Fraternité Matin n°16563 - Mercredi 4 mars 2020
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Fraternité Matin n°16563 - Mercredi 4 mars 2020 , magazine presse

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Date de parution 04 mars 2020
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo

Extrait

Mercredi 4 mars 2020 / N° 16 563 www.fratmat.info / FratMat Mobile #129# (orangeCi) Prix: 300 Fcfa • Cedeao : 450 Fcfa • France: 1,70 € PREMIER QUOTIDIEN IVOIRIEN D’INFORMATIONS GÉNÉRALES
Obsèques de Lébry Léon Francis Le réconfort P. 13 de Sidi Touré à la famille éplorée
Session extraordinaire du Parlement Ouattara devant les députés et les sénateurs P. 4 Le Chef de l’État à Yamoussoukro aujourd’hui Dossier /Cancer de l’enfant mais on peut Grave,en guérir… Près de 900 nouveaux PP. 2 - 3 cas chaque année en Côte d’Ivoire
Traïc d’espèces animales protégées tonnes 3,6d’écailles de pangolin P. 9 incinérées
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Dossier
Mercredi 4 mars 2020
Cancer de l’enfant Grave, mais on peut guérir si... Célébrée le 15 février de chaque année, la Journée de sensibilisation à cette maladie qui n’épargne pas le tout-petit, a eu lieu à la mairie d’Abobo samedi dernier. ris en charge pré-cocement, le can-les iPntervenants à la 6e Jour-cer de l’enfant est curable. C’est cette lueur d’espoir que née de lutte contre le cancer ont voulu communiquer le samedi 20 février à la mai-rie d’Abobo. Célébrée le 15 février de chaque année, la journée avait pour thème : “ Diagnostiquer précocement pour sauver la vie”. Elle s’est tenue nalement le samedi 22 février dans cette commune, avec un accent particulier sur la situation des enfants, sous le parrainage de l’épouse du premier magistrat, Mme Ba-kayoko Yolande. Des témoignages forts de pa-rents d’enfants guéris n’ont pas manqué pour corrobo-rer cet espoir. « Quand vous voyez mon ls, est-ce que vous pouvez imaginer qu’il La maladie touche les enfants de zéro à quinze ans. Ici, (photo de droite), le lymphome du Burkitt. (PHOTOS : MONSAN JULIEN) a été victime de cancer ? Je vous assure qu’il était mé-rieur de la joue gauche de mation faite par Dr Akoun Yapiau dire du médecin, sur unecancer est détectable chez ou des douleurs au niveau connaissable, tant son ventre lle. Les premières consulta-Charles, comme pour direl’enfant. On pourrait ainsicouleur anormalement blan-des membres, ou encore était gros et ses bras petits. tions que nous avions faites qu’il n’y a pas d’âge spéci- l’observer chez un enfant qui châtre au niveau de la pu-qui fait constamment de la Ma famille et moi, nous étions dans des hôpitaux avaientque pour contracter cette présente une tuméfaction au pille. Loin d’être un signe deèvre, tout le temps épuisé, désespérés. Ma douleur a révélé des ganglions. Après maladie. Le service d’onco-niveau du visage, de la peaula beauté des yeux, « l’œil deet qui, de surcroît, saigne de été plus forte quand le méde-des examens poussés, nous logie du Chu de Treichvilleou qui a des ganglions au chat », peut être le début d’unla bouche, peut couver une cin m’a annoncé au Chu de avons été conduits au Chu de reçoit des patients de zéro niveau du cou ou sous les cancer de la pupille.leucémie. aisselles. Les signes inter-L’enfant qui a un abdomenCependant, il n’écarte pas pellateurs portent également,démesurément proéminent,la piste génétique, même si elle ne représente que 5% On pourrait ainsi l’observer chez un enfant qui présente des cas. Sa survenance peut être l’effet d’une mutation de une tuméfaction au niveau du visage, de la peau ou qui gènes. C’est ce qui explique une tradition de cancers a des ganglions au niveau du cou ou sous les aisselles.dans certaines familles, où la mère, la tante, la sœur, l’oncle, etc, sont frappés par Treichville où les médecinsà quinze ans. L’homme quila maladie. Treichville que l’enfant avait ont diagnostiqué le lymphome s’est assigné pour objectifL’incidence est généralement le cancer du rein. Après la du Burkitt. Elle a bénécié de « d’éveiller les consciences»,de 41% chez les hommes première chimio, il avait com-séances de chimio jusqu’à a proté de l’occasion pouret plus de 70% chez les mencé à s’asseoir. A la suite la n du mois de novembrebattre en brèche les préjugésfemmes. D’autres cancers de la deuxième, il marchait. 2015. Après quoi, elle a été sur cette « maladie qui n’est nipeuvent tout aussi être trans-Au terme de l’intervention déclarée guérie et apte à re- mystérieuse, ni contagieusemis par des microbes. Allu-chirurgicale, il est guéri », prendre l’école. Merci à tous » et qui « touche tous les or-sion faite à une bactérie à déclare la mère du petit Dio-les médecins qui ont travailléganes, de la tête aux pieds».l’origine du cancer de l’esto-mandé Ben Mohamed sous avec détermination pour sor-Car il arrive que des parents,mac ou le virus de l’Hépatite les applaudissements. Elle tir ma lle de cette situation », pensant avoir à faire à deB, qui peut aboutir à un can-avait à ses côtés le môme qui se réjouit-il. mauvais sorts, aient recourscer du foie. D’où l’importance respire la grande forme. Le choix d’Abobo pour par- à des forces occultes.de la vaccination. L’occasion était propice pour tager l’espérance réjouit for-Plusieurs types de cancersDr Akoun Yapi Charles a at-celle-ci de se lancer dans la tement le représentant dutouchent l’enfant. Il s’agit,tiré également l’attention de sensibilisation. «Mesdames, maire Kpan Georges. Car, entre autres, au dire du mé-l’assistance sur l’exposition si vous allez au marché et cette commune à forte na-decin, de celui du sang, dé-à des champs électroma-que vous apercevez des en-talité, qui enregistre environnommé la leucémie, le cancergnétiques (cas des gens fants qui ont de gros ventres, 200 naissances par jour peut des ganglions et de la rate,qui vivent sous les hautes n’hésitez pas à demander être, selon lui, le terreau duconnu sous l’appellation detensions), ou encore la pos-aux mamans de les conduire cancer. C’est pourquoi, il a lymphome du Burkitt, de l’œilsibilité de contracter la ma-dans un centre de santé pour exhorté les populations à une désigné comme le rétinoblas-ladie par le biais de parents une consultation », dit-elle. adhésion massive à la lutte. tome ou encore le cancer dufumeurs.Ou même encore, Le témoignage de Traoré  rein, appelé le néphroblas-chez des personnes nées Mahamadou, père de la l-L’enfant exposé à tout âgetome, etc.de malformations congéni-lette Kadi, n’avait pas d’autre Depuis le sein de sa mère,tales. but que de rassurer. « C’est le fœtus peut être frappé parSignes interpellateursen 2014 que nous avons Diomandé Ben se porte comme un charme, selon sa mère. le cancer. Telle est la révéla-Contrairement à l’adulte, le MARCELLINE GNEPROUST constaté un bouton à l’inté-
Mercredi 4 mars 2020
Dossier
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Environ 900 nouveaux cas chaque année en Côte d’Ivoireilé Augustin Kouamé, sous-directeur chargé de la prévention au programme national ceBr et représentant par ail-de lutte contre le can-leurs le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, a fait cas des ravages de cette maladie dans le monde et en Côte d’Ivoire. Ainsi, si dans le monde, 250.000 nouveaux cas de cancers pédiatriques sont diagnostiqués chaque an-née et que la maladie est à l’origine de plus de 100.000 décès, il est tout aussi une réelle préoccupation en Côte d’Ivoire. En effet, dans ce pays, l’on enre-gistre environ 900 nouveaux cas par an, chez l’enfant et l’adolescent. L’unité d’onco-logie du Chu de Treichville, à lui seul, se taille la part du lion avec environ 230 à 280 cas, avec « des résultats encourageants ».Pour l’in-tervenant, ce bilan a étéLe ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, à travers le Programme national de lutte contre le cancer, a pris la pleine mesure du combat pour sauver les enfants obtenu grâce aux effortsmalades. .(PHOTOS : MONSAN JULIEN) conjugués du Programme national de lutte contre le pels par les familles et la pays riches ». Ceci, à cause que le cancer pédiatrique sur ce éau ? » des assistants, des oncolo-cancer, de l’Unité d’oncolo-représentant des Ong de gues et des psychologues,représente moins de 1% de Le formation des médecins de de la méconnaissance de la gie du Chu de Treichville et proximité ». maladie, « du manque d’in-l’ensemble des cancers ».lutte contre ce éau, Koua-ainsi que l’organisation de surtout des généreux dona-Au vu de la gravité du canfrastructures médicales ou Car, contrairement aux pays -mé Djessouan Jean-Marie, séances de sensibilisation. teurs telle l’Ong Soleterre. Il développés où plus de 80% d’installations de diagnos-cer, Bilé Augustin Kouamé a, pour sa part, renouvelé Il a proté de l’occasion en appelle à un diagnostic de patients guérissent, les tic et de traitement efcace plaide pour une mobilisation l’engagement des Ong à pour exhorter les parents précoce de la maladie et pays à faibles revenus enre-».Pour le sous-directeur, de la société, sur un ton d’in-poursuivre l’appui aux petits à solliciter spontanément malades. Il se traduit par la l’aide des donateurs. plaide, par ailleurs, pour la gistrent encore des taux de chargé de la prévention au terpellation. « Organismes mise à disposition gratuite sensibilisation. Celle-ci va décès élevés. « La propor-programme national de lutte nationaux et internationaux, des anti-cancéreux, de s’appuyer sur « la recon-tion d’enfants qui meurent contre le cancer, « l’igno-société civile, groupes re-MARCELLINE GNEPROUST -vous personnels médicaux dont naissance des signes d’ap-de cancers est quatre fois rance de cette réalité im-ligieux, qu’attendez plus élevée que celle des porte peu au public parce pour informer la population
Mme Assaoua Fia Marie-Chantal :
Propos de parents et d’enfants
« Nous implorons les bonnes volontés »
Ma lle, Goli Méliane Dé-borah, a deux ans et demi. Elle faisait constamment la èvre, puis elle enait. Nous avions pensé au départ à un empoisonnement et mal-gré tous les soins, sa santé ne s’améliorait pas. Nous avons parcouru également les centres de santé de la ville sans succès, pour nous
retrouver nalement à l’hô-pital Moscati de Yamous-soukro. Après un scanner, on nous a informés de la présence d’une boule dans le ventre de l’enfant. Suspectant le cancer, le médecin nous a orientés à l’unité d’oncolo-gie du Chu de Treichville. Mon époux et moi étions paniqués parce que nous n’avions jamais vu pareille chose. Mais une fois dans ce service, nous avons été rassurés, surtout au vu de nombreux enfants. La pe-tite a commencé sa prise en charge. Elle doit être opérée du rein dans les jours qui viennent. J’ai foi en Dieu que ma lle va recouvrer la santé. J’implore les bonnes volontés an qu’elles nous viennent en aide, parce que mon époux et moi ne disposons pas de grands moyens. Nous sommes des planteurs.
Guéi Trifène, malade
« Je n’ai plus aussi mal » J’ai onze ans et je suis en
classe de CE1. J’ai mal à l’œil. Au début, mon père avait pensé à un furoncle, mais après, les médecins lui ont dit que j’ai le cancer de l’œil. Je n’ai plus aussi mal. J’ai repris l’école. Je remer-cie Dieu de m’avoir guérie.
Amani Claudine Patricia, mère de Déborah
« Elle pourrait reprendre le chemin de l’école » Avec la maladie de ma lle Anne-Déborah, j’ai eu la peur de ma vie. Ma lle avait un bouton dans la bouche et elle faisait constamment la èvre. Elle était au CM1 et a dû arrêter ses études. Pendant que je soupçon-nais le paludisme et lui ad-ministrais des médicaments traditionnels, le médecin que nous avons consulté sur les conseils d’un oncle, par la suite nous a annon-cé un cancer. Il s’agit du lymphome du Burkitt. Nous avons été adressées plus tard au Chu de Treichville où elle bénécie d’une prise en charge. Elle n’est pas
encore guérie, maisje suis déjà heureuse de constater qu’elle a retrouvé quelques réexes. Elle s’alimente sans se plaindre et pourrait reprendre bientôt le che-min de l’école. Des propos qu’appuie la petite Kouadio Anne-Déborah. « Avant, je ne pouvais pas manger et même boire de l’eau. J’avais très mal et je pleu-rais. J’avais peur de ne plus jamais revoir mes parents. Aujourd’hui, je me porte mieux ».
M. GNEPROUST
Pour plus de matériels
e service d’oncologie du Chu de Treichville pour-rait améliorer son fonc-L tionnement s’il bénécie d’un appui en matériel et médicaments. En sa qualité de chef de service de pédia-trie, le Professeur Cissé Las-sina a lancé un appel dans ce sens. C’est en 1995 que cette structure a ouvert ses portes aux tout-petits. Il est renforcé, depuis 2018, par l’hôpital mère-enfant Domi-nique Ouattara de Binger-ville. S’il a pu apporter le sourire à nombre d’enfants, certains y ont laissé leur vie, généralement pour, entre
autres, une prise en charge tardive à l’hôpital. Au nom des parents d’enfants ma-lades, Ekra Georges a exhor-té les parents à une réaction prompte en cas d’anomalie constatée chez leurs progéni-tures, en empruntant le che-min de l’hôpital. Il a lancé un appel aux autorités pour plus de sollicitude. « Je souhaite que vous ayez un regard particulier sur nos enfants en nous apportant un soutien matériel. Ceci nous permettra d’accroître la prise en charge des enfants dans les diffé-rents services ». M. G.
Des tableaux réalisés par les enfants de l’unité d’oncologie du Chu de Treichville.
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