Les Défricheurs d'Infini

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94 pages
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Description

Lorsqu’on en a plus qu’assez de s’épuiser à vouloir sauver le Monde, une solution reste finalement très simple et radicale. On brandit son sabre de métal-esprit, pour aller conquérir, aux confins de l’Univers, une autre sphère totalement sauvage et hostile. De toute façon, pour un mutant, qu’est-ce qui pourrait bien surpasser la cruauté humaine ?
Le Faucon emmènera bien à bon port toute une communauté d’explorateurs, prêts à coloniser la grande Planète de Malachite. Mais il lui faudra filer droit derrière son guide. Surtout lorsqu’on sait où commence et où s’achève la compassion du samouraï.

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Date de parution 02 décembre 2019
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EAN13 9782312070940
Langue Français

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Les Défricheurs d’Infini
Johnny Phoenix
Les Défricheurs d’Infini
Tome IV : L’Autre Faucon
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2019
ISBN : 978-2-312-07094-0
À Laetitia
« La paix est dans le bois silencieux
Sur les feuilles en sabres
Qui coupent l’eau qui coule »
Francis Jammes
Le Doragon
C’était un monde hors-normes. Un gigantesque lac étendait les tentacules de
ses rivières, à travers le paysage verdoyant. À perte de vue s’étiraient des champs de
céréales. À perte de vue des vergers, enchâssés en bocages, venaient piqueter le
tableau monochrome de leur joaillerie. Où fourmillaient aussi des fruits de toutes
formes, gorgés d’arc-en-ciel. Et sur des ceps d’un autre âge les oiseaux, multicolores
encore, aspergeaient leurs trilles de tous côtés, au milieu des treilles croulantes de
raisins bleus.
Chacune des collines, qui vallonnaient la plaine fertile, était coiffée d’un château
de forme semi-sphérique. Celui-ci tenait lieu de bâtiment administratif. Et autour de
cet édifice, à l’esthétique fort contemporaine, étaient implantées des maisons,
également en forme de champignons.
Chacun des pavillons présentait une large baie vitrée, à son unique étage sur
pied. Tel un cerceau de silicium, elle offrait de façon arrogante une vaste vue
panoramique sur la campagne jadoyante. Et sur le ciel à jamais ultra-bleu.
La nuit était tombée. Sans étoiles. On voyait cependant scintiller les quartiers
résidentiels des villages-dortoirs. Et surtout, sis au bord du grand lac, les immeubles
coniques de la Ville-Est. Pareils à de grands tipis phosphorescents, ils reluisaient au
loin, sur les rives du Lac Occidental. Alcyon s’émerveillait particulièrement de cette
vision enchanteresse. Il volait à vitesse réglementaire, à bord de son aéromobile de
service. Il avait pourtant hâte de rejoindre le cœur de la Ville-Est, où Lili s’apprêtait à
honorer leur nouveau rendez-vous.
Après avoir jeté un dernier coup d’œil sur sa rétro-caméra, il s’aperçut que, dans
son village-dortoir, les pavillons fongiformes avaient depuis longtemps franchi le
stade des légères méduses vaporeuses. Pour n’être plus réduites qu’à de petits
coléoptères enfouis dans les buissons fuligineux de la nuit.
La Ville-Est, quant à elle, dressait pernicieusement les cornes phosphorescentes
de ses immeubles, à moins d’un kilomètre de l’aéromobile. Une imposante
voiturevolante transcendait juridiquement le vol linéaire de ses concurrentes, parmi les
couloirs aériens matérialisés sur les écrans, par la Confrérie Des Transports : la CDT.
Son gyrophare rouge signalait aux aéromobilistes la présence d’une patrouille sélène.
Il était inutile de songer à se poser sur le toit d’un quelconque immeuble, au vu
de leur forme dissuasive, qui n’offrait de toute façon rien d’autre qu’un vulgaire
supplice. Aussi, après avoir soigneusement choisi l’édifice affilié à son quartier
résidentiel, Alcyon se laissera détecter, en franchissant un sas virtuel, retranscrit sur
l’écran de son visiophone. Une entrée s’ouvrirait alors, tel un trou aveuglant, dans le
mur même de la corne faite de polymétal et de silicium. Il laisserait aussitôt un guide
muni de servo-capteurs s’ajuster à son appareil. Afin de le conduire à une plate-forme
de stationnement.
Dans la Ville-Est, mais également dans les trois autres villes-sœurs, construites
à l’instar, les derniers niveaux des immeubles ne présentaient que des services
étagés pour voitures-volantes. Les plus nantis, évidemment, se réservaient les
derniers étages pyramidaux.