Miss Désastre

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Description

Après avoir suivi Mackenzie dans le premier tome de la série, Miss Malaise, les lecteurs s’attacheront cette fois à Holly qui a elle aussi le don de se mettre les pieds dans les plats!
 
Passer les vacances de Noël sur un bateau de croisière avec ses deux horribles cousines ne fait pas l’affaire d’Holly. Dans un moment de désespoir, aux prises avec le mal de mer, elle s’engouffre dans une cabine... où elle est accueillie par un jet de poivre de Cayenne. Le coupable? Un superbe gars appelé Nick. Mais quand Holly s’apprête à repartir, elle a le choc de sa vie : le couloir est bondé d’adolescentes en pâmoison. Car Nick est en fait Dominic Wyatt, le batteur de ReadySet — le groupe le plus en vogue du pays.
Par un curieux concours de circonstances, Holly jouera le rôle de la blonde de Dominic afin de sauver les apparences. Chance ou malchance? C’est ce que Holly découvrira!

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Date de parution 15 avril 2015
Nombre de lectures 0
EAN13 9782894559628
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Guy Saint-Jean Éditeur
3440, boul. Industriel
Laval (Québec) Canada H7L 4R9
450 663-1777
info@saint-jeanediteur.com
www.saint-jeanediteur.com
•••••••••••••••••
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et
Bibliothèque et Archives Canada
Bates, Marni
[Decked with Holly. Français]
Miss Désastre
Traduction de : Decked with Holly.
Pour les jeunes.
ISBN 978-2-89 455-961-1
I. Allard, Isabelle. II. Titre. III. Titre : Decked with Holly. Français.
PZ23.B37Mia 2015 j813’.6 C2015-940547-5
•••••••••••••••••
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds
du livre du Canada (FLC) ainsi que celle de la SODEC pour nos activités d’édition.
Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres —
Gestion SODEC
Publié originalement en 2012 sous le titre Decked with Holly (K Teen Books)
par Kensington Publishing Corp., New York (NY), États-Unis.
Copyright © Marni Bates, 2012
© Guy Saint-Jean Éditeur, 2015, pour l’édition en langue française.
Traduction : Isabelle Allard
Révision : Fanny Fennec
Correction d’épreuves : Corinne De Vailly
Conception graphique et mise en pages : Christiane Séguin
Dépôt légal — Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Bibliothèque et Archives
Canada, 2015
ISBN : 978-2-89 455-961-1
ISBN ePub : 978-2-89 455-962-8
ISBN PDF : 978-2-89 455-963-5
Tous droits de traduction et d’adaptation réservés. Toute reproduction d’un extrait de ce
livre, par quelque procédé que ce soit, est strictement interdite sans l’autorisation écrite de
l’éditeur.
Guy Saint-Jean Éditeur est membre de
l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL).Ce livre est dédié
à mes fidèles lecteurs.
Vous êtes tous des vedettes
à mes yeux !Remerciements
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude envers tous ceux qui ont contribué à la publication
de ce livre. Tout d’abord, ma formidable éditrice, Megan Records, et la talentueuse équipe de
Kensington Teen — merci à tous ! L’écriture de ce livre a été un grand plaisir pour moi, et je
suis reconnaissante d’avoir bénéficié de votre soutien indéfectible.
Mon incroyable agente, Laurie McLean, mérite une médaille. Elle rit de mes blagues,
supporte mes mauvais tours et contribue à la réalisation de mes rêves. Je suis privilégiée de
l’avoir à mes côtés pour naviguer dans les eaux périlleuses de l’édition !
Merci, maman, de m’aimer et d’aimer ce livre à ce point. Et pas nécessairement dans cet
ordre. Tu es la meilleure !
Merci, Dena Bates, de m’avoir entraînée dans toutes ces aventures sur terre, sur l’eau et
dans les airs. Je t’aime, grand-maman !
Julie and Abigail Dock — les canetons sont plus mignons que les lapereaux. Mais vous
avez raison pour tout le reste. Je vous adore !
Pam van Hylckama, Shanyn Day, Julie Kagawa, Laura Fraley, Brigid Kemmerer, Erica
O’Rourke, Nina Berry, Jenn Rush, Emily Guasco, Diana Rosengard, Wes Parker, Olivia
Kelly, Jennifer Carolyn — un grand merci d’utiliser vos immenses pouvoirs pour faire le
bien… du moins en ce qui me concerne !
Enfin, j’aimerais adresser un immense câlin à la communauté de l’écriture qui m’a
accueillie à bras ouverts. Auteurs. Écrivains. Rêveurs. Blogueurs. Critiques. Lecteurs.
Gazouilleurs. Amis. Vous avez rempli ma vie de rires et de joie. Merci !Chapitre 1
Holly
J’ai l’air d’une traînée. Je tire sur le petit bout de tissu monstrueux qui me ceint la taille afin
qu’il m’arrive à mi-cuisse, et essaie de me rappeler pourquoi Jennifer Lawley est ma
meilleure amie. Cette fois, elle est allée trop loin.
— Je ne peux pas faire ça !
J’ai déjà essayé de me rebeller, mais comme je porte maintenant le bout de tissu
monstrueux au lieu de le contempler sur un cintre, je suppose qu’elle avait raison de croire
que j’allais abdiquer.
Mais c’est la dernière fois.
Elle gonfle ses lèvres rouge cerise et lève les yeux au ciel en me regardant dans le miroir.
— Allons, Holly ! Ce n’est pas si pire.
— Pas si pire ? dis-je en bafouillant. On ressemble à des mutantes ! Pire que ça ! Des
mutantes aguichantes dont les vêtements seraient passés dans une déchiqueteuse.
— Mais non, on ressemble à des lutins du père Noël. Entre donc dans l’esprit des fêtes !
C’est la saison, après tout !
Évidemment. Rien ne remonte plus le moral d’une fille que d’entendre des chants de Noël
pendant des heures tout en demandant à des petits enfants s’ils ont été sages. Si je n’ai
toujours pas interrogé d’enfants sur leur degré d’obéissance, c’est uniquement parce que je
n’ai pas encore rejoint la foule dans le pavillon Westside pour me transformer en « lutin du
père Noël ». Malgré tout, je sais ce qui m’attend. Des bébés en pleurs et des parents
surprotecteurs rivés à leur cellulaire, qui donnent des ordres et se plaignent de leurs stupides
cartes de Noël annuelles. De plus, vu la nature extrêmement courte de nos jupes de « lutin »,
j’ai le sentiment que Jen et moi entendrons plusieurs commentaires suggestifs sur la façon
dont nous pourrions aider des garçons à profiter de la période des fêtes.
Je te le dis, il faut être désespéré pour accepter d’être un lutin à Los Angeles. Ou
n’importe où, en fait.
C’est justement ce que je suis : désespérée. Peut-être que si j’avais une allocation ou un
revenu régulier, je ne partirais pas en croisière de Noël sur la côte mexicaine avec mon
grand-père et mes cousins (grimace), sans vêtements convenables à me mettre sur le dos.
Mais mon grand-père estime que je dois apprécier la véritable valeur de l’argent, et je peux
affirmer que je l’apprécie… C’est la différence entre se faire ridiculiser ou se faire accepter.
Dans des circonstances normales, Jen me dirait à quel point j’ai de la chance d’avoir un
grand-père qui veut célébrer son soixante-quinzième anniversaire au paradis. Elle
m’envierait de troquer le smog de Los Angeles pour les plages ensoleillées et les boissons
fruitées. Et en temps normal, je serais ravie d’y aller… s’il n’y avait pas mes cousins. Je doisreconnaître qu’Andrew et Jacob ne sont pas si mal. Oui, ce sont des adolescents qui seraient
sûrement très intéressés par la longueur de la jupe de Jen. Cependant ils sont relativement
inoffensifs.
1Par contre, Allison et Claire sont comme les jumelles Olsen pompées aux stéroïdes de
garce.
Je n’exagère pas.
Allison et Claire sont un amalgame de tous les problèmes sociaux du vingt et unième
siècle. Ces chipies matérialistes qui se croient tout permis passent leur temps en ligne à
intimider et à ridiculiser les gens. Ces filles déplaisantes sont également douées pour déceler
la moindre fissure dans l’estime de soi d’autrui, sur laquelle elles s’acharnent jusqu’à ce que
leur victime éclate en mille morceaux.
Et j’ai la chance de partager leur patrimoine génétique. Je sais donc par expérience que si
je me présente à bord vêtue du jean que je porte depuis deux ans, elles vont recommencer à
m’appeler Annie. Comme la petite orpheline Annie. Parce que depuis la mort de mes parents
dans un accident de voiture, c’est exactement ce que je suis. Une orpheline.
C’est super, hein ?
Mais ce n’est pas si grave. Je n’ai jamais véritablement connu mes parents. Apparemment,
j’étais un bébé difficile. Alors que j’avais neuf mois, mes parents ont demandé à mon
grandpère de me garder une fin de semaine, afin de prendre une pause bien méritée.
Lorsque mon père épuisé s’est endormi au volant et que la voiture s’est écrasée contre un
arbre, ce qui devait être un séjour de deux jours s’est transformé en situation permanente.
Mon grand-père a été génial. Il n’a négligé aucun devoir parental. Il m’a encouragée
lorsque je suis entrée chez les scouts et guides, m’a aidée à vendre des boîtes de biscuits et
m’a serrée dans ses bras quand je lui ai dit que les autres filles ne m’aimaient pas. Il a
rétorqué qu’elles n’appréciaient pas mon culot autant que lui. Et même s’il va à la
synagogue chaque semaine, il n’a jamais insisté pour que j’aie une Bat Mitzvah ou que je me
fasse appeler Rachel, mon deuxième prénom d’origine juive. Grand-papa comprend qu’après
un pénible accouchement de dix heures un 25 décembre, sa fille juive et son mari catholique
2n’avaient guère d’autre choix que de me prénommer Holly.
S’ils pouvaient me voir maintenant, habillée en lutine débauchée ! Je tire une fois de plus
sur ma jupe.
— Je suis sérieuse, dis-je à Jen. Tu as dit que je pourrais refuser après avoir essayé ce
costume. Eh bien, je l’ai essayé. J’ai l’air d’une prostituée de Noël. Est-ce qu’on peut partir,
maintenant ? Il faut que je fasse le tour des magasins avec mon c.v.
Jen tire sur son propre costume, baissant le haut vert décolleté pour révéler une partie de
son soutien-gorge rouge vif.
— Tu n’as même pas de c.v.! proteste-t-elle.
Elle n’a pas tort.
— Raison de plus pour partir d’ici afin que je puisse en faire un avant d’aller dans les
magasins.
— L’économie va mal, comme d’habitude. Personne n’embauche en ce moment, Holly.
C’est un miracle de Noël que nous ayons trouvé cet emploi. Maintenant, allons répandre la
joie du temps des fêtes !
Je ne sais pas comment elle parvient à dire cette dernière phrase en gardant son sérieux.
— Un miracle de Noël qui me donne un air de dévergondée et m’oblige à demander aux
gens s’ils ont été sages ? Si on était dehors, on se ferait arrêter pour indécence !
— Ce n’est pas indécent pour un lutin, réplique-t-elle en rejetant sa mèche rousse en
arrière. Écoute, il y a des enfants là-bas qui s’attendent à ce qu’on les rende heureux.
Veuxtu vraiment décevoir des bambins ?Jen sait que j’ai un faible pour les tout-petits. Si cela peut me convaincre de sortir d’ici
pour m’aventurer dans le centre commercial, où elle pourra appliquer sa technique de
séduction dans sa jupe verte de lutin, elle va jouer à fond la carte de la déception des enfants.
— D’accord, dis-je en grommelant, mais tu…
— Oui, oui, je t’en dois une, termine-t-elle pour moi. Je sais, Holly. Maintenant, allons
hardiment là où plusieurs lutins sont déjà allés !
— Bon. Débarrassons-nous de cette corvée une fois pour toutes.
Jen me prend par le bras et me fait franchir la porte de la toilette des employés comme si
elle ne me faisait pas confiance.
Elle me connaît trop bien.
Le centre commercial est une véritable maison de fous. Les gens qui magasinent en
décembre devraient être obligés de prendre un sédatif avant d’acheter des cadeaux. Une mère
à bout de nerfs crie à sa fille :
— Non, je ne vais pas t’acheter de poneys en plastique, Krystal ! Et si j’entends un mot de
plus là-dessus, il n’y aura pas de Noël !
Jen et moi nous faisons bousculer par des inconnus cherchant désespérément le cadeau
parfait qui signifie « Je t’aime et je t’apprécie. Aussi, excuse-moi pour la bêtise que j’ai faite
la semaine dernière. » Avec l’obligation de combiner gentillesse, prévenance, créativité et
générosité dans un seul cadeau, c’est étonnant qu’il n’y ait pas plus de gens qui mettent fin à
leurs jours dans la période des fêtes. Ce n’est pas que je n’aime pas Noël, mais… cette fête
éclipse mon anniversaire. Mon grand-père a fait de son mieux, toutefois je n’ai jamais eu de
véritable fête. Aucun parent ne voulait trimballer son enfant le lendemain de Noël, une
journée généralement consacrée à contempler d’un œil vitreux l’arbre en plastique dans le
salon. Quand grand-papa m’a confié ses plans pour cette année — pour célébrer son
anniversaire de la mi-décembre, nous allions passer les fêtes sur un bateau de croisière avec
ma tante et sa famille traditionnelle parfaite —, j’ai eu envie de lui demander si je pouvais
rester à L.A. avec Jen.
Voilà pourquoi j’ai besoin de nouveaux vêtements et d’un emploi qui m’oblige à répandre
la joie de Noël. Et à avoir l’air joyeux. Et tout le reste.
Je me force donc à arborer un grand sourire et suis Jen jusqu’à l’emplacement où le père
Noël termine sa pause du midi en savourant une tasse de lait de poule.
Ce n’est qu’en arrivant près de lui que nous constatons que le lait et les œufs ne sont pas
les uniques ingrédients de sa boisson.
Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir du mal à me mettre dans l’ambiance des fêtes.
Il semble toutefois ragaillardi quand il nous aperçoit dans nos costumes.
— Venez vous asseoir sur les genoux du père Noël ! lance-t-il.
Puis il glousse comme s’il avait dit quelque chose de super intelligent, au lieu d’avoir
tenté de draguer des filles du secondaire.
Jen saisit la manche de ma tunique verte hideuse.
— Oh, mon Dieu ! s’exclame-t-elle, horrifiée. Pas le père Noël !
— Eh oui ! On dirait qu’il n’est pas très sage, cette année.
Jen fait partie de ceux qui croyaient dur comme fer au primaire que le gros bonhomme
descendait par leur cheminée. Elle souhaite donc transmettre un peu de cette magie aux
enfants. Quant à moi, je m’en fiche. J’aime les enfants, mais ce n’est pas comme s’ils ne
devaient jamais découvrir qu’ils s’assoient sur les genoux d’un type bizarre une fois par an.
Le père Noël se prélasse dans son énorme fauteuil, sans remarquer nos chuchotements.
— Devrait-on le dénoncer ? dis-je. Ou bien nous en aller ? Cet homme empeste l’alcool.
S’il dégobille, je ne veux pas être obligée de tout nettoyer.On m’a peut-être embauchée pour me pavaner dans ce costume ridicule, mais personne
n’a parlé de nettoyage de vomi. J’ai vérifié.
— Holly ! grogne pratiquement Jen. On n’a pas le temps de trouver quelqu’un d’autre !
On ne peut pas laisser un père Noël pervers s’approcher de ces enfants ! Il faut faire quelque
chose !
— Je sais bien, Jen. Que veux-tu qu’on fasse ?
Le père Noël choisit ce moment pour me demander avec un regard trouble :
— Dis-moi, as-tu été coquine cette année ?
Une autre série de gloussements accompagne ce trait d’esprit.
— Reste ici et essaie de me couvrir, dit Jen.
Elle se dirige vers la file d’enfants qui tirent leurs parents par la manche en demandant si
ce sera encore long.
— Euh, je suis désolée, déclare-t-elle, le père Noël vient de recevoir un message urgent de
son atelier de jouets. Il doit retourner tout de suite au pôle Nord. Il vous prie de l’excuser de
ce contretemps et vous souhaite un très joyeux Noël !
— Mais il est assis là-bas ! proteste une mère indignée. On attend en file depuis deux
heures. Mon fils va voir le père Noël !
C’est à ce moment-là que tout dégénère. Les parents mécontents, suivis de leurs enfants,
contournent Jen et se dirigent vers le père Noël en état d’ébriété. Il est si ivre qu’il ne perçoit
pas le danger de cette ruée de parents déterminés.
— Holly ! crie Jen.
Je fais la seule chose qui me vient à l’esprit. Je me place devant le père Noël et agite les
bras dans un signal universel qui signifie : «S.V.P ne m’écrasez pas ! »
Pendant un bref moment, on dirait que ça va fonctionner. La foule ralentit et je toussote,
prête à faire une promesse inepte de remplacement de père Noël. Soudain, ce dernier se
montre à la hauteur de sa réputation de pervers et tend la main pour tapoter mon postérieur
court-vêtu de vert.
Voilà pourquoi je lui assène une gifle devant une foule de jeunes enfants
impressionnables.
Pendant une seconde, je vois rouge et maudis intérieurement cette stupide fête
commerciale, ses décorations quétaines, sa musique répétitive et l’absurdité générale de ma
situation, et l’instant suivant, un petit garçon se met à crier :
— Tu ne peux pas frapper le père Noël ! Méchant lutin !
Puis il se jette sur moi.
Le choc dans mon estomac me coupe le souffle. En reculant pour échapper à ce petit
maniaque, je trébuche sur la marche de la plateforme et m’écroule sur le père Noël, le
responsable de ce cauchemar. Tous les gens présents semblent convaincus que j’essaie de
commettre un crime de lèse-père Noël. Cela donne lieu à une mêlée qui se transforme
bientôt en bagarre en règle. Jen crie pour alerter les gardiens de sécurité et tente de se frayer
un chemin jusqu’à moi. Le gros bonhomme rouge, une demi-douzaine de parents enragés et
moi roulons par terre en luttant, le souffle court en raison des multiples coups de coude
(accidentels ou délibérés) reçus dans le ventre.
Les choses ne font qu’empirer lorsque je heurte l’arbre de Noël artificiel du centre
commercial qui oscille, puis se renverse en fracassant une douzaine d’ornements de verre.
Tout le monde — le père Noël, les parents, Jen et moi — s’immobilise et observe le carnage
que nous avons causé en à peine quelques minutes. Je suis plantée là avec un regard horrifié
quand je sens qu’on me tire par le bras. Un gardien de sécurité me tire par mon costume de
lutin indécent pendant que Jen nous emboîte le pas en jacassant sans arrêt.— Bon débarras ! lance-t-elle. Je ne voulais pas vraiment de cet emploi, de toute façon.
Trop d’hystériques. Maintenant, on va pouvoir profiter des fêtes sans les gâcher avec du
travail, ajoute-t-elle en souriant.
Je la fixe d’un air furieux.
— Je suis escortée par un gardien de sécurité. Je porte un costume de lutine dévergondée
et le père Noël m’a tripotée. Ce n’est peut-être pas le bon moment de me dire que j’ai fait
tout ça pour rien !
Je sais que le meurtre est illégal et que tuer le père Noël à cette période de l’année n’est
pas recommandé. Mais je ne connais aucune règle interdisant le lutinicide.
Jen me jette un regard de chien battu.
— Je suis désolée. Allons chez moi, enlevons cet accoutrement ridicule et voyons si j’ai
des vêtements à te prêter pour la croisière. Excuse-moi, Holly. Je te revaudrai ça.
Sauf que nous savons qu’elle ne peut rien faire…, tout à coup, une voix familière crie
mon nom.
C’est mon grand-père. Avec toute la famille : ma tante, mon oncle et mes cousins. Ils me
regardent comme si je venais de… tabasser le père Noël.
Grand-papa secoue la tête. Cette fois, je sais que ce n’est pas parce qu’il admire mon
culot.
— On était venus t’encourager pour ta première journée de travail, dit-il.
Eh bien, son plan est à l’eau.
C’est alors que je remarque les iPhone de Claire et d’Allison. Il est évident qu’elles ont
photographié toute la scène.
Allison m’adresse un sourire malicieux, en promenant son regard sur ma jupe pour ainsi
dire inexistante.
— Ho, ho, ho.
Vive le temps des fêtes.
Le temps de se réfugier dans une caverne et de mourir d’humiliation.
1 Mary-Kate et Ashley Fuller Olsen sont actrices, créatrices de mode, productrices et femmes
d’affaires.
2 Référence à la plante traditionnelle de Noël : en anglais holly signifie « houx ».Chapitre 2
Dominic
J’aime être une vedette rock.
Oui, cela comporte des désavantages — l’absence de vie privée est l’un des plus gros
problèmes —, mais dans l’ensemble, c’est une carrière plutôt géniale. Je préfère entendre des
spéculations sur les starlettes que je fréquente plutôt que de passer mes journées à traiter des
données dans un minuscule bureau à cloisons. D’autant plus que je ne serais sûrement pas un
petit employé modèle qui brasse méticuleusement des papiers. Je rendrais mes collègues
complètement fous en tapant de façon rythmée sur tous les objets à ma portée. Un solo de
batterie de quatre heures à l’aide de crayons HB sur une agrafeuse et un porte-trombones
aurait sûrement pour effet de pousser quelqu’un à me poignarder avec mes baguettes
improvisées.
Dominic Wyatt, batteur de rock, est aussi un nom qui a de la gueule.
Je suis donc conscient de ma chance d’avoir un métier où je fais ce que j’aime le plus au
monde avec mes deux meilleurs amis : jouer de la musique. En fait, Tim et Chris ne sont pas
seulement des amis — ils sont ma famille. Voilà ce qui arrive quand on voyage ensemble à
travers le pays dans un minibus de tournée. Ça clique entre les membres du groupe… sauf
quand quelqu’un prend « accidentellement » la dernière canette de boisson gazeuse dans le
minifrigo, sur une route torride entre Las Vegas et Los Angeles, te privant de la dose de
caféine dont tu as désespérément besoin. Dans ce cas-là, tu pètes une coche.
À moins d’abandonner des cadavres dans un coin perdu du Nevada, il est impossible de
passer autant de temps avec deux autres gars et de les considérer simplement comme de
vagues connaissances ou des collègues.
Même si j’adore mon métier, c’est tout de même du travail. Un travail éreintant où les
heures s’accumulent jusqu’à ce que tu ne puisses plus différencier une journée de dix-huit
heures d’une autre. C’est un métier épuisant où tu ne peux jamais te reposer et ne dois
surtout pas avoir l’air fatigué. Personne ne veut d’un musicien exténué qui se frotte les yeux
en déclarant d’une voix rauque que s’il doit enfiler une séance de photos, une répétition, une
entrevue et une session d’enregistrement avant midi, il faut qu’il ait un Starbucks à portée de
l a main. Personne ne veut entendre que les artistes doivent se forcer pour avoir l’air
décontractés. Personne ne veut savoir qu’à un certain point il devient impossible de
déterminer ce qui nous reste d’énergie, car on roule à vide depuis trop longtemps. Voilà le
plus effrayant : quand tu t’es convaincu toi-même qu’il suffit d’un autre double expresso
pour que tout aille bien.
Parce qu’à un moment donné, la plupart des gens craquent. Si tu as de la chance, tu ne
finiras pas la tête rasée en train d’attaquer des voitures avec un parapluie. Ou tu ne
multiplieras pas les beuveries d’une semaine aboutissant à une série de cures dedésintoxication. Cette pression incessante et lancinante qui découle d’un travail acharné en
vue d’un concept nébuleux appelé « succès »…, ça ne peut pas s’accumuler éternellement
s’il n’y a pas de soupape. La pression doit pouvoir s’échapper quelque part. Ironiquement,
ma soupape était la musique avant que ça ne devienne mon métier. Ma méthode infaillible de
relaxation me garde maintenant éveillé la nuit avec les gars, à arpenter les studios
d’enregistrement et à fignoler les moindres détails de notre carrière.
Voilà pourquoi quand Tim déclare : « Bon, on reprend du début, tout le monde ! », au lieu
de hocher la tête et de recommencer à jouer de la batterie, je dépose mes baguettes et masse
mes tempes douloureuses.
— Tim, il faut qu’on se parle.
Cela attire son attention. C’est une chose qui n’arrive pas souvent quand Tim se lance à
fond dans le travail. En fait, la seule chose qui puisse briser la fameuse concentration de
Timothy Goff est un appel de son petit ami, Corey O’Neal. Comme ils en sont au stade
idyllique du début de leur relation, malgré la distance, il est difficile de savoir combien de
temps ça va durer.
Tim pose sa guitare et Chris se frotte l’œil gauche, du geste ensommeillé qu’il fait
toujours quand on travaille trop et trop longtemps. Mais il ne l’admettra jamais. Tim est un
bourreau de travail et Chris refuse de dire quoi que ce soit, car il ne veut pas nous ralentir ou
couper notre élan. C’est peut-être pour cette raison que nous travaillons si bien ensemble.
Chaque membre du groupe craint de ne pas en faire suffisamment. Cela signifie que Chris ne
déposera jamais sa guitare pour demander un congé. Cette tâche me revient donc.
— J’ai besoin d’une pause.
Les paroles surgissent avant que je puisse me convaincre de me taire. Un seul moment
d’hésitation, et la partie de moi qui s’est démenée pendant des années soulignerait que plus
on monte haut, plus la chute est brutale. Que je devrais persévérer un peu plus longtemps,
endurer une autre semaine épuisante à enregistrer des chansons pour notre prochain EP…
puis la période promotionnelle avant la sortie… et la tournée de spectacles par la suite.
Mon ventre se serre. Je ne peux pas reculer. Pas encore. Pas cette fois.
Je répète fermement :
— J’ai besoin d’une pause.
Tim cligne des yeux, perplexe.
— On peut arrêter cinq minutes, si tu veux. Je paie le café.
Voilà comment fonctionne Tim : si quelqu’un a une mauvaise journée, il fait son possible
pour tout arranger. Même s’il n’est généralement pas conscient du problème.
Chris me regarde en secouant la tête.
— Je ne pense pas qu’il parle d’une pause-café, Tim. Qu’est-ce qui se passe, Dom ?
— Je crois qu’on devrait s’arrêter pour un certain temps… Essayer quelque chose de
nouveau.
Tim fronce les sourcils.
— Je ne comprends pas.
Incroyable, j’ai l’impression de devoir prononcer la phrase de rupture si redoutée : « Ce
n’est pas toi, c’est moi. »
— Je ne peux pas continuer de travailler à ce rythme ! Je veux sortir du studio
d’enregistrement à une heure décente, pour une fois. Avoir une nuit de sommeil de huit
heures. Passer une journée à relaxer. Sortir avec une fille. Je voudrais apprécier ce que nous
avons accompli. Prendre une pause bien méritée. Et qui sait ? Peut-être même que je
pourrais essayer d’écrire des chansons…
Les gars hochent silencieusement la tête en m’écoutant exprimer ce que je souhaite.
Aucun d’eux ne semble désarçonné, jusqu’à ma dernière phrase. Ils ne l’avaient pas vuevenir, celle-là.
Chris me fixe comme si je venais d’annoncer que je veux donner des entrevues habillé en
travesti.
— Tu veux écrire ? Je ne le savais pas. Depuis quand, Dom ?
Je hausse les épaules, mal à l’aise.
— J’y pense depuis un bout de temps, mais… on est toujours en train de répéter, de
donner des spectacles ou d’accorder des entrevues… Je ne trouve jamais le temps.
Une excuse pathétique. « Mon chien a mangé mon texte » serait sans doute plus plausible.
Oui, être un membre de ReadySet me laisse peu de temps pour dormir, encore moins pour
faire quoi que ce soit d’autre. D’ailleurs, en tant que chanteur photogénique du groupe, Tim
doit faire plus d’activités promotionnelles que Chris et moi réunis — et il arrive toujours
avec du nouveau matériel.
Encore une fois, tout le monde ne peut pas être comme Timothy Goff, l’enfant chéri de
Hollywood.
Si ce gars-là n’était pas mon meilleur ami, j’aurais du mal à contrôler ma nature
compétitive.
Je ne mens pas si je dis avoir pensé à composer des chansons, mais j’en semble toutefois
incapable quand je sais que l’un des meilleurs paroliers du pays va regarder par-dessus mon
épaule. C’est comme si un élève du secondaire essayait d’écrire sa première histoire
d’horreur pendant que Stephen King lit son texte à mesure. Ce n’est pas exactement
l’atmosphère idéale pour qu’un débutant crée quelque chose de génial, ou même de
simplement décent.
Tim hoche prudemment la tête.
— Écoute, Dom, si tu veux écrire des chansons, je trouve que c’est super. En fait, ça
allégerait ma tâche, dit-il avec son fameux sourire, celui qui lui a valu d’être sur la liste des
gens les plus séduisants du magazine People pendant deux années consécutives. Chris et moi
l’avons taquiné sans merci à ce sujet.
— Mais en ce moment, ce n’est pas vraiment le temps de prendre une pause, poursuit-il.
— C’est le temps idéal, lui dis-je. Noël est dans une semaine. En se partageant nos
obligations promotionnelles sans en ajouter d’autres, on pourrait profiter du temps des fêtes.
Nous détendre un peu, pour une fois. Peut-être même avoir une vie sociale !
Chris et Tim échangent un coup d’œil. Je plonge les mains dans mes poches pour éviter de
les passer dans mes cheveux brun foncé, ce qui me donnerait l’air d’avoir enfoncé une
fourchette dans une prise électrique. C’est ainsi qu’un photographe a décrit l’allure que
j’avais accidentellement créée en devenant impatient vers la fin d’une séance de photo.
Toutes les personnes présentes avaient bien rigolé, sauf la coiffeuse, qui s’était empressée de
réparer les dommages.
— Euh, tu n’es pas vraiment toi-même, ces temps-ci, finit par dire Chris.
C’est la vérité. Je ne peux plus entretenir l’image du batteur décontracté et nonchalant que
j’ai soigneusement peaufinée pour le public. Même en sachant que n’importe qui entrant
dans le studio d’enregistrement remarquerait sûrement que je suis sur le point de craquer, je
ne peux forcer aucun de mes muscles à perdre leur raideur. Dominic Wyatt, batteur rock
désinvolte, a quitté les lieux. À sa place se trouve une coquille vide, un musicien épuisé mais
nerveux, vidé et agité, tel un insomniaque qui vient d’avaler une triple dose d’expresso après
une nuit blanche.
Mais je ne suis pas prêt à l’admettre devant mes amis. Ma fierté avant tout ! Je détourne
donc la conversation au lieu de répondre. Même si je suis complètement épuisé, mon
entraînement hollywoodien dans l’art de changer de sujet est devenu un véritable réflexe.
— Écoutez, si on ne prend pas de pause maintenant, on va seulement continuer de
1remettre ça à plus tard. Et bientôt, il y aura les prix MTV , une trame sonore de film ou unetournée de concerts, et on se retrouvera encore sur la route ou dans une chambre d’hôtel, à
avaler de la malbouffe entre des prises de son et des spectacles.
Je me tourne vers Tim et poursuis :
— Tu as un petit ami. N’aimerais-tu pas le voir au lieu de lui envoyer des textos entre
deux entrevues ?
C’est un bon argument, et tout le monde le sait. Tim a tenté de prévoir plus de séjours à
Portland, mais cet endroit ne figure pas aussi régulièrement dans le circuit des tournées que
les grandes villes comme L.A. et New York.
— Tu pourrais lui faire une surprise pour Noël ! Tu te souviens de Noël ? C’est la fête
durant laquelle nous avons travaillé les deux dernières années. Et toi, Chris, tu n’avais pas
commencé à sortir avec une actrice, récemment ? Qu’est-ce qui s’est passé ?
Chris fait la grimace.
— On a commencé à vivre dans ce studio. Voilà ce qui s’est passé.
Je sens que peu à peu ils se rendent à mes arguments.
— Tim peut s’occuper de la séance photo de Cosmo, puis prendre l’avion pour Portland.
Chris, tu ne voulais pas quitter L.A., n’est-ce pas ?
Il secoue la tête. Je sens la tension se relâcher dans mon dos.
— Bon ! Alors, tu iras à la réunion pour la trame sonore. Cela va te demander une journée
tout au plus. Tu auras amplement de temps pour rendre visite à une certaine célébrité…
Quoique je me demande ce qu’elle trouve à un gars comme toi…
Chris fait semblant de me frapper le bras, et quand je tente de bloquer le coup, il me
flanque une taloche sur le côté de la tête. Mais il sourit — ça fait longtemps que je ne l’ai
pas vu aussi détendu. Je suis peut-être le premier à avoir admis mon épuisement, mais ça ne
veut pas dire que je suis le seul à l’éprouver. Je me sens un peu moins mal d’avoir flanché
avant les autres.
— Et toi, que feras-tu, le génie ? demande Tim. La fête dans un bar ?
Je souris, heureux que le temps passé à revoir les obligations du groupe et les événements
à venir finisse par servir.
— Vous souvenez-vous du contrat dont on a discuté avec la compagnie de bateaux de
croisière ? Trois soirées de concerts, puis une liberté complète par la suite ? Eh bien, j’ai
téléphoné au propriétaire, Jeff Ridgley, et il est très intéressé. Encore mieux, il est d’accord
avec nos conditions de permettre un accès limité aux fans. Je vais donc le rencontrer pour en
discuter lors de leur croisière de huit jours au Mexique, puis je rattraperai mes heures de
sommeil.
— C’est ça, réplique Chris, dont le sourire s’élargit. Des heures de sommeil ininterrompu,
c’est exactement ce que tu auras avec toutes ces filles en bikini à bord qui se jetteront à ton
cou !
— Je pourrais être intéressé par d’autres moyens de relaxation, dis-je.
Je pense davantage à profiter de ma certification de plongée dans les eaux tropicales
limpides plutôt qu’à zieuter des filles en maillot de bain. Les bouteilles de plongée n’ont pas
tendance à crier et à exiger des autographes.
Tim lève un sourcil.
— Et l’écriture de chansons ?
— Je suis certain que je trouverai du temps entre les cocktails et les expéditions de
plongée. Ou alors, j’attendrai d’être rentré à L.A. pour écrire. Après tout, si tu peux le faire,
ça ne doit pas être si difficile que ça !
Il secoue la tête en riant.
— D’accord, alors on prend une semaine de congé et…
— Deux, dis-je.Voyant qu’il semble vouloir protester, je répète :
— Deux semaines complètes. À partir de maintenant. Quand on se retrouvera, on sera
reposés et prêts à créer les meilleures chansons jamais produites par ReadySet. Et ces
chansons seront écrites par moi.
Cette affirmation est plutôt prétentieuse, surtout quand on sait que je n’ai aucune
expérience à part trouver une couple de strophes ou peaufiner les textes de Tim avec l’aide
de Chris. Comme je suis sur le point d’obtenir gain de cause, ça fait du bien de faire
semblant d’être le batteur sûr de lui et désinvolte qu’imaginent la plupart des gens.
Tim semble sceptique.
— Quand vas-tu pouvoir écrire si tu te prélasses au milieu d’une foule d’admiratrices ?
Je réplique avec un haussement d’épaules :
— Je vais essayer de passer inaperçu. Je ne suis pas toi, Tim. Les filles reconnaissent les
chanteurs, pas les batteurs… du moins, pas autant. Et je pourrai toujours me faire appeler
Nick au lieu de Dominic. C’est assez similaire pour que je ne me trompe pas.
— Si tu es certain que c’est ce que tu veux…
— Il est certain, intervient Chris. Et moi aussi.
— Dans ce cas… d’accord, conclut Tim.
Je n’arrive pas à croire à ma chance. Tim n’a pratiquement pas résisté. Ce n’est pas que
j’aie déjà eu à me plaindre, mais je m’étais attendu à ce qu’il feuillette son agenda, téléphone
à notre agent, vérifie le prix des billets d’avion en ligne ainsi que la disponibilité du studio
d’enregistrement avant d’accepter quoi que ce soit. Il doit commencer à ressentir les effets de
l’épuisement, lui aussi. Ou alors, il s’ennuie assez de Corey pour sauter sur l’occasion que je
lui offre. Honnêtement, je me fiche des raisons qui le font se comporter en être humain
normal.
Le terme « être humain normal » est peut-être une exagération, vu que Tim plonge la main
dans son sac à dos et me lance une canette sans autre avertissement qu’un rapide « Pense
vite ! »
Je l’attrape maladroitement.
— Qu’est-ce que c’est que ça ?
— Du poivre de Cayenne, répond Tim en riant de mon expression stupéfaite. Pour
repousser tes admiratrices et pouvoir écrire en paix.
J’envisage brièvement de lui renvoyer sa canette ou de la refiler à Chris, puis je la glisse
dans mon sac.
— Merci, mais je n’en aurai pas besoin.
Si seulement c’était la vérité.
1 Les MTV Video Music Awards ont pour but de récompenser les meilleurs vidéoclips de
l’année.