Marie-Antoinette
99 pages
Français

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Description

– Ma sœur, vous me semblez préoccupée.
Madame Elisabeth hoche la tête. (…)
– Ils ont fermé les portes de Paris.
La reine la regarde avec intensité. Elle ne dit rien.
Elle pressent une catastrophe.
– Toulan est venu me trouver. Nous ne pouvons pas partir.
Ils fouillent toutes les voitures.
La reine sent ses jambes se dérober sous elle.
Elle s’appuie sur le montant de la cheminée pour rester forte.

Un récit qui retrace la vie de Marie-Antoinette, dernière reine de France ; une biographie à lire comme un roman pour découvrir cette héroïne au destin tragique et bouleversant.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 mars 2018
Nombre de lectures 22
EAN13 9782215139249
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
1 – Un visiteur
2 – La proposition
3 – Dernière chance
4 – Mariée à quatorze ans !
5 – La cour de Versailles
6 – Toujours plus risqué
7 – Une femme dévouée
8 – Métamorphose
9 – L’allumeur de réverbères
10 – Un nouveau complice
11 – Rose Bertin, marchande de modes
12 – L’embarras du choix
13 – Premiers soupçons
14 – Ni vue ni connue
15 – Pour l’honneur
16 – Heureuse nouvelle
17 – Au spectacle
18 – Inquiétudes
19 – Une cachette dangeureuse !
20 – Le dauphin
21 – Coup du sort
22 – Rêves d’avenir
23 – Une ferme à Versailles
24 – Trop tard
25 – Le couple Tison
26 – La berline
27 – Un carrosse pour s’enfuir
28 – Espion malgré lui
29 – Répétition générale
30 – La fuite de Varennes
31 – Dernier contretemps
32 – Dénonciation
33 – Seule !
34 – Interrogatoire
35 – La voix de la raison
36 – Le dernier soir
37 – Adieux
Que sont-ils devenus ?
Notes
Page de copyright
Dans la même collection
1 Un visiteur

Paris, 2 février 1793
– M onsieur, quelqu’un vous demande.
Le chevalier de Jarjayes quitte des yeux son courrier et fait signe à son valet de faire entrer le visiteur.
– C’est que…, dit ce dernier avec gêne. L’homme n’est pas…
Il hésite.
– Il n’est pas quoi ?
Le domestique se racle la gorge avant de souffler :
– Il n’est pas l’un des nôtres.
François-Augustin de Jarjayes lève un sourcil. Son homme de confiance le suit depuis si longtemps qu’il sait pouvoir se fier à son jugement. Même en ces temps difficiles de la Révolution, son valet est capable de déceler sous un déguisement un ancien membre de la cour du roi.
– Il vous sollicite pour un entretien secret, poursuit le valet.
Intrigué, le chevalier de Jarjayes se lève et se dirige vers la porte restée entrouverte. Par l’embrasure, il détaille l’homme qui attend dans l’antichambre. Celui-ci semble nerveux. Un seul coup d’œil suffit à Jarjayes pour comprendre que son domestique a raison. Avec son pantalon large, sa carmagnole 1 , son chapeau de feutre trop mou, le visiteur a tout l’air d’être un vrai révolutionnaire.
Le chevalier réfléchit à toute vitesse. Par les temps qui courent, mieux vaut ne pas s’attirer les foudres d’un homme de la République. Si cet étranger veut lui parler, il est préférable qu’il l’écoute. Moins il se fait d’ennemis, mieux cela sera. Il veut pouvoir rester libre d’agir à sa guise.
– Je vais le recevoir, dit-il finalement.
Quelques minutes plus tard, l’homme entre dans la pièce en tordant son chapeau entre ses mains. Le chevalier de Jarjayes s’avance vers lui, l’air aimable.
– On dit que vous voulez me voir. En quoi puis-je vous être utile, monsieur ?
L’homme tressaille en s’entendant appeler « monsieur » ; il hésite un très court instant puis redresse la tête et regarde le chevalier de Jarjayes droit dans les yeux. L’un et l’autre s’observent et se jaugent. Le visiteur, d’une trentaine d’années sans doute, a des habits de toile simples mais solides. Il n’est pas grand, ni gros non plus. Ses traits sont réguliers, plutôt avenants, ses cheveux bruns tirés en arrière, ses yeux marron et vifs, ses mains soignées. Il ne porte pas de perruque, contrairement au chevalier dont la tête est encadrée d’une perruque de cheveux clairs qui lui donne un air plus jeune que ses quarante ans. Les traits de François-Augustin de Jarjayes sont très fins, presque féminins ; avec ses yeux clairs, son port de tête altier, il est d’une élégance extrême, moulé dans des chausses de soie et une veste cintrée. Il est encore svelte et musclé après des années d’exercice au service du roi.
Le visiteur semble rassuré : l’homme est conforme à la description qui lui en a été faite. Il peut parler à présent.
– Je suis venu vous proposer de faire évader la reine, se lance-t-il de but en blanc d’une voix où chante un accent du Sud-Ouest.
Si Jarjayes est surpris – et il l’est – il n’en montre rien. Il reste de marbre et ne réagit pas.
– Je suis allé au Temple où la reine et ses enfants sont prisonniers, continue l’étrange visiteur. Je peux les aider à sortir !
L’homme parle avec fougue. Quand il s’emballe, son accent est plus fort encore. Il semble sincère, mais on ne se méfie jamais assez des uns et des autres. La Révolution a ligué tout le monde contre tous ; les amis d’hier sont devenus les ennemis d’aujourd’hui. Parmi les révolutionnaires les plus convaincus, les plus ardents adversaires du roi et de la reine, on retrouve des fidèles de la cour d’autrefois.
– J’ignore pourquoi vous venez me voir, monsieur, répond Jarjayes, prudent. Je ne peux vous aider en aucune façon.
– Ce n’est pas ce que la reine m’a dit, rétorque le visiteur. Elle pense que nous pouvons compter sur vous.
Jarjayes se trouble légèrement. Il connaît bien la reine. Il lui a fait savoir qu’il se tenait prêt à l’aider si elle avait besoin de lui. Se pourrait-il que cet homme dise vrai et qu’il vienne de sa part ?
– Elle se sera trompée…, répond-il pourtant.
L’homme esquisse un demi-sourire. Il s’attendait à une telle réponse. Le contraire l’eût étonné et inquiété. Il glisse alors la main sous sa veste. Le chevalier de Jarjayes se raidit. Quel imbécile ! C’était un piège, et il s’est laissé surprendre. Cet homme est venu armé dans l’espoir de le tuer.
2 La proposition