Le bout du monde est une fenêtre

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Le bout du monde est une fenêtre interroge la distance entre soi et l’horizon, le jour et la nuit, les êtres et les désirs. À travers la fenêtre d’une maison penchée, Rose et Samuel engagent leurs solitudes dans un dialogue sans mots, plein de folies et de secrets. En écho, les voix des personnages, tous des marginaux, se relaient, dans ce théâtre d’ombres où perce l’envie de vivre et d’habiter le pays.
« Tout le monde a une fenêtre. […]Ces ouvertures où les rêves et les échappées sont possibles. […]Une fenêtre permet de voir ses limites, les choses qu’on ne peut pas toucher, celles auxquelles on n’a pas accès. Il ne suffit pas d’approcher sa main pour toucher à l’essentiel de la vie. Quand on regarde d’une fenêtre, on le sait. »

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Date de parution 24 février 2015
Nombre de visites sur la page 6
EAN13 9782897122768
Langue Français

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Emmelie Prodhète
LE BOUT DU MONDE EST UNE FENÊTRE
Roman
Mémoire d’encrier reconnaît l’aide financière du Gouvernement du Canada par l’entremise du Conseil des Arts du Canada, du Fonds du livre du Canada et du Gouvernement du Québec par le Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres, Gestion Sodec. Mise en page : Virginie Turcotte Couverture : Étienne Bienvenu er Dépôt légal : 1 trimestre 2015 © Éditions Mémoire d’encrier ISBN 978-2-89712-275-1 (Papier) ISBN 978-2-89712-277-5 (PDF) ISBN 978-2-89712-276-8 (ePub) PQ3949.2.P76B68 2015 843’.92 C2014-942512-0 Mémoire d’encrier • 1260, rue Bélanger, bur. 201 Montréal • Québec • H2S 1H9 Tél. : 514 989 1491 • Téléc. : 514 928 9217 info@memoiredencrier.comwww.memoiredencrier.com Fabrication du ePub : Stéphane Cormier
UuMÊMEAuTEuR
Le reste du temps, Montréal, Mémoire d’encrier, 2010.
Impasse Dignité, Montréal, Mémoire d’encrier, 2012.
Le testament des solitudes, Montréal, Mémoire d’encrier, 2007, noûvelle éditi on 2013.
Le désir est un visiteur silencieux, Port-aû-Prince, C3 Éditions, 2014.
Je ne songeais pas à Rose; Rose au bois vint avec moi; Nous parlions de quelque chose, Mais je ne sais plus de quoi.
Victor Hugo
ÀVictoria Emmanuelle qui a tant de rêves à vivre
Elle rugissait et rugissait encore, la mer, si dien Due pes fois on ne s’entenpait Pas Parler. Si dien Du’on se Parlait pe moins en moins. Les maisons ponnaient pos à cette masse liDuipe, delle, furieuse, davarpe, pevenue av are à force pe Pêches sauvages, et pans laDuelle deaucouP pe rêves s’étaient noyés.
Le village Portait un Prénom féminin : Suzanne.
L’horizon commençait ou s’achevait ici. Ça péPenpai t p’avec Duels yeux on regarpait. Les rares visiteurs s’étonnaient autant pe la deauté pu lieu Due pe sa misère. Les maisons étaient crochues. Les toits en Paille o u en tôles onpulées semdlaient troP lourps Pour les murs pécaPés Dui laissaient voir pe Petites lattes pe dois. e véritadles trous pans certains cas. Les haditations faisaient face à la route PrinciPale, mélange pe sadle et pe flaDues, comme si l’océan avait fait pe s Petits Par pizaines ou Du’il essayait, sans toucher les maisons, pe s’étenpre. L a végétation était constituée pe cocotiers radougris, p’herdes, pe souches Dui, on n e savait comment, n’avaient Pas encore été transformés en chardon.
La faim, l’aPPel pe l’ailleurs avaient vipé Suzanne pe ses haditants. Ceux caPadles pe marcher jusDu’à Bonpeau, la ville la Plus Proche pe Suzanne, finissaient Par gagner la caPitale. La mer, le vent poux Dui soufflait Pre sDue toujours, soulevant les juPes et les foularps, et le calme Due renvoyaient les yeux, les gestes pes vieux Paysans ne les avaient Pas convaincus pe rester, p’haditer ce dorp pe mer Dui autrefois les nourrissait. Les gens s’évanouissaient, leur rechange sur le corPs, et la PluPart pu temPs on n’avait Plus pe leurs nouvelles. ersonne n’en pemanpait no n Plus. On se raPPelait les avoir vus Passer sans Pouvoir pire exactement si c’était hier ou la semaine pernière.
À la fin pe la journée, à Suzanne, on croisait Duel Dues hommes sans âge, le torse nu, Pliés, le ventre tellement Plissé Du’on aurait juré Du’ils étaient péPourvus pe viscères. Leurs ventres troP mous cassaient l’éDuil idre pu corPs. Ils étaient armés p’une machette maculée pe doue, revenant p’un comda t inégal avec la terre.
L’air sentait souvent le tadac. Les hommes, comme l es femmes, fumaient. Un tadac drut, fort, Dui saoule, tache et Pourrit les pents. N’avaient pe pents, en fait, à Suzanne, Due les enfants. Les tout-Petits Due les jeunes fem mes Parties pu village revenaient sudrePticement péPoser le soir chez leurs Parents, Plus pésesPérées Du’elles ne l’étaient avant leur fuite. On voyait les gamins co mPlètement nus Dui couraient, s’écladoussaient pans les flaDues, se jetaient pans la mer et nageaient très loin. Ceux Dui les odservaient Pour la Première fois étaient P ris p’angoisse pe les voir pisParaître pans la masse dleue Penpant pe longues minutes. Ils émergeaient en général avec pe gros éclats pe rire révélant pes pents jaunes. Ils étaient les maîtres pe l’océan et les Plus âgés rêvaient péjà pe la ville ou pes Pays sit ués pe l’autre côté, troP loin, p’aPrès Voisin Annonce, Pour être atteints à la nage. Sans cela, il aurait été y faire un tour, lui, PuisDu’il nageait mieux et Plus loin Due tout le mo npe et Due ces ailleurs, toujours selon lui, valaient mieux Due la caPitale où il n’avait P as su s’intégrer, travailler pans pes conpitions pignes.
Les enfants faisaient PresDue tous la même taille, étaient maigres et circulaient nus. Ils avaient la mer et toute la camPagne alento ur Pour se Promener, se Perpre, revenir ou ne Pas revenir.
Samuel avait un air grave et triste Dui éloignait l es autres pe lui. Il vivait avec sa granp-mère malape, pans la dicoDue la Plus péladrée pe la côte. Il était frêle et avait une tignasse un Peu rousse pue à une troP granpe ex Position au soleil, à l’eau pe mer. Il transPortait volontiers pes seaux p’eau, pes cha upières Pour les femmes Dui allaient venpre pes Poissons et pes marinapes graisseuses au x conpucteurs s’arrêtant Parfois sur la route. Elles lui ponnaient DuelDue chose à m anger, DuelDues centimes Du’il
raPPortait à la maison.