Le Paris de la Passion

-

Livres
130 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Au cours d’un vernissage rue Mazarine, à Paris, Pierre et Jacky se lient d’amitié. L’un est collectionneur et peintre à ses heures, l’autre sculpteur. De fête en vernissage, ils font la connaissance d’Irina et de Ludmilla, deux jolies femmes russes à la sensualité explosive – l’une violoniste, l’autre soprano –qui les précipiteront l’un à la ruine, l’autre au chaos sentimental. Les deux amis se soutiennent et s’entraident. Ils affrontent ensemble les aléas de la crise du marché de l’art qui ne fait que débuter. Leur bouée de sauvetage : une grande complicité amicale et un humour déjanté...


Aussi rocambolesques que cocasses, leurs tribulations nous transportent dans les lieux mythiques de Paris, au cœur de ce fascinant microcosme où s’entrecroisent artistes, galeristes, collectionneurs et mondains...



Truffé d'anecdotes authentiques sur de grands peintres et sculpteurs – tels Gauguin, Modigliani, Giacometti, César et Jeff Koons – ce roman autobiographique est largement romancé.


***



Extrait :


Tous les mardis, Pierre Delaroche éclusait les galeries de la rue Quincampoix à la recherche d’émotions plastiques. Il marchait, tête baissée, tel un loup des villes. Grand, élégant, portant beau, c’était un amateur d’art, éclairé et collectionneur... Les jeudis, il les consacrait aux galeries du 6ème arrondissement.


C’est alors qu’entra dans la galerie une véritable bombe. Moulée dans une robe rouge fendue jusqu’à mi-cuisses, la fille rayonnait dans toute la splendeur de ses vingt cinq printemps. Un bref silence fit place au tumulte : toutes les têtes convergèrent vers l’Apparition. La belle Irina était une musicienne russe fraîchement émigrée de son pays natal. D’ordinaire, son territoire de prédilection se situait plutôt du côté des galeries d’art Rive Droite de l’avenue Matignon...


Contrairement à Isabelle, Bernadette subissait la passion de son amant pour l’art en regrettant à présent de l’y avoir encouragé. Comme certaines compagnes d’artistes, elle prenait « cette concurrence » comme s’il s’agissait d’une maîtresse exigeante contre laquelle on ne peut lutter. Et il faut avouer que ces femmes d’artistes n’ont pas toujours tort....


À présent, notre amitié était bien cimentée. Pierre et moi marchions main dans la main comme un seul homme. J’étais heureux d’avoir été l’intermédiaire de son bonheur en lui présentant Tatiana. Pierre mourait d’envie de me renvoyer l’ascenseur. Il m’offrit de partager sa prochaine exposition au Cloître des Billettes, prévue six mois plus tard...

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 14
EAN13 9791034806393
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Le Paris de la passion
Jacky Kooken & Monique Ayoun Le Paris de la passion Couverture:Maïka Toiled'Hubert Ulysse Leca, Bas-reliefJacky Kooken
Publié dans laCollection Electrons Libres,
©Evidence Editions2018
Vous désirez être informé de nos publications. Pour cela il vous suffit de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :http://www.evidence-boutique.com
1 1990, ma rencontre avec Pierre Tous les mardis, Pierre Delaroche éclusait les galeries de la rue Quincampoix à la recherche d’émotions plastiques. Il marchait, tête baissée, tel un loup des villes. Grand, élégant, portant beau, c’était un amateur e d’art, éclairé et collectionneur… Les jeudis, il les consacrait aux expositions du VI arrondissement. Je l’avais croisé à plusieurs reprises lors des portes ouvertes de celles de Saint-Germain et de la Rive droite. Un soir de printemps, nous nous sommes retrouvés côte à côte, devant le buet fastueux de la galerie Valois, rue de Seine. Pierre m’apostropha gaiement par ces mots : — Vous avez une moustache surréaliste, cher Monsieur ! Je ne m’attendais guère à tant de familiarité de sa part. Son beau physique de cadre dynamique un peu coincé aux entournures ne laissait guère présager de fantaisie. Surpris, je rétorquai du tac au tac : — Un homme sans moustaches, c’est un cheval sans crinière, cher ami ! Les bulles de champagne avaient pulvérisé en moi toute timidité. — Les femmes sont si belles au printemps, vous ne t rouvez pas ? enchaîna-t-il sans transition en me désignant une jolie blonde à voilette noire qui tentait de se frayer un chemin dans la foule se pressant devant le buffet. — Autour du point d’eau, les grands fauves et les gazelles ! m’exclamai-je en riant. Pierre leva son verre vers moi : — Aux grands fauves ! lança-t-il en trinquant… Il avait ère allure dans son costume de lin clair et, ce soir-là, il était euphorique. Il avait réalisé une plus- value d’exception l’après-midi même dans une vente aux enchères à Drouot : — J’ai eu le nez n en achetant, il y a quinze ans, ce bronze de Camille Claudel. En 1975, ça ne valait pas grand-chose ! Aujourd’hui, il a été adjugé à plus de deux cents fois son prix d’origine ! — Normal, après le succès du livre et, surtout, du film ! répondis-je. — Oui, mais en 1975, il n’y avait pas grand monde pour prédire un tel revirement ! Moi, je savais qu’étant exposée au musée Rodin de par la volonté du Maître, Camille Claudel trouverait, un jour ou l’autre, une cote comparable aux meilleurs sculpteurs de son temps, comme Pompon ou Bourdelle… — Bravo pour le flair ! Ce fut par ce coup d’éclat qu’il commença, une coupe de champagne à la main, à me raconter sa vie… Ce qui le passionnait avant tout, c’était la peinture et les esquisses. Tout jeune, il adorait dessiner et il avait d’ailleurs un bon coup de crayon. Mais son bourgeois de père lui avait formellement interdit toute carrière artistique. Et c’était presque sans sourciller que Pierre s’était laissé guider vers de sérieuses étud es de commerce. HEC n’avait pourtant pas eu raison de sa passion pour l’art. Au sortir de l’école, il avait pris des cours du soir à l’académie de la place des Vosges. Tout en exerçant son métier de directeur commercial dans une grosse boîte de la banlieue parisienne, il s’était perfectionné des années durant dans les techniques du
dessin et de la peinture à l’huile. Excellent coloriste, il taquinait en secret la muse et exécutait des toiles de petit format qu’il stockait sur une mezzanine qu’il avait fait installer dans son bureau. Sa femme le qualiait méchamment de « peintre du dimanche ». Cela le vexait à peine. Cette expression ne faisait que conforter la piètre estime qu’il avait de ses propres tableaux. Pour compenser, il s’était mis à acheter des œuvres d’art de manière compulsive. C’était devenu « sa drogue ». D ’autant qu’il faisait mouche presque à chaque fois ! Il parvenait toujours à revendre, en en tirant un bénéfice, les toiles ou les sculptures qu’il achetait. Et c’était ainsi qu’il était devenu collectionneur. Par pure frustration ! Comme je le lui faisais remarquer, il se mit à rire : — Tout à fait, je l’avoue volontiers ! De peintre frustré, je suis devenu un découvreur comblé ! « Eh bien, quelle passion lucrative ! » me dis-je par-devers moi. Je considérais sa montre Cartier, son costume de marque, son air satisfait. C’était un homme qui, au nal, avait eu de la chance : tout ce q u’il achetait se transformait en or. Son talent de découvreur le faisait exulter. Comme bien d’autres amateurs, il prenait un malin plaisir à acquérir, en galerie, des toiles d’artistes ayant le vent en poupe pour les revendre à l’hôtel Drouot, quelques mois plus tard, en doublan t quasiment la mise… Oui, cet homme avait eu de la chance, mais à cette époque, en 1990, cette aubaine était largement partagée ! À Paris, la spéculation battait encore son plein… Paris était, après New York, la deuxième capitale de l’art contemporain. Nul ne pouvait prévoir son déclin. Quand Pierre eut achevé ses condences, je lui glis sai, en toute sympathie, dans la main, un carton d’invitation pour mon exposition.
2 Mon vernissage Quelques jours plus tard, j’eus le bonheur de retrouver Pierre à mon propre vernissage, celui que me consacrait la galerie Koralewski, rue Quincampoix… Les œuvres exposées là étaient parmi mes favorites : des anges, des femmes ou des sirènes, parfois les trois confondus. J’étais sculpteur de taille directe et, depuis tout jeune, je travaillais la matière — pierre, marbre ou granit — avec une euphorie sauvage qui me faisait oublier toute fatig ue. À ving t-sept ans, le monde de l’art s’ouvrait pour moi et je jouissais des faveurs de quelques aficionados… Dès que je vis Pierre entrer dans la galerie, je vins à sa rencontre. — Quelle bonne surprise, merci d’avoir tenu votre promesse. — Je viens juger, sur pièce, votre travail, cher ami ! Il t le tour de la galerie, caressant les courbes et marchant autour des œuvres avec un plaisir visible. Soudain, il s’arrêta devant l’un de mes plus beaux marbres de Paros, un homme accroupi en méditation. Il appela Tadeus, le galeriste : — Quand pouvez-vous me le faire livrer ? s’enquit-il. — À la fin de l’exposition, dans trois semaines, répondit Tadeus. Lorsque je vis le point rouge auréoler le titre de mon œuvre, je fus aux anges. Tout à ma jubilation, je me permis d’intervenir : — Investir dans la pierre est toujours un bon placement ! Surtout à un prix si ras du plancher que vous pourriez marcher dessus. — Vous situez votre plancher au niveau de quel étage ? Du troisième ? — Peut-être bien. Mais ma cote est en devenir, elle pourrait atteindre d’ici peu le top des Twin Towers ! dis-je en souriant… Incapable bien sûr d’imaginer que celles-ci seraient, un jour, réduites en poussière !… C’est alors qu’entra, dans la galerie, une véritable bombe. Moulée dans une robe rouge fendue jusqu’à mi-cuisses, la lle rayonnait dans toute la splendeur de ses ving t-cinq printemps. Un bref silence t place au tumulte : toutes les têtes convergèrent vers l’Appa rition. La belle Irina était une musicienne russe fraîchement émigrée de son pays natal. D’ordinaire, son territoire de prédilection se situait plutôt du côté des expositions d’art Rive droite de l’avenue Matignon ou de la rue Saint-Honoré qui oraient champagne à volonté et petits fours ra@nés. Mais ce soir-là, elle avait choisi de s’encanailler au vernissage de la galerie Koralewski. Ici, rue Quincampoix, seul le bordeaux coulait à Āots et le standing n’avait rien de comparable à
celui des beaux quartiers, mais il y avait une sacrée ambiance !… En face, à quelque pas, il y avait la galerie Françoise Palluel, la plus ancienne et la plus renommée de la rue. Françoise avait pris en amitié Tadeus, alors jeune galeriste, et planiait ses vernissages le même jour que ceux de Tadeus. Toute la soirée, c’était un chassé-croisé d’artistes, de collectionneurs qui passaient d’une exposition à l’autre. L’entrée d’Irina continuait de faire sensation. Elle était chaussée d’escarpins noirs, vernis, à talons hauts qui mettaient en valeur la finesse de ses chevilles et le galbe de ses jambes de ballerine. — Si ce n’est pas une danseuse étoile, elle en a la plastique ! murmurai-je au peintre Tony Soulié, bel homme brun à la cravate rose. — Comment peux-tu être sûr que c’est une danseuse ? me répliqua son voisin, un autre artiste de renom, Hans Bouman. — Ça ne fait aucun doute : ses chevilles sont une signature ! Tu sais sans doute que les attaches de celles des femmes synthétisent toute leur plastique. C’est ainsi que mon vieux prof, aux Beaux-arts, nous cachait les nouveaux modèles nus derrière un rideau, avec juste les muscles du mollet visibles, et nous devions imag iner le reste du corps en fonction des jointures ; selon qu’elles étaient nes ou robustes, long ues ou courtaudes. À plus de quatre-vingts pour cent, nous étions dans le mille ! Irina n’avait pas seulement de jolies chevilles. Elle avait une silhouette quasi irréelle. Tout en elle irradiait. Hélas, elle le savait et le moindre de ses gestes é tait habilement contrôlé… J’étais néanmoins totalement ébloui. Mon Dieu, quelle beauté ! me répétais-je. D ’un blond roux automnal, ses cheveux coulaient en cascade sur ses épaules. Ses yeux verts, menthe à l’eau, exprimaient un mélange de candeur, de dédain et de perversion. Autour de cette Āeur magnique, les hommes de l’assemblée s’étaient d’un coup métamorphosés en grosses abeilles vrombissantes. Ils la buvaient des yeux avec convoitise ; l’un d’entre eux avait la mâchoire à demi décrochée.C’était à qui serait le plus prévenant, le plus spirituel. Pierre se montra à la fois subtil et entreprenant. Il prit aisément le dessus sur ses concurrents. Son bagout de commercial de haut vol lui avait d’ores et déjà donné l’avantage. D’autant qu’Irina, dès son arrivée dans la galerie, semblait avoir jeté son dévolu sur lui. D’un œil aussi rapide qu’expert, elle avait détaillé tous les hommes élégants et, en particulier, les quelques amateurs d’art se portant acquéreurs d’une œuvre. Pierre était sans conteste le plus frin gant d’entre eux… Irina semblait très sensible à la mâle assurance de Pierre. Elle le xait de son regard hypnotique et il lui retournait son flux magnétique dans un échange visuel intense. À la n du vernissage, vers ving t-deux heures, nous nous retrouvions tous dans la galerie Françoise Palluel, son espace étant plus vaste que celui de Tadeus. Une heure plus tard, Françoise nous entraîna tous, artistes, exposants, collectionneurs et amis, au « Quincampe », un restaurant rustique de la meilleure tradition française. Jacques était là, jouant de l’accordéon avec un musicien du Cap-Vert. C’était une g ure de proue de cesafter. Il y avait aussi Lucien, un ancien artiste lyrique coié d’un chapeau romantique à larges bords., il avait une voix de baryton et chantait a capella des airs célèbres de Franz Lehár. Ce soir-là, il commença par son préféré : « La veuve joyeuse » … Pierre se plaça en face d’Irina et elle sentit d’emblée que l’attraction était partagée. Elle n’avait plus qu’à le laisser se noyer dans le vert de ses yeux de fauve. J’étais assis à côté d’eux et, sans pouvoir m’en expliquer la raison, j’éprouvais un certain malaise. La belle énerg ie que dégageait cette jeune femme avait quelque chose d’inquiétant. Certes, elle rayonnait comme un astre, mais l’ombre n’est jamais si noire qu’en aplomb du soleil de midi… J’essayai de détourner mon attention lorsque Pierre me présenta et loua mon travail de sculpteur, ainsi que mon passé insolite de dompteur, ls de Pablo. Chaque fois qu’on mentionnait le métier de mon
père, « dompteur de fauves », c’étaient des oh et des ah dans l’assemblée. Les questions fusaient. Les yeux s’allumaient. On me sommait de donner sans cesse de nouvelles précisions. — Comment peut-on avoir été élevé parmi les fauves ? s’exclamait-on. Moi qui étais né dans le cirque, j’avais du mal à saisir ce qu’il y avait là d’extraordinaire, mais, de bonne grâce, je m’exécutais. Je montrais avec grand plaisir les photos de mon enfance qui ne me quittaient jamais et qui étaient plus éloquentes que tous les discours. Elles me représentaient au réveil, dans mon petit lit, serrant dans mes bras mon bébé lionne ou lui donnant le biberon. Je devais avoir onze ans, et Belle, ma bien nommée sœur de lait, était alors âgée de deux mois à peine. Sur la photo suivante, j’avais seize ans et Belle m’entourait de ses grosses pattes. Elle avait beaucoup changé : elle me dominait de trois têtes et devait peser dans les cent quatre-ving ts kilos ! Mais la tendresse qui nous liait était toujours aussi visible… Ces quelques polaroïds en noir et blanc avaient été pris par mon paternel dans l’intimité de notre petit pavillon de banlieue, rue des Aubépines à Gournay sur Marne. Je les portais toujours sur moi. Mon père avait été le précurseur d’un genre nouveau de dressage : à l’aectif. Et sans cage ! C ’était ce dont j’étais le plus er… Mon père était un homme extraordinaire. J’avais travaillé à ses côtés et vécu toute ma jeunesse dans son ombre g igantesque. C’était un touche-à-tout de génie. Il excellait dans tous les arts, sans en approfondir aucun. Pendant la période creuse du cirque (au moins six mois par an), il passait du dessin à la peinture, à la sculpture, à la création de vêtements, à la g uitare manouche ainsi qu’à l’écriture… Il s’ins pirait des récits de son enfance en Iran — émaillés d’histoires fantastiques de derviches tourneurs — pour inventer ses propres contes et, chaque soir, il m’en racontait un… Il avait disparu bien des années auparavant, mais j’avais toujours le son de sa voix au creux de mon oreille… Irina écoutait poliment, mais on la sentait impatiente d’en arriver à son sujet favori : elle-même. Je m’interrompis pour lui demander courtoisement : — Et vous, mademoiselle, d’où vous vient ce charmant accent ? Ce fut avec une volubilité et une emphase toutes slaves qu’elle se présenta à son tour. Russe orig inaire de Novgorod, elle vivait à Paris depuis deux ans avec une bourse d’études de composition au Conservatoire supérieur de musique. Dès sa prime enfance, elle av ait été repérée pour ses dons exceptionnels dans le s disciplines du violon et de la danse. Pur produit de l’école russe, elle fut contrainte de se spécialiser dans l’étude de la musique, mais elle n’était pas peu ère d’avoir su déjouer le système en continuant à prendre des cours de ballet classique… Sa manière de rouler les r, ajoutée à sa beauté éthérée, la rendait grandiloquente et quasi irréelle. Pierre était ébloui jusqu’à la sidération. Lui, le Normand issu du terroir, n’avait jamais côtoyé de femme étrangère. Et encore moins de Russes… En dehors de ses activités juteuses de collectionneur, Pierre avait, il fallait bien le dire, une vie tout à fait banale. D irecteur commercial chez SAT, un important groupe de télécommunications, marié, deux grands enfants, il habitait un appartement bourgeois boulevard Haussmann à Paris et partait en vacances à la Baule ou dans le Lubéron chaque été avec sa femme… À ses yeux, Irina était une extra-terrestre. Quand il la regardait, sa lèvre inférieure pendait légèrement. Et sa pupille dilatée se remplissait de larmes. Moi aussi, bien entendu, j’étais charmé. Mais en tant qu’homme marié et père de famille responsable, je n’avais g uère les coudées franches. De toute façon, je ne m’imag inais pas, avec mon physique trapu de bûcheron, pouvoir séduire cette diva ! J’avais l’habitude, de prime abord, d’apeurer les femmes. Du moins celles qui prisaient les minets ! Mon regard noir et direct, mon épaisse et humoristique moustache en g uidon de vélo et mes pectoraux puissa nts avaient pour eet d’en déconcerter certaines. C’était pourquoi, en amour, je n’étais jamais très pressé. Le temps jouait pour moi. J’étais condent avant