Le système éducatif africain en crise

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Description

Contrairement à l'évolution rapide de la technologie et de la médecine, l'enseignement et la formation des enseignants africains n'évoluent pas. La formation de base est insuffisante, les bibliothèques manquent, les programmes sont archaïques. L'éducation africaine a besoin de propositions de changement. Il faut rehausser le statut de l'enseignant. Cet ouvrage a pour but d'aider les enseignants africains à expérimenter des méthodes actives et participatives.

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Publié par
Date de parution 01 juin 2009
Nombre de lectures 308
EAN13 9782336283968
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Merci,

- à Jean-François Paccolat de l’Institut suisse de pédagogie,

- aux Recteurs des Universités deGoma, Kisangani etButembo :
Samuel Ngayihembako,Dauly Ngbonda, Kambale Kandiki,
Karafuli.

- aux coordinateurs en éducation nationale en RDC, au Rwanda, au
Cameroun et à Madagascar :

Révérant Lala Unsi-Libay à Kinshasa,
Kasereka Lutswamba àGoma,
RwamboneraFrançois à Kigali,
Esther Razanampinoana àAntananarivo.

- aux confrères : Mokonzi, Tschimpanga,Gaston, Kalala,
Mukiekie.

- aux formateurs locaux.

- à ces dames enseignantes qui ont repris les études après une
formation d’enseignante au primaire en terminant le cycle
universitaire en pédagogie active et participative :

Esther,
Romaine,
Sangoulou,
Astrid,
Guy-Guy,
Janine.

àBulle
àButembo
àGoma
àGoma
à Kinshasa
àGoma

Que ce guide méthodologique soit l’occasion d’exprimer toute ma
gratitude aux étudiants en faculté des sciences de l’éducation et des
enseignants du primaire et du secondaire. Ils ont su m’ouvrir leurs
salles de classes et me présenter depuis des années leurs difficultés.

ChristianGrêt

PRÉFACE

Des enseignants de qualité pour une école de qualité

Plus de quatre décennies et après les indépendances de la
plupart des pays d’Afrique subsaharienne et en dépit de
multiples réformes opérées dans le secteur de l’éducation,
l’école, qui fait partie de ce que Sikunmo appelle les
«cadeaux séquelles de la colonisation», est dans un état
déplorable.De l’avis de plusieurs observateurs, si dans certains
pays l’école est quasiment morte, dans d’autres elle est très
malade, et dans d’autres encore elle est dans le coma. Tout
compte fait elle n’est point en bonne santé.Aussi elle a
souvent un caractère exotique et elle est souvent incapable de
refléter et d’interpréter la société qu’elle est pourtant destinée
à servir.
Que faire alors pour tirer l’école africaine de son état actuel ?
Que faire pour la ressusciter ici ou la réanimer là-bas ?
Quesème
tions fondamentales en ce début du 21siècle. On ne le dira
jamais assez, l’Afrique ne peut espérer son développement
sans un système éducatif efficace.Fondamentales, certes, ces
questions sont en même temps complexes et difficiles.En
effet, que faire pour opérer le miracle de résurrection ou de
guérison rapide, voire miraculeuse, de cette école ?Comment
acquérir un tel pouvoir qui ne revient pourtant qu’à Jésus ?
Pourtant on ne peut valablement répondre à ces épineuses
questions que si l’on répond à une autre, toute aussi
importante :Qu’est-ce qui influence la qualité d’une école?Ace
propos, la recherche scientifique nous enseigne que plusieurs
facteurs agissent sur la qualité d’une école : l’environnement
dans lequel elle fonctionne, l’interaction maître-élève, les
conditions matérielles, pédagogiques, la qualité des maîtres,
etc. Même si aucun de ces facteurs n’est en théorie plus
efficace que d’autres, de l’avis de plusieurs spécialistes en
édu

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1
cation, notammentCarron et Ta NgocChâu , les différences
des résultats entre écoles sont davantage liées à la qualité du
maître qu’à la disponibilité de l’équipement.Ainsi donc, pas
d’école de qualité enAfrique, sans enseignants de qualité.
Un enseignant de qualité est celui qui, entre autres, possède
un style d’enseignement plus actif, par lequel il met
l’apprenant en situation-problème et lui donne la possibilité
de construire et donc de découvrir lui-même son savoir.
Grâce à ce style d’enseignement, l’apprenant est impliqué
dans des situations qui lui permettent d’utiliser ses
compétences et de les faire évoluer au cours de la formation. Par
conséquent, le rôle de l’enseignant change fondamentalement
par rapport au style transmissif ; il favorise des recherches et
anime la confrontation des résultats. Il ne s’agit donc plus
pour lui de faire la leçon mais d’organiser des scénarios
d’apprentissage qui permettent aux élèves de travailler et de
développer leurs connaissances. "Ce rôle requiert,
évidemment, des compétences fines d’observation et d’évaluation,
une capacité à prendre de la distance tout en étant présent à
2
chaque instant."Est-ce ce style qui prédomine dans les
écoles africaines aujourd’hui ? Si non quels styles didactiques
y prévalent-ils le plus: le modèle transmissif ou encore les
méthodes interrogatives ?
Il suffit d’observer les salles de classe africaines, de la
maternelle à l’Université, pour constater à quel point l’enseignant
africain se maintient au centre de l’action éducative et
combien son style est dominé par la transmission des
connaissances d’une manière magistrale. Pour paraphraser Paulo
Freire, on peut dire que la relation entre l’enseignant et
l’élève africain est essentiellement verticale, fondée sur le fait

1
Ce dessin a été produit durant une formation par un groupe
d’enseignants au cours de la présentation du thème : Le dessin du métier
(cf. Thème n°1).
2
Ce dessin a été produit durant une formation par un groupe
d’enseignants au cours de la présentation du thème : Le dessin du métier
(cf. Thème n°1).
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que l’enseignant est celui qui sait et l’élève celui qui ne sait
pas. L’enseignement se réduit dans ces salles de classe à des
communiqués que le premier fait et que le second enregistre.
Il ne s’agit donc pas d’une véritable communication entre
deux personnes qui interagissent et s’enrichissent
mutuellement.
Fondée sur la conception qui considère l’apprenant comme
un être à dresser et non à faire germer et éclore, cette
didactique a des conséquences néfastes sur la formation et l’avenir
de l’apprenant. Peut-on attendre d’une personne formée dans
une didactique dirigiste l’esprit d’initiative, de recherche,
voire de participation ? Peut-on s’attendre à ce qu’unAfricain
formé au moyen de cette didactique, de l’école primaire à
l’Université, puisse être inventif et qu’il soit, plus tard, à
même de participer efficacement à la réalisation des travaux
qui nécessitent l’implication d’un groupe ?
Que faire pour que les enseignants africains puissent acquérir
le style d’enseignement actif et qu’ils deviennent des
enseignants de qualité dont l’Afrique a besoin pour son
développement ?C’est la question principale qui hante l’auteur de cet
ouvrage qui, après sa longue carrière d’enseignant en Suisse,
s’est engagé, avec l’appui de l’organismeEvangelischer
Entwicklungsdienst (EED) dans le recyclage des enseignants
auCameroun, au Rwanda, en RépubliqueDémocratique du
Congo et à Madagascar.
Après plus de dix ans d’expérience, après avoir fait valider
l’instrument qu’il utilise pour le recyclage des enseignants et
pour la formation initiale des étudiants en pédagogie et après
avoir fait accepter cet instrument par les scientifiques à
l’Université de Kisangani, en le présentant sous forme d’une
thèse de doctorat, il était plus que temps que
MonsieurChristianGrêt pérennise ses enseignements en faveur des
enseignants sur la pédagogie active sous forme d’ouvrage. Il s’agit
là de sa contribution, combien précieuse, pour la formation
des enseignants dont l’Afrique a tant besoin aujourd’hui.

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Tout notre souhait est de voir les enseignants africains
s’approprier le contenu de cet ouvrage afin qu’ils
transforment leurs classes en lieux d’apprentissage véritable.

Dr.Gratien MokonziBambanota

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AVANT-PROPOS

Des pédagogies actives pour l’Afrique

«Ciel ! Que lui vais-je dire ?Et par où commencer ? »Cette
double question que se pose Phèdre, l’héroïne de la tragédie
de Racine, nous place d’emblée au cœur du sujet.
Dans cet avant-propos, il convient de dire d’abord
l’importance des pédagogies actives qui font de l’étudiant un
sujet à part entière, capable d’apprendre, de progresser dans
les savoirs cognitifs, socio affectifs et psychomoteurs. Par sa
position privilégiée de sujet, il prend peu à peu conscience de
sa juste valeur lors de l’apprentissage autonome.
Il convient encore de dire que ces pédagogies favorisent chez
les personnes en formation le faire et le dire, qui ne seraient
que des compétences inertes, si en fin de compte ce n’était
pas l’être dans son entier qui était visé pour la valorisation et
la consolidation de ses fondements.
Il convient enfin de dire que les pédagogies actives sont
relativement récentes.Elles ont connu un grand essor grâce à
Jean Piaget et Vygotzky - pour ne citer que les deux
influences les plus importantes - après la crise de l’autorité ou
du pouvoir, déclinée sur tous les tons en Mai 68.
Vais-je dire que M.ChristianGrêt, le récipiendaire, un de
mes anciens étudiants, a réussi à insuffler à des milliers
d’enseignants africains le désir de mettre l’accent sur
l’apprendre, sachant que l’important est de donner à la
personne les outils pour qu’elle apprenne ?Aucun enseignant ne
peut apprendre pour ses étudiants ; par contre il doit mettre en
œuvre, avec tout l’art possible, les meilleures conditions
d’apprentissage.
« Par où commencer ? » La réponse de Phèdre est claire : par
l’amour d’Hippolyte. Par l’amour de l’Afrique serait en
l’occurrence une réponse vraiment sensée, car tout acte
pédagogique exige des relations de respect et d’estime réciproques

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entre l’enseignant et l’enseigné. L’autre personne, tout en
étant autre et semblable, a autant d’importance que soi.
Par où commencer? Voilà une question que l’auteur de ce
livre s’est maintes fois posée.Al’évidence, on constate qu’il
a commencé par les pédagogies actives, qui rencontrent un
succès incontestable dans plusieurs pays africains. Si ce type
d’enseignement trouve un écho si favorable et généralisé, ne
serait-ce pas parce qu’à la passivité on substitue la
participation ;à la sujétion, l’autonomie ou l’indépendance; à la
léthargie, la vie.
Par où continuer ?
Que cette thèse ne reste pas lettre morte à l’Université de
Kisangani ;ce serait son pire destin! Que son rayonnement
soit immédiat dans toutes les facultés universitaires de la
RépubliqueDémocratique duCongo et d’ailleurs ! Que son
impact sur les enseignants soit toujours intact et efficace! Que
cette fenêtre ouverte sur l’Afrique conserve sa fraîcheur et
son authenticité premières !
Oui, enAfrique, comme dans les autres continents, il faut
vraiment s’aventurer sur la voie des pédagogies actives, qui
sont un véritable outil d’éveil pour le développement de l’être
humain.

Dr. Jean-François Paccolat

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D’une école de l’individualisme : chacun veut devenir seul
« chef»,

àune école de collaboration :apprendreàrésoudre des
problèmes ensemble.

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INTRODUCTION

Quel programme faut-il prévoir pour le recyclage des
enseignants en poste et pour la formation initiale des étudiants en
pédagogie afin d’assurer l’introduction de la pédagogie active
et participative enAfrique ? Un programme qui en plus soit
adapté à la fois aux enseignants des niveaux futurs
préscolaire, primaire, secondaire, et aux étudiants en formation dans
les facultés des sciences de l’éducation. Pour bien
d’intellectuels qui ont évolué dans le système éducatif élitiste,
élaborer un tel programme peut paraître difficile, si non
utopique. Pour eux, le perfectionnement et le recyclage
signifient essentiellement revoir et approfondir les notions des
branches déjà étudiées antérieurement durant la formation de
base.Dans ce domaine de recyclage, il faut observer que bien
des actions sont entreprises par des Ong qui envoient des
spécialistes sur le terrain pour approfondir les matières et les
connaissances.Ainsi par exemple :
- Les règles grammaticales du français sont encore une fois
approfondies,
- Les théories de philosophie sont encore une fois
perfectionnées,
- Les notions mathématiques sont une fois de plus creusées,
etc.
Cependant, faut-il le constater, ces recyclages n’améliorent
pas ou très peu les méthodes d’enseignement sur le terrain et
dans les écoles. L’Afrique recourt ainsi encore abondamment
aux théories didactiques enseignées entre les années 1920 et
1950. Les méthodes d’enseignement sont par conséquent
archaïques alors que les cours en formation initiale (écoles
normales et études pédagogiques) sont théoriques et
incapables de fournir au futur enseignant des outils utilisables
dans sa salle de classe.
Il faut aussi savoir que la grande majorité des enseignants du
primaire prend la conduite d’une classe directement après

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leur cycle du secondaire. Le diplôme d’Etat, à la fin de
l’enseignement du secondaire, permet directement d’être
engagé comme maître au primaire.Cette formation de base
étatique est largement insuffisante; raison pour laquelle les
cours de recyclage doivent être pratiques, simples et
encourager ce type d’enseignants qui sont nombreux.
Par ailleurs, il n’y a pas de livres de didactique en circulation
et l’engouement pour la lecture chez les étudiants est
quasiinexistant. Le seul livre omniprésent est la bible.Elle est
souvent distribuée par les églises et les fidèles, aussi intellectuels
soient-ils, s’y référant régulièrement pour démontrer qu’ils
sont cultivés.Aussi est-il rare de voir un enseignant ou un
étudiant acheter un livre comme investissement. Le prétexte,
pour justifier ce comportement, est le même partout : « on n’a
pas d’argent». Les étudiants attendent du professeur qu’il
remette les «syllabus » qu’ils pourront apprendre par cœur
pour rendre au moment de l’examen ce qu’ils ont consommé
antérieurement.
Dans ces conditions d’enseignement, le sens de recherche et
le souci de se cultiver ne sont point développés. On dirait que
le colonisateur s’est bien gardé de développer chez le
colonisé ces habiletés qui pourraient aiguiser un esprit critique
susceptible de mettre en péril les objectifs de la colonisation.A
la place, il était plutôt de bonne intelligence de consolider
chez le colonisé l’attitude et les comportements de
consommateur et non de producteur.Et comble de tout, même le
clergé a repris le flambeau.
Pourtant, si nous voulons que l’école enAfrique impulse la
dynamique du développement, nous devons y stimuler la
créativité, le sens de la recherche, l’amour de la lecture et la
curiosité intellectuelle.C’est l’objectif que nous assignons à
cet ouvrage.
Comme indiqué par le professeur Mokonzi plus haut, voilà
quinze ans que je parcours une multitude d’écoles africaines,
auCameroun, au Rwanda, auCongo-Kinshasa et à
Madagas

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car. J’ai à cet effet eu l’occasion de former, en recyclage, plus
de 3500 enseignants en pédagogie active et participative.
Pour ces formations, j’ai élaboré un instrument que nous
appelons le porte-folio.Bien que pendant la formation j’insiste,
me basant sur le constructivisme de Piaget et le
socioconstructivisme de Vigostsky, le plus possible sur le fait qu’il
importe que les apprenants construisent eux-mêmes,
individuellement et en groupe leur savoir, nombreux sont les
participants qui me demandent de leur fournir de la
documentation sur la pédagogie active et participative. J’ai dû ainsi me
faire violence en rédigeant cet ouvrage qui risque de les
enfermer dans un cadre dont ils ne voudront plus sortir.
Aussi mon souhait est-il de voir les participants à mes
formations ne pas utiliser cet ouvrage comme la bible de la
PédagogieActive et Participative (PAP), mais comme un
instrument qui constitue juste un point de départ d’un long voyage
qu’ils décident de réaliser eux-mêmes dans le monde des
innovations pédagogiques.
Cet ouvrage est ouvert et permet à chaque enseignant et
formateur d’ajouter ou de supprimer des thèmes à sa
convenance.Donc un porte-folio extensible et adaptable selon les
besoins de chaque pays.

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De deux systèmes éducatifs et de la nécessité du
portefolio

Le système francophone est essentiellement élitiste : les
programmes sont faits de manière à conduire les jeunes chaque
fois dans un degré supérieur.
Alors que le système germanophone s’occupe aussi de
chaque sortie du cycle scolaire et oriente les enfants/jeunes
adultes à s’épanouir dans un métier.
Le recyclage des enseignants est un élément important qui
peut beaucoup contribuer à changer la mentalité instaurée par
le système éducatif francophone et à assurer le passage du
système élitiste, solidement enracinée enAfrique, au système
de masse qui donne à chacun sa chance d’épanouissement.
Depuis que j’anime régulièrement des sessions de formation
pour les enseignants auCameroun, au Rwanda, en RDCet à
Madagascar le voeux de changer le système éducatif en
vigueur pour adopter le système éducatif s’occupant des élèves
éjectés est souvent exprimé.
Malheureusement, force est de constater que bien des
autorités, inspecteurs, intellectuels ne veulent pas en principe
participer à une telle formation, estimant qu’ils savent tout ou
presque.Aussi leur besoin se limite-t-il à la demande des
livres sur la pédagogie. Suffit-il de lire des ouvrages pour
comprendre et instaurer les innovations pédagogiques en
Afrique ?C’est le cas de cet Institut supérieur formant des
électriciens dans la ville de Mora (CM), où l’on n’a pas
d’accès au réseau électrique. Tout est enseigné en partant
d’un livre de l’enseignant.
Cependant, ceux des responsables qui viennent participer à
mes formations par curiosité pour voir ce qui se cache
derrière la pédagogie moderne acquièrent en fin de compte des
outils pratiques qui les amènent à changer fondamentalement
leur manière de travailler. Ils installent ces outils
respectivement dans leurs classes, leurs Universités et récoltent un
suc

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cès considérable. Ils finissent par comprendre qu’il est
impossible d’apprendre à nager seulement dans la piscine de la
théorie.
Ma motivation d’entreprendre la diffusion de cet ouvrage sur
la pédagogie moderne tient essentiellement au souci de voir
les enseignants formés par les formateurs africains disposer
d’un document renfermant le contenu essentiel de la
didactique générale qui fait l’objet de mes formations depuis plus de
quinze ans. J’espère que cet ouvrage permettra aux
enseignants recyclés, non seulement de revoir de temps en temps
les thèmes animés par leurs formateurs au cours des sessions
de formation, mais aussi, pourquoi pas, d’initier certains de
leurs collègues.
Il faut toutefois souligner que cet ouvrage n’est pas destiné à
remplacer la documentation que chaque apprenant constitue,
suivant l’approche constructiviste, durant sa propre
formation.Cela est fondamental et constitue en même temps
l’inquiétude qui habite en moi en préparant la publication de
cet ouvrage. Je veux en effet éviter à tout prix
d’intellectualiser la pratique pédagogique qui fait cruellement
défaut dans les salles de classes africaines que j’ai eu à visiter
et que je visiterai encore lors de mes multiples missions. Pour
être efficace, faut-il le souligner, la formation des enseignants
doit être vécue et non mémorisée. Telle est ma profonde
conviction.
Comme souligné avant, je souhaite qu’un nombre important
d’enseignants puissent disposer, au terme de la formation de
base, d’un guide méthodologique qui leur permettra de se
rappeler les démarches apprises durant la formation.
Il faut noter qu’il n’a pas du tout été possible de reprendre
dans cet ouvrage tous les 80 thèmes élaborés pour le
recyclage des enseignants et la formation des formateurs africains.
Aussi me suis-je limité à une trentaine des thèmes que je
considère comme essentiels pour la réussite de la formation.

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