Ne m'approchez pas

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178 pages
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Flora est ambitieuse, pleine de vie et a un avenir tout tracé.


Mais ça, c'est avant ce voyage qui va détruire sa vie. À son retour de Punta Cana, elle s'isole et refuse tout contact physique.


Pourquoi rejette-t-elle l'aide de tout le monde ? Qu'a-t-elle vécu ? Obtiendra-t-elle sa vengeance ?


Découvrez l'histoire troublante d'une jeune femme qui doit se reconstruire malgré les séquelles physiques et psychologiques qu'elle garde de sa mésaventure

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Nombre de lectures 10
EAN13 9782902427154
Langue Français

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Ne m'approchez pas
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Émilie Achin
Ne m'approchez pas
Plumes de Mimi éditions
«Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur ou l’éditeur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayant droit ou ayant cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.»
© Editions Plumes de Mimi éditions,
ISBN : 978-2-902427-15-4
Émilie Achin
Maniant l'art de l'écriture avec simplicité et fluidité, Émilie sait fidéliser et surprendre ses lecteurs. Après le succès de la première édition de son premier roman : Ne m'approchez pas, elle continue à publier ses fictions et fait confiance à son imagination pour que ses œuvres soient un coup de cœur pour tous. Proche de ses lecteurs, elle demande souvent leur avis et n'hésite pas à leur donner de son temps.
À mes fidèles lecteurs, je vous remercie pour votre soutien. C'est grâce à vous si j'en suis là.  Je vous aime.
Préface
Les gens pensent souvent que les riches n'ont pas de problème. Ils se disent que nous avons beaucoup de chance et faisons ce que nous voulons sans avoir à nous inquiéter du lendemain. Ils aimeraient être à notre place et imaginent tout ce qu'ils feraient avec un compte en banque comme le nôtre. Mais la santé n'a pas de prix et on peut être multimillionnaire, cela ne veut pas dire qu'on peut guérir de tout. Lorsque j'ai pris l'avion pour Punta Cana, je n'aurais jamais pensé vivre autant d'horreurs ni rentrer en France dans un tel état. J'y repense jour et nuit, je revis ces moments chaque seconde, je revois ces hommes me faire les pires choses qui puissent exister et je ne parviens pas à sortir de ce tourbillon infernal. Ils auraient mieux fait de me tuer, ma famille et moi n'aurions pas autant souffert. Heureusement, on a tous quelqu'un qui nous est destiné, il faut seulement le reconnaître et accepter d'être aimé.
Chapitre 1
Je suis en pleine lecture quand ma sœur entre dans ma chambre sans prévenir, ce qui me fait sursauter. — Flo, je vais boire un verre avec Julien ce soir. Tu viens ? Elle ne se lassera donc jamais de vouloir me faire sortir. Tous les week-ends, Rose me propose des activités extérieures. Je n'aurais jamais refusé ses propositions avant, mais c'est devenu inconcevable pour moi d'être entourée de personnes autres que mes parents et ma sœur. — Non, je ne peux pas. — Allez Flora, je t'en prie... ça fait deux ans que tu n'as pas mis les pieds hors de cette maison ! — Je ne suis pas prête, désolée. Laisse-moi tranquille s'il te plaît. Elle part en claquant la porte et je reprends ma lecture là où elle m'a interrompue. Je suis consciente de faire vivre un enfer à ma famille, mais j'ai trop peur. Je ne veux pas qu'ils soient en danger à cause de moi. Ni eux, ni personne d'autre. Ma mère pleure souvent. Elle se sent impuissante, elle a tout essayé pour me faire comprendre que je dois vivre malgré tout, mais rien n'y fait. Mon père prend souvent ma défense et ne tente rien pour me faire sortir. Il a tellement mal vécu la situation, qu'il est devenu un autre homme, un papa poule qu'il n'était pas avant. Ma sœur et moi sommes malgré tout aussi proches qu'avant, voire plus. Elle est de deux ans mon aînée, mais beaucoup pensent que nous sommes jumelles. Nous avons gardé notre complicité, avec une distance minimum que je l'oblige à respecter. Décision que j'ai prise à mon retour à la maison et qu'elle a respectée sans chercher à négocier. Je suis en vie, c'est vrai, mais j'aurais préféré mourir que d'être dans cet état physique et psychologique. Je passe mes journées à lire, regarder la télé et faire du sport dans la salle que mon père a faite construire, dans le fond du jardin. J'ai vingt ans et voici mon quotidien. Alors que les jeunes de mon âge travaillent, étudient, font la fête tous les week-ends et passent la plupart de leur temps avec leurs amis, moi, je vis enfermée, isolée, pour le bien de tous. Mon père est PDG de la plus grande entreprise de cosmétiques de France : DECHARMES COSMÉTIQUES. Ma mère est évidemment son bras droit et ma sœur, la responsable marketing. J'ai promis à ma mère d'essayer de faire une nouvelle thérapie afin de commencer le job qui m'est destiné, celui de directrice qualité de l'entreprise familiale. La nouvelle psy, recommandée par un ami de la famille, commence sa première séance lundi et je suis déjà stressée. Je passe le week-end à relire mes romans préférés. Ma mère a invité des amis hier midi et comme d'habitude, j'ai demandé à ma sœur de dire que je n'étais pas bien, afin d'éviter de me joindre à eux. Ils ne savent pas de quoi je suis réellement atteinte. Mes parents ont dit à tous ceux qui demandaient pourquoi je ne sortais plus, que je faisais une grosse dépression. Certains de mes amis se sont manifestés, essayant de me voir ou de m'appeler, mais Rose leur a demandé de me laisser du temps et leur donne de mes nouvelles, en évitant de révéler les vraies raisons de mon isolement. * * * * *  C'est le grand jour, Madame Dubion, ma nouvelle psy, doit arriver d'une minute à l'autre. Je suis encore dans la salle de bain, à regarder ce corps qui semble être à peu près normal ce matin. J'ai beaucoup maigri, mais je suis musclée, donc je me sens à l'aise dans mon jeans taille trente-six. — Flo, tu descends ? Madame Dubion est arrivée !
Un sentiment de peur s'insinue dans mon ventre et mes tremblements reprennent. — J'arrive maman ! Je respire un grand coup et descends les rejoindre dans le salon. Ma psy se lève pour me serrer la main, mais je reste à l'écart et lui fais un signe timide. — Je vous laisse, je suis juste à côté, appelez-moi si vous avez besoin ! — Merci Madame Decharmes. Ma mère quitte la pièce tandis que je me ronge les ongles. — Alors c'est ça ton secret ? Je fronce les sourcils. De quoi veut-elle parler ? — Tes ongles. C'est donc de ça que tu te nourris pour avoir un corps aussi parfait ? — Pardon ? Je ne comprends rien. Elle sourit et dit : — C'était une façon de te dire que tu es très jolie. Je vais éviter de traîner dans les parages avec mon mari, il risque de tomber sous ton charme ! — Génial… — Appelle-moi Léa ! — Et c'est quoi votre boulot exactement ? — Je suis censée être ta psychologue. Mais je peux aussi être ton amie, ta confidente, ou même t'apprendre un tas de bêtises ! — J'ai pas besoin de vous pour tout ça. — Ok, alors pourquoi as-tu besoin de moi ? — Ma mère a dû vous donner les raisons de votre venue et ce n'est certainement pas pour copiner qu'elle vous paie. — Je sais que ta mère m'a menti quand elle m'a dit que tu avais des troubles du comportement. Alors si tu veux bien, je vais te dire ce que je pense. Ma mère a osé dire ça ? Cette femme ment, j'en suis sûre, elle essaie juste de me faire parler, c'est son boulot après tout ! — On s'en tape de ce que vous pensez ! dis-je pour lui montrer mon agacement. — Je vais te le dire quand même. Tu as vécu quelque chose de terrible, ça se voit, c'est pour ça que tu repousses tout le monde et que tu es aussi désagréable. Tu penses que personne ne peut te comprendre et tu t'interdis de vivre parce que tu te sens coupable. — Waouh, quelle capacité de déduction ! — Tu peux continuer à vivre comme ça encore des années, mais que crois-tu devenir quand tes parents ne seront plus là pour toi ? me demande-t-elle en fronçant les sourcils. — Je serais partie bien avant eux, dis-je à voix basse.  Elle m'entend et reprend. — Si tu veux, on peut rester là sans rien dire jusqu'à ce que la séance soit terminée ! Je m'en fiche, ce n'est pas moi qui ai un problème. C'est vrai après tout, j'ai une vie bien remplie, un mari, un joli bébé, une maison et des amis ! Je savais bien que tu ne serais pas une patiente avec qui il suffit de papoter un peu pour que l'affaire soit dans le sac. Je n'ai pas envie de te forcer à parler, ce n'est pas ma façon de travailler. — Et quelle est votre " façon de travailler " ? — Ça dépend du patient. — Alors avec moi, comment allez-vous vous y prendre ?
— Je répondrai à ta question quand tu m'auras dit pourquoi tu restes enfermée depuis deux ans. — Je n'aurais donc jamais cette réponse. Mais en fait, ça aussi je m'en fiche. — Ta mère m'a dit que tu devais commencer ton nouveau poste de directrice qualité dans l'entreprise Decharmes. Félicitations ! Tu vas travailler d'ici ? demande-t-elle avec un sourire qui en dit long sur ce qu'elle pense. — Pourquoi pas ? — C'est sur le terrain que tu pourras donner ton point de vue et vérifier le bon déroulement des choses ! — Je peux très bien me faire livrer des échantillons et converser par téléphone, ou même par webcam ! dis-je en croisant les bras pour montrer que je me ferme peu à peu. — Comme ça, tes employés sauront qu'ils doivent juste faire leur boulot correctement quand tu leur demandes des échantillons ! Bravo, quelle intelligence ! Elle se moque de moi ? — Tiens, la séance est terminée ! Bonne continuation, Docteur ! dis-je en fuyant la pièce alors que la séance commençait à peine. — Je te revois bientôt. Bonne journée Flora ! Elle rejoint ma mère avec un sourire de satisfaction. Je les entends discuter et prendre un nouveau rendez-vous, mercredi à treize heures. D'habitude, les psychologues me prennent pour une dégénérée, ils me parlent comme à une enfant, mais elle, elle est différente. Elle joue avec moi. Je la trouve assez sympa en fait. Peut-être qu'elle me montrera le bout du tunnel ! J'attends qu'elle soit partie pour rejoindre ma mère dans la cuisine. — Alors ma puce, ça va ? Ce n'était pas trop difficile cette fois ? — Cool, elle est... cool. — Ah, merci mon Dieu, fais qu'elle soit notre sauveuse ! dit-elle en regardant vers le ciel, avec un sourire de soulagement sur les lèvres. — Maman ! Je n'ai pas dit qu'elle y parviendrait, c'est juste la plus cool de tous ! — Je t'en prie Flora, fais un effort. — Je t'ai promis que j'essaierai, c'est ce que je vais faire. Essayer ! — C'est un bon début. J'ai confiance en toi ma puce. J'ai fait des cookies, tu en veux ? — Allez, un petit pour la route, ensuite, je vais me défouler. — Je peux t'accompagner ? me demande-t-elle d’une voix pleine d’espoir. — Maman, je vais au fond du jardin. Il n'y a rien de spécial à voir ! — Si ça peut me permettre de passer du temps avec toi, je prends. Je te demande de faire des efforts, alors je dois en faire autant. Ce qui veut dire que je vais essayer de t'aider et ensemble, nous y arriverons, peu importe le temps qu'il nous faudra. — Merci, mais je ne sais pas ce que tu vas pouvoir faire pour m'aider. — Je vais commencer par venir m'entraîner avec toi ! — Quoi ? Tu veux faire du sport, avec moi ? — Oui ! — Maman, cette salle est à moi, je ne veux pas que tu y touches quoi que ce soit, c'est trop dangereux, dis-je tout à coup angoissée. — Rien ne me fera changer d'avis, je prendrais tous les risques pour que tu t'en sortes. Je n'en peux plus de te voir cloîtrée ici. — Non, s'il te plaît ! J'ai trop peur pour toi, maman… — Je ne risque rien, ne t'inquiète pas pour moi. Je vais me changer et emmène, à reculons, ma mère, dans l'endroit qui m'est le plus cher depuis mon retour à la maison. Je me défoule pendant deux bonnes heures. Au départ, ma mère fait les mêmes exercices que moi, mais au bout d'une heure, elle s'assoit et me regarde avec une admiration que je n’ai jamais vu dans ses yeux, jusqu’à maintenant. C'est la première fois depuis ce voyage, que je passe un aussi bon moment avec elle. Dans la soirée, alors que je suis couchée, je l'entends raconter ce moment à mon père et pleurer en espérant que j'aille enfin de l'avant.