La Rédemption, qu'est-ce donc

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158 pages
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La Rédemption? "Rachat du genre humain par le Christ, Rédempteur des hommes" (Robert) ou, plus complet: "le salut apporté par Jésus-Christ à l’humanité pécheresse" (Larousse). Mais parler du péché originel comme motif de la Rédemption est-il bien suffisant? Si nous jouissons du libre arbitre, c’est l’usage que nous en faisons qui peut appeler la Rédemption; l’Église elle-même remet en question le dogme du péché originel. En quoi et comment l’humanité est-elle rachetée? L’horrible image du Golgotha n’est qu’une allégorie, une métaphore, en réalité incohérente. Une grande partie de l’histoire du christianisme est marquée, encore aujourd’hui, par la question: l’humanité est-elle sauvée par ses actes, par son repentir ou bien par la foi? C’est la discussion qu’entretiennent Théophile et Théodule, bien décidés à explorer le fondement même du christianisme… Au fil du dialogue mené par ses personnages bien nommés, Médéric tisse une réflexion captivante sur la notion de Rédemption, cœur du christianisme, en refusant l’idée de dogme, qu’il dénonce comme une contradiction d’autant plus contestable que la théologie tardivement construite sur le message de Jésus, clairement d’amour et non d’holocauste, attache le salut à une horrifiante dramaturgie. Habile et non sans humour, le débat est ouvert.

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Date de parution 31 mai 2012
Nombre de lectures 134
EAN13 9782748385588
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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La Rédemption, qu’est-ce donc ?
Du même auteur
Sous la signature « Vidal Ponsin » Traitement de surface (2002) La Dame de La Chesnaie (2002) Tant va la cruche à Law (2003) Si ce n’est pas vrai… (2003) Sous la signature « Médéric » Retour de bâton (2004) Lambert (2005) De pièces et de morceaux (2006) Un maître chanteur (2006) L’affaire Bagnères (2007) Un remède pire que le mal (2008) La passion d’Émilie (2009) As-tu une intime conviction ? (2010) Au-delà de l’Horizon (2011) Sous la signature « Lucien M. Martin » Cet homme était-il Dieu ? (2011)
Lucien M. Martin La Rédemption, qu’est-ce donc ?
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« Pour un Juif, l’idée de l’Incarnation était déjà scanda-leuse, outrageant la transcendance de l’Unique, suspecte d’anthropomorphie. Mais la Rédemption l’était bien da-vantage. Le sacrifice sanglant qui rédime et qui rachète, c’était celui des bêtes sous le couteau des prêtres, c’était à la rigueur celui d’une chair humaine offerte, tel Isaac ou telle la fille de Jephté, à la puissance terrible de Yahweh : mais Dieu s’offrant à Dieu, Dieu se faisant victime, quel attentat à la notion de Dieu ! »
Daniel-Rops, Jésus en son temps, VIII, p. 435. « Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »
Matthieu, Évangile 9,13 « Je ne me sens pas obligé de croire que le même Dieu qui nous a dotés de sens, de raison et d’intelligence, ait eu l’intention d’en interdire l’usage »
Galilée Découvertes et opinions, 180
Préambule La Rédemption ? Chrétien ou non, chacun sait sans doute ou croit connaître le sens du mot ; la Rédemption, c’est le rachat du péché originel par le sacrifice du Christ, peut-on répondre… Oui, étymologiquement, le mot « ré-1 demption » est synonyme de « rachat » . Mais ce rachat, 2 notion banale et contingente , prend une signification extraordinaire et proprement existentielle quand il se voit préférer le mot « rédemption » et que ce dernier s’orne d’une majuscule ; en effet, un tel rachat désigne alors pour les Chrétiens le sacrifice personnel exemplaire par lequel Jésus-Christ a racheté le péché de l’humanité, assurant ainsi son salut : « Rachat du genre humain par le Christ, 3 Rédempteur des hommes ». Pour être plus précis, et sans anticiper sur l’étude critique de la notion, il faut en rappe-ler l’origine première – du genre des images d’Épinal, dans la tradition populaire : par sa désobéissance à un in-terdit de Dieu, Adam a été, avec sa femme Ève, chassé du
1  Le substantif dérive du verbe “rédimer”, du latin “redimere”, et si-gnifie d’abord “racheter”. Il est intéressant de noter que, par voie populaire, le verbe a généré le substantif “rançon”, somme d’argent, prix que l’on exige pour délivrer une personne qu’on tient captive.2  « Rachat » exprime d’abord l’opération par laquelle un vendeur revient sur la vente d’une chose et l’on parle alors aussi de « réméré », terme juridique qui a la même ascendance étymologique que « rédi-mer », lequel a donné lui-même le substantif « rédemption » ; « rachat » est aussi synonyme de « rançon », lui-même descendant populaire de la « redemptio » latine ; plus tardivement, il prendra encore le sens religieux de « Rédemption ». Nous y voilà.3 Robert numérique.
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4 Jardin d’Éden et condamné à connaître la mort ; le temps a passé – des millénaires, bien plutôt des dizaines de mil-lénaires – et Jésus est venu qui a apporté une nouvelle 5 alliance de Dieu avec les hommes et obtenu le salut de 6 ceux-ci par son acceptation d’une mort « ignominieuse » et atroce.
En vertu de quoi devrait-on s’interdire de rechercher si chacun des éléments de ce drame – « péché originel », incarnation, enfin crucifixion et résurrection – trouve une assise ou une confirmation, notamment textuelle, et, dans l’affirmative, d’apprécier la valeur documentaire et/ou probante de ces appuis. Bien entendu, le lecteur chrétien et, plus encore, le lecteur catholique peut regimber à l’idée même de cette recherche : n’est-ce pas prendre beaucoup de liberté avec les Saintes Écritures, notamment ?
Quand bien même ces réserves seraient pleinement fondées du point de vue documentaire, quand bien même ces textes confirmeraient littéralement et en tous points la doctrine de la Rédemption, je pense que cette recherche resterait légitime si l’on veut bien laisser la raison hu-maine – avec ses faiblesses, certes – s’exprimer. Mais c’est, en outre, l’Église elle-même qui, aujourd’hui, admet une certaine liberté de jugement, touchant notamment la 7 notion de péché originel .
4 Ge 2,17 :« …tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras ». De quelle mort ? C’est une question dont la réponse n’est pas claire.5 Il y en avait déjà eu au moins trois autres : avec Adam, d’abord, sans doute, puis avec Noé après le Déluge, enfin avec Moïse.6 er Bourdaloue, 1 Sermon sur la Passion de J.-C.7  Pour l’Église, l’idée même de rédemption est vide de sens en l’absence du péché originel et la rédemption, d’ailleurs, ce n’est pas seulement la mort du Christ, c’est aussi sa résurrection, qui confirme ou révèlerait qu’il échappe à l’humaine condition, qu’il est le Fils de Dieu. Pas de péché originel, pas de résurrection et, en ce cas :« Et si
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