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Un flic à Manhattan

De
284 pages
Je rencontrai donc un individu de petite taille, très brun, d'origine méditerranéenne sans nul doute, avec lequel je m'entretenais en franglais. Il était question de la “cama”, et de “money”, ce que j'avais parfaitement compris. Il m'annonça qu'il allait revenir d'ici “a couple hour later” (dans une heure ou deux). Vers 17 heures, ce 4 mai, le même individu se présenta dans ma chambre, porteur d'un attaché-case. Il l'ouvrit devant nous et nous pûmes apercevoir les liasses de dollars. Ensemble et avec le cousin, nous en fîmes le compte, deux ou trois fois, pour que ceux d'en haut enregistrent bien notre conversation. Il y avait 146 000 dollars. J'annonçai ce chiffre à haute voix à chaque fois. Ceci fait, je demandai à cet individu de m'attendre quelques instants et laissant la porte de ma chambre entrouverte, j'essayai de m'introduire dans la chambre qui lui faisait face. À ma première tentative, je ne pus faire jouer la clé dans la serrure, à la seconde non plus. La spécificité de C. Chaminadas? Le fait d'avoir oeuvré, sur le sol américain, en tant que chef de l'antenne de l'Office central des stupéfiants. De cette expérience outre-Atlantique, il retire aujourd'hui un témoignage et un document qui éclairent, avec modestie, sans héroïsme, mais avec un grand sens de la coopération voire de la camaraderie, une période quasi légendaire dans l'histoire du trafic de drogue. Une lecture indispensable pour celles et ceux qui aiment pénétrer dans les coulisses et les arcanes des enquêtes...
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Chaminadas           à Manhatta                    
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et ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2013
   
 
 
 
À monsieur Max Fernet, DCPJ. Pour l’honneur qu’il m’a fait et la confiance qu’il m’a accordée.
À tous les flics des Stups, DEA, Direction régionale de New York police montée canadienne OCPRTIS, son directeur F. Le Mouel, son adjoint Aimé Blanc (à qui l’on doit la neutralisation du fameux « labo » Malvezzi et comme chef de l’OCRB, en liaison étroite avec le commissaire Broussard, responsable de l’élimination de l’ennemi public n° 1 Mesrine) SRPJ, le commissaire Hug, dit « le Barbu » et son groupe. Ainsi que l’ensemble des Stups de la Mondaine à la DPJPP.
Toute ressemblance avec des personnages disparus ou vivants n’est ni une coïncidence ni le fait du hasard.
Ce récit s’appuie sur des faits bien précis, jugés et prescrits à ce jour, révélés au public, à leur commission, par de nombreux articles de presse dont certains seront ici cités.
  
 Prologue    À vrai dire, rien ne me prédisposait à une carrière dans la police ou comme écrivain. Pour de nombreuses raisons, la première étant mon lieu de naissance.  Je suis né dans un quartier du nord-est de Paris, fré-quenté à la Belle Époque, par une certaine jeunesse huppée qui venait s’y encanailler. En fait, ces « canail-les », représentées dans le filmCasque d’Or, étaient des gambilleurs de musette très recherchés, qu’on souhaitait rencontrer ; le reste, une fois la danse terminée, ne nous regardait pas. Toujours est-il que, quelques décennies plus tard, une vilaine réputation subsista et la seule évocation de ce quartier, soi-disant malfamé, effrayait les jeunes filles avec lesquelles on voulait roucouler. Ces dernières redoutaient de finir leurs jours dans un harem ou dans une maison fermée, ces rencontres étaient donc dès le départ vouées à l’échec.  Quelques années plus tard, les obligations militaires remplies, un peu de vague à l’âme, en 1953 nous rejoi-gnîmes le Maghreb. Ce fut à ce moment-là que tout bascula et mes intentions premières de séjour dans ce pays furent transformées par l’annonce d’un concours d’inspecteur de la Sûreté nationale. Je le passais avec suc-cès : les voyous n’avaient plus qu’à bien se tenir. Cette carrière que je venais d’embrasser ne correspondait pas à l’idée que je m’en étais faite car à ma première affectation, à la Sûreté régionale de Meknès, au service des Mœurs –
 
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la Mondaine en quelque sorte – au quartier réservé d’El Mers, je devais quotidiennement contrôler 430 prostituées.  Puis les évènements se précipitèrent, inutile de le préci-ser. Rapatriement en 1956, et de suite, volontariat pour l’Algérie et six années à guerroyer. Nouveau rapatriement au mois d’août 1962. Ce fut le début d’une grande histoire, que modestement j’avais tue jusqu’alors, convaincu de n’avoir accompli que mon devoir. Et puis, en lisant certai-nes œuvres policières, romancées au possible, je décidai de rectifier les tirs, afin de donner une véritable relation de certains faits, pour les avoir tout simplement vécus. Ra-mener ceux-ci dans leur véritable contexte et surtout parler de leurs véritables acteurs : sans appartenir à la grande muette, il s’agissait de révéler les dessous d’affaires reten-tissantes, leur mise en œuvre et leur déroulement. Ce qui est surprenant, je l’ai noté par ailleurs, c’est que toutes les personnes impliquées dans les affaires auxquelles j’ai par-ticipé se sont par la suite lancées dans l’écriture de romans : les Berdin*, Rimbaud* le, « »* Boiteux (voir bibliographie). Leurs histoires ont révélé des aventures susceptibles d’intéresser les sociétés de diffusion ou autres maisons d’édition. On peut remercier ces témoins : ils ap-portent la face cachée des trafics, les sentiments de certains et la ruse des autres, tout ce qui avait pu parfois nous échapper.
 
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