Parlons talysh

-

127 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Les Talysh vivent aux confins de l'Iran et de l'Azerbaïdjan. Ce peuple de langue indo-européenne apparentée au farsi vit dans des conditions culturelles différentes dans les deus pays. En Iran, où ils sont plus de 100 000, leur langue n'est pas enseignée et seul le farsi est officiel. En Azerbaïdjan, des efforts sont faits depuis l'indépendance pour la promouvoir. Le lecteur sera intéressé par les spécificités linguistiques et culturelles que le peuple talysh a su préserver au long des siècles.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de lectures 350
EAN13 9782296713772
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème





Parlons talysh

Parlons…
Collection dirigée par Michel Malherbe

Dernières parutions

Parlons gagaouze, Güllü Karanfil, 2010.
Parlons dogon,Denis Amadingue DOUYON, 2010.
Parlons nheengatu,Ozias AlvesJr., 2010.
Parlons tpuri,Kolyang Dina TAIWE, 2010.
Parlons sakha, Émilie MAJ et Marine LE BERRE-SEMENOV,
2010.
Parlons arabe libanais, Fida BIZRI, 2010.
Parlons fang. Culture et langue des Fang du Gabon et d'ailleurs,
Cyriaque Simon-Pierre AKOMO-ZOGHE, 2010.
Parlons amis, Rémy GILS, 2010.
Parlons wakhi. Culture et langue du peuple wakhi – Pakistan,
Afghanistan, Tadjikistan et Chine, Karim KHAN SAKA, 2010.
Parlons twi. Langue et culture, Kofi ADU MANYAH, 2009.
Parlons akyé bodin, Firmin AHOUA & Patrice ACHIE BROUH,
2009.
Parlons balinais, Made Windu Antara KESIMAN, Michel
MALHERBE, 2009.
Parlons slovaque, Etienne BOISSERIE, Diana JAMBAROVÁ et
Vlasta KěEýKOVÁ, 2009.
Parlons néwari,Sushila MANANDHAR, 2009.
Parlons farefari,Mary Esther Kropp Dakubu, 2009.
Parlons allemand, Hervé RICHARD, 2009.
Parlons tcherkesse, Amjad JAIMOUKHA, Michel MALHERBE,
2009.
Parlons moba, langue du Nord-Togo, Pierre REINHARD, 2009.
Parlons shanghaïen,Feng LI, 2009.
Parlons bunun,Rémy GILS, 2009.
Parlons suédois, Corinne PENEAU, 2009.
Parlons agni indénié, Firmin AHOUA et Sandrine ADOUAKOU,
2009.
Parlons otomi,Yolanda LASTRA, 2009.
Parlons luo, Neddy ODHIAMBO et Michel MALHERBE, 2009.





Irada PIRIYEVA







Parlons talysh






















































© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-13578-9
EAN : 9782296135789

Introduction


Les Talysh sont un peuple qui vit de part et d’autre de la frontière
entre l’Iran et l’Azerbaïdjan. La langue, l’emplacement
géographique depuis l’antiquité, les montagnes et les forêts où s’est
installé cepeuple est désignépar l’épithètetalysh/tolıú. On trouve
les Talysh dans le Sud de l'Azerbaïdjan, le longla frontière de
iranienne,principalement dans les régions de Lenkoran/Lankon,
Astara/Ostoro, Lerik/LikMassalli/ etMasalli. La frontière coupe
en deux leur habitat traditionnel, qui se poursuit en Iran, le long de
la côte Sud de la mer Caspienne.
Jusqu'à la fin de l’Union soviétique(1991), il n'yaucune avait
communication frontalière et donc le talysh a évolué dans deux
directions distinctes. Unepartie des Talysh de l'Azerbaïdjan vit
dans les montagnes, où le climat est sec, et l’autre vit sur les basses
terres côtières humides subtropicales, où elles s'étendent vers le
Nord, sur le Mougan/Mı÷on(la plaine de Mougan) s’étend entre la
rivière l’Araks et la partie Nord du massif Talysh jusqu’à la mer
Caspienne. Au Sud et Sud-Est il rejoint la plaine de Lenkoran et la
steppe de Salyan. La partie Sud-Ouest de la plaine de Mougan
s’étend en Azerbaïdjan du Sud (Iran).
Le nombre des locuteurs de talysh est difficile à déterminer.
Peutêtre quelques centaines de milliers. Selon le recensement de 1926,
il y avait 77.039 Talysh en Azerbaïdjan soviétique. En 1959, ils
étaient considérés comme Azéris et on estimait à seulement 10.500
les Azerbaïdjnais ayant la talysh comme la langue maternelle. Les
Talyshs ont subi unepression considérable de lapart de
l'administration de la République Soviétique d'Azerbaïdjan, dont le
but était de regrouper toutes les minorités dans la république en un
seulpeuple azerbaïdjanais unifié. Cettepolitique a été relativement
facile à appliquerpour lespeuples musulmans, car ils étaient tout
simplementprésentés comme un sous-groupe ethnique
azerbaïdjanais. Ceci est confirmépar lapolitique de recensement
qui visait à effacerplusieurs minorités de langues différentes non
enregistrées. C’estpour cette raisonque les recensements de 1959
et suivants ne mentionnentpas les Talysh. Après l’indépendance de
l’Azerbaïdjan la situation a changé positivement. Aujourdhui, le

7

Comité des Statistiques d’Etat de la République d’Azerbaïdjan en
recense 76.800. En outre, selon les données de 1983, près de
100.000 Talysh vivent en Iran.
(source : http://www.eki.ee/books/redbook/talysh.shtml).
La langue talysh(tolishi)est étroitement apparentée aupersan mais
pas aupointque l’intercompréhension soitpossible. Elle appartient
augroupe iranien des langues indo-européennes. Leparent
linguistique leplusproche est le tati en Azerbaïdjan. Les Talyshs
n'écriventpas leur langue, mais si, dans lepassé, l'alphabet arabe a
été utilisé en cas de besoin, aujourd’hui on utilise l’alphabet
Azerbaïdjanais de type latin. En Azerbaïdjan, l'école était en azéri,
langue officielle du pays, (comme le farsi est la seule langue
enseignée en Iran). En 1930-1937 la langue talysh a été étudiée à
l’école dans les quatre régions du sud de l’Azerbaïdjan (Lerik,
Lenkoran, Astara et Massalli). Mais un peu plus tard les
professeurs enseignant la langue et les auteurs des livres ont été
victimes de la répression stalinienne. Le 20 mai 1931 a commencé
la publication du journal ‘Sıԥ tolıú’ (“Talysh rouge”)en deux
langues, azéri (en azéri sous le nom“Qızıl talysh”) et talysh. Mais
àpartir de 1937 lejournal n’aplus étépubliéqu’en azéri.
Depuis l’indépendance de l’Azerbaïdjan, on enseigne de nouveau
le talysh à l’école primaire. Tous les Talyshs en Azerbaïdjan sont
doncpratiquement bilingues. En Iran, les écoles des territoires
talysh nepratiquentque lepersan, langue officielle, mais dans les
méderasas (écoles coraniques), on emploie le talysh, le persan et
l’arabe.
La région habitéepar les Talysh se distinguepar la diversité
climatique résultant des trois chaînes de montagnesparallèlesqui
la traverse: le Talysh, le Peshtasar, et l’Alashar-Burovor.Laplus
grandequantité depluiequi tombe dans les montagnespermet de
bénéficier d’unpaysage bien boisé. Un réseau très dense de
rivières traverse la région, et les sols jaunes sont favorables à la
culture desplantes sub-tropicales. Lapartie iranienne, engénéral
moins montagneuse, a un climatplus chaud etplus aride. Lapartie
Sud-Ouest de la côte de la mer Caspienne, en Iran, est couverte de
12.000 hectares de forêts denses riches de nombreuses essences
d'arbres dont le chêne, le hêtre, l’érable, le tilleul, le platane et le
noisetier.

8

Le mode de vie des Talysh varie considérablement en raison des
différences d’environnement. Toutefois,quelleque soit la région
dans laquelle ils vivent, la majorité des Talysh sont des
agriculteurs. Dans certaines régions, le riz est la cultureprincipale,
dans d'autres, c’est le blé et l'orge. Cependant tous les Talysh ne
sontpas agriculteurs. Certains sont des artisansqualifiés. Leur
artisanat repose surtout sur la soie et les tapis. Certains travaillent
l'étain, fabriquent des chaussures, des bijoux et aussi des outils en
bois. Les habitants de la partie montagneuse élèvent du bétail.

Etudes de la langue
Les livres écrits et les textes concernant le talysh ne sont pas
nombreux. La culture autochtone est limitée surtout au folklore.
Toutefois aujourd’hui les chercheurs commencent à porter de
l’intérêt à cette ancienne région et à sa langue. L’histoire de l’étude
ème
de la langue talysh a commencé dans la première moitié du XIX
siècle. Parmi les premiers chercheurs, on trouve des Russes comme
A. Xodzko, I.N. Berezin, P.F. Riss, B.A. Dorn et aussi les
chercheurs occidentaux tels que W. Geiger, J. de Morgan etc.
Jacques de Morgan, l’archéologue français, auteur de l’ouvrage
remarquable “Mission scientifique en Perse” en cinq volumes a
décrit les dialectes perses dans le cinquièmevolume consacré aux
études linguistiques. Il porte le titre “Dialectes kurdes. Langues et
dialectes du Nord de la Perse”. Dans ce livre, Jacques de Morgan a
consacré deux chapitres à la langue talysh en donnant le lexique en
dialecte de Lenkoran, de Kergan-Roud (Ka÷anrud) et la
conjugaison des verbes (pages 261-288). Il a ajouté aussi des textes
en talysh avec l’alphabet arabe.
La grammaire talysh a été étudiée aussi par Miller B.V, linguiste
russe (1953), en se basant sur le dialecte du Nord. Le linguiste est
arrivé à Lenkoran, village de Veravoul pour étudier l’origine de la
langue. Dans son livre «Ɍɚɥɵɲɫɤɢɣ ɹɡɵɤ” (La langue talysh)
B.V. Miller expose l’histoire de l’étude de la langue talysh. C’est le
premier travail scientifique où la structure de la langue talysh est
décrite en détail, ainsi que son système phonétique, sa morphologie
et sa syntaxe. Les travaux de Miller se sont poursuivis plus tard
grâce à Liya Aleksandrovna Pireyko, l’auteur du ‘Dictionnaire
talysh-russe’. Ce livre a été publié en 1976 à Moscou. En
1978

9

1979 le dialecte du Sud a été étudié par Lazar G. sur la base de la
variété de Massul, près de la ville de Rasht.
Etant un pays multinational, l’Etat azéri a créé aujourd’hui des
conditions pour les minorités afin qu’elles puissent développer leur
langue et leur culture. La constitution de 1995 protège les droits
des minorités. L’article 11 sur la «Culture »prévoit la protection
et le développement de la culture nationale Azerbaïdjanaise et
aussi celle des minorités ethniques. L’article de la loi du 7 octobre
1992, sur «l’Education »,et l’article 3 de la loi sur «La langue
d’Etat »donnent le droit à l’enseignement des langues des
minorités. Aujourd’hui la langue talysh est enseignée à l’école
primaire pendant quatre ans, des manuels sont publiés. Comme
toutes les autres minorités les Talyshs ont créé leurs centres
culturels, des théâtres et associations. Parmi eux, le groupe de
danseuses et de chanteuses folkloriques“Bacılar”(les sœurs) créé
en 1989 est très célébre. Au départ, le groupe comportait six sœurs.
Plus tard les sœurs décédées ont été remplacées par d’autres
membres de la famille (filles ou belles-filles). Aujourd’hui le
groupe continue son activité dans la maison de la culture du village
Separadi de Lenkoran et participe souvent aux évènements et fêtes
du pays.

10


11