour faire participer les publics, les spectateurs, à leurs
œuvres. Plus précisément, il penses que le spectateur n'est
jamais détaché mais que la perception de l'œuvre
présuppose une action du spectateur. La participation du
visiteur évolue donc entre deux pôles: Le premier est la
participation ludique qui est « l'exemple typique d'une
action accomplie sans avoir en vue une fin» (p. 196) et
qui, comme l'utopie, est une action gratuite. Le second
niveau de participation est la participation créatrice. Le
travail de l'artiste « créateur» consiste à poser des règles
que doit suivre le spectateur pour percevoir l'œuvre. Ces
règles relèvent des différentes formes que le jeu peut
prendre9.
8
A la suite de nombreux artistes, théoriciens de l'art et psychologues
sur lesquels nous ne reviendront pas. Nous utilisons ici cette référence
à F. Popper dans la mesure où il a été le premier à poser l'importance
la participation dans l'expérience de visite des expositions d' mi
contemporain dont les dispositifs sont largement utilisés par les
scénographes actuels.
9
Fonnes que Popper classe en reprenant la classification de Roger
Caillois (1967) qui distingue quatre types de jeux comme autant de
dispositifs scénographiques tàvorisant ce qu'on appelle généralement
interactivité. Mimique (imitation et simulation), Aléa (chance,
hasard), Agon (compétitivité et combat), Ilinx (veliige).
7L'artiste utilise ces fonnes du jeu mais en les transgressant
de façon à proposer «au spectateur une action qui lui
permette de s'approcher de son propre engagement
existentiel» (p. 202). Tels les artistes du G.R.A.V.lO,
Agam, Klein, et bien d'autres qui ont marqué l'art depuis
les années 60.
Alors que dans le parcours de l'exposition, la
scénographie avait utilisé majoritairement la participation
mimique, nous cherchions des formes de
plus fortes dans les espaces consacrés à la médiation,
souhaitant aller au plus grand engagement possible dans
une situation aussi séparée de la vie quotidienne que la
situation d'exposition. Exposer peut s'entendre en deux
sens: les savants exposent ce qu'ils savent aux ignorants.
Mais exposer c'est aussi s'exposer, prendre un risque,
c'est-à-dire mettre sur la place publique ce que l'on sait
pour le soumettre à critique. Nous souhaitions soumettre
à la critique nos propos savants par la confrontation avec
les travaux des populations avec lesquelles nous voulions
travailler, travaux qu'ils engageaient selon leurs propres
modes de réflexion et par lesquels ils s'engageaient avec
nous.
Du coup, notre public changeait de nature. Reprenant la
distinction formulée par Pierre Gaudibert entre les
« publics» et les « populations », nous faisions nôtre sa
proposition de « donner la parole (à nos populations) en
»11 à partir du thèmedonnant des moyens d'expression
imposé par le sujet même de l'exposition.
()1
G.R.A. V. : Groupe de recherche d' art visuel.
11
PieITe Gaudibert. 1977 : 143
8La démarche
Notre consistait alors, au fur et à mesure que
nous construisions le projet d'exposition, à en informer les
populations que nous trouvions prêtes à s'engager avec
nous. Nous croisions avec elles nos réflexions, nos choix,
recueillions leurs remarques, leurs suggestions. Nous
définissions ensemble les moyens à mettre à leur
disposition pour qu'elles puissent exposer, elles aussi,
leurs travaux, parallèles aux nôtres. C'est de cet
accompagnement mutuel qu'est né le projet du Forum
ainsi que le Centre de ressources qui sont les deux
innovations les plus originales de l'exposition Naissances.
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Affiche our un atelier du Forum, Fabrication Maison@
102. L'exposition et ses publics
L'exposition Naissances, de 750 m2, s'est tenue au musée
de l'Homme, à Paris, de novembre 2005 à septembre 2006,
dix mois. Elle a été organisée conjointement par le
Muséum national d'histoire naturelle et par l'Association
pour la Cité des naissances et des enfances.
L'exposition retraçait, en trois grandes étapes, le
déroulement de la naissance :
1 - L'accouchement: venue au monde du bébé
2 - Autour de la naissance: rites et soins à la mère et au
nouveau-né, à la naissance et pendant les premières
semaines qui suivent.
3 - La naissance sociale: dation du nom, annonce de
l'événement, visites et cérémonies qui intègrent le
nouveau-né à sa communauté.
Ces étapes étaient montrées à travers:
- L'évocation des lieux où elles se passent,
- La présentation des objets qui les accompagnent,
- Les images des gestes, des relations et des pratiques
qu'elles génèrent,
- Les témoignages de la mère et de son entourage proche:
le père, la sage-femme, le médecin accoucheur, la famille
(frères, sœurs, grands-parents).
L'exposition, qui avait pour cadre la naissance aujourd'hui
en France, devait conduire ses visiteurs à comprendre -
11par la connaissance et par l'émotion - que les différentes
pratiques culturelles qui coexistent ici aujourd'hui
redisent, chacune à leur façon, le sens partagé que la
naissance a pour tous les êtres humains.
Son objectif était de constituer un miroir où se croisent
naissances d'aujourd'hui et naissances d'hier; pratiques
en vigueur ici en France métropolitaine et traditions
culturelles de personnes issues d'ailleurs. Les cultures
prises en exemple étaient limitées afin de pouvoir être
suffisamment approfondies. La plupart de ces cultures
correspondaient à des migrations qui ont marqué la
deuxième moitié du XXe siècle en France (Maghreb,
Afrique de l'Ouest, Vietnam, La Réunion) 12.
LA COMMANDE
Le public visé
Le lieu d'implantation de l'exposition permettait de
penser qu'elle allait attirer les familiers du musée de
l'Homme et, plus largement, ceux du site du Trocadéro.
Par ailleurs, le thème de la naissance fait partie de ceux
qui concernent à l'évidence un immense auditoire; une
exposition sur ce thème était donc a priori capable
d'attirer un très large public, celui qui fréquente
habituellement les musées et les expositions et dont les
caractéristiques socioculturelles sont maintenant bien
connues.
12
Textes écrits par Dominique Vitale.
12Les initiateurs de l'exposition pensaient qu'un tel sujet
devait également pouvoir attirer un public particulier,
constitué d'abord par les jeunes parents (et/ou
grandparents), accompagnés ou non de leurs enfants, ainsi que
les jeunes adultes en âge de penser à une éventuelle
parentalité. Ils pensaient ensuite aux adolescents et aux
élèves d'écoles primaires - en groupes encadrés par leurs
enseignants. Enfin, les professionnels de santé, médicaux
et paramédicaux (maternités, PMI, CAp3...) devaient être
aisément mobilisables.
Naissances, au pluriel: un public à inviter
Au-delà de ce public" naturel", les concepteurs ont tout
de suite imaginé qu'il était nécessaire d'engager une
réflexion particulière conduisant à toucher un public qui
n'a absolument pas l'habitude de fréquenter les musées ni
les expositions: celui des femmes et des jeunes dont
l'origine avait une relation avec les pays dont parlait
l'exposition (les pays du Maghreb, ceux d'Afrique de
l'ouest, ceux du Viet-Nam et ceux de l'île de la Réunion) ;
voire plus largement tous ceux, hommes, femmes et
jeunes qui s'éprouvent comme d'origine étrangère à la
métropole française. C'est pourquoi il a été décidé de
mettre un "s" au titre de l'exposition. Il exprime la
situation de diversité culturelle dans laquelle, dans notre
société comme dans bien d'autres, est vécu l'enfantement.
Un certain nombre de traditions, issues des principales
13
Protection Maternelle et Infantile. Caisses d'allocations familiales.
13