Tauromachies, cultures du sud

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Français
133 pages
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Description

La musique, la danse, le dessin, l'écriture constituent ici l'originale déclinaison d'une "civilisation du taureau" qui demeure étonnamment vivante, le long d'une ligne imaginaire qui délimiterait un Sud emblématique. Le peintre Claude Viallat, l'écrivain Marc Bernard (1900-1983), Prix Goncourt 1942, comme l'ensemble des auteurs de cet ouvrage, se sont employés à désenclaver l'art tauromachique et ses représentations.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2007
Nombre de lectures 278
EAN13 9782336280295
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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TAUROMACHIES

CULTURES DU SUD

CollectionConférences universitaires de Nîmes
dirigée par Olivier Devillers

Le but principal de cette collection est de rendre compte des recherches qui sont menées
au Centre Universitaire de Nîmes – ou en association avec lui – dans le domaine des sciences
humaines, sociales et artistiques. Une caractéristique est, conformément à l’identité d’un
établissement où se côtoient des spécialistes de domaines divers, leur interdisciplinarité : il s’agit
de croiser, autant que possible, plusieurs approches. Dans cette mesure, la présente collection
réservera une grande place aux ouvrages collectifs et le terme de « conférence » qui figure dans
son intitulé est presque à entendre dans son sens étymologique de « mise en commun ».
Les questions de « représentation » et de « fait culturel », qui sont à la rencontre de
différentes disciplines, retiendront particulièrement notre attention : comment l’histoire est-elle
vue par la littérature? Comment les traditions s’inscrivent-elles dans l’espace urbain?
Comment un artiste réagit-il à l’actualité ? Autant de thématiques qui pourraient être
multipliées et qu’il convient d’inscrire dans un temps et dans un espace. Pour ce qui est de cette
première dimension, l’apport des approches diachroniques ne peut être négligé: étudier
l’évolution et les mutations d’une même «représentation » des origines à nos jours permet
d’aborder et de clarifier les problèmes essentiels de la transmission et de la survie. Pour ce
qui est de la seconde, sans être pour autant exclusifs, nous accorderons un intérêt plus
marqué aux études languedociennes.
C’est autour de ces traits – interdisciplinarité, intérêt pour la représentation des faits
culturels, régionalisme languedocien – que nous entendons bâtir cette collection.

Dans la même collection :
Autour de Nîmes et de sa région
sous la direction de Catherine Bernié-Boissard et Danièle Julien
Tauromachies et identités locales
sous la direction de Catherine Bernié-Boissard
Peurs et risques contemporains. Une approche pluridisciplinaire
sous la direction d’Emmanuel Gleyse
Tauromachies, sport, culture. Regards croisés sur les publics
sous la direction de Laurent Sébastien Fournier, Catherine Bernié-Boissard et Jean-Pierre
Michel

Pour tout contact
Rencontres universitaires de Vauban
Bibliothèque du Centre universitaire de Nîmes
Rue du Dr Salan
30021 NÎMES Cedex 1
buvauban@unimes.fr

Intervenants :

Catherine Bernié-Boissard, géographe, maître de conférences CUFRN,
UMR MTE, CNRS, université Montpellier 3
Laurent Sébastien Fournier, ethnologue, maître de conférences, université
de Nantes, EA 3260
Lise Gros, conteuse, écrivaine
Giovanna Iacovazzi, ethnomusicologue, université Paris 4
Margarita Kefalaki, docteur en sciences de la communication, université
de Corte
Marion Mazauric, éditrice, éditions « Au diable vauvert »
Marie Pendanx, doctorante en géographie, université Bordeaux 3
Diego Petersen, docteur en littérature, spécialiste de l’Amérique latine,
CUFRN
Christian Skimao, écrivain et critique d’art (AICA)
Sabine Teulon-Lardic, docteur en musicologie, professeur de musique
ENM de Nîmes, université Montpellier 3
Claude Viallat, peintre contemporain, membre fondateurdu groupe
Supports-Surfaces, vit et travaille à Nîmes

Ce colloque, au Centre universitaire de Nîmes, a bénéficié du soutien du
Conseil général du Gard.

SOMMAIRE

Avant-propos. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .9

Préface. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
Catherine Bernié-Boissard, Laurent Sébastien Fournier

Un simulacre de corrida sur la placette de Nîmes :
ethnocritique d’une nouvelle provençale. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .15
Laurent Sébastien Fournier
Claude Viallat ou la course de la forme. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .31
Entretien avec Christian Skimao
Un inédit de Marc Bernard - 1 Musique et poésie
Huit émissions radiophoniques sur la tauromachie. . . . . . . . . . . . . .47
Catherine Bernié-Boissard
Un inédit de Marc Bernard - 2
Contribution au choix d’exemples musicaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . .63
Sabine Teulon-Lardic
Ecriture et tauromachie « Faire parlar lo pais de bovina »
Traditions camarguaises, occitan et écriture. . . . . . . . . . . . . . . . . . .69
Lise Gros
Lesbandasdans l’arène. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .77. . . . .
Marie Pendanx
Musique, saints et taureaux : lesbandasen Méditerranée. . . . . . . .95
Giovanna Iacovazzi

Cultures populaires en Méditerranée
A Moresca, une danse guerrière de la Corse. . . . . . . . . . . . . . . . . .113
Margarita Kefalaki
Fêtes et carnavals en Amérique du Sud. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .121
Diego Petersen

7

AVANT-PROPOS

Gardois d’origine, professeur au Collège de France,
l’historien Maurice Agulhon observe que les commentaires
e
autour de la tauromachie apparaissent auXVIIIsiècle « au
fur et à mesure que le Nord découvre, tantôt merveilleuse
et tantôt dérangeante, la Méditerranée». Autrement dit : le
Sud. Et avec lui, la riche nature d’une civilisation qui fait
à la culture, dans sa dimension esthétique, une place
majeure.
Les chercheurs, réunis à l’initiative du CUEM-CPT et
du GREGAU (université Paul Valéry, Montpellier 3), l’ont
bien compris. Grâce à des thématiques diversifiées et à
d’originaux éclairages, ils s’emploient à croiser l’art du
toreoavec la littérature, la musique, la danse, le dessin et
la peinture…
De sorte qu’un spectacle populaire – la course de
taureaux, dans sa variante camarguaise ou espagnole – devient
porteur d’un message pluridisciplinaire, voire universaliste.
Belle réponse argumentée à qui n’y voit que folklore
pittoresque, ou pire, divertissement barbare !
A côté des tauromachies explorées par l’ethnologie,
narrées par les conteurs, célébrées par Marc Bernard, source de
création chez Claude Viallat, nous découvrons de la Corse à
Malte et aux Andes latino-américaines une tradition festive,
souvent éloignée de la culture taurine, mais qui, à son image,
a une fonction de lien social. Fondant une communauté, une
certaine manière de vivre ensemble.

9

Il est donc pleinement légitime que le Conseil général du
Gard apporte son soutien matériel et son appui moral à ces
Journées d’études universitaires. Réaffirmant ainsi que la
culture est à la fois plaisir de la connaissance, lieu de dialogue,
joie de la découverte et temps du partage.

Damien Alary
Président du Conseil général du Gard,
vice-président du Conseil régional
du Languedoc-Roussillon

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PREFACE

La notion de culture, malmenée par les sciences sociales
lorsqu’elle oppose à la complexité des rapports sociaux vécus
une uniformité des représentations et une homogénéité «
cul1
turelle » largement fantasmées, n’en reste pas moins une
référence incontournable dans l’étude territorialisée de la diversité
des formes de création et d’expression artistiques. C’est dans
ce contexte que le Groupe de recherche et d’études en
géographie et aménagement urbain (GREGAU) et le Centre
universitaire d’études et de médiation des cultures et pratiques
taurines (CUEM-CPT) ont très justement pris l’initiative d’une
réflexion centrée surles tauromachies et les cultures du Sud.
Après une approche géographique des identités des territoires
2
taurins etune approche plus sociologique des publics des
3
fêtes taurines , ce recueil de textes issus des journées d’études
4
organisées en 2006 sous le titreExpressions tauromachiques
propose une nouvelle plongée dans l’univers de la
tauromachie et offre un ensemble de contributions axées sur les formes
d’expression générées par letoro bravo.

1
Pour une critique du concept de « culture » en sciences sociales, cf.
D. Cuche, 1996,La Notion de culture en sciences sociales, Paris, La
Découverte.
2
Cf. C. Bernié-Boissard (dir.), 2004,Tauromachies et identités locales,
Paris, L’Harmattan.
3
Cf. S. Fournier, C. Bernié-Boissard et J.-P. Michel (dir.), 2006,
Tauromachies, sport, culture.Regards croisés sur les publics, Paris,
L’Harmattan.
4èmes
Expressions tauromachiquesjournées d’études du Centre uni-, 3
versitaire d’études et de médiation des cultures et pratiques taurines
(CUEM-CPT), Nîmes, auditorium du Conseil général du Gard, 8 avril
2006.

11

La musique, la danse, le dessin, l’écriture constituent ici
l’originale déclinaison d’une « civilisation du taureau » qui
demeure étonnamment vivante le long d’une ligne imaginaire
qui délimiterait un Sud emblématique. Réunissant dans une
même aire le midi de la France, la péninsule ibérique, deux
îles méditerranéennes – la Corse et Malte – et,last but not
least, le continent sud-américain où l’hispanité permet la
rencontre de Carnaval et de Mithra, le recueil parcourt la
transversalité culturelle du fait tauromachique dans un mouvement
circulaire qui nous conduit du plus proche au plus lointain.
La démarche ethnocritique de Laurent Sébastien Fournier,
en combinant analyse littéraire et ethnologie, s’appuie sur
une nouvelle de l’écrivain et dramaturge provençal Charles
Galtier (1913-2004) pour tenter de discerner ce qu’il y a
d’universel dans la dilection des Nîmois pour la tauromachie
à l’espagnole. La description des humbles et des enfants qui
innocemment, sur laPlacettede Nîmes, « jouent au toro »
dévoile toute la force d’une pratique qui met en scène les
grands thèmes anthropologiques de l’honneur, de la gloire et
de la mort.
L’entretien du critique d’art Christian Skimao et du
peintre Claude Viallat, né en 1936 à Nîmes et membre fondateur
du groupe d’artistes plasticiens « Supports-Surfaces »,
prolonge utilement cette analyse de la portée fondamentale de la
tauromachie. Viallat est, en effet, unfou de tauromachieau
sens où l’on dirait unfou de Dieu. Sa mystique taurine repose
sur le culte de l’image, de façon paradoxale puisque ce
« peintreabstrait militant » s’est employé à déconstruire la
notion d’image dans le reste de son œuvre. Mais dans la
tauromachie, nous dit Viallat, « le dessin fait partie intégrante de
la passion taurine » que l’artiste s’efforce de faire partager à
son public.
Faire partager la passion taurine est aussi lecredode Marc
Bernard (1900-1983). Ecrivain autodidacte, également né à
Nîmes, Prix Goncourt 1942, c’est par la parole qu’il prêche la

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tauromachie. Grâce au script d’une série d’émissions de radio
que Marc Bernard avait animées, Catherine Bernié-Boissard
retrouve les questions que l’écrivain s’est posées : d’où vient
la tauromachie ? Quel est son rapport à la société ? A la poésie
qui est faite pour être chantée ? A la musique qui est faite pour
être jouée ? A la quotidienneté qui est faite pour être vécue ? La
contribution de la musicologue Sabine Teulon-Lardic vient en
contrepoint attirer notre attention sur les motifs musicaux qui
émaillent les émissions de Marc Bernard.

Conteuse, écrivaine, « femme de Bouvine » militante de la
cause taurine, Lise Gros prolonge l’approche des formes
d’expression tauromachiques en s’inscrivant dans la
dialectique tradition-modernité, terres camarguaises-Sud profond
que la tauromachie pérennise : « Plus nous nous enfoncerons
dans notre sol et plus nous nous renouvellerons. Plus nous
serons locaux, plus nous risquerons de nous hisser au niveau
de l’universel. »

La suite du volume propose un regard comparatif sur
d’autres lieux et sur d’autres pratiques, montrant ainsi
comment l’ancrage culturel de la tauromachie communique avec
le monde de la fête dans des univers qui revendiquent
l’hispanité ou la latinité. Le travail de Marie Pendanx nous invite
à rencontrer « lesbandasdans l’arène », et la tauromachie
s’élargit à la fête. En effet, la double acception – espagnole et
musicale d’une part, française et ludique d’autre part – du
termebanda, permet de braquer le projecteur sur un
phénomène d’animation musicale propre aux festivités du
SudOuest (les Landes), qui s’étend au Béarn, au Pays basque, et
naturellementtras los montespour finalement nourrir
l’imaginaire de la tauromachie lors des férias.

L’ethnomusicologue Giovanna Iacovazzi montre, pour sa
part, que cette intrication de la musique desbandaset du
territoire, loin d’être un isolat culturel, revêt une dimension
méditerranéenne. Les exemples qu’elle puise dans les rituels
festifs de l’île de Malte allient des observations de terrain à

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