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Fraternité Matin n°16775 - du samedi 21 & dimanche 22 novembre 2020

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Fraternité Matin n°16775 - du samedi 21 & dimanche 22 novembre 2020

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Date de parution 21 novembre 2020
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo
Samedi 21 - Dimanche 22 novembre 2020 / N° 16 775 www.fratmat.info / FratMat Mobile #129# (orangeCi) Prix: 300 Fcfa • Cedeao : 450 Fcfa • France: 1,70 € PREMIER QUOTIDIEN IVOIRIEN D’INFORMATIONS GÉNÉRALES
Dossier /Musique
Mapouka et Youssoumba : Une symphonie inachevée P. 12
Emmanuel Macron à propos de la candidature de Ouattara
“ Il s’est présenté par devoir.
Il n’y avait pas une
autre solution “ La présence de Guillaume Soro n’est pas souhaitée sur le territoire français ” P. 2 Éducation nationale P. 7 Hamed Bakayoko offre 4 établissements à Abobo-Akéikoi Journée mondiale de l’enfance 2020 Sessions budgétaires à l’Assemblée nationale Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service publicUn plaidoyer pour plus d’attention Roger Adom a présenté ses priorités des parents P. 7 Équipement et Entretien routier Autonomisation de la femme Un budget de 595 milliards de F Cfa voté L’entrepreneuriat au cœur Activités sportives P. 9 des enjeux de Un Inancement de 111 milliards de F Cfala Promotion du genre P. 8
pr sit
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Politique
Samedi 21 - Dimanche 22 novembre 2020
Macron à propos de la candidature de Ouattara :
“ Il s’est présenté par devoir. Il n’y avait pas une autre solution ”
Le Président français aborde nombre de sujets sans tabou dans une interview qu’il a accordée à notre confrère Jeune Afrique.
ompréhensif quand cela l’exige, incisif lorsque nécessaire, le Président français ansC, parle sans langue de bois Emmanuel Macron, 43 dans un entretien avec l’heb-domadaire Jeune Afrique. Il affiche une volonté fervente d’aller à une relation équitable avec l’Afrique. Un continent auquel il souhaite, c’est com-préhensible, un rajeunisse-ment de la classe politique. Les comptes sont bons pour certains dirigeants et le sont moins pour d’autres. Qui aime bien châtie bien. Sur l’actualité en Côte d’Ivoire, le locataire de l’Élysée estime que c’est le sens élevé du de-voir républicain qui a poussé son homologue ivoirien Alas-sane Ouattara à briguer la présidentielle du 31 octobre dernier. «Je pense vraiment qu’il s’est présenté par devoir. Dans l’absolu, j’aurais préféré qu’il y ait une autre solution, mais il n’y en avait pas », fait savoir Macron qui invite néanmoins le Président Alassane Ouatta-ra à «œuvrer pour la réconci-liation, à faire les gestes, d’ici aux élections législatives, pour pacifier son payset à « se » réconcilier avec les grandes fi-gures de la politique ivoirienne ». Par grandes figures, il fait
allusion aux anciens Chefs d’État Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. «Il y a un responsable poli-tique ivoirien qui a moins de 70 ans et qui ne cache pas ses ambitions, c’est Guil-laume Soro. Après l’annonce de la réélection de Ouattara,
il a appelé depuis la France, les forces armées ivoiriennes à le renverser », évoque le confrère Jeune Afrique. Le désaveu d’Emmanuel Macron est net : «Je crois qu’il n’est plus en France pour en parler. Nous ne souhaitons pas qu’il mène des actions de
déstabilisation depuis le sol français. Sa présence n’est pas souhaitée, sur notre terri-toire, tant qu’il se comportera de cette manière». «Lui avez-vous demandé de quitter le pays », interroge le journaliste. «Pas moi directement, mais
nous ne souhaitons pas qu’il mène des actions de déstabi-lisation depuis le sol français. Autant nous pouvons accueil-lir des combattants de la liber-té et toute personne qui serait menacée chez elle, autant nous n’avons pas vocation à protéger des activistes qui cherchent à déstabiliser un pays», explique le numéro un français. On se souviendra qu’au len-demain de la présidentielle du 31 octobre en Côte d’Ivoire, l’ancien président de la As-semblée nationale ivoirienne Guillaume Soro, alors en ter-ritoire français, avait lancé des appels à la déstabilisation via certains médias. Emmanuel Macron apparaît moins nuancé à propos de la situation en Guinée Conakry. Il estime qu’on peut difficilement détacher la dernière révision constitutionnelle de l’intention du président sortant d’avoir voulu se représenter. Qu’il s’agisse de la restitution du patrimoine africain, de la fin annoncée du franc CFA ou de la lutte contre le terrorisme, le Président français pense avoir ouvert de nouveaux sillons dans le champ des relations entre la France et l’Afrique. Le tout, accompagné d’un chan-gement de méthode. Le sommet prévu en juillet
2021 à Montpellier devrait il-lustrer ce virage. «Nous n’al-lons pas organiser un sommet classique, en invitant des Chefs d’État. Notre objec-tif est de mettre en avant les personnes qui incarnent le re-nouvellement générationnel, y compris sur le plan politique. Parce que s’il y a un point difficile, c’est bien le renou-vellement démocratique. Cer-tains pays se sont pliés à une alternance régulière, d’autres non », explique Macron qui a sa petite idée sur l’idée ré-pandue, à tort ou à raison, à propos d’un sentiment an-ti-français donné grandissant en Afrique. «Pendant des décennies, nous avons entretenu avec l’Afrique une relation très ins-titutionnelle, en passant par les Chefs d’État en fonction et par des entreprises bien installées. Ce faisant, le res-sentiment a pris une certaine place. Mais il y a également une stratégie à l’œuvre, me-née parfois par des dirigeants africains, mais surtout par des puissances étrangères, comme la Russie ou la Tur-quie, qui jouent sur le ressen-timent postcolonial», analyse-t-il. BENOIT HILI
Violences liées à la présidentielle Les enfants “ veulent grandir dans la paix ” ris du cœur ! Les en- en œuvre de la gratuité de «Vous êtes l’avenir de votre fants s’offusquent l’école sur l’étendue du terri- pays. Si vous avez un rêve, contre les violencestoire national, le renforcement n’abandonnez jamais», a-t-il penCdant et après l’électionforcement de la lutte contreà son tour, leur a demandé qui ont émaillé la de la vaccination pédiatriqueconseillé. La vice-présidente vie politique, avant, de tous les enfants, le ren- du Cndh, Marie Paule Kodjo, présidentielle. Dans une dé- les violences physiques etde respecter les parents et claration à la faveur de la sexuelles sur les enfants, les aînés. Elle leur a expliqué Journée internationale desainsi qu’un meilleur accès àque la Convention du droit droits de l’enfant, Dago Ma- l’information. des enfants (Cde), en vigueur nuella (11 ans, en classe de La présidente du Cndh, San- depuis plus de 30 ans, les si-3e), porte-parole des enfants, garé Namizata, a indiquétue sur leurs droits et devoirs. a demandé aux politiques de qu’en plus du droit à la paix, Méïté Ben Abdoulaye, pré-mettre balle à terre pour queles enfants ont aussi droitsident du Réseau des parle-règne la paix. «Nous vou- à l’éducation, à la santé, à mentaires pour la prévention, lons grandir dans la paix», l’identité, au logement... Ellela protection et la défense des a-t-elle plaidé, au cours de la a ajouté que plusieurs mani- droits de l’homme, a deman-cérémonie, organisée par le festations seront organisées dé aux gamins de faire des Conseil national des droits dejusqu’au 25 novembre, dansefforts dans le travail et le l’Homme (Cndh), à son siège, le but de promouvoir davan-respect des aînés. à Cocody II Plateaux. tage l’ensemble des droits La Convention relative aux Au nom de ses camarades,des enfants.droits de l’enfant a été adop-Dago Manuella a mis à pro- L’ambassadeur d’Israël en tée à l’unanimité, le 20 no-fit ce jour qui leur est dédié Côte d’Ivoire, Leo Vino- vembre 1989, à l’Onu. La En présence de plusieurs autorités, les enfants ont assisté à une cérémonie qui fait la promotion pour formuler d’autres recom- vezky a exhorté les gamins célébration de cette journée de leurs droits.(PHOTO : DR) mandations dans le cadre duen Côte d’Ivoire a pour thèmeà travailler et étudier davan- plaidoyer sur les droits des respect des droits des en- tage pour assurer un avenir «réinventer un monde meil-du Cndh a été marquée aussi MARCEL APPENAN enfants. fants. Entre autres, la mise radieux à la Côte d’Ivoire.leur». La cérémonie au seinpar la finale d’un concours de
Samedi 21 - Dimanche 22 novembre 2020
P olitique
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Violences électorales d’octobre Les évêques plaident pour la vérité et le dialogue
Ci-dessous, la déclaration de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire sur la situation socio-politique.
CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES CATHOLIQUES DE CÔTE D’IVOIRE
Appel à l’issu du Conseil Permanent du 19 no-vembre 2020
PROMOUVOIR LA PAIX PAR LE RESPECT DE LA LOI ET DES LIBERTES «Amour et Vérité se ren-contre, Justice et Paix s’em-brassent ; la Vérité germe-ra de la terre, et des cieux se penchera la Justice» (Psaume 84, 11-12)
Aux leaders politiques, A tous nos concitoyens.
1.Dans notre message du 19 janvier 2020 à Korho-go, alors que nous n’étions qu’au tout premier mois de l’année électorale en Côte d’Ivoire, il nous avait paru nécessaire et urgent de vous inviter à « tirer les le-çons d’un passé récent dou-loureux, afin de construire notre pays et laisser aux générations futures, un héri-tage d’unité et de paix » (cf. préambule, 2). Ce message mettait en lu-mière la menace de la per-sistance des ressentiments nés des crises précédentes et la nécessité absolue du dialogue, de la concerta-tion, afin de ne pas donner
Les évêques de Côte d’Ivoire prêchent l’évangile de la vérité sur les évènements électoraux et préconisent la poursuite du dia-logue entre les Ivoiriens.
au monde l’image d’un pays miné par des dissensions politiques.
2.Comme si l’histoire se ré-pétait, dix années après une sanglante crise post-électo-rale, la Côte d’Ivoire est de nouveau le théâtre de vio-lences d’une rare barbarie, entrainant de nombreuses pertes en vies humaines.
Nous nous indignons et nous condamnons ferme-ment toutes les violences de tous les camps poli-tiques, notamment de ceux qui ont armé et encouragé des jeunes dans le but fu-neste de massacrer d’autres jeunes. Nous nous inclinions avec respect devant la mémoire de tous ceux qui sont tom-
Les hommes de Dieu rejoignent le Chef de l’État a vérité et le dialogue.en cours, soient accéléréesde rétablir la confiance entre Ce sont les deux pilierspour situer, le plus rapide-toutes les filles et tous les fils de la démarche quement possible, les respon-de Côte d’Ivoire, de préser-propose le clergé.ver un climat de paix et desabilités », souligne le com- LPlus tôt, le 17 novembre, Après la frénésie desmuniqué final.stabilité et de poursuivre nos piques maléfiques entreactions de développement. les ténors politiques, l’épis-lors du Conseil politique,La paix et la stabilité sont copat catholique conseille Alassane Ouattara a illustré importantes pour la mise de revenir à de meilleurs sa volonté de dialogue par en œuvre de notre projet sentiments. Une proposi- la rencontre, quatre joursde société, la Côte d’Ivoire tion qui trouve déjà échos avant, avec le PrésidentSolidaire. C’est pourquoi, dans la démarche adoptée Henri Konan Bédié, Pré- je vous demande de mettre par le Chef de l’État depuistout en œuvre pour main-sident du Pdci-Rda. Le Pré- quelques jours. sident ivoirien a surtout prê- tenir et renforcer la paix et A propos de la vérité sur ceché l’évangile du dialoguele vivre ensemble sur toute qui s’est passé lors des évè-à sa troupe qu’il a engagée l’étendue du territoire natio-nements qui ont émaillé les dans cette guerre pour la nal. Le Rhdp a pour devoir élections et fait 85 morts, paix. de travailler à rassembler Alassane Ouattara a requis« J’ai aussi instruit le Premier la Côte d’Ivoire dans toute toute la lumière, le jeudi ministre Hamed Bakayoko à sa diversité », a-t-il insis-19 novembre, au cours du renouer le dialogue, avec le té le 17 novembre dernier. Conseil National de Sécu-Pdci-Rda et le Fpi afin deAutant dire que les évêques rité (CNS).prêchent à un converti.leur permettre de reprendre « Le Chef de l’État instruit leleur place dans le dialogue CNS afin que les enquêtes,politique. Mon objectif est BENOIT HILI
bés. Nous prions le Sei-gneur de consoler les fa-milles de toutes les victimes des atrocités et d’accorder une prompte guérison à tous les blessés et mutilés. Les auteurs de ces crimes doivent être recherchés afin qu’ils répondent de leurs actes devant une justice impartiale. Il serait bon de recourir aux services d’une commission d’enquête in-dépendante. En effet, il est inadmissible qu’au 21ème siècle, l’on assiste à des chasses-à-l’ homme à la machette, au gourdin et au fusil, pour ôter la vie à son semblable.
3.Telle qu’elle se présente, la situation actuelle était pré-visible. C’est pour cette rai-son qu’à plusieurs reprises, nous avons tiré la sonnette d’alarme sur les conditions de notre cohabitation pa-cifique et de l’organisation des élections justes, trans-parentes et inclusives. Pour sa part, l’archevêque métro-politain d’Abidjan, le Cardi-nal Jean-Pierre KUTWA, a engagé sa responsabilité de pasteur devant l’histoire de notre pays, le 31 aout 2020, en appelant au dialogue et à la concertation, car – avait-il affirmé – « le respect de la loi est plus important que les élections ; il ne suffit pas d’organiser des élections et d’en déclarer un vainqueur
pour qu’il y ait la paix ».
4.Aujourd’hui encore, au terme de la réunion de notre Conseil permanent, nous adressons cet appel pres-sant aux hommes politiques.
Nous déplorons le manque d’objectivité dans l’interpré-tation de notre loi fondamen-tale. Par conséquent, nous encourageons les deux prin-cipaux leaders de la vie poli-tique actuelle de notre pays, les présidents Alassane Ouattara et Henri Konan Bé-dié, à poursuivre et à inten-sifier, sur des bases claires, le dialogue qu’eux-mêmes ont initié à la grande satis-faction du peuple, aux fins de parvenir à la concorde nationale, à des « solutions justes qui sauvegardent et promeuvent le bien com-mun » (cf. Pape François, Angélus du dimanche 15 novembre 2020). Ce sera là l’occasion rêvée de vider le contentieux né de l’interpré-tation de la Constitution.
Nous souhaitons de tous nos vœux que ce dialogue prenne en compte la libéra-tion de tous les prisonniers politiques, favorise le retour rapide de tous les exilés, dont le président Laurent GGBAGBO, afin qu’ils prennent toute leur place dans le processus de récon-ciliation.
Nous recommandons vive-ment qu’il prenne aussi en compte la promotion des droits et des libertés indivi-duelles, d’une justice équi-table et de la culture de la rencontre. On ne le dira ja-mais assez, il n’y a pas de paix sans justice et il n’y a pas de justice sans pardon.
5. Il est périlleux en effet, de croire que les problèmes politiques ne peuvent pas se résoudre par les voies de la raison, à savoir des pourparlers fondés sur la vérité, le droit, la justice et l’équité, mais seulement au moyen de forces qui sèment la terreur et le meurtre. « La non-violence, écrivait le Pape Jean-Paul 2, est à la fois un principe religieux et uneméthode d’action poli-tique. C’est elle qui doit ré-gir le rapport entre l’Homme et la nature, mais aussi les relations des hommes entre eux » (cf. Message de la 50ème journée mondiale de la paix).
6. Remplissant la charge d’enseigner et d’instruire au nom de Dieu, nous estimons qu’il est de notre devoir, de vouer nos préoccupations et nos énergies à promou-voir ce bien commun uni-versel qu’est la paix. Mais la paix n’est pas qu’un mot vide de sens, si elle n’est est pas fondée sur un ordre qui repose sur la vérité, se construit selon la justice, re-coit de la charité sa vie et sa plénitude, et enfin s’exprime efficacement dans la liberté.
7. Puisse ce message par-venir à tous les leaders politiques et à tous nos concitoyens, à toutes les personnes de bonne vo-lonté, soucieuses du bien de chaque homme et de chaque femme ainsi que du destin de la société ivoi-rienne.
8. Que par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, Notre Dame de la Paix, Dieu protège la Côte d’Ivoire et convertisse les cœurs de tous les ivoiriens à l’amour, pour le pardon, la justice et la réconciliation.
Fait à Abidjan, le 19 no-vembre 2020
Vos frères les archevêques et évêques de Côte d’Ivoire