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Les Gardiens de l'Ordre Sacré - Tome 1 : Le Highlander

De
206 pages
Île de Skye, Écosse, XIVe siècle.
Le jeune Alastar ne le sait pas encore, mais son destin est déjà en marche.
Il fera de lui un gardien de l’Ordre Sacré du Temple, un corps d’élite composé de redoutables guerriers et créé pour veiller sur la frontière entre les deux mondes et leurs peuples.
Mais avant de devenir un immortel, il sera un enfant pétri de rêves de gloire, un adolescent ambitieux et désireux de faire ses preuves, un jeune guerrier prometteur, mais aussi un homme que l’amour d’un être d’exception changera à jamais.
Une vie faite d’honneur, d’amitié et d’amour, mais également de combats, de pertes et de sacrifices… jusqu’à sa mystérieuse résurrection.
Plongez dans le passé de l’énigmatique gardien de la trilogie « Entre II Mondes ».
Et découvrez comment tout a commencé…
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LES GARDIENS DE L’ORDRE SACRÉ
Tome I : Le Highlander
D.Lygg
© Éditions Hélène Jacob, 2016. CollectionFantasy. Tous droits réservés. ISBN : 978-2-37011-500-3
« À Alban, parti beaucoup trop tôt. Pas un seul jour ne passe sans que je ne pense à toi. Ton rire résonne encore dans ma tête, il était communicatif. Tu étais la joie de vivre. Tu avais 33 ans et la vie devant toi, tonton Alboy. »
Prologue
Écosse, île de Skye, l’an de grâce1371. Le jeune Alastar, inquiet, regardait sa nourrice alimenter le feu de tourbe servant à réchauffer la petite pièce par cette froide nuit d’automne. La fête de Samhuinn était passée depuis quelques semaines à peine et les premières neiges ne tarderaient pas à recouvrir la magnifique île de Skye, fief du clan Mackinnon,dont le père d’Alastarétait le laird. Le vent et la pluie battante furent suivis par les grondements de lorage, annonçant sa venue avec force. Un adorable visage, encadré par des boucles noires comme le manteau d’un phoque, surgit de sous les draps, à côté du blondinet. Tu es sûre que ce sera bientôt terminé, maman ? demanda la petite voix inquiète. Mór, la nourrice d’Alastar et mère d’Urain, regarda avec tendresse les deux bambins. Les cheveux dorés du fils du laird se mêlaient à ceux de jais de son unique enfant. Les deux garçons avaient sensiblement le même âge, n’ayant que deux semaines d’écart.Oui, mes chéris. Ce sera terminé sous peu. Maintenant, dormez ! leur dit-elle, un sourire dans la voix. Alastar ravala tant bien que mal la peur qui le tenaillait pour réconforter son frère de lait à qui il prit la main. Mór a raison. Le Seigneur aura bientôt fini de déplacer ses meubles et on pourra fermer les yeux après ça, Urain. Le garçonnet, que la simple présence de son meilleur ami semblait apaiser, serra un peu plus fort les doigts dAlastar. La femme, décidant qu’il serait judicieux de détourner l’attention des deuxpetitsde l’orage, fit glisser un tabouret jusque devant le litavant de s’y installer. Je pourrais vous raconter une histoire, mes chéris, ainsi vous ne penserez plus à ce que fait notre Seigneur cette nuit. Mórag commença son récit, un de ceux mêlant toute sorte de créatures magiques issues du folklore local pour le plus grand plaisir de son public. Quelques bâillements plus tard, la nourrice cessa de parler en se rendant compteque les enfants s’étaient tous deux endormis. Elle allait quitter son tabouret peu confortable, lorsqu’une voix de petit garçon la fit sursauter.
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Mór, commença Alastar. Pourquoi papa a l’air tout le temps triste, et pourquoi maman ne vient-elle plus me voir ? La femme eut le plus grand mal à dissimuler l’émotion provoquée par l’innocente question de son protégé. Un enfant qu’elle avait aidé à élever, qu’elle aimait comme le sien, qu’elle avait nourri de sonsein quand sa mère en était incapable à cause d’un état de santé déjà fragile.Mórag soupira en cherchant ses mots. Puis, ne résistant pas au regard insistant et d’une étonnante maturité pour un petit de 5ans, elle s’assit à côté d’Alastar.Comment lui expliquer que, ce soir, sa maman avait succombé à une forte fièvre ? Il va falloir être brave,mo chridhe, dit-elle, en lui caressant le visage. Elle est partie rejoindre les anges, hein, Mórag? C’est donc ça? Il s’agissait plus d’une affirmation que d’une question. Émue aux larmes, la nourrice hocha la tête avant d’embrasser lefront du garçonnet. Alastar ne pleura pas, même si la brûlure dans ses yeux était vive. Au contraire, le guerrier en herbe, fils de Highlander et descendant des Vikings, décida de se montrer courageux comme il pensait que son père l’aurait souhaité. Heureusement, le simple contact d’une petite main serrant la sienne lui communiqua la force dy parvenir. Son ami Urain serait toujours là pour lui.
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I Ma chère Écosse
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Printemps 1376. Château de Dunakin (fief du clan MacKinnon). Le laird Angus MacKinnon sortit de la grande salle accompagné de ses fils,issus d’un premier mariage : Neil et Finnon. La réunion matinale à laquelle tous les trois avaient assisté en compagnie de quelques conseillers du chef venait de prendre fin. Tous avaient déjàl’esprit tourné vers le rassemblement prévu au château de Dunvegan, résidence des MacLeod,sur l’île de Skye. C’est là que devaient se tenir les célèbres et populaires jeux des Highlands. Ces derniers étaient l’occasion offerte à tous les guerriers du pays de se mesurer les uns aux autres, sans pour autant prendre les armes,lors d’épreuvesdiverses et variées telles que :le tir à l’arc,la nage, le lancer de tronc d’arbre,le tir à la corde ou bien encore, la lutte et la danse du sabre ; le tout se déroulait sans encombre, la plupart du temps, grâce à la traditionnelle hospitalité des Highlands. Cette règle obligeait notamment un clanà recevoir un ennemi comme n’importe quel hôte et sous le pavillon de la paix. Alastar, ses cousinsConnor et Dugald, ainsi que ses amisUrain et Magnuscouraient à perdre haleine afin de mettre le plus de distance entre eux et les cuisines. L’infernale bande de brigands venait de chaparder des beignets à peine sortis du four et s’enfuyait avec l’intention deles engloutir à l’abri des regards, mais le fils du laird stoppa net sa course folle, compromettant ainsi leur projetd’évasion,lorsqu’ilreconnut son père au milieu de ses hommes. Ce fut sans même réfléchir à la présence de ses compagnons sur ses talonsqu’il dévia de son chemin pour se diriger vers Angus. Le garçon nel’avait pas revu depuis des semaines, cela remontait à son départ de Dunakin, pour être précis. Le chef des Mackinnon avait décidé de vivre en toute tranquillité avec ses voisins et,pour cela, il avait pris la route afin d’entamer des pourparlers de paix avec eux.D’ailleurs, en agissant de la sorte, il s’était fait un allié en la personne de John MacDonald. Le puissant seigneur des Îlesvoyait là l’occasiond’unifier les clans des Hébrides extérieures et intérieures, sous sa coupe, après la sanglante bataille remportée par son héritier Domhnall d’Islay. Celle-ci avait notamment opposé les MacKinnon, MacLean et MacLeod aux MacDonald. Père ! cria Alastar, avant de se jeter dans ses bras. Angus accueillit son fils avec joie. Il posa son énorme mainsur l’une des épaules du garçon et ébouriffade l’autre les longs cheveux dorés del’enfant. Fils, je suis bien aise de te retrouver plein de vigueur et en bonne santé !
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Moi aussi, Père, répondit le jeune homme, heureux. As-tu obtenu ce que tu étais parti chercher en rendant visite aux chefs de clans voisins ? Angus fit mine de réfléchir avant de lui tapoter gaiement le bras : C’esten bonne voie, je te remercie. Tes frères et moi avons dexcellentesraisons d’être optimistes. Prenant consciencequ’il en avait oublié jusqu’à la présence de ses aînéset des conseillers du laird, Alastar s’empressa de les saluer.Profitant de ces retrouvailles fraternelles, Angus observa son dernier né avec une tendresse non dissimulée.Son cœur se serra à la vue des traits fins et de cette abondante chevelure d’or hérités de sa mère. Les secondes noces du chef des MacKinnon avec une fille MacLean avaient donné lieu àun mariage d’amour, contrairement au précédent, destiné à conclure une alliance avec un clan puissant et influent. Mais,j’ai une autre bonne nouvelle à t’annoncer Alastar, commença Angus. J’ai décidé de t’emmenerDunvegan assister aux jeux. Il est temps pour toi de te mêler aux guerriers et, à pourquoi pas, dans quelques années y participer toi-même ! Les acclamations des enfants se firent entendre dans le hall avant dêtre soudainement recouvertes par des grognements furibonds. Padraig, le cuisinier, s’étant aperçu qu’il manquait une demi-douzaine de beignets sur son plan de travail, s’était mis en quête descoupables. Il ne lui avait guère fallu plus de quelques minutes pour les trouver, buvant les paroles du chef MacKinnon à son fils. Ah, mon laird ! Regardez-moi cette bande de sales voleurs ! maugréa-t-il. Hé là ! Que se passe-t-il, ici ? demanda Angus, plus amusé qu’irrité.Se retenant de rire, Neil lança un rapide coup d’œil à Alastar et ses compagnons d’âneries, qui rapetissaient à mesure que Padraig déblatérait son histoire, ainsi que celles survenues quelques jours plus tôt. Il était indéniable que les cinqamis n’étaient jamais à court d’imagination lorsqu’il s’agissait de faire tourner les autres occupants du château en bourrique. Bien, très bien, déclara Angus en feignant de réfléchir à une punition. Neil, Finnon et Finlay assistaient à la scène. Ce dernier, capitaine de la garde et qui était aussi
le père de Magnus, s’approcha de son chef et lui chuchota à l’oreillesous l’œil inquiet de sa progéniture. Après quoi, Angus s’éclaircit la voix et rendit son jugement. Je crains qu’une punitionnes’impose après le récit de tous vos méfaits, les garçons. Les visages de la bande de garnements s’affaissèrent tout àcoup. S’il n’avait pas été si amusé, Angus aurait certainement éprouvé quelques remords à les torturer ainsi. Alastar s’attendait à ceque son père remette en cause sa décision de lelaisser l’accompagner aux jeux. Bien entendu, il était d’ores et déjàdéçu, mais se gardait bien de le montrer, pensant mériter la punitionqui n’allait pas tarder à tomber.
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Attendez-moi dans la cour, bande de garnements. Je me chargerai moi-même de votre châtiment. Les garçons s’éloignaient déjà quand le laird les rappela afin d’ajouter: Ah, oui, les enfants! J’ai oublié de préciserque vous nous accompagnerez à Dunvegan. Malgré la punition qui les attendait, les cinq garçons ne purent s’empêcher de manifester leur joie dans un tonnerre de crisd’excitation anticipée. * * *Le lendemain, sur la plage. Un éblouissant soleil faisait rayonner la magnifique île de Skye, la plus vaste des Hébrides intérieures,tandis qu’un cormoran huppé amorçait sa descente en direction des eaux, en quête de poissons à capturer. Le château de Dunakin était idéalement situé, entre la lande recouvrant les reliefs alentourd’un tapis vert, ocre et violet, et la mer d’un bleu profond. Là, cinq garçons se remettaient péniblement de leur châtiment : Angus leur avait administré une correction que méritaient, selon lui, les enfants désobéissants. L’humiliationd’avoir été battus en public avait été plus difficile à supporter pour les jeunes gens que la douleur de recevoir les puissants coups du laird sur leur postérieur. Bigre !s’exclama Connor, le plusâgé de tous.J’ai encore du mal à m’asseoir! MpffOn peut s’estimer heureux de cette punition. Parce que,quand j’ai vu monpère parler à l’oreille du chef, j’ai cru mourir! rétorqua Magnus. Et moi donc ! ajouta Alastar. Jai penséqu’il serait revenu sur sa décision à propos des jeux. Que ça nous servede leçon. N’est-ce pas ?lança Magnus à l’intention de ses compagnons d’âneriesen frottant la partie meurtrie de son anatomie. Le fils de Finlay, un solide gaillard aussi roux que son ami Dugald, était déjà bien bâti. Il était, avec Urain, le plus calmeet prudent des cinq, tandis qu’à l’inverse, Dugald et Connor, les deux neveuxd’Angus, étaient les plus téméraires. Alastar se situait entre les deux, car son jeune âge le conduisait, tout comme les autres, à envisager la réalisationd’une multitude de bêtises, alors que sa position denfant de chef lui imposait sagesse et retenue. Connor MacGregors’étendit de tout son long surla partie herbeuse de la plage. Son regard turquoise pétillait de malice. Le MacGregor croisa ses bras derrière sa tête et bâilla bruyamment. Au moins, on a profité de notre butin, si chèrement acquis, dit-il avant de fermer les yeux. Alastar lobserva en souriant. L’attitude, toujours pleine de désinvolture, de son cousin l’amusait. Connor, un fils MacGregor venu à Dunakin pour y faire son apprentissage, était de trois ans plus âgé que lui, qui en avait 10. Son arrivée, quelques années plus tôt, avait apporté un peu plus de bonne humeur et de combines en tout genre dans le quotidien de la petite bande.
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Urain se leva soudain et commença à ôter ses vêtements. Il ne conserva que sa chemise en lin et ses braies, puis fila en direction del’eau sans dire un mot. Les quatre autres compères, restés sur la plage, le virent plonger, perplexes, avant qu’il n’en ressurgisseen s’ébrouant vigoureusement. ? lança-t-il, ses yeux sombres et brillantsElle est incroyablement bonne ! Vous venez comme deux billes noires. Moins hardis, Magnus et Dugald hésitèrent un moment. Alastar partit dans un grand éclat de rire. Bande de froussards ! hurla Urain. Euh…mais, bégaya Magnus. Vous le croyez,quand il dit qu’elle est bonne? Dugald haussa les épaules, semblant hésiter sur la question de la température de l’eau à cette époque de l’année. Connor ouvrit furtivement un œil avant de le refermer, ébloui par le soleil.Une voix le tira soudain de sa réflexion. Moi, j’y vais! déclara Alastar. Il ôta son gilet et ses chausses pour ne conserver que sa chemise et ses braies commel’avait fait Urain. Tout comme son meilleur ami avant lui, il fonça à toute vitesse dans la mer et y plongea tête la première. Les deux garçons engagèrent alors une bataille, tout en riant aux éclats, ce qui acheva de décider les récalcitrants, y compris Connor, réputé comme étant frileux. * * *froid ! rouspéta Connor, en regagnant laPeuh ! Vous, les islanders, êtes insensibles au plage en compagnie des quatre autres. Si tu veux dire par là que nous ne sommes pas des fillettes geignardes, alors la réponse est oui ! dit Dugald, en tapant sur sa cuisse. Allez cousin, reconnais-le ! Après un an ici, tu commences à aimer les bains frais ! renchérit Alastar, goguenard. Ilne l’avouerait pas même sous la torture. Urain riait sous cape à ses côtés. Peut-être bien. Mais, du reste, elle était quand même sacrément froide ! insista Connor. Les cinq amis restèrent un moment sur la plage à admirer le paysage, tout en se faisant sécher comme des harengs au soleil avant de regagner le château. * * *Quelques semaines plus tard. Château de Dunvegan, île de Skye (fief du clan MacLeod).
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