Rendez-vous en Galilée

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Français
238 pages
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Description

Rendez-vous en Galilée affiche une invitation quasi-confidentielle à se rendre en Galilée.Par son lieu, la Galilée, qui peut être prise au propre et au figuré ; et par sa promesse, absolument inédite historiquement, de rencontrer un revenant d'outre-tombe, un ressuscité. Ce journal raconte ce double voyage, vers cette Galilée géographique et personnelle, à travers une Méditerranée, elle-même carrefour très explosif de cultures.

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Date de parution 01 avril 2012
Nombre de lectures 39
EAN13 9782296487185
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

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Rendez-vous en Galilée
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.f ISBN : 978-2-296-96945-2 EAN : 9782296969452
Gaston PINEAU
Rendez-vous en Galilée Journal de voyage à vélo
Préface d’Éloi Leclerc Postface de Pierre Dominicé
Du même auteur : re 2012 (1 éd. 1983) :Produire sa vie : autoformation et autobiographie, Montréal, Paris, Téraèdre (en coll. avec Marie-Michèle). Traduction en japonais. 2011 :Histoires de morts au cours de la vie.Paris, L’Harmattan (en coll. avec Martine Lani-Bayle et Catherine Schmutz-Brun).
2009 :Alternatives socio-éducatives au Brésil. Expérience d’un master international, Paris, L’Harmattan (en collaboration avec Bachelart, Couceiro, Gimonet et Puig). Le biographique, la réflexivité et les temporalités. Articuler langues, cultures et formation,Paris, L’Harmattan (en collaboration avec Dominique Bachelart). 2007 : Penser l’accompagnement adulte. Ruptures, transitions, rebondscoll. avec Boutinet, (en Denoyel,Robin) Paris, PUF.
re Les Histoires de vie, (1 éd. 1993) Paris, PUF, (en collaboration avec Jean-Louis Legrand), 127p. (Droits de traduction achetés par des éditeurs chinois, italien et brésilien).
2005 :Habiter la terre. Écoformation terrestre pour une conscience planétaire, Paris, L’Harmattan, 292p. (en collaboration). Se former à l’ingénierie de la formation, Paris, L’Harmattan, 300p. (en collaboration). Formation et transdisciplinarité, Paris, L’Harmattan, 222p. (en coll. avec Patrick Paul). 2004 :Temporalidades na formaçao, Sao Paolo, Triom (traduction deTemporalités en formation. Vers de nouveaux synchroniseurs, 2000). 2001 :Les eaux écoformatricesParis, L'Harmattan, 350p. (en coll. avec René Barbier, coord.). Temporalités en formation. Vers de nouveaux synchroniseurs Paris, Anthropos, 208p. Traduit en portugais en 2004. 1998 :Accompagnements et histoires de vieParis, Éditions L'Harmattan, 303p. (coord.) Les transactions aux frontières du social Lyon, Chronique sociale, 252p. (en collaboration avec Marie-France Freynet et Maurice Blanc). re 1997 :Reconnaître les acquis, (1 éd.1991) Paris, L'Harmattan, 227p. (coord. principal).
1992 :De l'air ! Essai sur l'éco-formation, Paris, Païdéia ; Montréal, Sciences et Culture, 260p. (coordinateur principal).
1991 :La formation expérientielle des adultes, Paris, La Documentation Française, 349p. (co-coordinateur).
1989 :Histoires de vie, t1 “Utilisation pour la formation” (239p), t2 “Approches multidisciplinaires” (286p) Paris, L'Harmattan, (en collaboration avec Guy Jobert et alii).
1987 :Temps et contretemps, Montréal, A. Saint-Martin; Paris, éditions universitaires, 166p.
1980 :Les combats aux frontières des organisations : un cas universitaire d'éducation permanente, Montréal, Sciences et culture, 287p.
1977 :Éducation ou aliénation permanente ? Repères mythiques et politiquesParis- co-édition Dunod et Montréal-Sciences et culture, 296p. (Coordonnateur).
A Françoise,
Yann, Ann Barbara, Gabrielle, Camille et Marie-Jeanne,
Pierre-Olivier, Ak’ingabe,Elkaet Marleï
Fadel, Dinah,
Brigitte, Francis, Thérèse,
et à toutes les Méditerranéennes et Méditerrannéens rencontrés,
compagnes et compagnons intimes de ce voyage.
Sommaire
Préface........................................................................................................................ 9Introduction ............................................................................................................ 13
1 - En France.............................................................................................................. 17 Sur les bords de la Loire ........................................................................................ 19Le long du Rhône ................................................................................................... 29En Provence et Côte d’Azur................................................................................. 33Coup de rétroviseur sur les étapes françaises..................................................... 41
2 - En Italie................................................................................................................. 51 Dure Riviera Ligure................................................................................................ 53La Toscane et le Latium... enfin ........................................................................... 61Rome de mes amis.................................................................................................. 67De François, d’Assise à Franco Ferrarotti, de Rome....................................... 71Vers l’Italie du Sud .................................................................................................77Salerne, le Vésuve et Vatolla ................................................................................. 81Traversée des Apennins vers Bari ........................................................................ 85Retour réflexif sur les étapes d’Italie ................................................................... 95
3 - En Grèce.............................................................................................................. 105 Entrée à Patras ...................................................................................................... 107Le Péloponnèse..................................................................................................... 111Circuit des hauts lieux de spiritualité .................................................................114Vers Patmos .......................................................................................................... 119Les étapes de Grèce ............................................................................................. 127
4 - En Turquie......................................................................................................... 133 Arrivée à Ephèse................................................................................................... 135Amorce de la traversée de la Turquie par la province de Mugla..................141L’odyssée du Taurus............................................................................................. 149Tarse en Cilicie, Antioche, jusqu’à la frontière syrienne ...............................159Les étapes de Turquie .......................................................................................... 171
5 - En Israël.............................................................................................................. 179 Première semaine, seul, à vélo ............................................................................181Deuxième semaine, en petit groupe, en mini-bus ...........................................189Les étapes d’Israël.................................................................................................199
6 - Quels retours ?................................................................................................... 207 Postface de Pierre Dominicé ..............................................................................225Bibliographie ......................................................................................................... 231
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Préface
D’une goutte d’eau… au chant de la création et au rendez-vous de la résurrection
P. Éloi Leclerc o.f.m
Le recul et le dépouillement de mes 90 ans me permettent de relier trois moments de ma vie qui, avec leurs colorations personnelles, rejoignent ce qu’essaie d’exprimer ce Journal de voyage de Tours en Galilée. Le premier, vécu au voisinage de la mort, remonte aux derniers jours de mon journal de dépor-tation en 1945. Une goutte d’eau fit resurgir le chant de la création, d’un François lui-même agonisant dans les années 1225-1226. Elle réussit à me faire oser écrire un livre sur :Le cantique des créatures ou les symboles de l’unionpublié en 1970.Et elle me conduisit même à ce troisième moment dePâques en Galilée. Ou la rencontre du Christ pascal(2003).
L’agonie
Avril 1945 : les armées alliées s’enfoncent au cœur de l’Allemagne. Sur la ligne de chemin de fer reliant Passau à Munich, un long train de marchandises roule lentement. Dans les wagons sont entassés des milliers de déportés. Ils y sont enfermés depuis vingt et un jours. Plusieurs centaines sont déjà morts. Des centaines agonisent, affamés, délirants. Partis de Buchenwald, le train, après un long détour par la Tchécoslovaquie et les monts de Bohème, se dirige maintenant vers Dachau, près de Munich. Or voici que de l’un de ces wagons un chant s’élève: Le Cantique des Créatures, de François d’Assise ! Incroyable mais vrai… Que pouvait signifier un tel chant dans de telles circonstances ? Que se passait-il donc dans ce wagon ?...
La vie s’est tragiquement simplifiée pour nous. Une seule occupation nous reste : regarder mourir, en attendant de mourir soi-même… Il fait nuit noire dans notre âme. Il suffit d’avoir expérimenté cela une fois dans sa vie pour n’avoir plus envie de parler à la légère de la mort de Dieu. C’est une expérience atroce. Là où le Père est absent, le Fils entre en agonie. L’agonie du Fils, c’est toujours le silence du Père, l’absence du Père. Et où trouver la moindre trace du Père dans cet enfer ?
Et nous comprenons ces paroles :« Mon âme est triste à en mourir.»
Et pourtant, quand au matin du 26 avril, l’un de nous (l’un des cinq religieux franciscains) se trouve à la dernière extrémité et que déjà la lumière de son regard nous a presque quittés, ce qui nous monte du cœur aux lèvres, ce n’est pas un cri de désespoir ni de révolte, mais un chant, un chant de louange: Le Cantique du Soleil. Ce chant jaillit spontanément de notre nuit et de notre dénuement, comme le seul langage à la mesure de l’événement.
Qu’est-ce donc qui nous pousse, en de telles circonstances, à louer Dieu pour la grande fraternité cosmique ? Les théories n’ont plus cours dans notre désarroi. Inutile de chercher à s’y abriter. Ce qui nous reste et qui a une valeur sans prix à nos yeux, c’est ce geste de patience et d’amitié que vous témoigne tel ou tel camarade …et de loin en loin, comme une chose venue d’un autre monde, le salut sympathique d’un passant. Ces gouttes de pluie, si pauvres, qui tremblent le long des fils téléphoniques, après l’orage, dans la lumière du soir, laissent transparaître à un regard dépouillé une innocence infinie…
« Il faut avoir en soi du chaos pour enfanter une étoile dansante» disait Nietzsche. Pour ce qui est du chaos, il ne nous est pas épargné. Tout est dévasté, autour de nous et en nous. L’Histoire est passée sur nos vies comme un cyclone. Et voici que sur cet amoncellement de ruines brille «la grande étoile du soir de la pauvreté».
Le Cantique du Soleil
L’étoile qui s’était aussi levée au soir de la vie de François… très étrangement. Cet homme dont les yeux malades ne supportent plus la lumière et ne jouissent plus de la vue des créatures, et qui n’a plus de regards que pour la splendeur du royaume, cet homme, pour exprimer sa joie, chante la matière : la matière ardente et rayonnante, le soleil, le feu ; la matière nourricière, l’air, l’eau et la terre, «notre mère la Terre». Et cela, en des termes qui rappellent étrangement les anciennes célébrations païennes, dans lesquelles l’homme rendait grâce pour la domination du Soleil et pour la maternité et la fécondité de la Terre. C’est le vieux langage du sacré, celui des hiérophanies cosmiques, qui est ici repris et parlé avec la spontanéité, la candeur et la chaleur d’une langue maternelle.
Ces réalités cosmiques constituent une sorte de langage, le langage d’une expérience intime du sacré. «cosmos » sur le « et le manifestersacré » Manifester le « dans la « psyché »,écrit Paul Ricœur (1960, p. 19-20),c’est la même chose… Cosmos et Psyché sont les deux pôles de la même « expressivité » ; je m’exprime en exprimant le monde ; j’explore ma propre sacralité en déchiffrant celle du monde». Ce jugement nous est apparu comme la clé d’une lecture intérieure duCantique du SoleilFrançois de d’Assise.
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