Dia Linn - V - Le Livre de Ryann (Is ait an mac an saol’)

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248 pages
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Description

Chicago, 1920. La Prohibition vient d’être étendue à tous les États-Unis, pour le plus grand bonheur des clans mafieux, italiens et irlandais, qui se disputent le trafic juteux de la contrebande.
Ryann Noone, le parrain du Valley Gang inféodé aux Irlandais, découvre le cadavre de sa femme assassinée d’un poignard en plein cœur.
Commence alors une longue quête à la recherche du meurtrier, mais aussi de sa véritable identité.
Qui est Ryann Noone, dit « Le Corbeau », gamin abandonné et retrouvé quarante-trois ans plus tôt sur un trottoir de Chicago ?
Certainement pas « un homme bien ». Manipulateur, violent et sans morale, « Le Corbeau » a un goût prononcé pour le whisky et la drogue. Il s’est hissé au sommet de la hiérarchie des gangs mafieux par la ruse et la force, lui qui ne connaît de son propre passé que son prénom et d’étranges réminiscences…
Amis et ennemis, alliés et adversaires s’entremêlent et se confondent, dans un jeu explosif où chaque coup que l’on porte peut se retourner contre soi. Mais Ryann a un atout : il sait manier les cartes comme le mensonge, le poing et le revolver. Reste à savoir si cela lui suffira pour rester en vie…
Is ait an mac an saol’, Le livre de Ryann, est le cinquième tome de la saga Dia Linn : le destin du dernier descendant d’Eileen O’Callaghan, quand la noirceur d’un homme se répand, d’être en être, jusqu’à corrompre le cœur de plusieurs générations.

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Date de parution 22 juin 2015
Nombre de visites sur la page 142
EAN13 9782370113320
Langue Français

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DIA LINN
5 : LE LIVRE DE RYANN
Is ait an mac an saol’
Marie-Pierre BARDOU
© Éditions Hélène Jacob, 2015. CollectionLittérature. Tous droits réservés. ISBN : 978-2-37011-333-7
Résumé des tomes précédents
Tome I: Irlande, 1848. La Grande Famine pousse Eileen et Wyatt O’Callaghan à fuir leur pays après la mort de leur famille. Ils laissent derrière eux leur frère aîné Aïdan, exilé en Australie pour s’être révolté contre la domination anglaise, et Liam O’Brien, leur frère de lait, qui a rejoint le parti révolutionnaire. Eileen est enceinte de Liam et elle a également hérité des dons occultes des femmes de sa famille. Tome II: Louisiane, 1848-1859.Désirée de Rocheclaire adopte les jumeaux d’Eileen, Neal et Neve, qui seront les héritiers de cette puissante famille créole. Eileen retrouve Liam, parti en quête des Irlandais exilés pour créer la Fraternité feniane. Lors d’une partie de poker, Eileen gagne une mine d’or: Liam la tue pour la lui voler. Tome III: Louisiane et Colorado, 1859-1861. Wyatt retrouve Liam pour venger sa sœur et lui reprendre la mine d’or. Mais, lors de leur affrontement final, c’est Aïdan, revenu de son
exil, qui commet l’irréparable: il tue la petite Aisling, lafille de Liam. Wyatt s’enfonce dans le Nord sauvage, à la recherche de ses enfants qu’il a confiés à ses amis, laissant derrière lui son livre et son testament. À charge pour la lignéedes O’Callaghan de veiller à ce que Liam n’ait jamais de descendance et ne puissepas récupérer la mine de Dearfield. Tome IV: États-Unis, Irlande et Australie. 1861-1877. La guerre civile éclate. Neve se marie avec James Lyons et essaie de garder la plantation à flot grâce aux revenus de la mine. Neal parvient à se faire enrôler en mentant sur son âge, perdant la vie avec Aïdan pendant la bataille de Gettysburg. Liam, interné après le meurtre de sa fille, en ressort décidé à se venger : il finit par récupérer la mine de Dearfield et enlève Ryann, le fils unique de Neve et de James. Neve, qui a toujours refusé l’héritage maudit de Wyatt, réclame à son tour la vengeance
pour son fils perdu.
Préface
« Seo dhibh a cháirde duan Óglaigh, Cathréimeach briomhar ceolmhar, Ár dtinte cnámh go buacach táid, S an spéir go min réaltogach Is fonnmhar faobhrach sinn chun gleo S go tiúnmhar glé roimh thíocht don ló Fé chiúnas chaomh na hoiche ar seol: Seo libh canaídh Amhrán na bhFiann. Nous chantons une chanson, la chanson d’un soldatAu cœur brave,Et alors que nous nous rassemblons sous Les cieux étoilés Impatients de combattre Attendant la lumière du matin, Ici, dans le silence de la nuit, Nous chantons la chanson du soldat. Sinne Fianna Fáil A tá fé gheall ag Éirinn, buion dár slua Thar toinn do ráinig chugainn, Fé mhóid bheith saor. Sean tír ár sinsir feasta Ní fhagfar fén tiorán ná fén tráil Anocht a théam sa bhearna bhaoil, Le gean ar Ghaeil chun báis nó saoil Le guna screach fé lámhach na bpiléar Seo libh canaídh Amhrán na bhFiann.
Nous sommes des soldats, Au service de l’Irlande,Quelques-uns sont venus D’une terre au-delà de la mer. Jurés d’être libres,De notre ancienne Patrie À l’abri du despote ou de l’esclavage.Ce soir nous défions le péril, et Au nom de l’Irlande, douleur ou blessure,Et au milieu des canons, Nous chantons la chanson d’un soldat.Cois bánta réidhe, ar árdaibh sléibhe, Ba bhuachach ár sinsir romhainn, Ag lámhach go tréan fé’n sár-bhrat séin Tá thuas sa ghaoith go seolta Ba dhúchas riamh dár gcine cháidh Gan iompáil siar ó imirt áir, S ag siúl mar iad i gcoinne námhad Seo libh, canaídh Amhrán na bhFiann. Dans la verte vallée ou dans la montagne, Nos pères ont lutté avant nous Et ont vaincu sous le même étendard Qui flotte fièrement Nous sommes les fils d’une race de combattantsQui n’a jamais connu le déshonneur,Et pendant que nous marchons pour affronter l’ennemiNous chantons la chanson d’un soldat.A bhuíon nách fann dfhuil Ghaeil is Gall, Sin breacadh lae na saoirse, Ta scéimhles scanradh i gcroíthe namhad,
Roimh ranna laochra ár dtire. Ár dtinte is tréith gan spréach anois, Sin luisne ghlé san spéir anoir, S an bíobha i raon na bpiléar agaibh: Seo libh, canaídh Amhrán na bhFiann. Fils de Gaël ! Hommes du Pays ! Le jour tant attendu approche ; Les rangs serrés Feront trembler le tyran. Nos feux se réduisent maintenant ; Regardez l’éclat argenté,Là attend l’ennemisaxon, I Alors chantez la chanson du soldat !»
Personnages
Prologue
Au fond dune impasse, le bar le Lycanthrope se trouvait à lextrême limite entre le No Mans Land et le quartier des affaires. Une seule avenue séparait les deux mondes, barrière invisible et si aisément franchissable quon se demandait, parfois, pourquoi elle nétait pas davantage franchie. Mais, pour les résidents des taudis, il ny avait aucun avantage à venir fourrer leur nez dans lunivers bien rangé des nantis, contrôlé par lles caméras aux yeux indécelablesAutorité : enregistraient chaque mouvement, balayant le moindre recoin de rue, dimmeuble, de parc. La garde civile, sur ses beaux chevaux aux robes luisantes, assurait la police de proximité. Et surtout, dans ce quartier de bureaux, de centres médicaux et de cabinets detraders, avocats, agents de com, il ny avait rien à voler. Pour trouver les bijoux, les tableaux, les vêtements de marque et toutes ces choses que lon pouvait refourguer, il fallait aller un peu plus loin, dans des rues tellement surveillées quune mouche ne pouvait pas y péter tranquille. D’un côté, il y avait la grande et belle avenue, qui s’étirait en animal alangui et dont le goudron n’était même pas effleuré par les navettes rutilantes, privées et publiques, glissant à quelques mètres du bitume dans de doux feulements. Un peu plus loin, dans les quartiers des Alphas, les chênes aux lourdes branches, hiératiques et centenaires ; les grilles électriques, faussement vieillies, des immenses maisons entourées de parcs et de jardins. De l’autrecôté, des ruelles jonchées d’ordures, des silhouettes hâtives et pas un seul arbre qui puisse survivre. Des bicyclettes antiques, des murs à divers stades de moisissure et des piétons qui rasaient les murs. Pas de camérasde sécurité, pas de service d’ordre.Le Lycanthrope servait de pont, de passerelle entre ces deux mondes. Les jeunes traders y venaient, après le boulot, sencanailler quelques heures avant de retrouver leur appartement cossu. Les Bêtas y négociaient parfois de petites affaires louches avec les bouseux du No Man’s Land, offrant aux quelques Alphas accoudés au bar de délicieux frissons : des pics dadrénaline à caresser, même de loin, linfime possibilité dun interdit. Mais, surtout, on y jouait au poker. Bien sûr,il ne s’agissaitpas des tournois flamboyants quoffraient les événements officiels ni des partieson line, jouées par des milliers dinternautes et qui brassaient des millions. Non, cétaient souvent des parties minables, disputées par de petits truands et des blancs-becs en mal de sensations fortes, prêts à se faire
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plumer pour quelques heures de fausse insécurité. Ils pouvaient, le lendemain, afficher fièrement leurs cernes et leur gueule de bois en chuchotant à leurs collègues, lair de rien, qu’ils avaient eu chaud aux fesses et que pour un peu, on ne les revoyait pas le lendemain…Bien sûr, personne nétait dupe. Il ny avait jamais eu de disparition suspecte ni de meurtre au Lycanthrope. Major Coleman, le patron, officiait derrière son comptoir avec sa gueule cassée quil navait jamais voulu faire refaire et sa stature dours qui, quoi quon en dise, faisait la différence. Ouais, même dans un monde où lintellect était roi, où les muscles étaient entretenus par pur esthétisme, un gabarit pareil, ça faisait réfléchir. On disait que le Major organisait, en douce, des combats de boxe « à lancienne », sans toutes ces règles qui avaient réduit ce sport à un pâle succédané du catch américain des siècles précédents. Quon pouvait y cogner dur, mettre ses adversaires K.-O. sans risquer une amende ou un « puçage » temporaire. Bon. On disait beaucoup de choses. Pour le moment, ce même Major surveillait du coin de l’œil la petite foule qui entourait les cinq joueurs assis au fond de sa salle, sans quitter l: pas un bruit, pas un mot, un silence totalementarrière de son comptoir. Il était intrigué inhabituel qui ne lui disait rien qui vaille. Il jeta son torchon sur le bar et déplaça sa masse imposante jusque vers lattroupement, se dégageant un passage à coups dépaules douloureux. Des cinq joueurs, seulement deux étaient encore en lice. Les trois autres étaient toujours à table, mais sétaient couchés. Le Major reconnut Ballantine, un vieux type rabougri qui avait toujours eu de lor entre les mains et qui serait devenu pro, si seulement il nétait pas alcoolique et incapable de se fondre dans le moule des Bêtas. Il le voyait souvent jouer ici, ratissant de ses mains tremblantes et de ses yeux larmoyants les jeunes loups de la finance qui ressortaient humiliés, dégoûtés davoir été nettoyés par une épave pareille. Le Major ne lavait vu perdre que trois ou quatre fois et, à chaque coup, il était tellement bourré quil aurait confondu son trou de balle avec son oreille. Ça ne semblait pas être le cas ce soir : Ballantine était sobre, du moins autant quil pouvait lêtre. Mais il était en mauvaise posture. Le vieux dévisageait son vis-à-vis avec un air denfant à quil’on vient dapprendre que le père Noël nexiste pas. Son regard dun bleu pâle, comme délavé par les litres de gnôle quil senfilait depuis des lustres, allait du jeu quil avait entre les mains au gosse qui lui faisait face. Car cétait un mioche. Un putain de gamin, pas plus de 12 ans à vue de nez. Attifé de manière improbable, le morveux gardait son nez dans ses cartes, totalement insensible aux regards fixés sur lui, à la tension qui électrisait la pièce, au désespoir plein de surprise du vieux Ballantine. Entre les deux joueurs, les jetons amoncelés étaient tous de son côté. Le
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Major était impressionné. Il chopa lun des spectateurs sur sa droite, murmurant à son oreille : Cest qui, ce morveux ? Il sappelle Diarmaid. Excusez-moi, Major, pourriez-vous… Mon bras…Le jeune gars était pâle, sans doute la poigne du patron qui écrasait son biceps. Le Major grogna en le relâchant : Tu las déjà vu ?
Non, il est venu avec ce grand type, là-bas. Et sa victime lui désigna une silhouette maigre, enveloppée dun manteau sombre, une capuche rabattue sur la tête. On ne distinguait pas son visage, seules ses mains étaient visibles. À la main gauche, il remarqua la deuxième phalange manquante. Le Major gronda : Merde. Fírinne. Lautre lui jeta un regard étonné. Mais le Major tournait déjà les talons, pressé daller prévenir qui de droit que, pour leur plus grand malheur, Fírinne était de retour. Dans la salle sombre et enfumée, la haute silhouette faisait au gamin comme une ombre qui semblait lavaler tout entier.
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