Les Défricheurs d'Infini

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Description

Et si la Lune était un vaisseau-mère extraterrestre qui nous exploitait de façon invisible depuis la nuit des temps ?
Nous, notre or, ainsi que notre plus chère richesse : l’EAU ?
Un trésor inestimable que les dirigeants de cette méganef auraient dénommé l’OR BLEU.
Un mystère que s’apprête à élucider John Falco : le FAUCON.

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Date de parution 02 décembre 2019
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EAN13 9782312070926
Langue Français

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Les Défricheurs d’Infini
Johnny Phoenix
Les Défricheurs d’Infini
Tome III : Le Faucon
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2019
ISBN : 978-2-312-07092-6
À Patricia
« Je me suis armé d’un coutelas
D’une lame à double tranchant
Cette douleur écoute-la
Écoute son chant »
Gérard Manset
John Falco
John Falco décrivit quelques orbes devant l’entrée de l’oasis. Un léger vent de
face soulevait au sol le sable rouge du désert. Il redressa les ailes de son Pèlerin : un
astroplane à turbines uraniques, pour se stabiliser en vent arrière. À peine cent
mètres le séparaient du sol.
Au bout de quelques secondes, le b i r d f i r e noir s’arrêta exactement où son pilote
l’avait décidé.
John Falco, que l’on surnommait le Faucon, descendit sous l’obscurité des gros
arbres à contreforts. Il contempla un instant le sillon dessiné dans le sable par la
machine volante. Son regard s’attarda ensuite sur l’ombre de l’astroplane.
Autour du grand trèfle sombre imprimé dans le sable, de la vaste croix noire
symbolisant l’âme de l’oiseau de pyrotitane et d’ultraramyde, les traces ne laissaient
plus aucun doute. Elles indiquaient sans conteste le passage d’une troupe de
caracoleurs : les chevreuils des oasis…
Le Faucon renversa sa longue chevelure bleue. Puis il sortit de sa sacoche de
portière son antique carabine, armée d’un puissant silencieux. Il la plaça en
bandoulière. Il empoigna dans la foulée l’anneau de tractage manuel, encastré sous
le nez du birdfire, afin de le traîner jusqu’au premier layon. À un jet de pierre.
Un mode cryptique était intégré au boîtier de mise en veille de l’appareil. Celui-ci
aussitôt enclenché, le Pèlerin replié se confondit aux couleurs des branchages. Il
adoptait ainsi l’apparence d’une gigantesque punaise tigrée : un réduve géant, tapi
sous les larges feuilles laciniées des monsteras. Un déplacement de plus d’un mètre
de l’astroplane ferait de toute façon déclencher l’alarme vibrante du sniper, intégrée à
son bracelet de brousse multifonctionnel.
Ce ne fut qu’après ces brèves dispositions, que le Faucon se mit enfin en route.
Non sans avoir jeté un dernier regard derrière lui : un aveuillement sur le désert.
Le soleil déclinant déjà au-dessus du sable rouge lui signalait son coucher dans
moins de quatre heures. Il tâtonna à travers la poche faîtière de sa besace, où un étui
rigide protégeait ses lunettes à grossissement spécial.
Après une vingtaine de pas, l’oasis se métamorphosa en l’ascidie d’une
colossale fleur carnivore. Qui happa bientôt John Falco en sa vultueuse langue de
latérite…
***
2212. La Terre n’est plus qu’un désert.
Là où s’épanouissaient encore, il y a bien plus d’un siècle, les grandes jungles
équatoriales, ne subsistent plus que d’immenses oasis. De vastes biosphères vertes
qui s’acharnent à puiser les dernières nappes d’eau contaminée.
Les plus larges parmi ces reliques florales, celles du Bassin Amazonien,
émaillent çà et là le désert démesuré de latérite. Elles restent alimentées par unAmazone, réduit quant à lui à l’état de ce que fut jadis le Fleuve des Pharaons.
Cette ceinture désertique, cette tonsure circumterrestre, avait fini par donner
raison aux paroles d’un prophète, désormais enfouies dans le sable :
« Les forêts précèdent les hommes
Les déserts les succèdent. »
John n’avait jamais pénétré cette oasis. Mais pour l’avoir survolé de
suffisamment haut, il estimait son périmètre à environ deux cents kilomètres. À la
faveur de la nuit, de grandes migrations de gibiers se produisaient au travers du
désert. Pour passer d’une oasis à une autre, les bêtes devaient parfois parcourir
plusieurs centaines de kilomètres, poussées par les prédateurs, ou plus rarement par
leurs propres congénères parvenus en surnombre. Seuls les oiseaux et les
quadrupèdes les plus rapides pouvaient se permettre le périlleux exode. Une harde
de caracoleurs était capable de galoper tranquillement, à presque soixante kilomètres
par heure. Elle enchâssait ainsi, dans le sable du désert, la trace de ses sabots en
forme de menus croissants de lune, très caractéristiques de l’espèce.
John les avait donc repérés du haut de son Pèlerin. Pas moins d’une dizaine
d’individus indiquait son entrée dans la forêt. Un premier ruisseau, qui devait
s’écouler du déversoir d’un marais, situé en amont, enjambait à présent le layon
vermeil. Les empreintes dans la boue, profondes, et mêlées à des excréments,
signalaient au Faucon que ses proies s’étaient attardées ici, afin de s’abreuver. La
chevauchée nocturne sur l’étendue de sable rouge avait dû être éprouvante. L’issue
de la poursuite devenait inéluctable. Car ces traces s’effaçaient au-delà du ruisseau.
Dans le mince filet d’eau, le pâle reflet de son visage renvoyait au chasseur
l’éclat insolite de ses yeux rouges. Une anomalie congénitale. John Falco était un
NUKTAL.
Il naquit en Amazonia d’une mère amérindienne. C’est tout ce dont le Faucon se
souvenait à propos de ses origines. Il n’avait connu son père autrement que grâce à
de sombres photographies, que possédait encore sa mère. Un Américain quant à lui.
Ce dernier venait d’intégrer, à Universalia, un nouveau programme spatial. Qui
encadrait la construction d’un vaisseau interplanétaire d’un nouveau type. Et c’est
alors qu’il avait rencontré sa femme : une jeune institutrice d’Amazonia.
Jason Falco exerçait le métier d’architecte en aérospatial. Il était né à Manhattan,
au pied de la Statue de la Liberté. Il avait subitement mit fin à ses jours, quelques
semaines après avoir vu péricliter le projet du vaisseau révolutionnaire, jugé en
définitive inconcevable. D’une balle dans l’œil droit.
Sylvia lui affirmera plus tard, entre deux crises d’hystérie, que son mari s’était
beaucoup trop investi dans le programme DORAGON, au point d’en avoir perdu la
raison. Et a fortiori : la vie elle-même.
John célébrait ce soir-là son sixième anniversaire. Ses joyeux amis étaient tous
réunis en cette occurrence autour d’un splendide gâteau. C’était sa mère qui
s’évertuait, en bon échanson, à fournir les verres de ces chérubins en nectar pétillant.
Personne ne s’inquiétait plus du retour de Jason Falco. L’Alchimiste, comme le
dénommaient ses confrères, avait coutume de rentrer toujours très tard, déférent aux
fréquentes exigences de ses employeurs. Ce fut le vent, qui s’engouffrait par la porte