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Français

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D'un quartier ouvrier... aux quartiers de la finance

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Description

Pierre Lamy est un Montréalais né dans un quartier ouvrier et dans un clan familial "tissé serré". Il a fait carrière dans les milieux financiers qui l'on conduit du Québec à New York, en Europe, et en Afrique. Qu'un financier, professionnel des chiffres, entreprenne de déchiffrer sa vie n'est pas fréquent. Il nous fait partager son itinéraire singulier grâce à différentes écritures de soi qui jalonnent sa vie : journal, correspondance, agendas, bottins, notes de voyage et de travail, photos, etc.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2010
Nombre de lectures 268
EAN13 9782336263571
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.








D’un quartier ouvrier…
aux quartiers de la finance
Itinéraire d’un Montréalais
1938-1983

Histoire de Vie et Formation
Collection dirigée par Gaston Pineau
avec la collaboration de Bernadette Courtois, Pierre Dominicé,
Guy Jobert, Gérard Mlékuz, André Vidricaire et Guy de Villers

Cettecollection vise à construire une nouvelle anthropologie de la
formation, en s'ouvrant aux productions qui cherchent à articuler
"histoire de vie" et "formation". Elle comporte deux volets
correspondant aux deux versants, diurne et nocturne, du trajet
anthropologique.
Le voletFormations'ouvre aux chercheurs sur la formation s'inspirant
des nouvelles anthropologies pour comprendre l'inédit des histoires de
vie. Le voletHistoire de vie, plus narratif, reflète l'expression directe
des acteurs sociaux aux prises avec la vie courante à mettre en forme
et en sens.

Dernières parutions

Volet :Formation
Marie-France ROTHÉ,Vivre avec le mal de mère ou qu'est-ce
qui fait courir Julie?, 2010.
Muriel DELTAND,Les musiciens enseignants au risque de la
formation : Donner le la, 2009.
Sabine SENE,Trajets de salariés et bilan de compétences.
Quelles trans-formations ?, 2009.
Marie-Odile de GISORS,Veilleurs de vie. Rencontres en
tendresse, 2009.
Annemarie TREKKER,écrivent. Enjeuxs’ »Des femmes «
d’une identité narrative, 2009.
D. BACHELART et G. PINEAU,Le Biographique, la
Réflexivité et les temporalités, 2009.
Franco FERRAROTTI,Les Miettes d’Epulon, 2009.
Isabelle GRAITSON,L’Intervention Narrative en Travail
Social. Essai méthodologique à partir des récits de vie,avec la
collaboration d’Elisabeth Neuforge, 2008.
Danielle NOLIN,L’art comme processus de formation de soi,
2008.
Elizeu Clementino de Souza (coord.),(Auto)biographie. Ecrits
de soi et formation au brésil, 2008.
Ronald MÜLLER,Jean Rouppert, un dessinateur dans la
tourmente de la Grande Guerre, 2007.









Pierre LAMY

D’un quartier ouvrier…
aux quartiers de la finance
Itinéraire d’un Montréalais
1938-1983



Préface d’André Vidricaire






L’HARMATTAN































© L'HARMATTAN, 2010
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-12900-9
EAN : 9782296129009















À Diane,
ma conjointe,
pour son indéfectible appui,
qui m’a permis de traduire un projet,
cher à mon cœur,
en un plaisir quotidien.

À Dominique et Alain,
mes enfants,
pour qu’ils gardent traces et souvenirs
de leur famille et de leur milieu.

Remerciements

En introduction, on retrouve l’interrogation «Mais, qu’est-ce au
juste qu’un itinéraire?» André Vidricaire me pose cette question
après la lecture du premier jet de mon travail. Nous nous
rencontrons à plusieurs reprises pour en discuter et nos échanges me
mènent à des questionnements méthodologiques importants ainsi
qu’à des remises en question parfois douloureuses.

Je ne saurais assez dire combien son accompagnement me fut
agréable et essentiel. Agréable parce que je retrouvais un ami, perdu
depuis des lunes. Essentiel parce que nos échanges m’ont permis de
mieux travailler à la construction du sens ainsi qu’à mettre en
valeur, de façon plus complète, les différentes facettes de mon
cheminement.

Grand merci, cher André, pour cette disponibilité.

Un peu plus tard, en novembre 2008, quand la version finale est
complétée, j’en soumets le texte au regard critique de quelques
lecteurs, des gens de tous horizons. Je souhaite obtenir leurs
commentaires, sans réserves, sur le fond, la forme, la méthodologie,
le style, la langue, etc. Je fournis donc un dernier effort pour donner
suite à certains de leurs commentaires et suggestions. Je voudrais
remercier sincèrement tous les membres de ce comité de lecture:
Marielle Breault, Diane Charland, Rachel Jetté, Andrée Condamin
et, bien sûr, André Vidricaire.

Pour leur travail autour du manuscrit, un remerciement spécial à ma
sœur Francine, pour son précieux travail de relecture; à Diane
Provost, pour la réalisation d’une mise en page minutieuse; et, enfin,
à Marie-Ève Rodrigue, pour l’illustration de la page couverture.

Table des matières

PRÉFACE
Se raconter : donner une mémoire, par André Vidricaire …………….….. iii

1.

2.

3.

Genèse d’une écriture personnelle

Questions d’itinéraire …………………………………………..….. 3
Construction d’une méthode ………………… …………………..9


Vertes Années dans un quartier ouvrier : 1938 – 1963

Contexte familial …………………………………………..….....27
L’enfance - 1938 – 1943 …………………………………………. 31
L’école primaire - 1943 – 1950 ……………………………….…..35
Les années de pensionnat - 1950 – 1955 ………………………....39
La vie étudiante à Montréal - 1956 – 1959 ………………………45
L’École des hautes études commerciales - 1959 – 1963 ………….53

Internationalisation de la finance sur fond de vie familiale : 1963 – 1983

Premiers élans - 1963 – 1970 ……………………………….……67
Les ailes brisées - 1970 – 1971 …………………………………...81
À mon compte - 1971 – 1974 …………………………….....…...89
Vers l’international - 1974 – 1979 …………………………….…99
Sur fond de bouleversement - 1980 – 1983 ……………..………. 125

CONCLUSION ……………………………… ……………………..…..155

i

PRÉFACE

Se raconter : donner une mémoire

L’amitié qui me relie à Pierre Lamy ne saurait s’exprimer que par
une reconnaissance de sa contribution dans les domaines théorique
et pratique de l’approche des histoires de vie. C’est pourquoi, je
choisis de souligner et de décrire la nouvelle forme de récit que
développe Lamy pour résoudre des problèmes de mémoire et
d’histoire qui sont en relation inséparable. D’autre part, je montre
que ce nouveau procédé narratif donne à voir – par l’histoire de vie
singulière qu’on pourra lire avec intérêt – et à penser une nouvelle
conception de la vie humaine.
1. PROBLÈME : MÉMOIRE ET HISTOIRE :
Dans saGenèse d’une écriture personnelle », Lamy témoigne qu’en
panne de mémoire, il ne pouvait raconter :
« …butantsur des dates, un visage, certains lieux, des
circonstances particulières, des événements, que j’arrivais mal à
bien cadrer dans l’espace et le temps. [...] Parfois, je me
rappelais un événement, mais pas la date. Je pensais à un lieu
mais les circonstances demeuraient floues. [...] (Ces) trois étés à
la campagne [...] m’ont laissé une telle impression de bonheur et
de plénitude que, dans ma tête, même aujourd’hui, je suis
convaincu d’avoir vécu à Rosemère deux fois plus longtemps que
ce ne fut le cas en réalité ».
Que faire de ces oublis et surtout de ces traces multiples imprécises?
Comment objectiver ces souvenirs/témoignages, en discriminer le
vrai du faux? Comment ressaisir en vérité ces expériences de
mémoire? D’autre part, de quoi se souvenir? De quels faits de sa vie
et de quels types de faits dans sa vie? Des événements singuliers,
non répétitifs? Des faits qui se ressemblent et donnent une
orientation? Le souvenir de ce qu’on lui a fait, de ce qu’il a éprouvé
ou le souvenir de ce qui est arrivé? Ce dont il a été témoin passif,
actif? Quoi choisir?

iii

Voulant réaliser un travail de mémoire de soi (sujet) sur soi (objet),
par soi (moyen) – rappel, remémoration, récollection – pour
s’identifier et se (re)connaître soi-même, cette recherche de
souvenirs dont il est «affecté »,devra s’effectuer par l’histoire. En
effet, se donner une mémoire à la fois de ce qu’on a fait, éprouvé et
acquis, et des situations de ce vécu, c’est se raconter et se constituer
une identité personnelle..

2. CONTRIBUTION PRATIQUE/MÉTHODOLOGIQUE :
NOUVELLE FORME NARRATIVE

Pour réaliser ce travail de mémoire et donc le (ré)écrire dans et
grâce à une histoire, Lamy fait une énumération/description des
sources et des références sous le mode d’unehistoire de vie intellectuelle
qui explore et invente, au gré des impasses et des issues, une
nouvelle pratique narrative constituée des éléments suivants :

PÉRIODE TRANCHESDE VIEDIMENSIONS DE LA
VIE QUOTIDIENNE
Temps longTemps moyenTemps court et contingent
Espace défini fait deMouvements de va-et-« Ceque j’ai vu, vécu,
traces et d’empreintes :vient à partir de l’espaceexpérimenté, ressenti »
permanent :
port d’attache
permanent départs,élans, échecs,
etc.

Cette pratique, loin d’être la simple application d’une théorie déjà
existante, s’inscrit néanmoins dans l’approche des histoires de vie
telle que développée par G. Pineau et le mouvement
d’anthropoformation. Par contre, elle se refuse à une construction d’une
narration dans un enchaînement causal de faits («ceci à cause de
cela »), proposant un récit qui prend la forme d’un« itinéraire » au
lieu d’une « trajectoire ». Décrivons ces trois points :
A. Cette biographie d’une personne faite par elle-même utilise
comme méthode l’histoire de vie qui met en scène l’acteur et ses
souvenirs-mémoires. Le tableau suivant montre que les histoires de
vie sous ses diverses formes d’expression du vécu personnel sont

iv

des pratiques qui ont des liens de parenté – sans s’y confondre –
i
avec la « littérature du moi » et la « littérature historique »

Littérature à entrée personnelle: Journalintime, confession, lettres,
littérature intime, littérature du moicorrespondances, essais, livre de
raison, livre de famille
Littérature à entrée temporelle: Généalogies,mémoires, souvenirs,
littérature historiquejournaux de voyage, annales,
chroniques, histoire
Littérature à entrée par la vieBios, biographie, autobiographie,
récit de vie, histoire de vie

B.Suite à Valery Larbaud, au lieu de rendre compte des
changements et des transformations de sa personne sous la forme
narrative « du ceci à cause de cela », Lamy s’en tient à un récit de ses
multiples expériences passées sous la forme du «ceci, puis cela».
Son objet est de décrire ou de raconter desacta, cogitata et sentita et
ce, en instants successifs. Bref, reprenant ici dans nos mots, l’article
ii
de Michel Braud , cette histoire de vie semble écrite à la manière des
règles du « journal intime ». En effet, la remémoration de souvenirs,
puis d’un autre, se présente sous la forme d’une entrée séparée
momentanée. Même si Lamy occupe une position rétrospective de
sa vie, comme le diariste il évoque son passé ponctuellement, à
savoir en une suite de notes non liées, posées les unes à la suite des
autres dans un ordre chronologique d’unepériode, de telletranche de
vie etsous telledimension de la vie quotidienne. Chaque notation prise
isolément relève bien d’une configuration narrative que Lamy
appelle des «tableaux »ou des «portraits »,mais leur suite ne
s’inscrit pas dans un agencement de pratiques ou d’événements en
une action, ni dans un sujet omniscient.
Néanmoins, cette énumération successive de descriptions et de
microrécits qui sont une remémoration du passé de Lamy, donne à
voir des traits de sa figure individuelle et de son identité personnelle


i
Pineau, G. : « Les histoires de vie comme art formateur de l’existence »,Pratiques
de formation, n. 31, fév. 1996, p. 67.
ii
Braud, M. : Le journal intime est-il un récit? »,Poétique,nov. 2009, n. 160, p.
387396.
v

dans son déroulement temporel. Une trame d’existence se trouve
fixée par écrit, trame assurément fragmentaire, échappant à toute
organisation logique et ouverte sur l’avenir, mais dans laquelle le
diariste reconnaît son existence et dans laquelle le lecteur reconnaît
une existence.
Aussi, sa manière de raconter est une forme de récit.
C. Maiscette histoire de vie de Lamy n’est pas un journal intime
destiné à l’analyse du moi-soi, mais plutôt, à la suite de Valery
Larbaud, unitinérairequi, à la différence de latrajectoireoù le point
d’arrivée est connu et les faits sélectionnés en fonction de ce point
d’arrivée, est constitué de ce qu’il a vu, vécu, expérimenté et ressenti
iii
qui sont des possibles.
Quel en est le procédé d’écriture? Le « monologue intérieur ». Celui
qui monologue n’est pas le narrateur, mais bien le personnage qui
dit JE et conduit le récit sans savoir où il mène, se laissant guider
par ce qui lui arrive, livrant le lecteur à l’imprévu de ses réactions –
émotions, altérations du jugement moral, désordres de la
contingence – et des événements qui en découlent. En 1913, dans
une revue, puis en livre en 1923, Valery Larbaud publie sous le
pseudonyme deA.O. Barnabooth, un mélange de poèmes, journal
intime et essai: tout ce qui arrive découle, dans une démarche
tâtonnante, des états d’âme, des décisions imprévisibles du
personnage, des rencontres qu’il fait et de leur influence sur lui. En


iii
la trajectoire (terme) originaire des champs deArdoino, J. écrit que «
l’astronomie et de la physique [...] correspond à un mouvement prédéterminé,
programmé traçant la course […] d’un mobile, inerte par lui-même, mais
propulsé à partir d’une source d’énergie.. ». « L’idée de trajectoire exclut tout à la
fois les rythmes propres à chacun, le caprice, la fantaisie, l’imaginaire,
l’inconscient. Ce seront finalement beaucoup plus des images de trajet, de
parcours, de cheminement, d’itinéraire qui conviendront, voire s’imposeront.
Avec elles, le cours (et non plus la course) d’une démarche, les hésitations, les
lenteurs, les accélérations, les ruptures retrouvent droit de cité. Le ralentissement
ou la cessation d’une progression n’apparaît pas forcément en tant qu’échec,
comme dans le cas le plus fréquent d’une trajectoire interrompue avant d’être
parvenue à son terme programmé. Marquer le pas, faire une pause, résister,
régresser, ne frappent nullement d’interdit l’intention initiale et peuvent devenir le
cas échéant des facteurs de maturation» («Éditorial »,Pratiques de formation
1996, p. 6, et note 4).
vi

1926, Larbaud récidive et écritMon Itinéraire, à la demande de
A.A.M. Stols, qui énumère tous les endroits visités et« tout ce que j’ai
vu ayant contribué à la formation de mes ouvrages».énumération Cette
chronologique de la géographie de son existence est le terrain de
tous ses livres.
Il en va de même de l’histoire de vie de Pierre Lamy: celui qui
conduit le récit n’est pas Pierre Lamy, sorte de sujet pensant à la
source de tout savoir, mais « ses personnes dans sa personne » pour
iv
reprendre l’expression de Desrochesqui apparaissent ici sous la
forme de multiples souvenirs-mémoires hétérogènes. En effet, il n’y
a pas une seule mémoire même pour l’individu, mais plutôt une
pluralité de souvenirs-mémoires différents, qui s’étalent les uns à
côté des autres, isolément, en grappes et séquences désordonnées.
Or, faire l’histoire de ces traces, en construire un récit consiste, ici, à
rendre visible et à donner à voir, à l’image de l’oignon dont on ôte
les pelures une à une, sans atteindre un cœur, l’écoulement, la
dispersion et la dissémination d’un parcours de vie et son maintien.
3. CONTRIBUTION THÉORIQUE
Cette façon d’écrire de Lamy s’inscrit, me semble-t-il, dans la
littérature moderne qui a effacé les dernières marques de l’instance
narrative en donnant d’emblée la parole au personnage. En 2007, à
e
l’occasion de la commémoration nationale du 50anniversaire de la
mort de Valery Larbaud à Vichy le colloque avait pour thèmeDu
e
journal intime au monologue intérieur dans la littérature du XXs.« Ce
monologue intérieur (Dujardin, Joyce) qu’il faudrait appelerdiscours
immédiat, parce qu’émancipé de tout patronage narratif, devient dans
le roman moderne un enfermement du personnage dans la
v
subjectivité d’un vécu sans transcendance ni communication ».


iv
Desroches, H. : « Les personnes dans la personne », Anamnèses, n. 15, juil-sept.
1993, p. 55-64.
v
Genette, G. : Figures III, 1972, p. 193 et 198.
vii