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Les sentiers initiatiques

De
240 pages
"Dès qu'il a pris conscience qu'"il est", l'homme n'a cessé de s'interroger sur son passé, son présent, son avenir : son existence. Si la certitude l'a placé dans le savoir, l'incertitude l'a plongé dans le mystère ; il a fait de sa sécurité son premier souci et du développement son rêve. Des quatre coins du monde, la croyance au surnaturel est une préoccupation constante et soutenue. Pour y accéder, une seule porte : l'initiation. Chez vous cela se passe comment ? Pour certains peuples d'Afrique, lisons cet ouvrage.
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Les sentiers initiatiques
Exemple des « chambres » mpoo-bassa du Cameroun

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12555-1 EAN : 9782296125551

Richard Mbep

Les sentiers initiatiques
Exemple des « chambres » mpoo-bassa du Cameroun

L’Harmattan

AVANT-PROPOS Ce document est le fruit de longues recherches et palabres, sans oublier de très riches conversations avec certains de nos pères et aînés. Il ne s’agit pas ici d’un livre d’histoire, de sociologie, ou d’ethnologie. Ceci n’est pas un travail de scientifique. Il s’agit au prime abord de bribes de mémoires obtenues de-ci delà, confrontées à d’autres sources, découpées, recoupées et retenues consensuellement comme vérités du moment. N’allons pas lire ici ce qui n’a pas été écrit. Nos parents comme les leurs n’ont pas écrit, mais ils ont beaucoup parlé ; Ce sont certains bouts de ces conversations et réflexions que vous lirez ici. Personne, ni un groupe de personnes, ne sont visés dans une ligne quelconque. Il ne s’agit que de repères à partir desquels les scientifiques pourront orienter des recherches profitables à tous. L’idée de confectionner ce document nous est venue après avoir constaté que la perte des connaissances ancestrales s’accélérait avec la disparition de chacun de nos aînés. A travers ce livre, nous voulons initier une nouvelle dynamique créative de productions culturelles dans les domaines tels que le conte, les arts, la littérature, etc. Il s’agit d’un devoir de mémoire. Oeuvrons afin que, plus jamais, quelqu’un ne dise : « mes aînés ne m’avaient rien dit ». Tout au long de cette promenade, le lecteur aura quelquefois l’impression que nous nous écartons du sujet principal dont il est question dans ce livre. Le sujet traité est si vaste qu’il demande une longue réflexion pour être compris. La répétition étant une vertu pédagogique, nous nous sommes permis des redondances.

REMERCIEMENTS A Mes parents : Le regretté Mathias Mbèp Mme veuve Mbèp née Ngo Makang Julienne Ma très chère et tendre épouse : Mme Mbèp née Ngo Mbenoun Berthe Mes chers et bien-aimés enfants : Mbèp Jeanne Pierrette Mbèp Claude Julienne Mbèp Mathias Victorien A tous, ma reconnaissance éternelle. Je dis merci : A Mlle Madeleine Bitti pour les travaux et conseils en montage. A Mme Mbèp pour la concrétisation des travaux de sténographie, de dactylographie et d’informatique. A messieurs Alexandre Ndongola et Laurent Nkakè pour leur disponibilité. A tous ceux, de toutes races, de toutes origines et de toutes confessions dont les noms ne figurent pas ici malgré leur déterminante contribution. Cependant, nous citerons les regrettés : Aouè Tjombè (de Metounga, né vers 1900) Ekóksè Oscar (de Bonguen, né vers 1908) Bénd Nkókè (de Yabwand – Apouh a Ngók, né vers 1911) Dipendè Dipendè Paul (de Béon, né vers 1916) Eyikè Obèňè (de Ó’ kutè, Ndog Mbyang, né vers 1916)

Mathias Mbèp (de Mbanda, né vers 1899) Aloys Moutapam (de Mbanda né vers 1891) Thomas Parfait Mbahè (de Béon, né le 15/07/1937) Thobie Mbouma Nsouhè (de Bonguen, 1922) Laurent Etamè Nkógè (de Bonguen, 1918) Michel Tónyè Nkembè (de Mbanda, 1924) Louis Kèlbè (de Mbengué – Edéa, né vers 1916) Joseph Lindoumè (de Appouh, né vers 1932,) Pierre Livóó (de Ónguè, né vers 1935) Joseph Mbóck (de Metounga, né vers 1932) Albert Mbén Meyilla (de Mbanda, né vers 1920) Victor Nsouké a Moutapam (de Mbanda né le03/02/1944) Les remerciements s’adressent aussi à : Jean-Marie Lissoukè Michel Eyikè (de Mbanda, né le 30/05/ 1932) Pierre Ngóó de Belaa Jean-Paul Nkembè de Batombè Simon Tónyè d’Elog Batindi Agnès Nsouké Aouè (de Mbanda, née vers 1924) Philippe Ndjama Moutapam (de Mbanda, né en 1936) Et les regrettés Dr Dikoume Cosme, Mbómbóg Mayi ma Matip ma Matip ma Ndombol. Monsieur Michel Aimé Mouè : je te dis merci pour ton appui constant er multiforme.

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Au professeur Roger Gabriel Nlèp à Dimè. In memoriam

PRESENTATION Ce livre est divisé en cinq parties. La première partie s’ouvre sur la présentation de Mpoo. Mpoo comme homme : sa genèse, son univers, sa descendance, l’implantation territoriale de celle-ci et ses organes de cohésion sociale. sa culture : celle-ci se manifeste plus clairement à travers ses langues, sa religion, le mouvement populaire qui est « la fête mpoo », ainsi que les actes et rites qui rythment la vie de tous les jours.

Furtivement, nous nous introduisons dans la maison de l’un de ses petits enfants ; le clan adiè. Loin d’entrer dans la vie de tous les jours de ce clan pour pénétrer sa nature, nous visitons un de ses regroupements majeurs qui recrée les solidarités (Eti Adiè) et la langue étant le véhicule par excellence de toute culture, celle commune à tous (le bakoko) nous est servie. La vie de tous les jours n’étant pas de tout repos, le quotidien avec les voisins nous est conté. Aoumè, dans la descendance d’Adiè, est la maison qui nous accueille pour nous instruire du quotidien de cette personne (Aoumè) à l’intérieur de son clan. Le traitement de la généalogie dont l’importance est soulignée nous fait découvrir un homme, Aoumè, dans son clan adiè, sa tribu Ya Mbinan ou Elog Aoum et ses familles aujourd’hui éparpillées dans treize villages. La fin de cette première partie traite de la tradition et de la coutume mpoo. De la naissance à la mort, du mariage au veuvage, nous entrons avec émotion dans les sentiments et les moeurs du peuple mpoo sans oublier les interdits qui sont chez les Elog Mpoo l’école par excellence de la morale. La seconde partie nous introduit d’abord dans la traversée de l’enfer par l’homme noir à travers une bulle papale, l’esclavage, la colonisation et d’autres perversions dont les monnaies et les croyances étrangères.

L’initiation qui est l’école de la vie, l’école à la vie, l’école pour la vie remet la personne mpoo dans ce qui fonde ses espoirs et l’installe dans la société des humains ; le lecteur découvre le Pèè. Avec la troisième partie, nous fraternisons avec l’initié: qui estil ? Quel a été son cursus ? Que fait-il ?, Quelle vision a-t-il du monde ?, tout cela nous est conté avec détails. Avec la refondation du Pèè, l’ancien n’est pas mort ; il faut plutôt espérer que des racines enfouies, naîtra une nouvelle Afrique pour un monde nouveau. La quatrième partie nous dirige dans une analyse qui, au lieu de nous apporter des solutions, nous plonge plutôt dans des interrogations : la chefferie est-elle une solution inventée par le colon pour asservir éternellement le nègre ? Pouvons-nous récupérer celle-ci pour en faire un outil de développement ? L’ACTEM est-elle une solution moderne pour traduire les espoirs et les actes des Mpoo en outil d’épanouissement et de développement ? Dans la cinquième partie, les annexes nous entraînent dans la création et le fonctionnement de l’une des chefferies administratives Mpoo, exemple tiré du lot : la chefferie de Mbanda ainsi que certains aspects de la ville d’Edéa, du village Mbanda au Cameroun, dans la province du Littoral, dans le département de la Sanaga Maritime. Les noms propres sont expliqués dans les chapïtres « Que disent les noms - Que disent les mots » Voilà la ballade proposée au lecteur dans ce livre.

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ITINERAIRE Notre démarche nous projette dans la cosmogonie mpoo, son univers global (Pèè) et son voisinage sociologique. De l’ancêtre mpoo à la structure mpoo, nous approchons un des membres pour nous glisser dans sa descendance : Adiè a Likandè. De Adiè a Likandè, nous passons à Aoumè a Mbinan. De Aoumè a Mbinan à l’auteur; c’est partir de la diverse pluralité à l’élément, du macro au micro. Nous essayons de montrer aux autres, la vision de l’univers comme les aïeux mpoo l’ont appréhendé. Dans cet itinéraire, entre autres répartitions dans l’espace, nous distinguons : 1 - Pèè………………….. ou l’Univers. 2 - Si …………………... ou la terre. 3 - Nkóng a Si………….. ou le monde entier. 4 - Ekombo ……….……. ou le territoire, le pays, la nation. 5 - Lilom ……………..... ce sont les habitants éponymes d’un Ekombo (ex. les Elog Mpoo). 6 - Ndaa lilom …………. ou le clan (ex. les adiè). 7 - Mbiya ……………..… ou la tribu (ex. les Mbinan ou Aoumè). 8 - Ndaa Ngogoo ….…. ou descendance des fraternités 9 - Ekaga ………………… ou le lit. (C’est-à-dire, les enfants nés d’une même femme dans un mariage polygamique) 10 - Di ……… ou foyer (ex. Elog Mikóndó, Elog Lissomè). 11 - Lisoho ……………. ou une des divisions d’un Di ; le foyer est construit par des piliers pour porter la marmite, chacun des piliers est un lisoho. 12 – A tan … ou maison : le chef est le Esan’a mi tan, la femme en est le Nyan’a mi tan. Li al …………………….… ou la parenté.

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CHAPITRE I : LA GENESE DE MPOO TITRE I : L’HOMME ET SON UNIVERS N’Nanga Mban Ngué a N’Nanga dit « Li poo Li Minguénda Li h’ bét bèn » ou la chute d’eau s’écoulant des raphias ne remonte jamais la falaise. Mpoo A Minguenda est l’ancêtre éponyme connu chez les Elog Mpoo ; il descendrait de l’empire Sao qui englobait le Nord du Cameroun et une grande partie du Tchad. Mpoo a vécu à Ngog Litua (roche trouée) il y a environ cinq siècles avec ses parents et ses frères. A la mort de tous ses parents et oncles et selon la coutume qui a récemment disparu dans ce peuple, ses jeunes frères descendants de Ndjob, Nsoo et Pèkè sont tombés dans son patrimoine et il s’en est occupé comme de sa propre progéniture. Voilà ce qui explique qu’ils soient aujourd’hui considérés comme les Elog Mpoo et non les Elog Mbang comme cela se devrait (Source, documentation ACTEM). Comme nous l’enseigne l’histoire, l’identité culturelle actuelle des Elog Mpoo a pour creuset le séjour de ce peuple dans le Ngóg Litua (district de Nyanón, département de la Sanaga Maritime dans le littoral camerounais) ; cette identité culturelle s’est longuement mûrie, raffermie et affirmée au cours de l’histoire. Cette région est une savane. Ladite savane côtoie les forêts du pays likol (département du Nyong et Kellé) et celles du pays babimbi dans le département de la Sanaga Maritime. Le fleuve Sanaga forme la frontière (au village Kikót) avec les Likol du département du Nyong et Kellé. Le Ngóg Litua ou rocher troué (grotte) a permis à ceux qui habitent la région, de s’initier à la connaissance des mystères de la savane, de la forêt, des eaux, de la pierre, des cavernes etc.… ; le Ngóg Litua donc, embrasse ces espaces mystiques et mythiques. On y appréhende l’Etre, la Connaissance, le Savoir : le Péé. Les premiers migrants modernes à habiter ce lieu seraient les MPOO. Ils y auraient accueilli et hébergé d’autres peuples que l’on considère aujourd’hui et à juste titre comme ressortissants du ngóg litua.
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Ces derniers, poursuivant leurs routes, auraient laissé les Elog Mpoo au Ngóg Litua ; d’où plus que d’autres, les Mpoo et Bati ba Ñón peuvent se classer au sommet de ceux qui connaissent le Ngog, ses mystères, son architecture, sa contexture, son environnement, son Pèè. Pour cela, ils le fréquentent avec assiduité. C’est en décembre 1843 que le pasteur Joseph Merrick découvre le clan bakoko en amont du Wouri, les Ya Biang et Ya Peke qui sont aujourd’hui dans l’arrondissement de Dibombari. Le 07 décembre 1876, le consul britannique installé à Douala remonte pour la première fois le cours de la Sanaga et entre en contact avec les Ya Kalak, puis les Adiè. Le 05 décembre 1884 est signé à Malimba, le traité étendant le protectorat allemand sur les Bakoko et les Malimba. C’est le 08 décembre 1890 qu’est fondée à Marienberg en pays Ya Kalak, la toute première mission catholique du Cameroun. Le 12 décembre 1892, le chef Ya Kalak, Toko Ngango, signe avec le chancelier allemand Wehlan le traité de paix qui met un terme à trois années de guerre contre la pénétration allemande sur la Sanaga (Source des dates, documentation ACTEM).

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Une des descendances de N’nanga mban ngué ou mpoo
NGUÉ MBAN N’NANGA

le clan adié likandé
LIKANDÈ ADIÈ M’ßOO TOUA

MBÉNANÈ

ETÓMÈN

TAT NGWÈ MBINAN AOUMÈ

ßASSAÑÈ

NKÈMBÈ

ßAKONGUÈ

TITRE II : LE PEUPLE MPOO Il est important que nous sachions ce que c’est que le peuple mpoo avant de savoir ce que s’initier voudrait dire pour ce peuple ; nous comprendrons alors pourquoi s’initier, qui s’initie, comment, quand et où s’initier.
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Il importe que nous entrions dans l’organisation de cette société, sa structuration jusqu’au niveau de la cellule familiale, creuset des initiations et source qui donne des initiés. Au travers des litiges, des reconstructions, des restructurations, nous essayons de pénétrer la personnalité intime de ce peuple, exposer cette personnalité à la connaissance des autres pour une rencontre heureuse. La « nation » mpoo « Un territoire commun, un peuple, une langue, une religion, une culture, partagés communément, sont des éléments indicateurs qui, lorsqu’ils sont identiques à une communauté, en font une nation. La réalité unitaire de cette nation sera proportionnelle au sentiment de chacun à partager ces indicateurs. C’est dans l’esprit de chaque membre de ce peuple qu’il appartiendra de s’approprier ces indicateurs en partage pour plus tard, créer le sentiment d’être un seul peuple, solidaire pour un même destin. Prendre conscience de son identité culturelle, linguistique, historique, consacre la distinction d’avec d’autres communautés et fonde l’intégration qui devient une donnée permanente et essentielle pour la survie sociétale de ce peuple avec les autres. Cette intégration dont l’idéologie devient la conscience, doit être en permanence nourrie pour son homogénéité, sa cohésion et ses solidarités pour ce peuple voué à un destin futur. La coexistence de plusieurs communautés distinctes, de par les indicateurs cités plus haut, ne peut en faire une nation intégrée que si ce sentiment nouveau est partagé et accepté comme tel par ces communautés. C’est ce qui fait de chaque pays en Afrique par exemple, une mosaïque de micro nations en voie d’intégration pour former la grande nation avec un hymne, un drapeau, un territoire, un Etat et des valeurs communes en partage. Les autres continents ne sont pas différents du nôtre, les exemples de l’Europe avec ses Balkans, la France avec sa Corse, sa Bretagne… sont là pour nous édifier. Les problèmes des Corses, des Chypriotes, des Arméniens, des Turcs, des Kurdes, des Négros et Latinos aux
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USA, etc. participent de ce schéma-là : les nations africaines ne sont pas seules en voie d’intégration. Dans ses origines à Ngog Litua, le Mpoo a un territoire, il est un peuple uni, il a une langue, il a le Pèè comme religion, il a le Ndjéé comme culte. Avec les temps modernes, la nation mpoo a : Un peuple ; Une communauté de langues ; Une communauté de territoires ; Une religion ; Un culte. La géographie mpoo De nos jours, des nécessités historiques ont été à l’origine de la disparité des territoires mpoo qui se situent dans trois provinces : le Centre, le Littoral, le Sud. Nous pensons sérieusement que des Mpoo se trouveraient dans le Sud-ouest ainsi que tout le long jusqu’à Bakassi. Nous savons que les Mpoo sont un peuple de pêche, de chasse et d’agriculture ; nous savons qu’avant l’arrivée des Douala, les Bakoko (Mpoo) pêchaient dans le Wouri et plus loin. Nous savons aussi que dans certaines cartographies datant de la colonisation allemande, on situe aussi les Bakoko dans le Sud-ouest. Il devient donc réaliste de penser que si les Douala sont arrivés aussi loin que Bakassi, les Mpoo ont pu le faire aussi et peut-être avant. Rappelons pour sourire, que le mot Bakassi ou ba k’a si (raccourci de ba kè a si) voudrait dire en langue bakoko, « ceux qui marchent sur la terre ou ceux qui vont au terrain qui est le site ». Dans les trois provinces précitées, les Mpoo se retrouvent dans six départements : le Moungo, le Nkam, le Nyong et Kellé, l’Océan, la Sanaga Maritime et le Wouri. Il est certain qu’il y en a à Etoudi (département du Mfundi dans la province du Centre).

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Des groupes isolés auraient été identifiés dans les départements de la Haute Sanaga (Nanga-Eboko et Batsenga), de la Mémé (Kumba) et du Ndian (Mundemba). Comme nous l’avions vu plus haut, il y aurait des Mpoo dans le Sud-ouest. Certaines indications suggèrent la présence des Mpoo au Sénégal et au Burkina Faso ; mais certaines sources décrivant les Mpoo comme descendants des Sao (empire), il serait étonnant de ne pas retrouver quelques traces de ce peuple sur les voies qui mènent au Tchad en passant par le Nord du Cameroun. Les chercheurs ont du pain sur la planche. Les clans ElogMpoo
LOCALISATION PROVINCE DEPARTEMENT LITTORAL SUD CENTRE BADJOB SUD CENTRE LITTORAL LITTORAL SANAGAMARITIME OCEAN NYONG KELLE OCEAN NYONG KELLE NKAM WOURI

CLANS ADIE

ARRONDISSEMENT EDEA KRIBI MESSONDO LOLODORF BOT-MAKAK YABASSI DOUALA IIIE

&

&

CLAN BAKOKO DOUALA (YAPOMA) CLAN BAKOKO DIBOMBARI BISSOO DIBOM MBANG NDOG BESSOL

LITTORAL

MOUNGO

DIBOMBARI

LITTORAL LITTORAL LITTORAL CENTRE SUD

SANAGAMARITIME NKAM NKAM NYONG KELLE OCEAN

NYANON NKONDJOCK NKONDJOCK MESSONDO LOLODORF

&

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LITTORAL NDONGA LITTORAL LITTORAL YABII SUD SUD LITTORAL LITTORAL YASSUKU LITTORAL

YAKALAG

SANAGAMARITIME SANAGAMARITIME SANAGAMARITIME OCEAN OCEAN SANAGAMARITIME SANAGAMARITIME SANAGAMARITIME

EDEA DIZANGUE EDEA KRIBI LOLODORF DIZANGUE MOUANKO EDEA

Compte tenu de ce qui précède, nous pourrions donc parler de la nation mpoo.
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Les clans mpoo (source, documentation ACTEM) Les Adie Leur père Adiè est le fils de Likandè, fils de Mpoo. Ils sont des autochtones situés dans l’arrondissement d’Edéa et le Nord de l’arrondissement de Kribi ; ils s’expriment en bakoko. Les Badjob Ils descendent de Ndjob, fils de Mbang et jeune frère de Mpoo. Ils sont localisés dans les arrondissements de Bipindi, Bot Makak, Messondo, Dibang et Ngog Mapubi. Ils s’expriment en langue bassa. Les Bakoko du Moungo Ils se composent de deux groupes : - les Ya Peke, descendants de Peke, fils de Mbang et jeune frère de Mpoo ; - les Ya Biang, descendants de Biangue, fils de Mpoo. Il s’agit d’un oncle et de son neveu ; ils se trouvent dans l’arrondissement de Dibombari, département du Moungo et s’expriment en bakoko. Les Bakoko du Wouri Ils comprennent plusieurs sources lignagères ; les Yapoman, descendants de Pomman, fils de Mpoo, forment la plus importante. Les Bakoko du Wouri sont situés dans l’arrondissement de Douala 3e et s’expriment en bakoko. Les Biso’o Ce sont les descendants de Nso’o, fils de Mbang et jeune frère de Mpoo. Ils sont situés dans l’arrondissement de Nyanon, aux alentours du Ngog Litua (notre berceau mythique) en Sanaga Maritime. Ils s’expriment en langue bakoko teintée de mots appartenant au parler bassa.

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Les Dibom Ils sont surtout implantés dans le Nord Makombè, arrondissement de Nkondjock. Leur lignage n’est pas encore bien connu ; leur langue parlée est très proche du bakoko, avec un mélange du mbang (dibambang). Les Mbang Ils sont issus de Ndoun Koucha Mabang, neveu de Ngue N’nanga, grand-père de Mpoo. Ils occupent l’arrondissement de Nkondjock dans le département du Nkam. Les Ndog Bissòò Ils sont issus de Bissòò fils de Ang, lui-même fils de Mpoo. Ils sont implantés dans les arrondissements d’Edéa, Bipindi et Messondo ; ils s’expriment en bassa. Les Ndonga Issus de Mbambo, fils de Mpoo, ils peuplent l’arrondissement de Dizanguè en Sanaga Maritime ; ils s’expriment en bassa. Les Ya Bii Ils descendent de Likiga, fils de Mpoo ; ils peuplent les arrondissements d’Edéa, Messondo et Kribi, ils s’expriment en bassa. Les Ya Kalak Ils sont issus de Mpam alias Kalke fils de Mpoo. Ils occupent les arrondissements de Dizanguè et Mouanko; ils s’expriment en bakoko. Les Ya Mbong Ils descendent de Mbong, fils de Ang, fils de Mpoo ; ce sont les frères des Ndog Besso'o. Ils vivent dans les arrondissements d’Edéa, Dibang, Messondo et Mouanko ; ils s’expriment en bassa. Les Ya Suku Ils descendent de Ngangoe, alias Li suke, fils de Linyima, fils de Mpoo. Ils sont implantés dans l’arrondissement d’Edéa et s’expriment en bakoko.

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Les Ya Wanda Ils descendent d’Ekoum, fils de Mpague, fils de Mpoo. Ils occupent le même territoire que les Ya Suku et s’expriment en bakoko (source, documentation ACTEM). Nos informations à ce jour nous enseignent que la nation mpoo compte quatorze clans ; les voici par ordre alphabétique : Adie Badjob Bakoko du Moungo (ya Nsèm) Bakoko du Wouri (ya Poman et autres) Bissóó Dibom Mbang Ndog bissóó Ndonga Ya bii Ya kalak Ya mbong Ya Suku (ou Ya Suku) Ya Wanda Les langues mpoo Les ancêtres ont voulu une langue réservée au culte du Ndjéé ; la langue communément appelée « langue bakoko » a été retenue pour ce faire. Certains Mpoo, pour communiquer autrement, ont essayé de métisser le « bakoko » à la langue du voisin ; d’où la naissance de la communauté linguistique mpoo, à peu près sept langues dont : le bakoko et ses variantes, le bassa, le bisso, l’éton, l’ewondo, le mbang, le ndonga. Chacune de ces langues a l’avantage de permettre à la

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