Panique à la banque Tome 4 - Some more Brexit

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Londres, 23 juin 2016. Au milieu de la nuit, l'Europe bascule dans le chaos. Près de 52 % des Britanniques ont voté "non" au maintien de leur pays dans l'Union européenne. L'hypothèse du Brexit, que personne n'avait vraiment pris au sérieux, devient réalité. En Europe continentale, c'est la stupeur et les élites regroupées à Bruxelles s'interrogent : et si, osent certains, les Anglais avaient cherché à nous dire quelque chose ? Par exemple qu'ils en avaient assez des diktats de la Commission, de la bureaucratie communautaire aussi irresponsable qu'envahissante, d'un projet européen qui semblait se résumer à la libéralisation de l'économie et au libre-échange des capitaux, des biens, des services et des individus ? Londres, le matin du 24 juin 2016. En arrivant dans les locaux du Crédit national de France, la jeune Abby Cockburn découvre l'un de ses collègues pendu. Aussitôt avertis, Gauthier de Montpazier, le président de la banque, et son patron de l'Inspection se montrent perplexes. La mort violente de leur collaborateur a-t-elle le moindre rapport avec ce satané Brexit ? Quel rôle joue dans cette histoire le patron des traders à Londres, drôle de personnage au rude accent cockney ? Alors que Venugo file en Angleterre, les bourses chutent, la livre s'effondre. Gauthier de Montpazier s'emploie à rassurer ses actionnaires et ses salariés. La banque emploie 7 000 personnes au Royaume-Uni, va-t-elle les rapatrier à Paris ? L'action du CNF est-elle menacée sur les places boursières ? Et à quoi pensait David Cameron, le Premier ministre britannique à l'origine du référendum, qui vient d'annoncer sa démission ? Il a joué. Et perdu. Dostoïevski avait raison : tout le monde joue, essayant de se montrer plus malin que k voisin. Et le pendu de la salle des marchés londonienne, à quoi pouvait-il bien jouer ?

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Date de parution 01 novembre 2016
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EAN13 9782359301977
Langue Français

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•POINT DE RENCONTRE•
Àl’ombre du Führer - Droits réservés ISBN : 978-2-35930-123-6 ©SARL Les points sur les i Editeurs 16 Bd. Saint-Germain 75 005 Paris
www.i-editions.com
L. Gordon - Olivier Marbot
Panique à la banque À L’OMBRE DU FÜHRER
II
AaERTISSEMENT
ET aOILÀ LA CRISE QUI REPART...
2008-2011. Trois ans sont passés depuis la mort de Marcel Picquart, le président du Crédit national de France. Lehman Brothers est tombée, le système a tremblé, mais il a finalement survécu. Du moins pour le moment. Car la crise, qu’ on croyait morte, repart de plus belle, obligeant Gauthier de Montpazier et Venugo à reprendre du service. La bulle a gonflé, elle a fini par éclater. C’est dans sa nature. Elle a failli emporter tout le système bancaire mondial avec elle. Argent facile, dettes astronomiques, faillites en série… Bienvenue au XXIe siècle !
r Dieu. Mais c’est le destin deC’est le destin de chaque race de se croire élue pa
quelques races seulement d’être assez stupides pour essayer de le mettre en pratique.
Philip Kerr « Hôtel Adlon »
PRIS, MARDI8NOVEMBRE20, 2H54
Tout le monde aimait Michel. À la banque, son éternel costume gris bon marché enveloppant son petit corps rond faisait partie du décor. Bien qu’il portât un titre officiel infiniment plus alambiqué, Michel faisait office de portier. Et s’acquittait de sa tâche avec un professionnalisme qui ne lui valait que des louanges. D’une courtoisie parfaite, il savait conserver la distance adéquate et calquait le style de son accueil sur l’humeur de son interlocuteur. Si celui-ci se montr ait réservé, Michel était réservé. S’il se montrait blagueur, Michel était blagueur. Il s’adap tait instantanément à la personne qui s’approchait de sa porte. Toujours discrètement chaleureux, jamais obséquieux. À 36 ans, Michel était le portier parfait. Une fois passée l’entrée gardée par le sympathique cerbère, le visiteur accédait au hall d’honneur. Une pièce qui, n’était ce monumental escalier de marbre qui partait sur la gauche, paraissait bien petite et étroite compte tenu de l’importance de l’établissement sur les marchés internationaux. La direction avait conscience de cet inconvénient, hérité de la riche histoire de la banque : elle était, depuis des temps immémoriaux, installée dans cet ancien hôtel construit au XVIIe siècle pour le Comte de Cluny. Les directions successives, à l’inverse de toute la concurrence, avaient toujours résisté à la tentation d’aller s’installer à la Défense, dans une tour plus commode. L’élégance, l’histoire et le classicisme plutôt que la moquette et le béton. En conséquence, une règle non-écrite voulait que seuls les invités de marque et les membres de la direction générale pénètrent dans l’auguste bâtiment par la porte d’honneur, qui donnait sur une petite rue très peu fréquentée. Les employés de la banque, eux, entraient et sortaient par une autre porte, bien plus grande et située de l’au tre côté de l’immeuble, sur une avenue beaucoup plus passante. Si bien que même quand il était, comme ce mardi, l’heure du déjeuner, la porte d’honneur baignait dans un calme propre à inspirer la sérénité. Une vertu que le visiteur de haut rang attendait de la part d’une institution internationale du calibre du Crédit National de France, en dépit des spasmes qui agitaient la finance mondiale depuis déjà de nombreux mois. Michel avait été prévenu. Vers 13 heures – ou peut-être même à 13 heures si la ponctualité germanique n’était pas une légende – il allait devoir accueillir Hans Müller, patron de l’une des plus grandes banques allemandes, qui venait déjeune r avec son Président, Gauthier de Montpazier, dans l’une des fameuses salles à manger de l’Institution. Debout devant la porte d’honneur, mains croisées dans le dos, Michel jetait donc de discrets mais fréquents coups d’œil sur sa droite. La rue était en sens unique, la berline de Herr Müller ne pouvait arriver que de ce côté-là. Au bout de quelques minutes, une grosse Mercedes no ire s’engagea dans la rue. Michel sourit mais résista à la tentation de regarder sa montre. Il remarqua que la voiture était suivie par une moto montée par deux personnes. La Mercedes avançait précautionneusement, le chauffeur devait chercher du regard le grand portail à deux battants qu’on lui avait indiqué. Qu and la voiture s’immobilisa devant l’entrée, Michel ne bougea pas. Le chauffeur sortit pour ouvrir la portière à son patron, mais celui-ci, apparemment pressé, avait déjà bondi hors du véhicu le. Le chauffeur reprit sa place derrière le volant. Le conducteur de la moto, lui, patientait t ranquillement. Arborant son plus franc sourire, Michel fit trois pas en direction du visiteur et, le saluant d’un hochement de tête, lui glissa à mi-voix : - Good morning, Mr Müller, how are you ? Le banquier allemand sourit à son tour et emboîtait déjà le pas au portier lorsque leur attention à tous les deux fut attirée par un bruit de moteur. La moto s’était portée à leur hauteur. Hans Müller et Michel tournèrent la tête, presque par réflexe. Et virent le passager de la grosse cylindrée plonger sa main dans son blouson. Il en ressortit un pistolet qu’il pointa vivement sur le banquier. L’homme tira à trois reprises, dans un chuintement étouffé typique
des armes équipées d’un silencieux. Hans Müller, qui avait esquissé un geste de la main pour se protéger, sembla basculer en arrière. Puis s’effondra sur lui-même. Avant que Michel ait pu envisager la moindre réaction, la moto s’éloignait déjà vers le bout de la ruelle. Elle tourna sur le boulevard, disparaissant de sa vue.
1. PARIS, MARDI8NOVEMBRE2011, 13H27
Le premier moment de panique passé, Michel se jeta à genoux et secoua l’épaule de Hans Müller. Le banquier était inconscient, sa tête avait roulé sur le côté et sa poitrine était en sang. Levant la tête, le portier chercha des yeux si quel qu’un pouvait lui apporter une aide quelconque. Mais la ruelle était parfaitement déserte. Un gémissement attira son attention. Müller, la bou che entrouverte, avait bougé. Incrédule, Michel tenta de sentir son pouls. Il saisit son poignet, sans succès. Chercha la carotide du bout des doigts sans plus de bonheur. Il finit par poser sa main à plat sur la poitrine du banquier, et constata qu’elle se soulevait, faiblement. Michel passa sa main sous la tête du blessé. Hésita. Ne valait-il pas mieux ne pas le bouger du tout ? Il appela à l’aide. Timidement d’abord, puis avec plus d’assurance. Personne. Le portier poussa un profond soupir, jeta au visiteur allemand un regard de pitié. Puis il se leva et empoigna le blessé sous les aisselles. Forçant sur ses jambes, il lui redressa le buste, aussi doucement que possible. Le banquier pesait son poids. Bien décidé à ne pas le laisser agoniser sur le pavé – devant SA porte d’ho nneur, qui plus est – Michel traîna le corps vers l’entrée. Le sol en marbre, plus glissant, lui facilita le travail, et il parvint sans trop de difficultés à emmener Hans Müller jusque dans son minuscule bureau, attenant au hall d’entrée. Il installa le blessé du mieux qu’il put puis, sitô t qu’il se fut assuré que son état ne semblait pas empirer, empoigna son téléphone et composa frénétiquement le numéro de la direction générale. Madame Henriette, qui avait succédé à la jeune et u n peu trop jolie Valérie au poste d’assistante de Gauthier de Montpazier, décrocha à la première sonnerie. - Ah, Michel ! Enfin ! Notre visiteur est arrivé ? Le ton autoritaire désarçonna le portier. Madame Henriette lui faisait un peu peur. Elle lui rappelait sa mère. D’ailleurs elle avait à peu près le même âge. - Non, parvint-il quand même à la couper. Enfin si, mais ça ne va pas… Il faut que le patron descende tout de suite ! Madame Henriette était toujours d’un calme olympien. C’était l’une des raisons, l’autre étant son apparence physique peu avenante, mais imposante, qui avait poussé Gauthier à la choisir. Elle était aussi sereine qu’il était soupe au lait, et l’équilibre ainsi créé fonctionnait généralement bien. L’assistante, de plus, aimait bien Michel. Elle se plaisait à penser que ce jeune homme bien élevé aurait pu, si la vie en avait décidé ainsi, être son fils. Elle décida donc de ne pas s’énerver. - Michel, je sens que vous n’êtes pas dans votre assiette. Mais voyez-vous, le patron aussi est stressé aujourd’hui. Alors inutile d’en rajouter, n’est-ce pas ? Faites monter directement notre invité dans le salon, le patron y sera… Michel protesta, expliqua qu’il lui était impossible de faire monter le visiteur. Il était confus, comme paniqué. Madame Henriette se pinça l’arête du nez et souffla légèrement. - Que se passe-t-il Michel ? Vous avez bu ? Vous savez que vous pouvez tout me dire, n’est-ce pas... - Pas du tout, Madame Henriette ! Je vous assure ! - Calmez-vous Michel, je vous crois. Ressaisissez-vous. Faites simplement monter monsieur Müller à l’étage de la salle à manger, nous nous occupons du reste. - C’est impossible... Il ne peut pas... - Il ne peut pas ? Expliquez-vous Michel, ça devient pénible. Pourquoi ne peut-il pas monter ? - Pardonnez-moi, Madame Henriette, mais je crois vr aiment qu’il faut que je parle directement au patron... Je suis désolé... L’assistante soupira. Puis haussa les épaules. S’il y tenait, après tout...