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Le philosophe et le transfert des sciences et de la technologie en Afrique

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Description

L'accès aux sciences et à la technologie est un problème crucial pour les pays africains, mais il s'exprime souvent en termes de transfert et non de maîtrise de processus. Le véritable développement scientifique et technologique doit être profondément ancré dans la vie sociale et suivre l'évolution de celle-ci. Tout transfert de technologie comporte donc la menace d'une pression sur les structures du pays d'accueil souvent accentuée par le prolongement du rapport de domination.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2010
Nombre de lectures 213
EAN13 9782336274508
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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COLLECTION « PENSÉE AFRICAINE »
dirigée par François Manga-Akoa

e
En ce débutdu XXIsiècle,les sociétés africaines sont secouées par
une crise des fondements.Elle met en cause tous les secteurs de lavie.
Les structures économiques, les institutions politiques tels que lesEtats et
les partis politiques, la cellule fondamentale de la société qu’est la
famille, lesvaleurs et les normes socioculturelles s’effondrent.La crise
qui les traverse les met en cause et audéfi de rendre compte de leur raison
d’être aujourd’hui.
L’histoire descivilisations nousfaitconstater que c’esten période de
crisequeles peuplesdonnentetexpriment lemeilleurd’eux-mêmesafin
de contrer la disparition,lamortet lenéant qui les menacent.Pour relever
ce défidont l’enjeuest lavie et lanécessité d’ouvrirdenouveaux
horizonsauxpeuplesafricains,laCollection« PENSEE AFRICAINE »
participe àlaquête etàla créationdusens pourfonderdenouveaux
espaces institutionnelsdevie africaine.

Dernières parutions

RenéTOKONGALANI,Propos sur l'État-nation,2010.
Pius ONDOUA,Développement technoscientifique. Défisactuelset
perspectives,2010.
RenéTOKO NGALANI,Mondialisation ou impérialisme à grande
échelle?,2010.
RogerMONDOUE,«Nouveauxphilosophes» etantimarxisme.
AutourdeMarxest mortdeJean-MarieBenoist,2009.
AntoineNGUIDJOL,Histoire des idées politiques.DePlatonà
Rousseau,2009.
PiusONDOUA,ExistencesetValeurs.Avenirs pluriels,TomeIII,
2009.
PiusONDOUA,ExistencesetValeurs.L’irrationnelle rationalité,
TomeII,2009.
PiusONDOUA,Existences etValeurs.L’urgence de la
philosophie,TomeI,2009.
PiusONDOUA,Technoscience etHumanisme,2009.
DoumbiaS.MAJOR,Le manifeste pour l’Afrique.Pourquoi le
continent noir souffre-t-il ?,2009.

Ce livre est spécialement dédié à leursExcellencesMessieurs :
Laurent Gbagbo,Président de laRépublique de Côte d’Ivoire
et
AlphaOumarKonaré, ancienPrésident du Mali etAncien
Président de laCommission de l’UnionAfricaine.

L’histoire del’humanité nous enseigne qu’en tout temps, les
hommes ont cherché à dominer et à humilier leurs semblables qui
acceptèrent souventaveclâcheté et sansgloirele faitaccompli,
alors quelesautres serévoltèrentcontre cette barbarie,parfois les
armesàlamain.Alorsétait nélenationalisme : conceptconcentré
du« droitdes peuplesà disposerd’eux-mêmes».Etantéternelet
imprescriptible,tout nationalisme,toute fierté desoiàla condition
durespect minimumdes règlescompatiblesavecl’éthique delavie
dans la communauténationale et internationale,sous peine de
discrédit,quels quesoient laraisonducomportement oule contenu
ducombat, doitêtreune donnéepermanentepour touthomme
libre.

Cettevérité historiquen’aura guère ébranléla certitude d’être
de certainsdenosChefsd’Etat, habitués qu’ils sontd’allerà
Canossapour s’aplatirdevantceux-làqui les méprisentet pillent
nos richesses, etcontinuer,malgré cela, devoguer sur leradeaude
laméduse des illusions, cardeCanossa auradeaudelaméduse,il
n’yaqu’un perdant,l’Idéal,queleursExcellencesLaurentGbagbo
etAlphaOumarKonaréont supréserver pour la dignité de
l’AfriqueNoire etdel’homme africain,pendant leur mandat.

INTRODUCTION

Nul doutequel’immensetravail accompli depuis des siècles et
qui se caractérise par le rythme accéléré dudéveloppement de la
science a été en partie motivé par l’idée que l’homme pourrait ainsi
se rendre maître et possesseur de la nature.Maisunbilan des
résultats de cette activité scientifique avec la technique comme
application fait apparaître aujourd’hui lanégativité de cette
performancequi rappelleson inscription indépassable dansune
nature àlaprofondeurdelaquellesesactivitésconscientes ne
parviennent pasàsemesurer.

En toutcas,le développement scientifique et techniquen’a en
riendiminuél’impuissance deshommesface auxproblèmesde
leur organisationcollective,le déchirementdelasociéténationale
et mondiale,lamisèrephysique desdeuxtiersdel’humanité et
psychique dutroisième.

C’estcequi m’amène àréfléchir sur lasituationdutransfertdu
savoir scientifique et technique enAfrique,saproblématique
interne,sonenracinement,sa fonction sociopolitique.Pour peu
qu’on pousse cetteréflexion plus loin, elle conduitàseposerdeux
questionsessentielles:letransfertdescompétences scientifiqueset
technologiquesenAfriquepeut-ilvéritablement servirà
l’élaborationd’unepolitique de développementéconomique et
social ?Peut-ilcontribuerefficacementàla déterminationdes
objectifsetdes moyensetàlaprévisiondeseseffets sociauxet
éthiques ?Ainsientendue,laquestion queje dois traiter ici ne
prétendpasépuiser tout leproblème.Lasituationactuelle de
l’Afriquese caractériseparcetteoscillation:lapremière,idyllique,
quantàl’importationdelascience etdelatechnologie, fait passer
pour les idéesduphénomène dudéveloppementcequi n’estenfait
qu’unephilosophieoblique,uneidéologie; laseconde, empirique,
persuadequela comptabilité des moyenset lerecensementdes
objectifsconstituentunvéritableprogramme de développement.
Cesdeuxattitudes sont négativeset nepeuventêtrequerejetées ;
elles sont lesconséquencesd’un phénomènequi renvoie à cette
réflexiongénérale :l’identificationdelascience àl’Europe etàses

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extensions nord-américaines.Cette réflexion générale repose sur le
postulat suivant :la science est dans son ensemble,le fait de la
seule positivité occidentale.Et quand lesOccidentauxse désignent
de manière confuse comme les héritiers de ceuxqui ont contribué à
l’élaborationdelascience, c’est toujours pour revendiquer leur
droitàl’exclusivité delascience.

Ainsi,lascience,par ses originesaussibien quepar sondevenir
dans les sociétésautres que
cellesdumondeoccidental,nesera-telleintroduite etdéveloppéequ’auprixd’unesoumissionau
modèleoccidental, érigé en idéal ?Partant,pour que cemodèlesoit
immédiatement transposable etafin que cet idéal soit réalisable,on
recourtà des schémas simplistes qui n’engendrentenfait qu’un
simulacre d’efficacité.Cesdivers schémas se coordonnentautour
de deuxthèmes:lascience estdenature essentiellement
pragmatique, cequiassurelatransplantationdumodèle; les
bénéficesdelasciencesont immédiats, cequi impliqueun
assujettissementà des objectifscommandés pardes intérêts
économiques oudesdécisions politiques…Bref !Lascience avec
latechnologie comme applicationestconsidérée commeun produit
fini,quel’on peut importer, cequidispense d’unevéritable
politique delascience etd’uneréflexion sur lesfacteurs sociaux
propresà chaquepays.

L’influence de cette conceptionfutconsidérablesur
l’enseignementet sur larecherche.Ellene fut nullementébranlée
par sonéchec général,ni mêmepar l’absence de bénéfices
immédiats.

C’est précisémentcet occidentalo-morphismequejevais
examinerafinde comprendre comment ila constituéun obstacle au
développement scientifique enAfrique, comment il révèle
l’ignorance dans laquellesetrouvent lescadresadministratifset les
dirigeantsàqui ilappartientde déciderd’unevéritablepolitique
dans larecherche delascience fondamentale.

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PREMIERE PARTIE

LES LIENS NATURELS DE LA PHILOSOPHIE
ET DES SCIENCES

Lascience a toujoursconstituéunfacteur quiexerceune action
importantesur notreviesociale;elle fait surgirde graves
problèmes sociauxet introduitainsiun intérêtcroissantdans le
rapportentre elle-même et laphilosophie.

Depar lerythme accéléré dudéveloppementdelascience,son
extensionàpresquetous lesdomainesdel’activité humaine,ses
résultatsacquièrentuneportéethéorique et socialetellequ’aucun
philosophe, aucunchercheur oupenseur nepeut passer sous silence
ces questions qui s’élaborent selon lesconditions sociales qui sont
cellesdes philosophes,selon leurculture,leurs réalitéshistoriques
etconcrèteset leurappartenance de classe.

Ainsi, deuxtendances s’opposentdans lasolutiondelaquestion
durapportdelaphilosophie etdelascience :lenéo-positivisme
parexemple érige en principel’approche «strictement
scientifique »detous les problèmes, et réfutequantau
développementdelasciencelavaleur quereprésentel’examendes
questionsclassiquesdelaphilosophie etdela conceptiondu
monde.

En toutcasune chose est sûre :laphilosophie et lascience
constituentun toutharmonieux, encesens que cesontdesactivités
humaines parmid’autres,quifont ressentir leur influencesur le
développementdela culture humaine et qui nepeuventdoncse
développerchacune desoncôtéindépendammentducontexte
socio-économique.

Anotre époque,laviesociale, économique et politiquemetà
l’ordre dujour l’examendétaillé desfonctionsconcrètesdans
lesquelles semanifestent les scienceset sonattitude envers les
autresaspectsdel’activité humaine;cequiexigel’examen (en
philosophie)desdeuxconceptionsdumonde :lamétaphysique et
lematérialisme dialectique.

Ilconvientdonc de distinguerd’uncôtélaphilosophiequi part
d’uneinterrogation sur lesfondementsdusavoir, etdesvaleurs (le
vrai,le beau,le bien,lemal, etc.)cequi l’amène àremettre en
causetous lesdogmeset toutcequiest transmis par latradition, et

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