116 pages
Français

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Le réveil du blockhaus de Sainte-Marine

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Description


Gwenn Rosmadec, écrivain public à Sainte Marine, a pour mission de rédiger les mémoires d’André Le Déan, un agriculteur à la retraite qui fut aussi résistant pendant la seconde guerre mondiale. Seulement voilà : ce dernier se fait assassiner dans d’étranges circonstances. Et d’autres morts vont suivre.


Quel rapport établir entre ces crimes, un blockhaus en ruines qui abrite des ossements, des vols de moteurs de hors-bord et un club du 3e âge en délire ? Voilà de quoi occuper les neurones de notre Breton préféré, efficacement secondé par son épouse Soazic.


Ce récit parsemé de dangers, mais aussi de cadavres, nous emmène de la Cornouaille, jusqu’en Suède en passant par la Bavière profonde.

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Nombre de lectures 39
EAN13 9782374536071
Langue Français

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Présentation
Gwenn Rosmadec, écrivain public à Sainte Marine, a pour mission de rédiger les mémoires d’André Le Déan, un agriculteur à la retraite qui fut aussi résistant pendant la seconde guerre mondiale. Seulement voilà : ce dernier se fait assassiner dans d’étranges circonstances. Et d’autres morts vont suivre. Quel rapport établir entre ces crimes, un blockhaus en ruines qui abrite des ossements, des vols de moteurs de hors-bord et un club du 3e âge en délire ? Voilà de quoi occuper les neurones de notre Breton préféré, efficacement secondé par son épouse Soazic. Ce récit parsemé de dangers, mais aussi de cadavres, nous emmène de la Cornouaille, jusqu’en Suède en passant par la Bavière profonde. ***
Comme beaucoup de Bretons, Alex Nicol a longtemps été un « expatrié ». La Bretagne, de ce fait, était un lieu magique, un fantasme d’autant plus rêvé qu’elle était difficile à atteindre. Et lorsqu’à quarante-cinq ans il a enfin pu poser son ancre
sur la terre de ses ancêtres, il a mesuré à quel point vivre sur cette terre était un grand bonheur. Après une carrière de chef d’établissements scolaires aux quatre coins du globe, il a envisagé de créer un cabinet d’écrivain public. Puis très rapidement l’idée d’écrire des romans s’est imposée. Il crée le personnage de Gwenn Rosmadec, Breton expatrié qui revient sur ses terres et va les célébrer. Profondément épris de son pays, de sa culture et de ses traditions, Gwenn Rosmadec, la quarantaine, roux, d’allure sportive, est Bigouden de cœur, et Quimpérois de racines. Ancien journaliste, il aspire à la paix, et pose ses valises à Sainte-Marine, petit port cornouaillais niché entre la forêt et l’Atlantique, en bordure de l’Odet. Il y développe une activité d’écrivain public... C'est ainsi que nait la série de romans policiersEnquêtes en Bretagne, dont voici le dix-neuvième opus. Alex Nicol a coutume de dire que le premier héros de ses romans c’est la Bretagne. La Bretagne et sa grande beauté, qui accompagne chacune des enquêtes de Gwenn Rosmadec et emporte le lecteur dans un parcours vivifiant, au son des cornemuses et du bruit du ressac. Et le résultat final, c’est un chant d’amour de la Bretagne partagé par beaucoup de ses lecteurs.
Le réveil du blockhaus de Sainte-Marine
Alex NICOL
38, RUE DU POLAR
Ce roman eSt dédié aux membreS du jumelage de Penmarc’h avec Śchierling, en particulier Florine, Śandrine, David, KlauS et Judith et mon compagnon de cornemuSe Jeannot qui arbore avec fierté Son kilt breton.
Chapitre 1
Gwenn Rosmadecjeta un œil par la large baie vitrée qui inondait de lumière son salon. — Bon, ça va ! fit-il satisfait en auscultant le ciel. Il ne pleuvra pas ce matin. — Où vas-tu mon minou ? demanda Soazic, son épouse et complice des bons et mauvais jours. — J’ai rendez-vous avec un client. — Dehors ? — Oui, nos rencontres se font sur un banc dans l’Allée des Chênes. Soazic avait de quoi être surprise. Son époux, écrivain public de Sainte Marine, avait plutôt l’habitude de rencontrer ses interlocuteurs dans son bureau, ou mieux, dans leurs demeures. Vieux réflexe de journaliste : l’analyse visuelle et olfactive de ces lieux donnait déjà des indications sur la personnalité du client et ouvrait la voie à des pistes intéressantes sur l’histoire que cet homme, ou cette femme, allait lui raconter. Devant la mine étonnée de son épouse, Gwenn crut bon de formuler une explication : — C’est un vieux bonhomme ; il s’appelle André Le Déan. Il a connu la guerre comme résistant, mais n’en a jamais rien dit à personne jusqu’à ce qu’un vague cousin lui parle de moi et le convainque de me confier son passé pour que je rédige ses mémoires. Il a accepté à la seule condition que nos rencontres se fassent dehors. — Un original ! fit Soazic. — Peut-être pas. Je crois qu’il porte en lui des meurtrissures profondes et pense pouvoir les cicatriser en me les révélant. — Très bien, fit la Bigoudène. Il est neuf heures ; je t’attends parce qu’ensuite nous avons promis à Gérard de passer pour la cérémonie de la première pierre du télescope. — Tu fais bien de me le rappeler, j’avais oublié. — Le maire compte sur nous ! À tout à l’heure ! Et elle déposa un baiser tendre sur la bouche de son Gwenn avant de filer vers la cuisine. Septembre et l’automne avaient chatouillé les feuilles des grands arbres dont les couleurs vertes estivales allaient bientôt céder la place à ce puzzle bigarré de jaune, de mauve, de brun ou de rouge. Gwenn gagna rapidement l’Allée des Chênes, ce chemin piétonnier situé non loin de son domicile et s’y avança gaillardement. Outre les vieux chênes, d’imposants marronniers apportaient leur touche de sérénité à cet endroit. Dans le tunnel végétal, il distingua au loin la silhouette d’André. Assis sur le banc de bois, appuyé sur sa canne, son regard semblait se perdre vers les taillis de la forêt. Lorsque Gwenn s’approcha, le vieux monsieur tourna sa tête, ornée d’un bonnet de laine bleu, et exhiba un franc sourire empreint de douceur, découvrant une rangée de dents déchaussées qui laissaient des espaces noirs entre les mandibules. Il redressa son buste en s’appuyant surson pen baz, son bâton de marche, et lança : — Bonjour Gwenn ! Je vous attendais !
Gwenn répondit au sourire du vieillard et prit place à ses côtés en déclenchant l’application Dictaphone de son téléphone. — Alors André, hier nous avions parlé ici de votre enfance heureuse dans la ferme de vos parents. Vous deviez me raconter la chasse au furet ! Un éclat de bonheur s’alluma dans les yeux du vieux bonhomme. — Ça, c’était quelque chose. On partait le matin avec un furet et on cherchait un terrier de lapin. Quand on l’avait trouvé dans la lande, on fixait un filet devant sur trois piquets et on laissait le furet filer à l’intérieur. Comme le lapin n’avait pas envie de se faire saigner, il détalait et se prenait dans les mailles. Il partit d’un grand rire et ajouta : — Qu’est-ce que j’ai pu manger comme lapins à l’époque ! Gwenn l’orienta doucement vers la suite des événements : — Puis la guerre est arrivée. Racontez-moi cette époque ! André se plongea dans ses souvenirs en clignant les yeux. Gwenn nota une ombre d’émotion l’envahir. Il lui fallait rester délicat dans son questionnement pour aider son interlocuteur à exprimer ce passé. Au bout d’un moment, André libéra sa parole : — Les Allemands sont arrivés à Quimper puis à Pont-l’Abbé où laKommandantur avait été installée. Très vite le littoral devint une « zone noire » c’est-à-dire interdite d’accès. En fait, les Allemands craignaient un débarquement dans la baie d’Audierne et dès 1942 ils y avaient installé une série de blockhaus et de nids de mitrailleuses. Dans l’Odet, c’étaient des dragueurs de mines qu’ils avaient mouillés et pour les protéger, des bâtiments fortifiés avaient été érigés à l’embouchure. — Celui qui est à moitié caché par la végétation à côté de l’ancien fort Napoléon ? s’enquit Gwenn. — Oui, celui-là et un autre en contrebas ainsi qu’un poste de tir juste devant la guérite au bout de la Pointe. — Et donc vous n’aviez plus accès à cette zone ? poursuivit Gwenn. — En fait, répondit le vieux bonhomme, le site est noyé dans une épaisse forêt. Pour nous qui connaissions bien les lieux, c’était assez simple de se glisser jusqu’aux blockhaus et d’observer ce qui s’y passait. — C’est comme ça que vous êtes devenus résistants ? — Ça et aussi d’autres éléments qui sont venus alimenter nos possibilités d’espionnage. Le chef de la résistance à Quimper avait besoin de dresser la carte des fortifications le long de la côte pour la communiquer à Londres. Il a fait appel aux gens du quartier et a appris que certains disposaient d’un laissez-passer temporaire destiné à leur permettre d’apporter de la nourriture aux soldats de laWehrmacht. — C’était votre cas ? — Mes parents avaient reçu l’ordre de fournir contre rétribution des œufs, du lait, des poulets et tout ce que la ferme pouvait produire et comme mon père était déjà assez âgé, c’est moi qui fus chargé de la distribution. Trois fois par semaine, je partais à vélo avec une remorque vers la route de la Pointe avec toutes les victuailles et un ausweis officiel. Il y avait deux contrôles à passer, mais à force de me voir, les soldats allemands avaient fini par me reconnaître et en général ça se passait bien. — Et vous avez donc pu fournir les informations demandées ? — Bien sûr ! Mais mieux encore : je suis devenu copain avec un des soldats en faction, un certain Martin Waldmann.
— Ça n’était pas dangereux ? André se mit à rire. — C’était un des aspects des missions de la Résistance : fraterniser avec l’occupant pour faciliter la recherche d’informations. J’avais seize ans à l’époque. J’avoue que je n’étais pas vraiment conscient du danger. Et en fait la plupart des soldats de l’armée d’occupation en Cornouaille étaient des Ukrainiens. Martin était le seul avec lequel je pouvais communiquer. — Vous parliez allemand ? fit Gwenn, étonné. — Pas du tout ! Pas plus qu’il ne parlait le français. Alors on baragouinait en anglais. André resta un instant silencieux. Son esprit vagabondait sur les rives de cette époque. Puis il poursuivit : — J’étais le cadet de la famille. Je tentais de découvrir le maximum de choses sans éveiller de soupçons puis, de retour à la ferme, je racontais à mon aîné, Erwan, ce que j’avais vu ou entendu. Lui, il notait tout dans un petit carnet caché sous une latte du parquet avant de communiquer l’information à un autre membre du réseau qui la remontait à Quimper… André s’arrêta, comme si son esprit était parti se promener dans les méandres de ses souvenirs. Puis, après un nouveau long moment de silence, que Gwenn respecta, il reprit son monologue : — Vous savez, quand j’y pense, ce soldat avait fini par m’être sympathique. Il s’était trouvé dans cette guerre par hasard et venait d’une ferme en Bavière. Il ne croyait pas aux rodomontades hitlériennes. Tout ce qu’il souhaitait c’était de rentrer au pays et retrouver ses vaches et ses cochons. — Vous aviez des thèmes communs de conversation ! remarqua Gwenn. — Oui bien entendu. C’est ce qui nous a rapprochés ! — Vous avez souvenir de ce contact de la Résistance ? demanda Gwenn, qui songeait déjà à recouper les informations. — Oh oui. Il est resté dans le pays bigouden. Il vit à Penmarc’h dans une grande maison. Jean-Louis Cozic il s’appelle. Gwenn nota mentalement et se promit de rendre une visite amicale à ce Jean-Louis. André poursuivit son histoire : — La guerre se poursuivit avec ses lots de misère. Parfois des escadrilles de Spitfire anglais passaient au-dessus de nous pour aller voir Lorient et la base de sous-marins. Il y en a même un qui s’est fait descendre. On a récupéré le pilote avant les Boches et on l’a réexpédié au pays sur un chalutier de l’Île Tudy. À l’évocation de ce souvenir, André explosa de rire, comme lorsqu’on a fait une farce à un ami. Puis il continua : — Et bientôt le débarquement eut lieu. Ce fut un moment de joie immense. On savait qu’on allait être libérés. Les Allemands le savaient aussi. Ils détruisirent toutes les mitrailleuses installées sur la côte et prirent la route de l’Est. Il n’y eut pas ou peu de combats ici, le gros des troupes allemandes avait été concentré sur Brest pour défendre le port de guerre… Et c’est alors que le drame eut lieu. André se plongea à nouveau dans le silence… À moins que ce ne fût dans le recueillement ? Mais quelque chose au fond de son âme l’encouragea à poursuivre. — J’avais quitté la ferme à l’entrée de Sainte Marine pour travailler dans un champ
de pommes de terre. Le champ longeait la rue de l’Odet – il n’y avait pas de maisons à l’époque –, et j’ai vu passer une grosse voiture décapotable avec deux hommes en uniforme noir suivie d’un camion bâché. — Des SS ? demanda Gwenn. — Un SS ; un officier SS qui conduisait et l’autre c’était le chef de la milice de Quimper. La réponse d’André suscita immédiatement une interrogation : — Il n’avait pas de chauffeur malgré son rang ? demanda Gwenn. — Je me suis fait la même remarque que vous, figurez-vous. Mais n’étant pas concerné, je n’y ai pas prêté attention. Au bout d’une heure, je suis rentré à la maison. Et là j’ai trouvé mes parents allongés sur le sol leurs corps criblés de balles de mitraillette. J’étais effondré. Un voisin qui m’avait vu revenir me héla discrètement et je le suivis dans son jardin où il me raconta ce qu’il avait observé : la voiture du SS et le camion bâché s’étaient arrêtés devant notre maison. Le SS et deux soldats allemands avaient ouvert la porte. Le voisin entendit alors le bruit des balles puis vit Erwan emmené par les soldats dans le camion. Les deux véhicules sont alors partis vers l’embouchure. — Qu’avez-vous fait ? demanda Gwenn. — J’ai sauté sur mon vélo et ai pédalé de toutes mes forces vers le fort Napoléon. Cent mètres avant d’arriver, je l’ai abandonné et suis parti à travers bois. Je me suis approché doucement de l’orée, caché derrière un tronc et ai tenté de distinguer quelque chose. La voiture et le camion étaient garés devant le blockhaus, prêts à repartir. Mon frère et un autre prisonnier déchargeaient des caisses du camion. Dieu merci, il était vivant ! À ce moment-là j’ai levé les yeux et mon regard a croisé celui de Martin. Il était sur le toit plat du fort, caché derrière un rempart. Il m’avait vu et m’a fait signe de partir discrètement. — Il vous a sauvé la vie ? — Peut-être, fit André. À cet instant, je ne pouvais rien faire contre deux soldats armés et deux officiers. Martin n’aimait pas les SS. J’ai suivi son conseil et suis rentré. Là, j’ai pédalé jusqu’à la maison de Jean-Louis. Il m’a emmené dans une ferme pour m’y cacher en attendant que les choses se calment. — Quelle est la fin de cette histoire ? demanda Gwenn qui se doutait qu’elle ne devait pas être attrayante. — On n’a jamais retrouvé mon frère. A-t-il été emmené dans un camp et exterminé là-bas ? Je ne sais pas. Et souvent, je me maudis de n’avoir pas tenté quelque chose. Je suis retourné là-bas le lendemain et ai trouvé le camion calciné. L’intérieur du blockhaus avait été dynamité ; il était rempli de gravats. Et je me suis toujours demandé si ce qu’il avait vu n’avait pas causé sa disparition. — Avez-vous fait des recherches sur cet officier SS ? — Oui, Jean-Louis s’en est chargé. On a fini par savoir qu’il s’agissait du colonel Heinz qui était le responsable pour la région desDevisenschutzkommandos, « les commandos de protection des devises ». Gwenn fronça les yeux : — Vous parlez de ces commandos chargés de voler toutes les richesses des pays conquis ? — Oui, exactement. Heinz avait pillé tout l’or des banques de la Cornouaille, mais
aussi celui des bijoutiers et des particuliers. — Et le milicien ? — Pierre Lemans, un nazillon, convaincu que l’alliance avec Hitler favoriserait l’indépendance de la Bretagne. — Vous savez ce qu’il leur est arrivé ? — Heinz en quittant la zone en voiture voulait se rendre à Lorient pour embarquer dans un sous-marin. Sur la route il s’est pris une bombe américaine qui l’a pulvérisé. — Et l’autre, le français ? — Les FFI l’ont intercepté à Quimper où il se cachait. Il a été jugé et pendu, mais n’a jamais révélé ce qui s’était passé dans le blockhaus. André serra la mâchoire. Ses yeux exprimaient une colère qu’il n’avait jamais réussi à éteindre complètement. — Et Martin ? — J’ai appris plus tard qu’il avait réussi à s’échapper à moto déguisé en civil. — Qu’avez-vous fait ensuite ? demanda Gwenn. — Sur les conseils de Jean-Louis, j’ai rejoint les FFI. Puis on m’a affecté à la deuxième DB, la division blindée de Leclerc et j’ai participé à tous les combats jusqu’à Berlin. J’aurais pu finir avec le grade de capitaine et poursuivre cette carrière. Mais j’ai préféré rentrer chez moi. D’autant que quelques années plus tard, je me serais retrouvé en Indochine, alors les combats, j’en avais eu ma dose ! Gwenn porta un regard admiratif à ce vieux monsieur. Il faisait sans doute partie de ces nombreux héros que l’histoire avait oubliés, mais qui avaient contribué à en changer le cours. Gwenn regarda sa montre : — Mon cher ami, je vais devoir vous laisser, mon épouse m’attend. On reprend demain ? — Avec plaisir ! fit le vieux soldat. Vous savez Gwenn, je n’avais jamais parlé de cela à personne et, faut-il vous le dire, cela m’a fait du bien. Et le plus curieux de cette affaire, c’est qu’en fin de matinée, je suis invité par le maire à la cérémonie de la première pierre du télescope. Vous vous rendez compte ? Ils vont bâtir un télescope sur le blockhaus ! La vie est parfois étonnante. — Vous avez raison ! fit Gwenn en riant. On se retrouve donc là-bas ! À tout à l’heure ! KenavoGwenn !