Parler en Amérique. Oralité, colonialisme, territoire

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Résumé
Parlures régionales, formes non écrites, hybridées, dominées, colonisées, marginales, migrantes, illettrées, clandestines, domestiques… S’articulent ces langues subalternes, dévaluées, ces manières du quotidien, ces lieux de mémoire et de l’intimité. Elles persistent,
migrent, opèrent une cartographie souterraine, portent la mémoire du continent et les traces de l’histoire coloniale. S’opèrent alors des pratiques de liberté, des audaces philosophiques et littéraires qui
laissent la porte ouverte à tout ce qui est susceptible d’initier une « machine intime de décolonisation ».
Extrait de l'introduction
Tout en gardant les deux pieds solidement ancrés dans la matière foncièrement hybride de l’expression vernaculaire, continuum vivant auquel nous participons constamment et intensément sans pourtant y prêter attention, cet ouvrage invite au voyage, à l’hospitalité, à la curiosité et à une pratique de soi qui puissent initier une machine intime de décolonisation – un « autre métabolisme passé-futur »…
Échos de presse
Le brillant essai de Dalie Giroux, Parler en Amérique, trace l’esquisse d’un projet de société alternatif, celui de décoloniser les littératures et langues subalternes.
André-Anne Côté, Impact Campus
L'essai Parler en Amérique témoigne d'une réflexion théorique approfondie, qui est toutefois rendue de façon limpide et accessible. Il défend avec éloquence les langues marginales comme autant de fragments de mémoire collective et de formes de résistance au pouvoir.
Camille Toffoli, Nouveau projet
L'auteure
Née à Lévis en 1974, Dalie Giroux enseigne la théorie politique à l’Université d’Ottawa.

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Date de parution 28 janvier 2019
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EAN13 9782897125967
Langue Français

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Table des matières
1. Couverture 2. Page de titre 3. PRÉFACE 4. INTRODUCTION 5. JACK KEROUAC, HOMI BHABHA ET LA LITTÉRATURE EN AMÉRIQUE FRANCO 6. LE RÉGIME LINGUISTIQUE COLONIAL ET LA QUESTION DU QUÉBEC 7. DU COLONISATEUR COLONISÉ 8. UNE PLATE-FORME VERNACULAIRE DE DÉCOLONISATION 9. L ÉCRIT ET L'ORAL POLITIQUE DE PIERRE PERRAULT 10. CRITIQUE DE LA MARDE - ESSAI DE PENSÉE POLITIQUE ANTICOLONIALE 11. CONCLUSION (EN FORME DE SOULÈVEMENT) 12. DANS LA MÊME COLLECTION 13. Copyright
MÉMOIRE D’ENCRIER
1260, rue Bélanger, bur. 201 • Montréal • Québec • H2S 1H9 Tél. : 514 989 1491 info@memoiredencrier.com • www.memoiredencrier.com
DE LA MÊME AUTEURE Le Québec brûle en enfer. Essais politiques, Montréal, M Éditeur, 2017. La Généalogie du déracinement. Enquête sur l’habita tion postcoloniale, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2019.
PRÉFACE
À une époque où les mots métissaient leur sens à le ur sonorité en conservant allègrement leur musique, alors que les expressionspostmod oupost-colonialguère plus d’à-propos n’avaient qu’une tempête de neige sur la lune, Pierre Falcon le barde de la Rivière Rouge – alias Pierriche le Rimeur – s’activait à composer desChansons de Véritépour les tirer du cimetière de l’amnésie. Il y a une apparentée giboyeuse avec Pierriche à travers la quête de sens chez Dalie Giroux et sa récupération d’histoires et d’événements autrement palantés par-dessus bord. Plus encore, une courtise de l’inspiration et une approche de l’écriture venant projeter les faits abordés nettement au -delà de leur vérité. On se trouve joyeusement confr onté à une œuvre d’exception qui échappe d’emblée aux classements d’usage, tant par le contenu que par son traitement. On sent percoler le vécu derrière l’essai, s’agiter le poétique derrière le témoignage et surtout convoquer à la fois une mémoire répudiée et une oralité proscrite à prendre place sur la piste de la pensée politique. Ce que Dalie Giroux est en passe d’accomplir transcende le pacte d’écriture convenu aussi bien que celui d’une lecture à l’avance programmée. Elle est la première à faire soupçonner l’existence d’une créolité québécoise cachée tentant de sortir de son étou฀ement. À parcourir ces pages issues d’une pensée en marche à travers le langage et l’espace d’un Québec à demi orphelin cherchant sa route, des images surgissent entre les rives des paragraphes. Il y a dans le projet de Dalie Giroux un lointain cousinage avec l’art haïtien de tirer lodyans, la littérature de cordelle du Nordeste brésilien ou la supplique du México profundo. Ainsi, des légendes se rapprochent depuis le canot mythique des Pays-d’en-Haut et des chalands-radeaux billots-de-bois descendant sur le Grand-Fleuve des origines pour déboucher en bas, du côté de la Pointe-Lévy en face de Québec. Avec à leur bo rd, quelque Jos Violon racontant par le seul pouvoir de son archet quelque histoire magique de vérité flottante. C’est de ce double pays qu’est issue Dalie Giroux. Son double archet de doctorisée en sciences politiques et d’adepte aux messages des vents, des chantiers et des marées en font une des voix les pl us puissantes, une pensée des plus éclatantes arrimant un Nouveau-Québec en formation. Il sera désormais impossible de se leurrer. Impossible de concevoir et d’exprimer le Québec – un Québec-Monde s’extirpant de lui-même – à partir de ce qu’il prétendait être. Il en était plus que temps. Jean Morisset