Destinée

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Français
95 pages
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Description

Ludvine et Ludwig vivront une relation fusionnelle lors d’une rencontre sportive en Allemagne. Une idylle qui commence bien, mais qui ne sera pas de tout repos. Ils seront livrés à des choix plus ou moins difficiles et embarqués dans une aventure parsemée d’encombres. Mais leur lien restera solide malgré les différents personnages qui feront tout pour les séparer. Alors que Ludwig découvrira les points forts de Ludvine tout au long de ce voyage, celle-ci fera la découverte du secret pesant qu’il lui cache. Celui d’un don surnaturel qui ne devrait pas exister.

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Nombre de lectures 122
EAN13 9791034803453
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Emy Lie



Destinée
Tome 1

ACCEPT



Couverture : Néro



Publié dans la Collection Vénus Violet,
Dirigée par Elsa C.






© Evidence Editions 2017Prologue



Lundi 7 juin, c’est le grand jour de mon départ en Allemagne. Je vais deux semaines là-bas pour
une sortie scolaire sportive. Il y a diverses compétitions de prévues, dont, pour moi, une de
gymnastique. Avec ma meilleure amie, Nina, nous avons vraiment l’intention de profiter de ces
demivacances. Bah oui, ne pas être au lycée ni à la maison pour étudier revient à peu près à cela, même si
nous avons des activités obligatoires  ! Pendant ce voyage, j’aimerais tant qu’il m’arrive quelque
chose d’extraordinaire, dans le genre… vivre une histoire merveilleuse avec celui qui représente mon
grand amour ! Qui sait, cela deviendra peut-être réalité ? Vous vous imaginez, vous, pouvoir vivre
LE grand amour avec LE garçon qui vous plaît et avoir un pouvoir magique… Bah quoi  ? J’ai
toujours rêvé d’en avoir un, je trouve cela vraiment super, même si je sais très bien que cela n’existe
pas ! Enfin, je crois…
Mis à part le petit aparté sur les pouvoirs, je veux vraiment mettre toutes les chances de mon côté
pour réussir à plaire à CE garçon ! Après tout, comme on dit, l’espoir fait vivre ! Non ?







Nos Destins sont liés, mais personne ne le sait.
Un jour, je te tiendrai la main et nous ne serons plus jamais séparés.
À toi, mon amour, ma destinée !
Ludvine.










Chapitre 1



— Ludvine, tu es prête ? me demande ma mère.
— Oui, oui, j’arrive !
Maman m’accompagne en voiture jusqu’au bus qui se trouve devant le lycée. C’est la première
fois que je pars en voyage sans elle. C’est une grande émotion pour chacune de nous, mais je suis
pressée de vivre cette expérience. Après nos dernières embrassades, je prends ma valise, la mets dans
le coffre et monte directement dans le car. Je m’assois sur le siège côté fenêtre pour pouvoir lui faire
signe au départ.
C’est l’heure, le conducteur tourne la clef de contact et nous entendons tous le bruit strident du
démarrage ainsi que le grondement du moteur. Un dernier signe de la main à nos parents respectifs et
nous décollons. Dans le bus, tout est calme. Nous nous sommes levés de si bonne heure que tout le
monde est claqué et essaie de dormir. Les seules à papoter sont les pimbêches en jupons qui
soutiennent l’équipe de basket ! Qu’est-ce qu’elles peuvent m’énerver à parler maquillages et
sousvêtements de l’année  ! Après cinq heures trente de trajet, le car s’arrête enfin sur le parking de
l’auberge allemande. J’ai trouvé la route très longue, pourtant, quand je suis partie en vacances
avec ma mère l’été dernier, nous avions fait plus de kilomètres et cela ne m’avait pas dérangé.
Nous descendons du bus, pressés, puis sortons, chacun notre tour, notre valise du coffre pour
avancer jusqu’à l’auberge. Les accompagnateurs nous annoncent, en même temps que notre
cheminement, que nous devons former des groupes de quatre. Ni une ni deux, je rejoins mes
camarades : Nina, ma meilleure amie, Justine et Marylène. Nous déposons nos sacs devant la porte de
la chambre que l’on a choisie, en attendant que le personnel vienne nous ouvrir. Pour plus de chances
d’avoir celle que nous souhaitons, nous décidons de patienter avec pour être sûrs que personne ne
nous double ! Eh oui, certaines filles en seraient capables ! C’est pathétique en y réfléchissant… Bref !
Tout se passe très bien, malgré les quelques pimbêches qui veulent tout contrôler. Je suis la première
à avoir fini de déballer toutes mes affaires. Si j’avais dû me qualifier, je dirais de moi que je fais
partie des excitées. Je suis si pressée de vivre ces deux merveilleuses semaines loin de tout le monde.
Enfin, pas les vivre avec rapidité, car je désire vraiment profiter de chaque jour passé ici, mais
pouvoir le faire à ma façon, sans que ma mère surveille ce que je fais ou ne fais pas. Je demande aux
filles de se dépêcher, j’ai hâte de visiter la cour qui est d’une beauté à couper le souffle, grâce au
saule pleureur feuillu au centre et aux deux fontaines qui l’entourent.
Une fois prêtes, nous décollons vers le jardin de l’auberge. Il y a beaucoup de petits jeux pour
enfants. Certes, nous sommes bien trop vieilles pour nous y amuser, mais nous nous installons sur le
banc situé juste devant le terrain de football où les garçons du lycée tapent déjà dans un ballon. Parmi
eux, j’aperçois Ludwig. Il est beau, charmant, musclé par le sport qu’il pratique, grand d’environ un
mètre quatre-vingt, avec des yeux verts et une peau blanche-ivoire. Ses cheveux sont d’un blond
vénitien vraiment magnifique. Il est tout simplement parfait ! Je l’adore, c’est mon amoureux secret
depuis plusieurs mois ! Nous restons assises, la tête dans les nuages, à les regarder jouer. Moi, cela neme dérange pas, bien au contraire. Pouvoir l’observer sans me cacher m’arrange et je ne demande pas
mieux ! Nous nous moquons de leurs chutes, ainsi que de leurs bagarres à répétition pour savoir qui a
raison ou qui a tort. Je ris encore du : « C’est moi qui ai gagné ! » Ludwig fait une passe en hauteur à
un de ses équipiers, mais voilà que le ballon part en vrille dans notre direction, droit sur moi… J’ai
tout juste le temps de placer mes mains devant mon visage pour interrompre sa trajectoire. Étant mal
à l’aise à cause de ce qu’il vient de se produire, il court vers moi. Non, non, ne t’approche pas, je ne
suis pas prête ! Il me dit :
— Je suis désolé, je n’ai pas fait exprès. Je ne t’ai pas fait mal ?
— Non, ça va, ne t’inquiète pas, lui réponds-je un sourire gêné aux coins des lèvres, en secouant la
tête négativement.
— Tu me pardonnes ?
— Bien sûr, ne t’en fais pas.
Non, mais c’est vrai, pourquoi je lui en voudrais. Après tout, il n’a pas fait exprès ! Enfin, je
l’espère vraiment…
Je ramasse le ballon et le lui lance. Il le rattrape, le tourne entre ses mains en me souriant, puis
repart auprès de ses potes qui le taquinent d’être aussi vite revenu, à croire qu’ils sont au courant
d’une chose que j’ignore. J’avoue, que j’ai bien rigolé rien qu’à les voir faire et, malgré ce petit
incident, c’était une bonne matinée. Les surveillants nous appellent pour déjeuner. Pressés, nous nous
dépêchons de les rejoindre au réfectoire où nous nous plaçons par affinité, ce qui nous arrange
énormément. Après tout, qui aimerait manger avec des personnes qu’il n’apprécie pas ? Pas moi, ça,
c’est sûr ! Ce midi, on nous sert du poulet avec des frites. Zut, j’espérais goûter un plat allemand,
genre… des Käsespätzle (pâtes au fromage), c’est loupé. Ma correspondante allemande m’en a
tellement parlé que ça m’a donné envie… Enfin, je verrai bien, après tout, je vais passer deux
semaines ici, j’aurai peut-être l’occasion de savourer une de leurs spécialités  ! Mon repas fini, je
retourne dans ma chambre. Je ne me sens pas bien, mon estomac se tortille dans tous les sens et j’ai
mal à la tête. Ce doit être dû au trajet qui m’a fatiguée. Aussitôt arrivée, je m’allonge sur mon lit,
m’étire et m’endors très vite.
Du bruit retentit autour de moi. Je lève les paupières et aperçois mes amies tout émoustillées. Un
coup d’œil au réveil sur ma table de chevet m’indique que deux heures viennent de s’écouler. À peine
sont-elles assises qu’elles me racontent les derniers potins. Vanessa, la plus pimbêche de toutes les
filles de ce voyage — une redoublante qui, de ce fait, est un peu plus âgée que nous —, vient de se
prendre un râteau phénoménal de Mike, un garçon de la classe de première. Je suis tellement morte de
rire par ce refus inattendu, surtout envers une pom-pom girl, que je ne cesse de rigoler. Il a fallu
l’arrivée de la surveillante pour réussir à me faire taire, c’est honteux ! Hum… Non, pas trop, c’est
bien fait pour elle ! La pionne nous demande de nous préparer pour partir, dans vingt minutes, visiter
Berlin. Chose qui, à la base, aurait dû être vite faite, sauf que, là, je dois faire la queue derrière Nina.
Mon armoire étant collée à la sienne, je n’y ai pas accès tant qu’elle n’a pas fini de prendre ses
affaires. Et c’est au bout de dix minutes, après l’avoir bousculé plus d’une fois qu’elle rend les armes
et attrape la première veste qu’elle avait sortie. J’expire une longue bouffée. Comme on dit : vaut
mieux tard que jamais ! J’ouvre ma garde-robe et découvre, à ce moment, d’autres vêtements que les
miens… Sur le coup, je crois m’être trompée d’armoire, la referme, mais m’aperçois que c’est bien
celle où j’y avais rangé ma valise ce matin même. Je pense par la suite à une blague des copines, mais
où auraient-elles pu trouver tous ces trucs chics ? C’est quoi ce bordel ? Je continue de fouiller lefond de la garde-robe et des étagères, mais je ne retrouve rien qui m’appartient. N’ayant pas le temps
de réfléchir plus longuement, j’opte pour le joli gilet qui est accroché dans la penderie. Il est blanc
cassé, cintré à la taille et rempli de strass scintillant rose clair au niveau du sein gauche. Ces paillettes
sont rassemblées en forme de dahlia, les manches tombent en pointes de façon médiévale sur le dos de
la main. Magnifique ! Mais c’est une drôle de coïncidence, c’est ma fleur préférée !
Je sors rejoindre mes amies. Les regards de mes camarades se tournent sur moi et je ne sais pas
pourquoi. Mon gilet est-il si beau que ça ? Ne prêtant pas plus d’attention à leur insistance, je monte
dans le car et prends place. Nina me supplie pour avoir le siège du côté de la fenêtre. Me fichant
complètement de l’endroit où je suis assise, je lui cède sans ronchonner. Ayant une meilleure vue,
mes yeux dérivent droit sur Ludwig qui grimpe à son tour, devancé par son pote Éden. Ludwig lui
parle à l’oreille, puis ils s’installent sur celui parallèle au mien. LUI, sur le siège du côté de l’allée. Si
je pouvais parier, je dirais que c’est ce qu’il lui a chuchoté ! Je suis entourée par lui sur ma gauche,
par Nina de l’autre côté, par Justine et Marylène devant moi. Quand tout le monde est à bord, le bus
démarre et j’ai le droit à plein de questions de Nina.
— Dis-moi, Ludvine, où as-tu eu ton gilet ? Il est trop magnifique !
— Ça doit être un cadeau de ma mère, lui mens-je, car il ne m’appartient pas.
Ludwig m’interpelle juste après, se penche par-dessus son accoudoir et me souffle :
— En plus d’être beau, il te va à ravir !
— Merci, lui réponds-je timidement, mon regard dans le sien.
Je sens mes joues rougir tellement je suis chamboulée par ce compliment soudain. Je ne suis pas à
l’aise. Je n’ai pas l’habitude que l’on me fasse de tels éloges, mais cela ne m’empêche pas de sourire
bêtement sur mon siège. Nina qui remarque mon rictus me demande pourquoi je suis aussi joyeuse.
Je ne lui avoue pas, je ne veux pas qu’elle s’imagine des choses entre lui et moi. Non, non, hors de
question ! Même si c’est une pensée qui me plaît bien !
Le bus arrive à Berlin et se gare sur le parc de stationnement du centre-ville. Quand nous en
sommes tous descendus, les surveillants font l’appel et forment en même temps plusieurs groupes,
sous prétexte que ce serait moins difficile à gérer. Cette fois, je n’ai pas de chance, je suis seule dans
celui de monsieur Taverne. Mes copines sont également séparées. Mais je me retrouve avec Ludwig.
Que pouvais-je demander de mieux ? Il me rejoint, un sourire en coin :
— Salut ! Je vois que, toi non plus, tu n’es pas avec tes potes.
— Coucou. Oui, effectivement, ils nous ont bien séparés cette fois !
— Cela ne te dérange pas si je reste avec toi ? Au moins, on pourra faire connaissance, vu que j’ai
failli t’assommer ce matin, ce serait la moindre des choses.
— Non, pas de soucis ! Je m’appelle Ludvine.
— Je suis au courant, me dit-il, moi, c’est Ludwig.
Son aveu me fait rougir. Je ne m’y attendais pas.
— Je le sais, aussi, lui avoué-je en me mordant la lèvre, stressée de ce qu’il pourrait penser.
Il ne rétorque rien, mais paraît également surpris que je connaisse son prénom.
— Tu es en quelle classe ? me questionne-t-il encore.
— En première et toi ?
— En terminale… Et quel âge as-tu ?
— J’ai dix-sept ans. Et toi ?
— Tout juste, dix-huit ans, aujourd’hui !— Ah ! Eh bien, joyeux anniversaire, Ludwig !
— Merci, me répond-il en me souriant bêtement, je ne sais pas pourquoi j’ai eu besoin de le
préciser, excuse-moi.
— Ne t’en fais pas, moi, c’est le huit août, ainsi nous sommes quittes ! lui soufflé-je timidement
en replaçant ma mèche de cheveux derrière mon oreille droite.
Après ce bref échange, nous continuons la balade ensemble. Il est tellement silencieux, lorsqu’il se
déplace, que je suis surprise à chacun de ses pas. Il est vraiment gracieux par rapport à moi qui suis de
nature très maladroite et cela me met mal à l’aise. Je ne voudrais pas qu’il tombe à cause de moi, je
suis capable de tout… Mais malgré ça, je peux déjà dire que j’adore sa démarche, elle me charme tout
autant que son physique, telle l’allure d’un félin, cela m’intrigue énormément.
Nous arrivons devant l’ambassade française, on nous explique que, jusqu’en 1945, elle avait élu
domicile dans un palais rococo, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale et dont les ruines ont été
définitivement rasées lors de la construction du mur de Berlin. Mais aussi que c’est une propriété de
1l’État français depuis 1860, la parcelle de la Pariser Platz , de nom français « Place de Paris », a été
restituée à la France après la réunification. Je dirais que c’est une découverte plutôt sympa, j’ai
vraiment apprécié cette visite. Nous continuons notre balade vers différents monuments célèbres,
ainsi que vers plusieurs sculptures et statues. Avec Ludwig, nous nous sommes bien amusés en
imitant leur position, même si certaines n’étaient pas très ressemblantes ! Sur la route du retour vers
le bus, je trébuche à plusieurs reprises, Ludwig me propose son bras pour avancer, ce que j’accepte
volontiers. Qu’il est galant, mon Roméo des temps modernes. J’adore être à ses côtés. Pouvoir sentir
son parfum si enivrant, ou pouvoir le toucher, me rend folle. Les filles seront, j’en suis certaine,
jalouses de mon après-midi lorsque je vais leur raconter ! Comme ce que j’avais prévu, elles sont
surprises de nous apercevoir ensemble, enfin, surtout de me voir accrochée à son bras. Bon, bah
voilà ! Ce soir, je devrai rendre des comptes. Mais qu’est-ce que je vais aimer faire ça ! Devant le
car, Ludwig dépose un baiser sur ma joue pour me remercier de lui avoir tenu compagnie. Je n’aurais
jamais pensé à ce qu’il soit aussi doux, aussi chaud et vraiment agréable. J’ai cru m’évanouir sur
place quand mon cœur a accéléré soudain, à la pression de ses lèvres ! Mais le pire, c’est la tête
qu’ont faite les filles devant son baiser. Si j’avais eu un appareil photo, cela aurait été drôle de les
immortaliser pour en avoir un souvenir. Je m’approche doucement de Nina, encore sur mon petit
nuage, lorsqu’elle me dit :
— Je crois qu’il t’apprécie beaucoup, Ludwig, il ne te lâche pas des yeux !
Que dit-elle ? Qu’il me suit du regard ?
— Tu es sûre ?
— Oh, oui ! Vois par toi-même.
Je me retourne vers lui et remarque qu’il m’observe toujours. Nos regards se mélangent l’espace
d’un instant, ce qui le fait sourire et moi rougir. Ses potes nous dévisagent tour à tour et rient aux
éclats. Me voici à présent avec une boule au ventre. J’ai peur de ce que Ludwig peut leur raconter,
voire inventer… Les surveillants font l’appel pour le retour à l’auberge et nous montons dans le bus
en même temps. Au moment où mon nom retentit, je me dirige vers l’intérieur et m’installe sur le
siège, côté fenêtre, en attendant patiemment les filles. Je suis la première à y accéder. Marylène,
Justine et Nina grimpent, chacune leur tour, dans cet ordre. Marylène et Justine s’assoient l’une à côté
de l’autre, devant moi, et Nina, à mes côtés. Quand tout à coup, Marylène se retourne sur moi et me
dit en élevant la voix de manière hautaine :