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Pensées graves et burlesques - Tome premier

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Livres
180 pages
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Description

J'ai donc mêlé dans le présent recueil des pensées anciennes avec d'autres qui sont inédites. La règle du genre étant la diversité, chacune de celles qui suivent a son caractère propre: grave ou burlesque, imberbe ou chenue, respectueuse ou cynique, impromptue ou réfléchie, chaste ou impudique, sévère ou rigolote, pudique ou égrillarde, compassée ou cabriolante. J'ai pensé que le plus austère de mes lecteurs me saurait gré de ne pas me cantonner dans le registre de l'ineffable, dans les cimes éthérées de la métaphysique, mais qu'il apprécierait de faire des incursions dans les riantes vallées du quotidien. Un effrayant génie avait déjà remarqué, il y a plus de trois cents ans, que l'homme n'était ni ange ni bête. C'est du moins ce qu'on m'a enseigné, et je ne sache pas que le philosophe ait été démenti. Esprit, acuité, concision, précision... Ces qualités exigées par l'art de la pensée en font un art... Aussi, en la matière, peut-on qualifier René Collas d'artisan qui sait parfaitement plier la langue à ses constats et réflexions, et forger, toujours avec élégance, des distiques qui affectionnent les paradoxes et les contradictions... mais aussi les tonalités contrastées, passant du sérieux au léger avec habilité. D'ailleurs, l'auteur ne confesse-t-il pas lui-même, à propos de son inspiration: "Chaque pensée me vient tant par la vigilance, l'effort bien soutenu, que par la distraction"? Ce petit livre pourrait aussi constituer une mine de citations pour le lecteur ou un éventuel écrivain.

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Ajouté le 14 août 2014
EAN13 9782342026771
Langue Français
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Pensées graves et burlesques
Du même auteur
Les Chemins retrouvés,1994
Les Joutes à Semène,1995L’Otage battanghi,1996Le Jugement de Malosson,1997Au service du président,1998Les Avatars de Joseph Boucanant,1999La Dernière aube,1999Le Prince borgne,1999Les Tenants et les aboutissants,2000Mes préjugés,2001Le Valet de trèfle,2001Les Dents de sagesse,2002Le Sage Confucius et votre serviteur,2002Au chaos des cailloux,2002Balthazar et la charge,2002Pensées graves et burlesques,2004Le Livre de ma mère,2004Pensées lapidaires,2004Pensées explicites,2005Distiques de mon temps,2011
René Collas Pensées graves et burlesques Tome premier : Pensées lapidaires
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0119189.000.R.P.2013.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
Avant-propos Les pensées sont d’un genre tout particulier. Celles du terroir, sans doute à l’origine des savantes, font partie de notre trésor collectif et sont donc, comme lui, variées à l’infini. Leur sagesse oscille entre les profondeurs obscures de la philosophie et une pittoresque évidence lapallissienne. Elles prennent toute leur aspérité quand on les insère entre guillemets dans un morceau de prose. Je les aime serrées, concises, percutantes, dans le climat qu’elles affectionnent à la fois lyrique et âprement individualiste. L’acuité de ces adages populaires m’a longtemps charmé, et il m’arrive toujours de me livrer à leur séduction. Je ne renie donc pas leur influence.
* * * Le livre que voici vient d’une longue histoire. Mais ce n’est pas ici le lieu d’en tracer le parcours. Je dirai seulement que j’avais recueilli des pensées moroses inspirées par l’adversité et que je les avais mises dans la bouche glorieuse d’un certain Félicien Montauriol qui se trouva, peu d’années plus tard, dans la même traverse que moi, toute modestie de ma part. Mon loisir m’avait permis cette introspection, comme ensuite de m’intéresser à la sagesse des Nations, puis à la pensée de Confucius. Peu à peu, tous ces trésors se sont superposés à la couche primitive. Et le pli était pris. Je continuai donc de noter sur un petit carnet les idées qui me venaient Dieu sait d’où.
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Chaque fois que je travaillais à ce projet, dans le temps où il était encore peu structuré, mes perspectives se transformaient, même celles qui, au départ, semblaient les plus assurées. Et c’est ainsi que, peu à peu, naquirent les Pensées graves et burlesquesle nom résume bien la dont diversité. Le brouillon d’il y a dix ans a grandi et s’est complexifié. Le texte ancien est à celui qui a suivi, ce que Homo habilisest àHomo sapiens. L’ouvrage actuel est la suite et le développement de tous les recueils successifs.
C’était donc des pensées qui avaient surgi à l’époque où le spectre du cancer hantait ma conscience, suscitant des réflexions tristes et profondes, des méditations sur la mort. Mais il y avait déjà aussi, car telle est ma nature, des pensées frivoles, des plaisanteries, des jeux de mots. Le jour où, pour des raisons matérielles, il me fallut couper le livre en deux, c’est suivant la forme qu’il se divisa tout naturellement et non suivant le fond. À l’image de la nature humaine et de la pensée de chacun, il n’y a pas eu les pensées graves d’un côté et les pensées burlesques de l’autre. J’ai gardé ensemble les pensées courtes, concises, en vers, faites le plus souvent d’un simple distique, rassemblées dans lesPensées lapidaires. Celles qui ont été exclues, en vers isolés ou réunies en groupes de trois ou plus, seront peut-être publiées dans l’avenir si les circonstances s’y prêtent. Les autres, plus longues, plus discursives, en prose, sont lesPensées explicites. Le lecteur trouvera ainsi les deux titres réunis en ces deux tomes sous leur appellation ancienne.
Naturellement, au cours de ces années, j’ai lu ou relu des penseurs classiques et modernes. Il serait bien invraisemblable qu’aucun d’eux n’ait suscité quelque réaction de ma part. Tout ce qui nous environne concourt à cette influence : ce qu’on fait, ce qu’on lit, l’actualité, l’air du temps. Malgré cet écueil, je me targue de ne jamais m’être approprié indûment aucune pensée dans la forme où son auteur l’avait livrée au public. Ni dans la forme, ni
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