Puzzle

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Lorsque David de Souza, fils de l’actuel président de la République du Bénin et Commandant dans l’armée de l’air béninoise est contacté par Iris d’ALMEIDA incarcérée depuis trois années pour le meurtre de la première dame du Bénin, ce dernier refuse catégoriquement d’entrer en contact avec la jeune femme qui avait mis fin aux jours de sa mère. Convaincu de sa culpabilité, David va néanmoins se rendre très vite compte qu’Iris a de nombreuses révélations à lui faire sur des parties de l’histoire qui étaient restées jusque là dans l’ombre. Rescapé d’une tentative d’assassinat dont la jeune femme lui avait fait part quelques minutes avant qu’il ne lui raccroche au nez, David sera contraint de se rendre à la prison civile de Cotonou pour rencontrer cette dernière. Dans cette histoire ou les apparences se révèleront plus que trompeuses, David se laissera entraîner dans une histoire pleine de rebondissements inattendus ou il devra assembler les différentes pièces du puzzle que lui fournira progressivement Iris afin de découvrir les vérités habillement cachées sous une montagne de mensonges.

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Date de parution 18 septembre 2017
Nombre de visites sur la page 16
EAN13 9782312054230
Langue Français

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Puzzle
P l u m e d ’ E l s a
P u z z l e
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2017
ISBN : 978-2-312-05423-0
Je dédie ce livre à
Mon bien aimé et mon fils ainsi qu'à toute ma famille.
Toi Bintou Camara, tes prières me vont droit au coeur.
Arielle Ahouansou et Pamela Yamadjako
merci pour votre soutien indéfectible.
Toutes les personnes qui m'ont toujours soutenu
depuis le début de cette belle aventure.
P r o l o g u e
– Aimes-tu le plat que j’ai commandé pour toi ? demanda Hanna en me fixant
intensément.
– …
– David, s’il te plaît. Je t’ai posé une question. Peux-tu prendre la peine de me
répondre s’il te plaît ? fit-elle en posant sa fourchette.
– Que veux-tu que je te dise ? On se trouve dans un restaurant. Le plat que tu as
commandé à été cuisiné par d’autres personnes. Ce n’est pas comme si c’était toi qui
avait pris ton temps pour le préparer. Quelle réponse attends-tu de moi Hanna ? fis-je en
souriant machinalement.
– Tu es grotesque ! On est dans un lieu public en train de déjeuner. J’essaie
d’établir la communication entre nous mais tu t’obstines à faire comme si ma présence
n’était pas désirée à cette table. Que t’arrive-t-il David ? Tu vois une autre femme ?
Elle avait levé légèrement la voix en prononçant sa dernière phrase. Ce qui eut le
don d’attirer l’attention des clients proches de notre table. Nous nous trouvions dans un
des meilleurs restaurants du centre ville : Le Majestic ! Toutes les personnalités de la
ville se battent pour avoir une table dans ce restaurant. Le propriétaire est un coréen qui
a su investir son argent faisant de ce lieu, un endroit destiné non seulement au plaisir du
palais, mais également à la connaissance de nouvelles personnes. On raconte que
certains clients viennent déjeuner ici en espérant rencontrer des personnalités ciblées.
Les prix sont faramineux mais le service est excellent. On en ressort toujours satisfait.
– Je ne vois aucune autre femme Hanna. Peux-tu éviter de nous donner en
spectacle ? Je ne suis absolument pas d’humeur à supporter tes excentricités.
– …
Hanna Ouedraogo baissa les yeux sur son assiette. Je repris ma cuillère histoire de
continuer à savourer mon repas mais je fus surpris de constater que j’avais perdu
l’appétit. J’avais soupiré silencieusement en laissant mon regard glissé sur la jeune
femme assise en face de moi. Laissez-moi vous présenter ma compagne depuis six ans :
Hanna Ouedraogo. De nationalité burkinabé, la jeune femme est âgée de trente-un ans.
Elle est grande de taille ce qui n’enlève rien à sa beauté. Car je dois bien reconnaître que
c’est une très belle femme. De teint clair, elle correspond aux femmes très belles qu’on
voit de nos jours dans la ville de Cotonou mais la différence qu’elle est la fille de
l’actuel premier ministre du Burkina-faso. Son teint clair est son plus grand atout. C’est
la première chose qui m’a frappé dans l’œil quand je l’ai vu la première fois. Ensuite, je
me suis intéressé à ses courbes envoûtantes et à son joli minois. Je me suis jeté dans la
relation sans me rendre compte que je me jetais dans un piège.
Je m’appelle David de Souza. Je suis de nationalité béninoise et je suis âgé de trente
six ans. Je fais partie de la famille de l’actuel président du Bénin. Je veux nommer le
Président Gildas de Souza. En réalité, je suis jumeau. Mon frère s’appelle Davis de
Souza et il est l’actuel Procureur de la République. Nous sommes les seuls enfants de
notre père. Ma mère Élise Béatrice Gagnon (Qu’elle repose en paix) avait eu des
complications lors de l’accouchement et avait été obligée de subir une hystérectomie
totale. Nous étions donc sa seule fierté. Elle nous a quitté il y a trois ans alors qu’elle
n’avait que cinquante-six ans. Mais c’est encore une autre histoire. Revenons à moi. Je
suis un homme de la loi comme mon frère mais je suis plutôt du côté de l’action.Certaines personnes pensent que je suis à mon poste actuel juste parce que mon père
m’a pistonné mais elles ignorent la vérité. Je n’ai pas eu un parcours facile et tout ce que
je possède aujourd’hui, je le dois à mes efforts.
– Je suis fatiguée de ton comportement David. On va bientôt se marier. Mais tu n’es
jamais à la maison. Tu es toujours au travail et on dirait que ton boulot compte plus que
nous. Quel genre de couple forme-t-on ?
– Ce n’est ni le moment ni le lieu adéquat pour parler de notre vie privée fis-je sur
un ton coupant.
– Et quand est-ce qu’on pourra en parler ? Tu n’es jamais là. Je ne peux pas
préparer le mariage seule !
– Pourquoi est-ce que tu es pressée de préparer le mariage ? On a tout le temps
Hanna.
– Tout le temps ? Je prends de l’âge et je veux dépasser cette étape. Tu m’as
demandé en mariage il y a déjà trois ans. Tu es un homme distingué et ton père est le
Président de la République. Donc ce n’est pas l’argent qui te manque. C’est juste la
volonté qui commence à te faire défaut.
– Ce n’est pas une question d’argent et tu le sais très bien. Je pense qu’on devrait en
parler ailleurs. J’ai des rendez-vous tout-à-l’heure.
– Comme d’habitude ! Mes parents commencent franchement par s’impatienter. Tu
comptes m’épouser ou pas ? Ils veulent assister au mariage de leur unique enfant.
– …
– David ? fit-elle ébahie devant mon silence.
Mon portable se mit à sonner me libérant de cette discussion désastreuse. Je ne
pouvais pas lui faire part de mes incertitudes ici. Elle risquerait de me faire un scandale
qui fera la une des journaux. J’ai une réputation à préserver. J’ai pris mon portable
malgré son air courroucé.
– Que fais-tu ? On est en plein milieu d’une discussion. Oublie un peu le travail
bon sang.
– Je suis payé pour répondre présent à chaque fois qu’on a besoin de moi. Certains
d’entre nous doivent travailler pour justifier leur salaire mensuel dis-je sur un ton
mordant.
J’ai décroché en la regardant. Elle peut feindre d’être offensée par ma remarque
mais nous savons que c’est son père qui lui donne l’argent qu’elle utilise pour maintenir
son style de vie très élevé. C’est l’un des sujets sur lequel on ne s’entend pas du tout.
– Allo ? fis-je. Graciella ? Il y a un problème ?
– Désolée de vous déranger pendant le déjeuner mon Commandant mais il y a une
femme qui demande à vous parler de toute urgence. Elle m’a dit que j’aurai sa mort sur
la conscience si je refusais de vous mettre en contact. Je sais que je n’ai pas le droit de
vous déranger comme ça mais elle semble mal en point.
– Elle est au bureau ? fis-je étonné.
– Non. Elle est en ligne Monsieur. Que dois-je faire ?
– Elle appelle d’où ?
– Je ne sais pas. C’est un numéro masqué mais je peux demander aux hommes de
la localiser si vous le désirez.
– Non. Transférez moi l’appel ordonnai-je.
J’ai attendu quelques secondes avant qu’une voix féminine aux intonations légèreset en même temps roques ne se fasse entendre à l’autre bout du fil.
– Commandant de Souza ? fit-elle.
– C’est moi. À qui ai-je l’honneur ?
– Promettez moi d’abord de ne pas raccrocher s’il vous plaît. Mon nom ne fait pas
l’unanimité ces derniers temps. Et je sais que c’est le dernier nom que vous auriez envie
d’entendre.
– Je vous écoute Madame.
Hanna se leva brusquement et pris son sac. Sans m’accorder un regard, elle se
dirigea vers la sortie. J’aurai pu raccrocher et lui courir après mais très franchement, je
n’en avais pas envie. On se retrouvera à la maison pensai-je sur le coup.
– Je m’appelle Iris d’almeida.
Un silence pesant s’installa après qu’elle ait donné son nom. Je me crispa. Mon
cœur se mit à battre plus vite et je serrai machinalement les poings. Comment ose-t-elle
m’appeler ? pensais-je interieurement ! Comment ?
– …
– Je n’aurai pas pris la peine de vous appeler si ce n’était pas important. Je suis en
danger de mort. J’ai besoin de votre aide.
– Raccrochez immédiatement. Je ne veux même pas savoir comment vous vous êtes
procurée un portable depuis votre cellule. Je ne veux rien savoir Madame. Raccrochez et
ne me rappelez plus jamais dis-je sur un ton froid.
– J’ai des informations qui pourraient être capitales pour vous dit-elle rapidement.
Je suis prête à briser le mur du silence mais j’ai besoin de votre protection. Vous êtes un
homme très influent dans le monde de la loi.
– Quel toupet ! Vous avez assassiné ma mère et vous osez m’appeler pour me
demander un service ? Vous pouvez crever !
– Je suis innocente ! Je n’ai pas tué votre mère et je peux le prouver. Mais il
faudrait que je reste en vie pour le faire. Je suis en danger. Ils veulent me tuer.
– Qu’attendent-ils pour le faire alors ? répliquai-je sur un ton sec.
– Vous êtes en danger également. Ils vont tenter de vous tuer ! Vous devez me
croire. Je peux vous aider à…
J’ai raccroché sans crier gare. J’ai envoyé un message à Graciella pour lui demander
de ne plus me passer un appel du genre. Mon regard se durcit en même temps que
l’envie de meurtre que je cachais au fond de moi se réveillait. Elle pouvait crever et aller
brûler en enfer. Je ne lèverai pas le petit doigt pour lui venir en aide. Elle venait tout
simplement de gâcher ma journée. Je helai le serveur afin qu’il m’apporte l’addition.
Elle ne méritait même pas que je perde mon temps à penser à elle. C’était sûrement une
tentative désespérée pour attirer l’attention sur elle. Je ne tomberai pas dans son piège.
– Vous n’avez pas aimé le repas ? demanda le serveur en fixant le contenu des
assiettes à peine entamé.
– Si dis-je en souriant mais un rendez-vous urgent s’est interposé. Désolé. Puis-je
avoir l’addition ?
– Oui bien sûr. Votre frère et sa fiancée aimaient aussi ce plat. Surtout elle.
– Sa fiancée ? fis-je en souriant comme si je savais à qui il faisait allusion.
– Oui. Je suppose qu’il a vécu très mal ce qui s’est passé. C’est horrible ce qu’elle a
fait. J’ai même entendu dire qu’elle entretenait des rapports sexuels avec le Président.
C’est grostesque !– …
– Je suis désolé. Je me mêle de ce qui ne me regarde pas.
– Attendez ! Mon frère avait une relation avec Iris d’almeida ?
– Oui répondit l’homme en me fixant d’un air désolé car il avait compris que je
n’en savais rien. Je vous apporte l’addition Mon Commandant.
Il n’existe pas de mots exacts pour décrire l’état de perplexité dans lequel m’avait
plongé la révélation de ce serveur. Davis est resté près de moi durant toute la période
qu’avait duré l’enquête. Il s’évertuait à lancer des piques quand un journaliste demandait
si Monsieur le President avait bien eu une liaison avec la meurtrière de son épouse. Mais
à aucun moment, il n’avait ouvert la bouche pour me dire qu’il était l’amant de cette
femme au même titre que son père. Il est veuf depuis quatre ans et il elève son fils
unique tout seul. Iris était donc aussi sa maîtresse ? Pourquoi ne m’avait-t-il rien dit ?
S’il a pu me cacher ça, quel autre détail de cette sordide affaire a été passé sous le
silence ? Comment une femme emprisonnée depuis trois ans peut-elle m’appeler pour
me dire que je suis en danger ? Je n’avais pas envie de m’énerver davantage. Je préfèrais
penser à autre chose.
Le serveur est revenu et j’ai payé mon addition. J’ai ramassé mes clés et je suis sorti
du restaurant. Je n’aime pas trop être remarqué quand je viens ici. Donc je préfère garer
ma voiture dans la ruelle qui se trouve à côté du restaurant. Elle est moins fréquentée et
donc je passe presqu’inaperçu.
J’essayais de réfléchir en me dirigeant vers ma voiture. Jouant distraitement avec les
clés de cette dernière, j’ai malencontreusement appuyé sur la commande de la voiture
pour le déverouillage. J’ai vu ma voiture exploser juste devant moi et je n’ai pas eu le
temps nécessaire pour réagir. La puissance de l’explosion m’a projeté en l’air puis je suis
retombé lourdement sur le sol. Ma dernière vision fut celle de ma voiture en flammes et
les morceaux de la carcasse épars sur la chaussée. Puis ce fut le trou noir.
Début du jeu
* * * D a v i d d e S o u z a * * *
Quand j’ai repris connaissance, je me trouvais dans un chambre aux murs peints en
blanc. Un silence paisible y régnait contrastant avec le bruit de l’explosion de ma
voiture. J’ai tourné la tête pour essayer de poser mes repères. Il y avait des seringues
posés dans un plateau près du lit. L’odeur de l’hôpital m’a ensuite agressé les narines.
Une fois que mon cerveau a enregistré cette information, je me suis soulevé tout
doucement. Je devais me trouver au CNHU (Centre National Hospitalier Universitaire).
Hanna se tenait juste devant la porte en compagnie de mon frère. J’ai dû me racler la
gorge pour attirer leur attention.
– David ! s’écria Hanna avant de s’élancer vers moi. Enfin, tu es réveillé fit-elle en
posant un baiser sur mon front.
– Je suis resté dans les vapes pendant combien de temps ?
– Près de trois heures… Une légère commotion cérébrale et des éraflures. Sinon, tu
vas bien répondit mon frère qui me fixait sombrement.
– J’ai failli mourir quand Davis m’a appelé pour m’informer de l’explosion. Ton
père était là mais les affaires l’ont appelé. Il reviendra.
C’est assez hallucinant quand on sait que la présidence se trouve juste en face de
l’hôpital ou je me trouvais. Et que tout père normalement constitué aurait arrêté ses
affaires en attendant que son fils soit tiré d’affaire.
– Je comprends fis-je en reposant ma tête sur le matelas. Qu’est-ce-qui s’est passé ?
– De quoi te rappelles-tu ? questionna Davis en s’asseyant sur le lit près de moi.
– Euh c’est assez flou… Mais je marchais et j’ai appuyé sur la commande de la
voiture et puis l’explosion a eu lieu. Ma voiture a été piégée ! fis-je en me crispant.
– L’hypothèse de l’attentat a été posée. Soit le but était d’attirer l’attention de papa,
soit tu es effectivement en danger. As-tu des ennemis ?
– C’est un interrogatoire Monsieur le Procureur de la République ?
– Non mon Commandant. Mais on pourrait commencer à réfléchir en attendant que
tes collègues se pointent pour te poser les mêmes questions. Tu ne crois pas ? fit mon
frère en souriant.
J’ai dévisagé Davis. Mon frère me ressemble terriblement. Les gens avaient du mal
à nous différencier quand on était plus jeunes. Mais en grandissant quelques différences
physiques sont apparues. Davis est un homme taciturne qui cache ses peines derrière un
sourire poli. Il a perdu sa femme il y a quatre ans… Soit un an avant la mort de maman.
Elle aussi avait disparu dans des circonstances terribles. La voiture qu’elle conduisait
avait fait un tonneau entraînant sa mort immédiate ainsi que celle de deux autres
victimes. Je suppose que l’explosion de ma voiture n’a fait que réveiller de mauvais
souvenirs en lui.
– Avec le métier que je fais, j’ai assez d’ennemis Davis. Toi aussi.
– Je sais mais personne n’a tenté de me tuer. Heureusement que tu n’as rien eu.
– On arrête maintenant de parler de ça. Il faut qu’il se repose protesta Hanna.
– Attend Hanna murmura Davis. Pourquoi est-ce qu’on voudrait que tu meurs
David ? Tu en as une idée ?– Non fis-je sur un ton ferme.
Je me suis souvenu de la jeune femme qui m’a appelé quelques minutes avant que
je ne sorte de ce restaurant. Elle m’a dit que j’étais en danger. Et quelques minutes après,
ma voiture a explosé. Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’elle était au courant de ce qui
allait se passer ? Ou bien elle est à la base de ce qui m’est arrivé ? Il n’y a qu’une façon
de le savoir mais je n’ai pas envie d’aller sur ce terrain.
– Ok. Tu dois te reposer… Il y a des gardes devant la porte. Je vais sur le terrain
pour voir ce que donne les enquêtes pour le moment.
– Je reste avec lui fit Hanna en s’asseyant près de moi.
J’ai failli exprimer mon mécontentement. Je n’avais aucune envie de passer ma
journée enfermé ici avec Hanna. Mais je n’avais pas non plus envie de créer une dispute.
L’heure était grave. Je ne devais pas perdre mon objectivité dans cette histoire.
– Tu as envie de manger ? Je peux aller te prendre un plat au restaurant commença
Hanna.
« Nous y voila » pensai-je intérieurement. Madame préfère aller acheter dehors
plutôt que de préparer à domicile.
– Non. Je n’ai pas faim… j’ai sommeil et je veux me reposer.
– Ok. Je vais laisser les amoureux se retrouver fit mon frère. Je reviens le soir. Fais
attention David.
– Toi aussi ! Apporte moi des informations s’il te plaît.
– Comptes sur moi.
***
– Vous pourrez rentrer chez vous demain si tout va bien. Je ne note rien de
particulier. Les éraflures disparaîtront avec le temps lança le médecin en me souriant.
– Ah enfin ! Je n’en pouvais plus de cette chambre ! s’écria Hanna.
Je lui jetai un coup d’œil perçant avant de ramener mon regard sur le médecin. Il
m’avait prescrit des antidouleurs et s’était éclipsé. La nuit était tombée tellement vite. Les
policiers qui mènaient l’enquête étaient déjà passés m’interroger et sont repartis de suite.
À force de rester couché ici avec Hanna à mes côtés, j’aurai certainement fini par péter
un câble. Cette femme est plus bavarde qu’une pie et c’est seulement aujourd’hui que je
m’en rends compte.
– David, on doit parler de notre mariage. Je sais que tu as failli mourir mais…
– Comme tu le dis, l’heure n’est pas au mariage Hanna fis-je sur un ton exaspéré.
– Je sais mais je ne veux pas te perdre. Je n’ai pas envie que cela arrive et…
– Ce n’est pas en nous mariant qu’on empêchera les gens qui veulent me tuer de le
faire répondis-je en l’interrompant dans sa lancée. Hanna, mets les informations s’il te
plaît.
– Mais je suis sérieuse David. J’en ai marre d’être la fiancée.
– Les informations Madame ! fis-je sur un ton tranchant et dur.
Elle soupira avant d’obtempérer et de m’apporter la télécommande. L’avantage
quand on est le fils du président est qu’on est bien traité quelque soit l’endroit où on se
retrouve. Le directeur de l’hôpital en personne était venu s’enquérir de mon confort et
me proposa d’installer un écran plasma afin que je ne m’ennuie pas.
– Passe moi la télécommande veux-tu ?Elle me l’a lanca en pleine face. Je dus me pencher de côté pour éviter le projectile.
Hanna sortit de la pièce me laissant seul. J’allumais ensuite la chaîne des informations.
J’avais dû attendre près de trente minutes avant que les informations ne commencent. Et
comme je m’y attendais, j’étais à l’honneur.
« Bonsoir Mesdames et messieurs. Je suis heureux de vous retrouver ce soir.
L’évenement qui fait la une des informations est la présumée tentative d’assassinat sur la
personne du Commandant David de Souza, fils du Président Gildas de Souza. D’après
nos sources, sa voiture aurait explosé alors que ce dernier se dirigeait vers elle. Bien
évidemment, le peuple béninois se trouve consterné par cette nouvelle épreuve que subit
cette famille qui a déjà été douloureusement éprouvée. Rappelons que le frère de David
qui est l’actuel procureur de la République a perdu sa femme dans un accident de la
circulation il y a quatre ans. La première dame a été quant à elle assassinée il y a trois
ans. Cette tentative d’assassinat plonge tout le monde dans la stupeur. Le Commandant a
heureusement échappé à la mort certaine qui l’attendait aujourd’hui. Les enquêtes sont
en cours pour déterminer le ou les responsables de cette tentative d’assassinat ainsi que
leurs mobiles »
– Ils ne racontent rien de bon lança Davis en pénétrant dans la chambre. Eteint moi
ça.
– Enfin ! Je pensais que tu t’étais perdu en cours de route.
– Comment vas-tu ? fit-il en s’asseyant.
– Je ne me plains pas… Qu’as-tu découvert ? fis-je pressé de m’informer.
– Les experts ont retrouvé des débris d’explosif qui ressemblent à ceux qu’utilisent
les personnes qui se font exploser au Nigéria. Donc on pense que les gens qui ont posé
cet explosif en bas de ta voiture doivent s’être approvisionnés là-bas. On les retrouvera.
– J’en ai marre d’être couché ici sans rien faire. Demain, je repars sur le terrain.
– Non. Au contraire ! Tu dois te reposer. Papa va t’assigner des gardes et…
– Sûrement pas. Je ne veux pas de garde du corps. Et on doit vite les retrouver.
– Tu n’es pas raisonnable… Ta secrétaire a dit que tu as reçu l’appel d’une jeune
femme quand tu étais au restaurant. Qui était-ce ?
J’ai hésité à lui répondre. Jusque là, Davis ne m’a jamais parlé de sa relation avec
Iris. Je n’ai pas envie de me lancer dans ce casse-tête tout de suite. Je préfère reporter
cette discussion.
– Je n’en ai aucune idée… Elle s’était trompée de personne.
– Tu mens !
– Prouve-le.
– Tu sais qu’on est en train de parler de ta vie ? Tu as eu de la chance aujourd’hui.
Mais ce ne sera pas comme ça tous les jours.
– J’en suis conscient et je suis fatigué. Tu peux te taire s’il te plaît ?
– Tu auras des gardes du corps en permanence.
– Je n’en ai pas besoin fis-je en fermant les yeux.
Je refusais de penser à cette femme… Je refusais de laisser les souvenirs refaire
surface en moi. Et s’il faut pour cela occulter son appel, je le ferai. Pour le moment,
j’étais un peu trop fragile sur le plan psychologique. J’avais besoin de quelques jours
avant de pouvoir réfléchir à la signification réelle de cet appel. Ce qui est certain, c’est
que Iris d’almeida savait ce qu’elle faisait. Maintenant reste à savoir si je rentrerai ou pas
dans son jeu. Les points sur les I
* * * H a n n a C o u l i b a l y * * *
Dès que j’entendis le portail de la maison faire du bruit, je me levai du lit. L’horloge
murale m’indiquait qu’il sonnait plus de vingt-trois heures. J’ai passé un après-midi et
une soirée horribles. Je me suis encore disputée avec David ce matin et je m’attendais à
ce qu’il m’appelle pour s’excuser mais il n’a rien fait du tout. Je ne reconnais plus
l’homme dont je suis tombée amoureuse il y a quelques années et que j’ai accepté
d’épouser. Tout doucement, il a changé sur tous les plans. Je m’appelle Hanna
Ouedraogo. Je suis de nationalité burkinabé et je suis âgée de trente-un ans. Je suis la
fille unique de l’actuel premier ministre de mon pays Lucien Ouedraogo. Mon père m’a
toujours donné tout ce que je voulais. Il avait l’habitude de dire que j’étais sa princesse
et qu’il devait donc me combler au-delà de mes attentes.
Je pense que c’est cela qui a contribué à ce que je sois aujourd’hui une jeune
femme que certaines personnes pourraient qualifier « d’insupportable ». Papa n’a pas
toujours été ministre mais avant d’occuper cette fonction, il travaillait à LA BCEAO
(Banque Centrale des États de L’Afrique de l’Ouest). Ma mère et moi avions donc
toujours baignées dans le luxe. Quand j’ai fait la rencontre de David, je suis tombée sous
le charme. Il rentrait tout juste de la France ou il était en service dans la marine. On s’est
vite épris l’un de l’autre. Les choses allaient bien entre nous jusqu’à ce que sa mère soit
assassinée. À partir de ce moment, David a commencé à changer.
– Bonsoir dit-il en pénétrant dans la chambre qu’on partageait. Tu ne dors pas ?
– Non. Je t’attendais. On doit parler ! dis-je doucement.
– Tu as vu l’heure ? dit-il en desserrant sa cravate. Il se fait tard. Je tombe de
sommeil.
– Tu as mangé au moins ? demandai-je.
Depuis qu’on avait essayé de le tuer il y a une semaine de cela, je suis de plus en
plus inquiète pour lui. Mais on dirait que cela ne lui a pas servi de leçon. Il ne lève
toujours pas le pied.
– Tu as cuisiné ? fit-il en me fixant droit dans les yeux.
– Non mais j’ai pris des plats à emporter en rentrant. Je peux t’en rechauffer si tu
veux.
– …
– David ? fis-je en constatant qu’il tentait à nouveau de m’ignorer.
– Je n’ai pas faim Hanna. J’ai mangé avant de rentrer. Merci pour ta sollicitude.
Il retira sa veste d’un geste machinal et l’accrocha sur un cintre d’une façon qui
trahissait son agacement puis il se mit à déboutonner sa chemise. Très vite, il s’en était
débarassée et l’envoya valser dans un coin de la chambre. Mon regard a glissa sur son
torse musclé pour descendre sur son ventre plat. Son charme d’homme viril en faisait
l’un des spécimens les plus rares que j’avais eu le bonheur de rencontrer. David était un
bel homme et il le savait. Très élancé et svelte avec un teint noir brillant, il ne laissait
aucune femme indifférente. Il a toujours adoré prendre soin de sa personne. Ses
costumes sont souvent taillés sur mesure. À chaque fois qu’il se met en costume, il fait
battre mon cœur plus vite.– Où as-tu dîné ? Tu étais avec une autre femme ?
– Je dînais avec les membres du Cabinet de papa. Si tu prenais la peine de suivre
l’actualité du pays, tu aurais su que j’ai été nommé Directeur de cabinet militaire à la
présidence. Je suis donc allé faire la reconnaissance des lieux.
– Je suis ta femme. Ce n’est pas aux informations que je suis supposée apprendre
ce genre de choses. Du coup, tu seras encore plus inaccessible. Je ne te félicite pas.
– …
– De toutes les manières, c’est ton père qui t’a nommé. Ce n’est pas comme si tu
étais le meilleur candidat pour ce poste.
– Que viens-tu de dire ?
Sa voix claqua comme un fouet dans le silence de la nuit. Je me suis crispée. David
n’a jamais levé la main sur moi mais parfois j’ai peur de lui. Il avait tendance à devenir
un homme dur et intransigeant et dans ces moments là, je préfèrais le fuir.
– Je… je suis désolée. Je ne voulais pas t’offenser fis-je d’une petite voix.
– Tu viens de dire tout haut ce que les autres pensent tout bas. Vous vous dites qu’à
mon âge, je ne dispose pas des compétences nécessaires pour occuper la plupart des
postes que j’ai dirigé jusque là. Vous pensez qu’à chaque fois que je suis promu à un
poste, c’est parce que mon père a été derrière moi pour m’élever. Venant des autres, je
l’accepte mais venant de toi Hanna (Voix méprisante), c’est inadmissible. Tout ce que
j’ai obtenu dans ma vie a été le fruit de mes efforts. Je ne dois rien à mon père. Ma
renommée et les éloges de mon travail sont le résultat de ma persevérance et mon
abnégation dans les responsabilités qui me sont confiées, n’en deplaise à des tiers dont
manifestement tu fais partie. Alors si je suis nommé par mon père en tant que Directeur
de son cabinet militaire, c’est parce que je possède l’étoffe nécessaire pour assumer ce
rôle.
– Peut-être que c’est la raison pour laquelle ce jeune a tenté de te tuer ! Prends le
temps de lever le pied.
– Le problème est que tu ne peux pas le savoir vu que les seules choses qui
t’intéressent en ce bas-monde sont toi et toi. C’est tout.
J’ai tiqué sous l’insulte à peine voilée qu’il venait de me lancer. Je ne pouvais pas
accepter qu’il me parle de la sorte.
– Je ne suis pas une personne narcissique David. Tu es injuste. Ne déverse pas ta
colère sur moi. Fais attention à tes mots.
– Tu voulais qu’on parle n’est-ce pas ? Crevons l’abcès une bonne fois. Tu te
demandes pourquoi est-ce qe je ne m’intéresse plus aux préparatifs du mariage ou même
si le mariage aura lieu. Je ne pense pas qu’on se mariera Hanna.
Mon cœur rata trois battements d’un coup avant de se remettre à exercer tout
doucement sa fonction première. Mes oreilles se mirent à siffler tandis que je sentais
mes jambes faiblir. J’ai dû m’asseoir au bord du lit pour ne pas perdre l’équilibre.
– Pardon ? fis-je dépassée.
– Je t’aime bien Hanna mais je ne peux pas fonder une famille avec toi dans ces
conditions. Tu ne cuisines jamais. Tu as tout ce dont tu as besoin dans la maison mais tu
ne fais rien. Tu ne sais rien faire de tes dix doigts à part pianoter sur ton portable. On a
des domestiques pour tout dans cette maison ! Une qui s’occupe du ménage, l’autre de
la lingerie et j’en passe. Je ne veux plus de cela. Demain, tu congédies tout ce beau
monde et tu gardes une servante. Elle t’aidera en tout. Ensuite, si tu ne sais pas cuisiner
pour ton homme, comment feras-tu quand on aura des enfants ? Ils mangeront aussi lanourriture préparée dehors ?
– Tu m’aimes bien ? fis-je sidérée.
– Après le décès de maman, je n’avais plus la force pour te faire des reproches. Je
me contentai de te regarder seulement. Cette maison est la mienne Hanna. J’ai dépensé
une fortune pour la faire construire. Mais je ne me souviens pas t’avoir demandé
d’emmenager avec moi.
– David fis-je outrée.
– Non ! Je ne te l’ai jamais demandé. Tu es venue un soir pour passer la nuit puis
tout doucement tu as pris tes aises. Tu m’étouffes Hanna. Je ne supporte plus cet état de
choses. Tu ne m’apportes rien de bon actuellement. L’argent que tu claques chaque jour
est important et c’est ton père qui t’encourage dans tout ça. Est-ce que tu m’as encore vu
dépenser la moindre somme dans cette maison ?
– …
– Je ne peux pas travailler vingt trois heures sur vingt quatre heures de la journée et
gagner mon salaire pour qu’une fille à papa qui n’a aucune notion du sens de
l’économie et de la gestion d’un foyer se permette le luxe de tout dilapider. Je suis dans
l’armée béninoise. Donc je risque ma vie tous les jours. J’ai au moins droit à la sécurité
financière.
Je me suis mise à pleurer. Les mots de David me blessaient énormément. Ils me
faisaient passer pour une femme inutile, incapable et frivole. Je n’avais jamais vu les
choses sous cet angle.
– Je ne sais pas quoi te répondre David dis-je en reniflant. Tu sais que je t’aime et
que je veux être ta femme.
– Tu ne le seras pas tant que tu ne changeras pas de comportement. Dis moi à quoi
te sers cette fondation que ton père a mis en ton nom ? À faire bonne figure et la une
des journaux ?
– …
– Je ne te vois pas poser des actes concrets pour venir en aide aux enfants
défavorisés. Alors que c’est le but même de cette fondation. Tu fais quoi de tes
journées ?
– Je travaille ! dis-je sur un ton colérique.
– Je m’arrête à ce niveau sinon je dirais des choses encore plus blessantes. Es-tu
fixée maintenant sur les raisons pour lesquelles on ne se mariera pas ?
– …
Il a retiré son pantalon et l’a jeté sur le lit avant de se diriger vers la salle de bains. Il
n’a même pas fait attention aux larmes qui perlaient lentement au coin de ma yeux
rougis mais masqués par la pénombre. Il se laissait de moins en moins émouvoir
constatais-je. Même sur le plan sexuel, c’était mort.
– Tu veux que je parte de la maison ? lui demandai-je.
– C’est à toi de voir. Tu n’as pas eu besoin de mon avis pour t’installer. Et si ton
père ou le mien m’interpelle dans les jours à venir sur le devenir de notre relation, tu
peux faire une croix définitive sur moi.
– David ? Tu vois une autre femme n’est-ce pas ? fis-je déboussolée. Depuis la
mort de ta mère, tu as changé. Ce n’est pas ma faute si elle est morte. Je ne l’ai pas
assassiné.
Il se figea et je vis son regard durcir. C’était le même phénomène à chaque fois. Onne pouvait pas aborder la mort de sa mère sans qu’il ne se mette dans tous ses états.
– Si tu cherches quelqu’un à qui t’en prendre, va à la prison de Cotonou chercher
cette bonne femme qui l’a assassiné mais ne t’en prends pas à moi. Ne cherche pas de
faux prétextes pour me rejeter. Je suis une belle femme David. Des hommes qui me font
la cour, il y en a. Si tu persistes à me traiter comme si j’étais un parasite dans ton
existence ou pire, une arriviste, je disparais definitivements de ta vie. J’ai une famille qui
me manque mais je suis ici avec toi pour que tu ne te sentes pas seul. J’ai un père qui
s’occupe de moi sans que tu n’aies à le faire. Alors grandis. Tu as beau être
Commandant ou directeur de cabinet militaire du président, tu es avant tout un homme
et tu n’es pas parfait. Tu es bardé de diplômes et de décorations. C’est cela qui te donne
la grosse tête ? Reprends-toi en main sinon tu n’auras plus que tes yeux pour pleurer.
– Quand tu cesseras d’être nourrie par ton père et que tu reprendras ta vie en main,
reviens me voir et on pourra discuter assena-t-il avant de me tourner le dos.
Il entra dans la salle de bain et l’a referma derrière lui. Je m’allongea pour ruminer
en silence. Je pressentais le fait qu’il ne passerait pas la nuit dans ce lit. Il irait une fois
de plus se coucher dans la chambre d’ami. Qu’esperais-je encore d’une pareille
relation ? Que pouvait-il encore m’apporter David ? Devrais-je rester malgré toutes les
reflexions désobligeantes qu’il m’avait faite ? La nuit porte conseil dit-on.
L ’ i n a t t e n d u
* * * D a v i d d e S o u z a * * *
Assis dans mon nouveau bureau que j’occupe depuis ce matin, je laisse mon regard
se perdre dans le vide. Le bâtiment est fait de trois étages et je suis au dernier, ce qui
m’offre une vue imprenable sur la nature qui s’étend à perte de vue. Quand je regarde
vers le bas, je vois les voitures rouler à vive allure. Mais le bruit de la circulation ne me
parvient pas puisque les vitres servent de barrière et la pièce est insonorisée. Au lieu
d’être en train de m’imprégner des nouveaux dossiers que je serais emmené à défendre
ou à refuter, je ressasse le film de ma dispute avec Hanna. J’essaie de repasser tout le
scénario dans ma tête pour voir à quel moment j’ai exagéré ou si je lui ai bien dit tout ce
que j’avais sur le cœur. Ce qui m’a fait sortir de mes gongs était le fait qu’elle ose
insinuer que ma nomination au poste de Directeur du cabinet militaire à la Présidence est
du fait de l’affiliation avec mon père. Elle osait assimiler mon ascension à ce poste au
népotisme que j’exècre !
Je ne pouvais pas accepter que la femme qui partage mon lit ait ce genre de pensées
absurdes. Je suis dans l’armée depuis que j’ai eu mon CEP (Certificat d’Études
Primaires). Davis n’avait pas eu une bonne moyenne comparé à moi. L’État m’avait
alors classé au Prytanée militaire. Maman ne voulait pas que j’y aille mais papa disait
que cela m’aiderait à grandir et à être plus fort. J’ai donc été séparé de mon frère et ce
fut la première cassure dans notre relation fraternelle. J’ai passé tout mon cycle
secondaire dans cette école et je ne rentrais que pour les vacances. Après avoir obtenu le
baccalauréat, j’ai obtenu une bourse pour aller étudier dans une école militaire en
France. Je savais ce que je voulais : Faire régner la paix dans mon pays et être un artisan
de la bonne application de la loi. J’ai eu de bons résultats dans la marine de l’air et j’ai
su me distinguer devant mes compères. J’ai occupé déjà de nombreux postes et malgré
mon jeune âge, j’ai déjà obtenu le grade de Commandant.
Il est vrai que depuis que papa est à la tête de ce pays, j’ai plus de facilité à atteindre
mes objectifs mais cela ne signifie pas que je ne dispose pas des compétences
nécessaires. Ceux qui ont eu la chance de me côtoyer savent que je suis un homme
redoutable. Ma relation avec Hanna s’est dégradée de manière spectaculaire. Au départ,
c’était intense. On s’entendait tellement bien. On avait plein de projets pour l’avenir. Elle
habitait encore au Burkina-Faso mais faisait les allers retours fréquemment. J’étais
vraiment amoureux d’elle et je suis allé jusqu’à la demander en mariage il y a trois ans.
Puis quelques temps après, ma mère a été assassinée et mon monde a changé.
Une fois que Hanna a décidé de s’installer avec moi, j’ai commencé à la voir
différemment. Elle posait des actes qui me laissaient pensif. Comme quoi, il y a du bien
dans le fait de partager sa maison avec la femme qu’on projette d’épouser avant que le
mariage ne soit consommé. Hanna m’a montré des aspects de sa personnalité qui ont fait
naître des doutes en moi et cela s’est aggravé au fil des mois. Comment est-ce qu’une
femme peut ne pas savoir cuisiner ? C’est la moindre des choses quand même. Elle ne
sait rien faire du tout à part prendre soin d’elle-même. Comment vais-je pouvoir la gérer
pendant des années de vie commune ? J’aurai pu lui en faire part depuis un bon moment
mais je n’avais pas la tête à cela. Je ne voulais pas aborder le sujet parce que cela aurait
fait sonner le glas de notre relation. Voilà que nous en sommes là.
Un coup frappé contre la porte de mon bureau me fit sortir de ma rêverie. J’aiouvert un dossier devant moi avant de demander à la personne qui se trouvait de l’autre
côté de la porte d’entrer.
– Monsieur, désolé de vous déranger. Votre frère est dans la salle d’acceuil.
– Faites le entrer Graciella dis-je en me levant avec un sourire sur les lèvres.
Je n’ai pas d’ami. J’ai des collègues avec qui je m’entends bien mais sans plus.
Davis est le seul avec qui j’essaie d’être proche mais ce n’est pas toujours évident. Le
fossé entre nous s’agrandit chaque jour et chacun a évolué de son côté.
– Monsieur le Directeur du cabinet militaire s’écria mon frère quand il pénétra dans
mon bureau. Tu ne comptais pas m’informer n’est-ce-pas ?
– Ne soit pas idiot dis-je en riant. Je n’ai pas eu le temps de le faire. Comment
vastu ?
On se salua d’une poignée de mains vigoureuses. Davis avait l’air soucieux. Depuis
qu’on avait essayé de me tuer, il m’appellait beaucoup plus et et devenait de plus en plus
présent dans ma vie. Les enquêtes menées avaient conduit à un jeune de nationalité
nigériane mais on n’avait mal mené son interrogatoire. En essayant de défendre, il a tiré
sur les policiers qui n’en demandèrent pas plus pour l’abattre froidement dans une salve
de tirs nourris. Du coup, la seule piste tangible n’avait pas apporté les réponses
attendues.
– Je vais très bien mon Commandant. J’étais dans le coin et je me suis dis qu’il
vallait mieux venir te voir que de t’appeler. Tu as un beau bureau dit-il en laissant son
regard traîné sur le décor.
– Je sais. Assieds-toi. Je te sers quelque chose à boire ?
– Un verre de whysky.
– À cette heure de la journée ? Ton boulot te rend malade ou quoi ?
– Les problèmes ne manquent jamais au travail surtout quand on occupe mon
fauteuil. Ce n’est pas de tout repos. Tu feras l’expérience avec ce nouveau poste.
– Le Procureur de la République se plaint de son travail dis-je en riant. Si cela peut
te rassurer, dis toi que tu fais enfermer les méchantes personnes et ainsi tu contribues à
la quiétude des populations.
– Ce sont les hommes comme toi qui bravent les dangers qu’il faut alors féliciter.
Mais je ne suis pas là pour taper les divers. Hanna m’a appelé. Qu’est-ce que tu as fait ?
– Ha ! lâchai-je en le fixant. Vous êtes copains maintenant ?
– Oui. On s’est toujours bien entendu et tu le sais. Tu veux la quitter ? demanda
mon frère.
– Elle t’envoie me poser la question Davis ? Tu es devenu son conseiller en matière
de relation de couple ?
Davis a compris que le sujet était délicat. Il a soupiré. Il portait son costume avec
beaucoup d’élégance. Je devais reconnaître que mon frère est un bel homme.
J’entendais souvent des bruits de couloir par rapport à ses nombreuses conquêtes mais
je me suis toujours interdit de m’en mêler. Pourtant quand je repense à ce que m’avait
dit le serveur, je dois bien admettre que le doute me taraudait l’esprit a l’instant et que
j’avais besoin de me vider la conscience.
– Ne te braque pas David. Normalement avant de prendre de telles décisions, tu
devrais m’en parler d’abord.
– Pourquoi ? Tu ne me dis pas tout ce qui se passe dans ta vie non plus. C’est ma
vie privée et je n’ai pas de conseils à prendre avant d’agir.