Bretagne, les Petites histoires de la Vieille

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78 pages
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Bretagne, les Petites histoires de la Vieille - Rares sont les ouvrages qui vont chercher ce qui se cache derrière cette terre de cartes postales. Or notre vieux terroir possède bien des trésors, bien des légendes. Personne ne sait où habite « La Vieille », mais elle accepte de raconter à Thierry JIGOUREL les vieilles histoires transmises de génération en génération. Des histoires bien malicieuses que seule La vieille pouvait nous restituer.

Ces histoires vont vous faire sourire, vous faire peur, et vous faire rêver... C’est une émotion de la simple réalité qui vous est proposée c’est l’homme d’hier et l’homme contemporain qui vous sont rapportés dans ces nouvelles de terroir.


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Date de parution 04 mars 2013
Nombre de visites sur la page 79
EAN13 9782365729284
Langue Français

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Thierry JIGOUREL
La Groac’h
Bretagne, Les petites histoires de la Vieille
Première édition Avril 2011 © Édition COMMUNICATION-PRESSE-ÉDITION 2013 La loi du 11 mars 1957 interdit les copies ou repro ductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code Pénal.
Histoires de la groac’h
Chapitre I
Nuit du 31 octobre au premier novembre
Tudual a laissé la rédaction cet après-midi. Erwan au bouclage. Et Stefan trop occupé à rassembler les ppublishing consacré aux mouvements néo-ièces à conviction de ce hors série du groupe Bzh- druidiques et néobardiques qui semblent avoir relevé la tête depuis que les églises se vident. Le vieux Yann Daolvat, est encore passé dans les locaux du journal, avec sa casquette de base-ball vissée sur sa tête, son veston de tweed irlandais qui demande grâce et ses tennis flambant neuf. Il s’est sauvé en grommelant lorsque Isabelle, de l’accueil, lui a réclamé le prix du journal. Après tout, n’a-t-il pas charge d’âmes, là haut, en son presbytère de Merlevenez, où il dispense des cours debrezhonegà des élèves de tous les âges et de toutes catégories pro fessionnelles ? Tudual en sourit encore. Il aime ce peuple aux rêves confisqués, à l’âme partie en charpie sur les cimes des grands arbres, et qui se permet encore de rêver. A sa liberté et à sa reconstructio n. Lorsque les temps seront venus. Et il se souvient avec affection de la belle messe qu’avait faite Yann pour le lion du Poher, Glenmor, trop tôt parti au paradis des bardes. Et de son amitié avec Antonn. Antonn ar Bras, qui cachait des armes sous l’autel de son église et dans sa sacristie lors de ces années de plomb d’une Bretagne qui osait enfin secouer ses chaînes, dans les années soixante-dix du siècle dernier. Il y a une éternité. e Des druides, des bardes, en ce début de XXI siècle, dans cette aurore de troisième millénaire, est-ce que c’est vraiment sérieux ? s’interroge Tudual, toujours un peu sceptique et engoncé dans les préjugés rationalistes d’une éducation par trop positiviste. C’est vrai que son saint patron, fondateur du diocèse de Tréguier, Landreger dans la langue du pays, a chassé les dragons à tour de bras. Et de crosse. Les êtres immémoriaux s’en sont allés se réfugier dans les profondeurs de la mer, avec toutes les chimères et tous les fantômes de l’ancienne religion. Tout de même, ce Pascal Lamour, électro-chamane aux pieds nus, cet ex pharmacien reconverti à la chanson en vannetais, la langue archaïque de ses aïeuls, qui chuinte fort à l’oreille du Trégorrois, et ce Myrdhinn qui se paie le luxe de se baptiser d’un nom de scène emprunté à une semi divinité sylvestre qui vivait entre les deux Bretagne voici quelque quinze siècles, n’exagèrent-ils pas un tout petit peu ? La tradition n’a-t-elle pas été interrompue une fois pour toutes par les persécutions de Claude et de Tibère, puis l’édit de Milan de l’empereur Constantin ? Que dire sur ces doux dingues, gentils sans doute, sur lesquels son ami Olier Skingomz espère produire enfin un CD ou mieux un Dvd dans les mois qui vienn ent, si son patron à la radio lui en laisse le temps ? Qu’écrire sur ces garçons charmants, voire charmeurs, qui semblent prendre leurs rêves pour des réalités et qui s’acharnent à reconstituer croyances, philosophie et rituels à la manière de paléontologues ? Drôle de vie. Drôles de personnages. Drôle d’époque, pense Tudual, en se concentrant sur le volant de sa vieille Mercedes break qui fait embardée sur embardée, en cette nuit où tous les 1vents dekornogsemblent s’être donnés rendez-vous sur la route qui serpente comme un vieux reptile