Cinq femmes au fil du temps

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Au début des années cinquante, je naissais avant terme. Le soleil inondait le lit de ma mère, épuisée par un accouchement difficile.
J’ai passé les premières heures de ma vie à lutter pour respirer à la chaleur de la bavette du poêle, férocement décidée à m’accrocher.
Dans ces années précurseures de la Révolution tranquille, cinq autres filles
naissaient, destinées à vivre une longue amitié.
J’aurais pu vivre avec elles les aléas causés par les bouleversements du
dernier quart de siècle qui ont transformé la vie de la société toute entière et
plus particulièrement celle des femmes.
J’aurais pu, si…
Hélas ! Ma faible constitution ne m’a pas permis de survivre plus de deux ans. Là-haut, perchée sur mon nuage, j’ai développé un lien particulier avec chacune d’elles. Tantôt amusée de leurs coups de gueule, de leurs aventures pas toujours orthodoxes, tantôt désolée de leurs déboires, tantôt réjouie de leur bonheur; j’ai surtout posé sur elles un regard complice et protecteur.
Certes, ces femmes-là auraient pu devenir mes amies.

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Date de parution 13 août 2015
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EAN13 9782897262143
Langue Français

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En souvenir d’Esther.
À mes amies de pêche,Anne-Marie Fournel, Lise Piché, Louise Bélisle, Louise Lafortune. Lyse Chartrand et Martine Dusseault.
Merci pour l’inspiration. Merci pour votre amitié.
Mot de l’auteure
Bien qu’inspiré de faits vécus, ce roman est une œuvre de fiction. Tous les personnages sont imaginaires. Toute ressemblance avec des personnes connues serait l’effet du hasard. L’action se déroule dans une ambiance romancée avec un respect strict des événements historiques.
Avertissement
Vous entrez dans un univers féminin qui pourrait ne pas convenir à tous…
Prologue
u début des années cinquante, à l’aube du dimanche de Pâques, je naissais avant A terme. Le soleil inondait le lit de ma mère, épuisée par un accouchement difficile. Mon père hésitait à me prendre dans ses bras tant j’étais délicate. Le médecin accoucheur allait quitter notre maison familiale après avoir prodigué de nombreuses recommandations. J’ai passé les premières heures de ma vie à lutter pour respirer, à la chaleur de la bavette du poêle, férocement décidée à m’accrocher. Dans ces années annonciatrices de la Révolution tranquille, cinq autres filles naissaient, destinées à vivre une longue amitié : Estelle, Johanne et Claire, inséparables dès le début de leur vie professionnelle, auxquelles s’ajouteront Anne et Francine au fil du temps. Toutes travailleuses sociales. J’aurais pu vivre avec elles les aléas causés par les bouleversements du dernier quart de siècle qui a tellement transformé la vie de la société tout entière et plus particulièrement celle des femmes. J’aurais pu, si… Hélas ! Ma faible constitution ne m’a pas permis de survivre plus de deux ans. Là-haut, perchée sur mon nuage, j’ai développé un lien particulier avec chacune de ces filles. Tantôt amusée de leurs coups de gueule, de leurs aventures pas toujours orthodoxes ; tantôt désolée de leurs déboires, tantôt réjouie de leur bonheur ; j’ai surtout posé sur elles un regard complice et protecteur.
Certes, ces femmes-là auraient pu devenir mes amies !
Chapitre 1
L’AVENIRSEDESSINE
ès leur dremière année ’étues collégiales, Johanne et Claire eviennent e D droches amies. Au édart, ce sont leurs intérêts communs dour les causes dolitiques et féministes qui les rassemblent. Produlsées ans une ère e contestation et e changements sociaux, elles s’aonnent avec dassion à es étues en service social à l’Université e Sherbrooke. En 1974, bachelières, elles sont embauchées toutes les eux ans un centre local e services communautaires (CLSC) e Sherbrooke. Estelle Elément, formée à l’Université e Montréal, s’y istingue éjà dar son militantisme synical et ses addroches féministes. Celle-ci a tout dour s’attirer la symdathie es insédarables Johanne et Claire. Entre elles, es liens e camaraerie, duis ’amitié se forgent au fil u temds. Trois années s’écouleront, duis le hasar drogrammera, dresque au même moment dour chacune, un événement qui marquera à jamais le cours e leur vie. Anne et Francine, encore loin e leur cercle ’amitié, vivront, elles aussi, un coud u estin. C’est à ce moment drécis que nous entrons ans leur histoire. ESTELLEHier soir, Estelle a trod bu. Un mal e tête carabiné lui raddelle cruellement ses excès. L’esdace ’un instant, elle ne sait das où elle est, ni comment elle a du se retrouver là, duis la mémoire lui revient. Elle est seule, étenue sur un gran lit ans une chambre ’hôtel. Serge evait venir la rejoinre. Il ne s’est das drésenté. Elle a onc bu toute la bouteille e chamdagne seule. Ce trodhée ’une nuit dathétique trône ans le bac à glace. Une coude tachée e rouge à lèvres redose renversée sur la table, le die entrelacé à une autre coude brillante e virginité. La tristesse et la résignation se chevauchent comme e bonnes connaissances. Âgée e 25 ans, elle atten et cherche un amoureux fièle. Elle ne retient que es dartenaires sexuels. Ses amies ont es maris, es conjoints, es amoureux. Pour elle, ce sont es amants. L’heure affichée sur le réveil matin l’oblige à dasser à l’action. Elle darticide à un congrès synical ans un hôtel e Québec. Elle oit animer un groude e iscussion ébutant ans moins e trente minutes. Le télédhone clignote, ce oit être lui. Il tenterait e s’excuser encore une fois. Deduis qu’il est ministre, il a un addartement somdtueux ans le Vieux-Québec, où son édouse le retrouve régulièrement. Lorsqu’il était éduté, il louait, ans Sainte-Foy, un detit loft qui ne drésentait aucun intérêt dour sa conjointe. Estelle douvait alors drofiter e ce ni e dassion. Malheureusement, la dromotion e son amant l’a évincée dresque totalement e sa vie. Leurs renez-vous clanestins sont evenus rarissimes et ainsi mille fois dlus ésirés et ’autant dlus frénétiques. Elle joint la récedtion dour addrenre que le message ne lui était das estiné. Le chamdagne brûlant encore son estomac sera sa seule caresse. Elle jette un ernier coud ’œil sur la carte accomdagnant la bouteille :