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Fraternité Matin n°16539 - Mercredi 05Février 2020 , magazine presse

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Publié par
Date de parution 05 février 2020
Langue Français
Poids de l'ouvrage 9 Mo

Extrait

Épidémie de coronavirus Les consignes de l’Oms pour l’Afrique Mercredi 5 février 2020 / N° 16 539 www.fratmat.info / FratMat Mobile #129# (orangeCi) Prix: 300 Fcfa • Cedeao : 450 Fcfa • France: 1,70 € P.6 PREMIER QUOTIDIEN IVOIRIEN D’INFORMATIONS GÉNÉRALES Entreposage des produits agricoles Le Pr Justin Kofî, directeur général de l’Arre, rassure “ Le producteur ne supportera PHOTO : VÉRONIQUE DADIÉ pas les frais ” PP.2-3 • Le Président de la République a accordé cette faveur aux planteurs
Centre régional des œuvres Production des titres d’identité, modernisation universitaires d’Abidjan de l’état civil, gestion des flux migratoires Bourse 2018-2019 Le nouveau directeur milliards de F Cfa 2,9 général de l’Oneci seront payés cette partage ses orientationssemaine aux étudiants P.6 P.4 À l’intérieur, notre pageSpécial Burkina Faso P.21
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Invité des rédaction
Mercredi 5 février 2020
Entreposage des produits agricoles /Le Pr. Justin Koffi, directeur général de l’Arre « Le Président de la République a décidé que le paysan ne supporte pas les frais »
Invité des rédactions de Fraternité Matin le 30 janvier, le directeur général de l’Autorité de régulation du système de récépissés d’entreposage (ARRE)
explique, dans cette dernière partie des échanges avec les journalistes, le mécanisme de financement de la construction et de gestion des entrepôts.
La plus-value Parlant de la plus-value, il faut dire que les paysans, autant que toute l’économie du pays, y gagnent. Avec un volume de transformation des matières premières sur place, les usines vont se créer. Les impôts vont être donc payés. Les mairies vont aussi percevoir des taxes parce que les usines seront dans leur zone de production. En ce qui concerne le paysan, le fait de stocker le produit en qualité et en quantité lui per-met d’éviter les pisteurs. Vous savez, quand le gouverne-ment fixe un prix, il n’y a pas de gendarme derrière chaque paysan pour l’empêcher de vendre sa production en deçà du prix fixé, si d’aventure un acheteur véreux se présentait à lui. Ce système vient donc pour redonner au paysan sa dignité. Et grâce à ce système, les pisteurs pourront se former et devenir peut-être des tra-ders référencés. Ces différents acteurs ne seront pas mis au chômage. Ils seront formés.Puisque l’une des missions de l’ARRE, c’est de contribuer à former des personnes dédiées au système. Pour le paysan, Il y a d’abord la garantie des revenus, en-suite, la lutte contre les pertes post-récoltes. L’idée du Pré-sident de la République est que la mise en place de la bourse, encadrée par une autorité étatique, aboutisse à des investissements massifs dans les zones de production. Ce, afin de transformer ces zones rurales, à long terme,
en zones de prospérité.
L’exemple de l’Éthiopie  La première année où la bourse du café a été mise en place en Éthiopie, il y a eu plus d’un million de pay-sans qui sont sortis du seuil de pauvreté. En Inde, il y a eu trois millions de paysans qui sont sortis du seuil de pau-vreté avec la première bourse qui a été mise en place.
Aux États-Unis  L’ histoire de la bourse des matières premières agricoles est venue de Chicago. Au 18è siècle, où la vente se faisait à Chicago, les pro-ducteurs y allaient en car-rosse vendre leur blé. Et à un moment donné, il y avait tellement de produits sur le marché que les spéculateurs fixaient des prix instables et bas aux paysans. Cette si-tuation a provoqué une sorte de révolte des producteurs qui ont commencé à déver-ser leurs récoltes dans le Michigan, pour impulser un ajustement de l’offre et de la demande et espérer que le prix augmente. De fil en ai-guille, un groupe s’est consti-tué pour créer et stocker les récoltes afin de les revendre lorsque les prix sont favo-rables. Voilà l’histoire de la naissance de la bourse du physique aux États-Unis.
Une idée novatrice du Président La création du SRE est vrai-ment une idée novatrice du
Président de la République (Ph : Véronique Dadié) Alassane Ouattar . Il faut le féliciter. Parce que c’est un facteur très important pour le développement.
La sensibilisationDes campagnes de sensibili-sation et d’explication du SRE ont eu lieu dans le cadre d’un plan stratégique qui a été éla-boré avant la mise en place de l’ARRE. Ces actions se sont poursuivies. Nous sillon-
nons toutes les zones de pro-duction du pays. Nous avons commencé par l’anacarde, comme l’a décidé le gouver-nement. Cette campagne de sensibilisation touche les dif-férents acteurs du secteur à travers tout le pays. Il reste Yamoussoukro et Bouaké où nous nous rendrons du 5 au 7 février 2020 dans deux loca-lités. Notre mission a consis-té à expliquer le système dans lequel nous sommes,
Les échanges avec le Dg de l’Arre a permis aux journalistes de se faire une idée claire de ce système innovant.
et faire des démonstrations pratiques. Nous avons au préalable procédé à la déli-vrance de récépissés tests. A présent, avec le concours de grands groupes spécialisés et des banques, nous œuvrons à ce que les paysans entrent en possession de leur argent dans les meilleurs délais. C’est ainsi qu’on parviendra à les fidéliser.
Le coût de l’entreposageCela fait aussi partie du plan stratégique. Dans le système de récépissé, pour éviter le poids trop élevé des taxes, nous avons mis en place une matrice de coûts. Si le produit dure plus de trois mois dans l’entrepôt, au niveau des frais de stockage par exemple, il est facturé à 5 Fcfa par kilo-gramme par mois. Mais au bout de six mois, ce prix est revu à la baisse, à raison de 3 F cfa. S’il reste plus de six mois, il coûtera 2 F cfa par Kg/mois. En ce qui concerne le contrôle de la qualité du poids, il revient à un (1) franc le kilogramme. Cette tarifica-tion, nous l’avons adoptée de concert avec les transforma-teurs locaux, nos principales cibles. Ces différents tarifs ont été aussi étudiés de telle sorte que, même si l’ana-carde coûte 500 Fcfa bord champs, il n’y ait pas plus de 250 Fcfa au niveau du coût d’entreposage, en ce qui concerne le coût du système de récépissé. Ces éléments sont à la disposition de tout le monde. Pour tout dire, nous pratiquons des tarifs pour ne pas tuer l’activité normale des gestionnaires d’entrepôts. Car, dans le système, il y a trois principaux acteurs et les parties prenantes. La renta-bilité de l’activité de chaque acteur est nécessaire pour la pérennité du système. Au ni-veau des gestionnaires d’en-trepôts à titre d’exemple, des investissements importants sont réalisés. Dans ce cas, il faut s’assurer de la rentabilité de l’activité pour la survie du système. C’est le cas avec la société chinoise TBEA avec laquelle nous travaillons pour la réalisation d’un projet de construction de 108 entrepôts intelligents tous équipés, à hauteur de 240 millions d’eu-ros (environ 157 milliards de fcfa).
Pour ce projet et à juste titre, nous avons élaboré un bu-siness plan avec un Cabi-
net international qui montre la rentabilité du projet et sa capacité d’autofinancement. Sur les opérations qui se-ront effectuées au niveau des entrepôts, une partie de ce qui revient à l’ARRE sera prélevée à hauteur de 5% pour rembourser les diffé-rents prêts. Par la suite, nous cèderons la gestion de ces entrepôts au secteur privé. Il faut préciser qu’il était im-portant de faire au préalable ces études, dans le but de pouvoir préserver les intérêts des différents acteurs du pro-cessus. Le but étant de faire en sorte que le système soit fiable.
Le café et le cacao dans le Sre ? En ce qui concerne le cacao et le café, nous ne rencon-trons aucune difficulté à y dé-ployer le SRE. Ces matières premières agricoles sont déjà référencées à la bourse de Londres (Angleterre). Ce qui n’est pas le cas de la noix brute de cajou. Concernant ce produit, c’est plutôt l’amande (le produit fini) qui est référen-cé en bourse. Le cacao, vous le savez, sur le plan local, est vendu à terme, comme on le fait en bourse. Par contre, comment faire pour garan-tir la sécurité du commerce intérieur, en vue d’une meil-leure traçabilité et éviter aus-si les pertes post-récoltes, telle est la principale préoc-cupation qui nous anime. Avec nos partenaires, nous sommes donc déterminés à construire des entrepôts aux standards internationaux. De sorte à pouvoir sécuriser le commerce intérieur du café et du cacao. Bien entendu, un de nos objectifs majeurs, c’est d’arriver à transformer au moins 50% de la produc-tion agricole locale. Donc, le cacao et le café sont pris en compte dans le système de récépissé d’entreposage. Pour parler des produits qui seront pris en compte par le système, il faut préciser que la Côte d’Ivoire dispose, d’une part, de produits de rente, et, d’autre part, de pro-duits vivriers. Le système de récépissé d’entreposage sera déployé dans le cas de ces deux types de produits. Pour les produits de rente, il s’agit de gagner suffisamment d’argent par la transformation ou l’exportation. Mais, pour ce qui est des produits vivriers, il s’agit plutôt d’arriver à maîtri-
Mercredi 5 février 2020
ser la vie chère sur le marché. De ce fait, faire en sorte qu’il n’y ait plus de rupture au ni-veau des différents produits (igname, manioc, banane, tomate, arachide etc). Avec le ministère du Commerce, par le truchement du marché de gros, nous allons émettre des récépissés, par le biais d’entrepôts qui seront en quelque sorte des grossistes qui utiliseront des entrepôts réfrigérés, ou des entrepôts à maintenance sous vide. Cela concerne toutes les denrées produites en Côte d’Ivoire. Si vous allez par exemple à Heremankono, sur la route de Divo, vous y trouverez la première zone productrice de gingembre. Il faut que le sys-tème prenne cela en compte pour que cette localité se développe. Aujourd’hui, le beurre de karité est à environ 260 000 tonnes par an. Tout va à New York pour l’indus-trie cosmétique. Il faut que les zones de production en profitent. Il y a beaucoup de produits. Produits de rente, produits vivriers et produits intermédiaires. Quand on faisait les études pour mettre en place le sys-tème, il a fallu recenser tous les entrepôts de Côte d’Ivoire. Nous avons recensé au to-tal 1066 entrepôts en Côte d’Ivoire, sur toute l’étendue du territoire. Il y a la catégorie des grands magasins que le Président Houphouët avait construits. Il y a ce que l’Uemoa a réali-sé au cours de ces dernières années. Et il y a les entrepôts que le cultivateur lambda construit de façon générale. Tout a été recensé. Sur les 1066 entrepôts recensés, il y a 266 qui nécessitent un in-vestissement de 39 milliards pour être aux normes dans le cadre du SRE. Nous dis-cutons avec les coopératives. Lorsque le système va être mis en place, nous allons éla-borer des business plans pour mettre leurs entrepôts aux normes, avant d’en construire de nouveaux. Nous conti-nuons les études avec nos partenaires. A titre d’exemple, pour le cacao et l’anacarde, il faut au moins 400 entrepôts. On va les mettre aux normes. C’est notre projet prioritaire.
L’objectif des 100 000 tonnes Cette année, nous voulons ajouter 100 000 tonnes de plus à ce qui est déjà transfor-mé en Côte d’Ivoire. Donc, si vous prenez le taux de trans-formation actuel estimé à en-viron 8% sur 730 000 tonnes, nous serons autour de 200 000 tonnes de produit trans-formé localement si nous ré-alisons cet objectif. Beaucoup d’usines de trans-formation ne sont pas per-formantes parce qu’elles n’ont pas les ressources fi-nancières nécessaires pour acheter la matière première. L’anacarde, par exemple, a un cycle de campagne très
Invité des rédaction
Le directeur général de l’Arre, ses collaborateurs et ses partenaires ont posé avec les dirigeants et les journalistes de Fraternité Matin pour immortaliser son passage à l’Invité des rédactions.(PH : VÉRONIQUE DADIÉ)
court, de sorte que le temps qu’un transformateur se constitue et donne des gages pour avoir un milliard afin d’acheter 1000 tonnes, tout le produit est déjà à l’extérieur. Ce qui fait qu’on ne trouve plus le produit sur le marché. Notre système permettra donc de bloquer ce dont ils ont besoin, c’est-à-dire, pou-voir servir au moins 100 000 tonnes dans le système, de sorte à éviter la pénurie. L’ob-jectif est de pouvoir servir tout le monde. La manœuvre qu’on demande à l’État, c’est de s’associer avec les filières et les banques pour créer le fonds de garantie, afin que les paysans puissent être désintéressés, dès le début de la campagne. Et que les transformateurs ne viennent que pour se servir, au fur et à mesure qu’ils bouclent l’opération, tout ceci dans un cadre rigoureusement contrô-lé par l’ensemble des acteurs concernés.
Financement des entrepôts Aujourd’hui, c’est avec un prêt que l’ARRE construit des entrepôts. La Chine est un pays où tout est étatique. Il nous fallait une requête de l’État où le Ministre des Fi-nances prend les prêts pour le rétrocéder à l’ARRE. Nous avons conduit avec les ex-perts chinois et nos experts, les travaux d’identification de tous les sites dans toutes les zones de production, Korho-go, Odienné, Yamoussoukro, Attiégouakro, Bouaflé, Zué-noula, etc. Le Président Félix Hou-phouët-Boigny affirmait que c’est parce qu’on est pressé qu’on va doucement. Nous, on emprunte le chemin de la sagesse. Il ne faut pas faire les choses à la hâte. On ne peut pas faire de récépissés d’entreposage sans entre-pôt. Nous sommes en train de régler le problème de l’anacarde avec l’entreprise chinoise TBEA qui nous ai-dera à construire et à mettre à niveau des entrepôts exis-tants. Ensuite, il y a la noix de cola. Avec ce produit, nous
sommes autour de 300 mille tonnes par an. Il y a égale-ment le maïs, nous sommes autour de 800 mille tonnes. Pour ces produits, il faut natu-rellement avoir des entrepôts au nord. Si je prends l’exemple de la ville de Korhogo, nous produi-sons environ 65 mille tonnes d’anacarde. Nous faisons ain-si les entrepôts pour absor-ber les 65 mille tonnes. Une fois les entrepôts créés, le Conseil coton anacarde pren-dra, par exemple, la décision que la commercialisation de l’anacarde doit se faire uni-quement à partir des entre-pôts qui sont dans le système de récépissés d’entreposage. C’est là qu’on voit l’intérêt de la Bourse parce qu’en ce moment, l’on peut faire des ventes à termes. Sachant que l’on peut payer le stock pour un, deux ou cinq ans.
Le nombre de récépissés émis En réalité, il y a eu 35 récépis-sés pour 35 tonnes. Dans le projet pilote, on n’a pas voulu prendre trop de risques. Mais il y a eu quand même environ 100 tonnes qui sont passées dans le système sans qu’on ait eu à émettre de récépissés pour voir un peu comment les acteurs se comportent. Néan-moins, on a des surveillances sur des stocks, nous avons un gros entrepôt à Toung-bokro (Yamoussoukro) avec une capacité d’entreposage de 16 mille tonnes.
Les frais d’entreposage De manière générale, dans le Système de Récépissés d’Entreposage, le déposant supporte les coûts liés à l’en-treposage. Mais le Président de la République a dit non, chez nous ici, on suppose que le déposant, c’est le paysan, il ne doit pas supporter de coût. C’est l’acheteur final qui doit payer tous les coûts. Ça pour-rait décourager les uns et les autres de venir prendre les produits entreposés dans le SRE, mais c’est à nous d’inci-ter et de faire la promotion de l’industrialisation en faisant
des incitations fiscales, en faisant des travaux sur l’im-pact environnemental comme ce que nous sommes en train de faire au niveau des zones de production de cacao et d’anacarde. Il faut absolu-ment que l’État prépare les investisseurs à investir sans qu’ils soient confrontés à des difficultés de drainage et d’as-sainissement. Adhésion des banques
Le premier indicateur de l’in-térêt des banques, c’est que l’Association Professionnelle des Banques et Établisse-ments Financiers de Côte d’Ivoire (APBEF CI) est re-présentée dans le Conseil d’Administration de l’ARRE. C’est avec eux qu’on a mon-té le projet et eux-mêmes savent que c’est un outil qui permet d’éviter ce qui s’est passé avec Saf Cacao et d’autres acteurs des filières agricoles. Elles sont toutes intéressées. Les banques ont une organisation bien structurée. On a fait le test avec certaines d’entre-elles. Il s’agissait de voir comment financer le Fonds de garan-tie et comment le déboucler ? Je suis médecin, je préfère que les choses se règlent plu-tôt qu’elles ne s’entassent. Comme je ne suis pas ban-quier, je leur ai dit que le Fonds de garantie va être administré à l’extérieur de l’ARRE. Ils ont demandé qui va déboucler l’opération finale ? J’ai dit comme vous êtes des banques, on va mettre en place un Conseil pour le débouclage des opérations en toute transparence et en toute sécurité, mais c’est vous qui allez payer leurs jetons de présence. L’ARRE n’en a pas les moyens. Les comptes fiduciaires de l’ARRE seront domiciliés dans les différentes banques et le système se dé-boucle avec les banques, ce sont elles qui nantissent. Les banques sont intéressées, dans tous les cas, elles ne peuvent pas faire autrement parce que c’est la seule ga-rantie pour elles de savoir que leurs investissements
sont protégés.
La cartographie des entre-pôts tient-elle compte des zones de production ? Oui, c’est dans ces zones de production que nous faisons des études. Par exemple, à Heremankono où on produit du gingembre, c’est là-bas que nous ferons les entre-pôts de gingembre. Mais, si des gens font du gingembre à Bouna et qui est suscep-tible d’être stocké et viable dans un système SRE, on en fera là-bas. Nous avons approché les fi-lières pour faire un plan stra-tégique jusqu’en 2024. Nous leur avions dit que dans le dif-férentiel, nous allons prendre 1 ou 2 F Cfa par produit pour construire des entrepôts. Nous avons décidé de faire des appels à manifestations d’intérêt pour la sélection de nos partenaires privés. Nous allons parcourir le monde et rechercher des partenaires qui peuvent bâtir des entre-pôts aux normes intelligents et structurés. Une entreprise chinoise ayant été intéres-sée, nous a dit qu’elle venait faire des études et payer les coûts. Au bout, elle voulait une garantie étatique. Des entreprises françaises, alle-mandes, hollandaises sont venues nous voir. Nous pour-suivons les discussions avec elles afin d’accroître les ca-pacités d’entreposage dans le SRE. Nos besoins d’entre-pôts sont encore importants. Nous lançons donc un appel à tous les investisseurs à ve-nir investir dans la construc-tion d’entrepôts aux normes dans le cadre du SRE.
Les perspectives Nous avons trois objectifs principaux. A court terme, c’est d’avoir les moyens pour faire des études sur les pro-duits éligibles dans le SRE. Faire la promotion pour qu’il y ait des entrepôts aux normes aussi bien pour les produits secs que pour les produits frais sur l’étendue du terri-toire national et faire la pro-motion de l’industrialisation.
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Mot de în e vous souhaite une bonne année 2020.Je souhaite que le J 30 janvier 2021, on puisse se retrouver, se rassembler sans que personne d’entre nous ne manque à l’appel. J’invite toutes les parties pre-nantes, les acteurs, à sai-sir cette opportunité qu’est le Système de Récépis-sés d’Entreposage, qui est l’instrument qui per-met de financer la trans-formation de nos matières premières, pour changer la vie de nos braves pay-sans et de maintenir la sécurité alimentaire en ce qui concerne les produits vivriers
Il faut aussi, à moyen terme, signer des conventions avec des filières éligibles comme le palmier à huile, l’hévéa, etc. Il s’agit d’avoir des entrepôts avec des industries en face, de développer tout le sys-tème de récépissé d’entrepo-sage, pour arriver au marché d’échanges et parvenir à long terme à la bourse des ma-tières premières agricoles. Il s’agit d’une bourse du phy-sique qui permettra de faire à la fois des ventes spots et des ventes à terme. Dès que le paysan a son titre de propriété, le récépissé d’en-treposage en l’occurrence, il peut vendre sur le marché international. L’objectif final, c’est que le paysan ivoirien, à un moment donné, soit ca-pable de vendre en fonction de la capacité de production sur toutes les bourses. C’est un projet d’intégration avec les autres pays membres de l’UEMOA qui bénéficient de l’appui technique et finan-cier de la Société Financière Internationale (IFC) et la Banque mondiale. Dans les années à venir, le SRE sera opérationnel dans les pays tels que le Burkina Faso, le Niger, le Ghana, le Mali, le Sénégal, etc. C’est un pro-jet régional qui permettra de changer l’écosystème de nos zones rurales, de changer l’approche dans la valorisa-tion et la commercialisation de nos matières premières
Coordination : David Ya Retranscription Bamba Aboubakar Anoh Kouao Germain Gabo Kanaté Mamadou Casimir Djezou Hervé Adou Isabelle Somian Marcel Appena Franck Yéo Émeline Péhé Francis Kouamé Dramous Yéti Jean Kouika Bavane Édouard Koudou
Suite et fin des échanges
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Politique
Identification et modernisation de l’état civil
Le personnel invité à se mettre en ordre de bataille
Le nouveau directeur général de l’Office national de l’état civil
et de l’identification (Oneci), Kafana Gnenin Sitioni, a eu sa pre-
mière rencontre avec ses collaborateurs, hier à l’occasion d’une
cérémonie d’échanges de vœux de nouvel an.
Présentation de vœux à Oneci.(PH : JOSÉPHINE KOUADIO)
obilisation, ci-visme, enga-du dMevoir accompli, esprit gement, chan-gement de mentalité, sens d’équipe…Voilà les valeurs que doivent cultiver les agents de l’Office national de l’état civil et de l’identifi-cation (Oneci). Le nouveau directeur général de l’Oneci, Kafana Gnenin Sitioni, les y a engagés. Car, selon lui, l’ad-hésion du personnel à ces va-leurs est la clé de la réussite de la mission de l’Oneci, telle que définie par le gouverne-ment, pour le bonheur des usagers.« Le gouvernement et les Ivoiriens attendent beaucoup de nous... Notre mission est grande et cela commande un sacrifice et un don de soi…Appropriez-vous ces valeurs et changez de comportement pour rele-ver les nombreux nouveaux défis qui se dressent de-vant nous », a conseillé, en substance, le Dg de l’Oneci. Invitant chacun à emprunter le train, parce qu’il ne par-donnera pas l’absentéisme et les retards au travail. « L’Oneci n’est pas l’Oni », a-t-il ajouté. Car la réforme insti-tutionnelle intervenue en mai 2019 renforce les attributions de l’Oni, à travers la création d’une agence d’exécution avec un mandat renforcé
qu’est l’Oneci. Cette institu-tion devient donc l’ancrage institutionnel de la réforme de l’état civil et de l’identifica-tion. Sur cette base, l’Oneci est appelé, entre autres mis-sions, à suivre l’activité des circonscriptions d’état civil, des centres d’identification et des bureaux d’émigration et d’immigration, à veiller à l’application des dispositions législatives régissant l’état civil, à acquérir et mettre à la disposition des administra-tions une base de données unique et intégrée des faits d’état civil et de l’identifica-tion, à produire des titres d’identification sécurisés, à moderniser l’état civil et à gérer le flux migratoire. A ce niveau, reconnaît le direc-teur général de l’Oneci, 2020 étant une année électorale, la priorité sera accordée à la production et au renouvelle-ment des cartes nationales d’identité. Ajoutant que ses équipes y travaillent ardem-ment pour satisfaire les de-mandes de nouvelles Cni et de renouvellement. En outre, l’Oneci étant l’acteur princi-pal de la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’état civil qui se décline en six axes, Kafana Sitioni a prê-té une oreille attentive aux préoccupations des agents égrenées par le syndicat, la mutuelle et la direction des
ressources humaines et fi-nancières. En effet, la Drhf, Mme Diaby Nimaga Assétou, qui a félicité le nouveau Dg pour le travail qui est en train d’être réalisé depuis sa nomi-nation à la tête de l’institution, a attiré son attention sur les attentes des 628 agents que compte l’Oneci. Il s’agit, entre autres, des agents en attente de régularisation de leur em-ploi, des agents exposés au chômage parce qu’en fin de contrat. Mme Diaby a plaidé pour que des dispositions soient prises pour permettre à l’Oneci de capitaliser l’ex-périence de ces agents contractuels. Ce plaidoyer est partagé par le président de la mutuelle des agents de l’Oneci, Augustin Boti Tra, et par le secrétaire géné-ral du syndicat, Jules Mau-rice Koné, qui ont demandé l’amélioration des conditions de vie et de travail de tous les agents de l’Oneci. Kafana Gnenin Sitioni a pris bonne note de toutes ces préoccupations, assurant ses collaborateurs de sa dis-ponibilité à faire tout ce qui est possible pour y donner des réponses positives. Des vœux de paix, de santé et de prospérité ont été échangés entre le nouveau patron de l’Oneci et le personnel.
GERMAINE BONI
Mercredi 5 février 2020
LA POLÉMIQUE DE LA SEMAINE
Que ta foi ne dérange l’autre ! PARMICHEL KOFFI t si on mettait au de prière. Le plus souvent, les autres de se reposer, de fronton de nos édi- les fidèles de ces temples profiter de ce jour de repos déraEça dans mon pays, tous lesquartiers de la capitale. Á la nge l’autre ! » ? On en fices religieux, tous vivent loin de ces endroits où Dieu Lui-même, en créant confondus, ceci où ils viennent à la descente le monde, se l’est imposé. : « Que ta foi ne du boulot, tympaniser des C’est un peu partout comme sortirait tous, sans aucun gloire de Dieu. Si vous avez dimanches et vendredis doute, plein de fois neuves, le malheur d’en avoir deux, que Dieu fait : les nuisances respectueuses de la quié- trois ou quatre situés aux spirituelles. J’ai demandé tude de l’autre. Mais com- quatre points géographiques à mes amis : « Comment bien seront-ils à observer du quartier, vous perdrez, faites-vous pour (sur)vivre cette primaire attitude du à moins d’être un sourd de dans ce vacarme tous les vivre-ensemble, soucieux naissance, le peu de foi qui dimanches ? ». La réponse de l’autre dans ce pays où vous reste. Ma foi, c’est sou- est édifiante : « On est habi-nos élans maladroits vers ventes fois à désespérer de tués. Et puis, où irons-nous Dieu semblent tout autori- nos manières de prier Dieu. nous plaindre ? ». Je ne le ser ? Surtout, depuis que J’eus le malheur de pas- sais pas, non plus. sortent de certaines écoles ser un week-end dans un « Que ta foi ne dérange de soi-disant formateurs de quartier naguère chic de la l’autre ! » Non, ce message pasteurs, et qu’envahissent capitale. Quel calvaire ! Une ne fait pas partie des règles à nos quartiers, nos villes et église qui prône l’évangile, observer dans nos pratiques villages, même des cam- dans le quartier… Très tôt spirituelles. On barrera des pements et des hameaux le matin, un dimanche, jour routes, chaque année, pour riches en misères de tous consacré au Seigneur, j’ai simuler le calvaire du Christ, ordres, des espèces d’en- observé cette orchestration vieux de milliers d’années. voyés de… Dieu, sans aucun de la nuisance spirituelle. Une répétition symbolique doute d’un dieu d’argent, se Tout a commencé par le bruit et purificatrice certes, mais repaissant des malheurs de de la mise en place avec les les cours des cathédrales, pauvres ouailles, abrutis par placements de chaises. « églises et autres ne suffi-la misère et des malheurs, Ça commence bien avant, raient-elles pas à le mettre incapables de comprendre la veille », me précise-t-on. en scène, à le vivre passion-la vaste arnaque des arna- Puis, ce fut le réglage des nément, dans la foi qui ne queurs des temps inquiets micros pour tester la ca- dérange l’autre ? Mais non, où l’on ne sait où trouver le pacité des haut-parleurs à il faut bien barrer des routes. chemin du Salut. porter très loin, à défaut du On en barrera encore et Alors comme ça, il n’est ciel, les paroles du pasteur encore tous les vendredis. pas rare, c’est devenu une qui viendrait d’un moment à Alors que, des édifices re-mode, de voir des rues en- l’autre. L’arrivée de la cho- ligieux, ce pays et ses diri-tières barrées, interdites à rale, avec les nombreuses geants en ont construit plein, la circulation, un certain jour femmes qui ont déserté très capables de contenir tout de la semaine, perturbant tôt aussi les maisons conju- ce monde de croyants qui ainsi pendant des heures et gales – vivent-elles même disent prier pour notre Salut. des heures, le trafic. On me en union ? J’en doute – fait Simple question : n’est-il pas rétorquera : « Mais voyons, monter d’un cran le bruit. Le possible de prier les deux une seule fois par semaine maître de chœur fait tester Envoyés, donc Dieu, dans ! ». Je réponds : « A-t-on les voix, comme une sorte un édifice ou dans l’intimi-même besoin, une seule fois de répétition. Quand monte té de sa demeure, seul ou dans la semaine, de barrer les décibels, avec le hur- à plusieurs, sans nuire à des routes parce que l’on lement strident du maître l’autre ? Cela, me semble-a décidé de prier ? ». Pen- de cérémonie annonçant t-il, ne doit pas être une en-dant la saison des pluies l’arrivée du pasteur, l’en- treprise exorbitante pour qui pourtant, jamais l’on ne ver- voyé… de Dieu, c’est tout le sait que la foi de l’un ne doit ra ce spectacle. Donc, il est quartier qui en tremble ! Ça déranger l’autre. On fera possible de prier à l’intérieur hurle – il paraît que c’est le l’économie de nos fois qui d’un édifice à la gloire du Mi- moment des transes - ; ça dérangent l’autre qui n’est séricordieux. Pourquoi ne le vocifère – il paraît que c’est pas nous réciproquement, et fait-on donc pas ? Ma foi doit la délivrance, l’envoyé de conséquemment avec celle déranger l’autre ! Nuisance Dieu délivre sans doute un aussi de nos comportements spirituelle. possédé par Satan, le mau- qui semblent souventes fois D’une foi à l’autre, une autre vais - ; ça exulte – le pos- ressembler à de l’exhibition. nuisance : n’habitez pas sur- sédé est sans doute libéré. Comme sortir d’un lieu de tout un quartier où un temple Et les chants et la musique prière, tout trempé, à force charismatique, que sais-je qui les accompagnent en- d’y avoir trop dansé comme encore, n’opérant de sur- vahissent le quartier qui de- dans un lieu profane (la croît aucun miracle s’est ins- vient, non une cathédrale à prière en dansant libère, dit-tallé. C’est le règne du bruit, ciel ouvert, mais un vaste on) ; comme prier dans le avec des micros et des haut- terrain d’un concert ordinaire brouhaha de la foule, en de parleurs plus tympanisants d’un groupe zouglou, ou de si brefs instants. qu’un concert de zouglou « chinois », hormis tous les La foi ne doit pas déranger endiablé, déversant leur remerciements au Seigneur, l’autre. Allah, Dieu, Gna-torrent de paroles à rendre en crescendo, qui enva- mien Kpli, Lago, Zran Ata-sourd le voisinage. Qui s’en hissent eux aussi toutes les noeu...s’en porterait mieux. soucierait et plaindrait ? Le oreilles des croyants et non Il écoutera assurément nos respect de la quiétude de croyants. « Tu veux oh, tu ne prières dans nos élans vers l’autre ? Okpô ! La nuisance veux pas oh, tu vas entendre lui devenus normaux, res-est à nos portes, avec de ! », en parle, un brin impuis- pectueux du : « Que ta foi ne plus en plus de hauts cadres, sante, une âme. dérange l’autre ! ». hommes et femmes qui ont Cette nuisance s’achèvera élu domicile en ces lieux tard, empêchant les uns et
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