Fraternité Matin n°17009 - du lundi 06 septembre 2021
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Fraternité Matin n°17009 - du lundi 06 septembre 2021

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Date de parution 06 septembre 2021
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

Exrait

LundiL6unsdeip6tseemptbermeb2r0e22102/1N/°N1°716040490www.frattmata.itn.ifnof/oF/raFtrMaattMMaotbMiloeb#i1l2e9#1(2or9a#n(goeraCin)ge.ci) Prix:300Fcfa •Cedeao :450Fcfa •France:1,70PREMIER QUOTIDIEN IVOIRIEN D’INFORMATIONS GÉNÉRALES
L’éditoriald’Amédée Assi D’un parricide à un autre ’élection présidentielle 2025, c’est dans quatre ans et deux mois, exactement le dernier samedi du mois d’octobre de cette année-là. Avant cette L échéance constitutionnelle, les électeurs ivoiriens auront à renouveler leurs conseils municipaux et régionaux en 2023. Il y a donc encore du chemin à parcourir avant que le nom du deuxième Président de la troisième République soit connu.Suite page 2
Présidentielle 2025 /Guerre de positionnement au Pdci-Rda Yasmina Ouégnin :
‘‘ Que toutes les personnalités du parti puissent
décliner leurs projets…’’ Pp. 2-3
Reportage /Nouveau visage du Bénin
Patrice Talon imprime ‘‘ sa marque ’’ Pp. 4-5
Tentative de coup d’État en Guinée
L’Ua et la Cedeao condamnenP.t32
Finale Afrobasket 2021 /Côte d’Ivoire-Tunisie: 75-78
PHOTOS : DR
Défaite héroïque des ÉléphantP.s16Décès de l’humoriste Groguhet Non, Léonard, ça ne va pas8!-9 Pp.
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L’ÉDITOd’Amédée Assi
D’un parricide à un autre
ès lors, comment comprendre que déjà, ici et là, des personnes s’agitent et aïchent leurs inten-tions de briguer la magistrature suprême ? D S’il est vrai, comme le dit l’adage, que «qui veut aller loin ménage sa monture », cette fébrilité n’est pas de bon aloi pour ces prétendants, cadres ou dirigeants de formations politiques. Quand bien même on ne peut pas interdire à un citoyen ivoirien d’avoir des ambitions politiques. En eet, la discipline la plus élémentaire d’un parti ou groupement politique veut que le choix du candidat au poste de Président de la République se fasse au cours d’une convention, d’un bureau politique ou d’un congrès. Dès lors, aïrmer urbi et orbi qu’on pense à la fonction présidentielle, même en se rasant chaque matin, c’est fouler aux pieds les règles de la formation politique à laquelle on appartient, c’est avoir une forme de mé-pris ou de suïsance vis-à-vis de ses camarades de parti. Comme l’a joliment dit l’éducateur social congolais Wembo Jah Olela : « Chaque chose à son heure. L’œuf n’éclot que lorsque le poussin est disposé. On ne demande pas à l’arbre de faire le fruit avant le bourgeon ». Ainsi, si on ne peut pas tenir rigueur à Jean-Louis Bil-lon d’avoir créé un mouvement à sa gloire, « Pierre d’angle pour Jean-Louis Billon », il faut bien admettre que ses sorties ces derniers temps sont bien inoppor-tunes et attentatoires à la discipline et à la cohésion au sein du Pdci-Rda dont il est tout de même le se-crétaire exécutif en charge de la communication et de la propagande. Quelques morceaux choisis : «Au Pdci, j’ai été le pre-mier à me déclarer candidat. En étant le premier à m’aïrmer, j’aurai plus de légitimité que les autres qui viendront comme opportunistes » ; « Vous ne pouvez pas faire le temps de vos enfants et vouloir faire le temps de vos petits-enfants » ; « On ne fait pas du neuf avec de l’ancien » ; « Je considère qu’en 2025, nous allons tourner la page, pas qu’au président Bé-dié… ». Si cette position de Jean Louis Billon s’inscrit indé-niablement dans la vision du Président de la Répu-blique Alassane Ouattara de donner une chance à une nouvelle classe d’hommes politiques, beaucoup plus jeunes, de procéder à un renouvellement génération-nel du paysage politique ivoirien, il faut bien y voir une volonté d’écarter, de manière brutale et inélégante, le président du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié. Et cela d’autant plus que le Sphinx de Daoukro, qui a rêvé récemment d’être calife à la place du calife en créant le Conseil national de transition (Cnt), qui lui aurait permis, sans élection, sans la caution de la majorité des électeurs ivoiriens de revenir au pouvoir, n’a pas abandonné cet entêtement obsessionnel de retrouver les ors de la République. Si hier, c’était le président légal du Fpi Pascal Aï N’guessan, qui opérait un parricide sur la personne de Laurent Gbagbo, comme l’a fort justement dé-montré Venance Konan dans sa chronique de mardi dernier, aujourd’hui, pourrait-on dire, c’est le tour de Jean-Louis Billon de « tuer » son père, de lui porter l’estocade. Et Ange Dagaret-Dassaud, membre du Bureau poli-tique du Pdci-Rda, a donc beau jeu d’aïrmer qu’«aus-si bien que toutes les ambitions sont légitimes, elles doivent s’exprimer dans l’ordre et la discipline. » En droit ivoirien, conformément à l’article 379 du code pénal, le parricide est puni de l’emprisonnement à vie, mais il faut tout de même se souvenir de ceci : dans l’antiquité romaine, le meurtre des père ou mère, des parents adoptifs ou de tout autre ascendant, était le pire des crimes. Selon Cicéron, le condamné était fouetté puis, la tête enveloppée dans un sac en cuir, il était cousu dans un sac et jeté à la mer. Ici, même si nous sommes sur le terrain politique et qu’il n’y a pas d’infraction pénale, il faut dire qu’un parricide reste un parricide quand bien même tuer le père est un grand classique politique et que bon nombre de politiciens, sous tous les cieux, n’hésitent nourris. pas à mordre la main qui les a
I nterview
Lundi 6 septembre 2021
Présidentielle 2025 / Guerre de positionnement au Pdci-Rda Yasmina Ouégnin,membre du Bureau politique :
‘‘...Que toutes les personnalités de notre famille
politique puissent décliner leurs projets...’’
À42 ans, l’une des îgures politiques féminines les plus adulées se prononce, dans cette interview, sur les velléités de candidature au sein de sa formation politique à la prochaine échéance présidentielle. Elle y évoque les raisons qui bloquent véritablement la réconciliation nationale. Que pensez-vous de la volonté de Jean-Louis Billon d’être candidat à l’élection présidentielle de 2025 ? Il faut, avant tout, rappeler que l’honorable Jean-Louis Billon demeure un haut cadre militant du Pdci-Rda, qui occupe également des fonctions importantes dans l’administration et dans la vie de notre parti. Dans un contexte démocratique et transparent, tout ci -toyen est libre d’avoir des ambitions allant dans le sens d’une offre politique différente au plus haut ni-veau de responsabilité. A sa suite, il est souhaitable que toutes les personna-lités de notre famille poli-tique qui s’estiment aptes à apporter leur expérience et leurs compétences au service de la République puissent, elles aussi, dé-cliner leurs projets pour la Côte d’Ivoire de demain. Bien entendu et par souci d’efcacité, il importe de ne pas disperser les forces et atouts de notre parti. Il faut privilégier un débat ouvert, qui aboutira à un choix PHOTO : DR unique et consensuel du meilleur porte-étendard du divers niveaux et c’est déjàgénération ?tions sont majoritairement Pdci-Rda. ce que je fais depuis 10 jeunes. Elles aspirent à un ans en tant que députée. Il est bon de faire le constat idéal de vie fondamentale-Dans votre plan de carrière, ambitionnez-vous de prendre part à une telle échéance ?Bien entendu et par souci d’efîcacité, il importe de ne Je le répète, tout citoyen ivoirien jouissant de pas disperser les forces et atouts de notre parti. Il faut ses droits civiques et remplissant les conditions privilégier un débat ouvert, qui aboutira à un choix unique prescrites par la loi, devrait être libre d’exprimer son ambition de briguer laet consensuel du meilleur porte-étendard du Pdci-Rda. magistrature suprême. Dans le cadre du Pdci-Rda, pour les raisons Des voix s’élèventdes mutations sociétales ment adapté à l’évolution que j’ai déjà exposées, de plus en plus pourrécente des dynamiqueset des changements ful- je ne m’interdirais pas de dire que la nouvellesociales. Ces constats éta-gurants enregistrés sur le prendre part à tout débat génération doit prendreplan mondial, grâce, entre blis, il me semble indiqué qui viserait à désigner le le pouvoir pour dirigerde croire que les nouvellesautres, aux progrès techno- candidat de notre parti à les affaires de l’État.offres politiques, ainsi quelogiques mais également à la prochaine échéance Souscrivez-vous à cetteles alternatives les plusun meilleur accès à l’édu- présidentielle. Je reste thèse ? Vous qui avezpertinentes pourraient etcation et à l’information. toutefois convaincue qu’on 42 ans, faites-vousPar ailleurs, vous noterez devraient émaner des gé-peut servir la nation à partie de cette nouvelleavec moi que nos popula-
Lundi 6 septembre 2021
nérations en phase avec les réalités et le contexte actuels. Ailleurs dans le monde, ce débat n’a plus lieu ; regardez le prol des équipes dirigeantes des pays développés et des grandes puissances. Ces nations sont gouvernées par des personnalités plu-tôt jeunes et surtout idéa-lement préparées à adres-ser les préoccupations de notre époque.
A côté du secrétariat exécutif du Pdci-Rda, un comité politique a été créé. Des militants estiment que les deux entités jouent le même rôle et ont quasiment la même fonction. Pensez-vous qu’il y ait un chevauchement entre ces deux structures ? Le secrétariat exécutif est un organe issu des délibé-rations du XIIe Congrès. A ce titre, il reète le mo-dèle de gouvernance que l’ensemble des militantes et militants estimaient ju-dicieux et conforme aux attentes de l’animation et de la vie du Pdci-Rda, n 2013. Cela dit, depuis ce dernier congrès ordinaire, le contexte socio-politique ivoirien a considérable-ment évolué, invitant à des ajustements d’oppor-tunités, en appréciant les nouveaux paramètres. Les congrès extraordinaires qui ont suivi, à travers leurs ré-solutions, donnaient toute latitude au président Henri Konan Bédié de procéder à des aménagements qu’il jugerait nécessaires pour dynamiser notre parti. En créant le comité politique qui vient compléter les ins-tances déjà existantes, il a donc fait preuve de réa-lisme et d’adaptation à l’en-vironnement politique ac-tuel. De plus, je me réjouis de la mise en place, depuis juin dernier, de l’Institut de formation politique qui, lui aussi, pourra contribuer à nous préparer à relever les nombreux dés qui nous attendent.
Quel est aujourd’hui l’état de votre relation avec Henri Konan Bédié, le président du Pdci-Rda ? Êtes-vous d’accord avec toutes ses décisions relativement à la gestion du plus ancien parti politique de Côte d’Ivoire ? Le président Bédié de -meure le premier respon-sable du parti et, à cet égard, tous les cadres, élus
I nterview
et militants de notre famille politique sont en ordre de bataille pour mener à bien la poursuite de notre objec-tif de reconquête du pouvoir d’État perdu, depuis plus de deux décennies. Tant que les décisions au sein de notre formation politique seront prises à la suite de consultations libres, ou-vertes et transparentes, je reste persuadée que tous, nous nous alignerons sur les options de la grande majorité, en prenant en considération les attentes de nos bases. A titre per-sonnel, j’entretiens d’ex-cellentes relations avec le Président Bédié, pour qui j’ai un profond respect et nos différents échanges m’ont, à chaque fois, dé-montré qu’il apprécie mon engagement politique. D’ailleurs, en toute con-dence, je peux vous révé-ler qu’il me trouve même pugnace et déterminée.
A part être députée Pdci-Rda à l’Hémicycle, avez-vous une fonction particulière au sein de cette formation politique ?Militante dans la déléga-tion de Cocody 3, depuis une quinzaine d’années, mon statut de députée m’a permis d’intégrer le Bu-reau politique du Pdci-Rda n 2013. Je suis égale-ment, depuis avril dernier, la 1ère vice-présidente et porte-parole du groupe parlementaire Pdci-Rda à l’Assemblée nationale.
Vous avez récusé Maurice Kakou Guikahué quant à sa volonté d’être le pré-sident du groupe parle-mentaire du Pdci-Rda à l’Assemblée nationale. Que lui reprochiez-vous concrètement ? Lors des discussions sur les choix des animateurs des différents organes du Pdci-Rda, il reste constant que le cumul de respon-sabilités est un obstacle à la poursuite efcace des ambitions de notre par-ti qui regorge pourtant de nombreuses compétences. Or, il faut savoir exploiter celles-ci an que chacun puisse apporter son expé-rience et son expertise à la réalisation de nos projets communs. La démarche que vous évoquez n’avait donc aucun relent d’achar-nement personnel sur le secrétaire exécutif en chef, avec qui j’ai par ailleurs de très bonnes relations -liales. Toutefois, mes dix années à l’Assemblée nationale ont forgé ma conviction
PHOTO : DR
de la nécessité pour un président de groupe parle-mentaire d’être totalement dévoué à cette importante fonction. D’ailleurs, dans de nombreux autres do-maines, la multiplicité de responsabilités est souvent un frein à la qualité du ren-dement ou à l’efcacité du travail.
d’apaisement et de récon-ciliation nationale. Mais il faudrait être prudent et réaliste quant à l’avène-ment de cette Côte d’Ivoire rassemblée, unie dans sa diversité et solidaire sou-haitée par tous. Car, tout ne se fera pas d’un tour de baguette magique, ou par de pieuses incanta-tions. Reconstruire la co-
parvenir. L’observation que je voudrais partager est celle du manque d’humilité et de dépassement de soi de la classe politique ivoi-rienne dans son ensemble. Chacun voyant midi à sa porte, les initiatives pour la réconciliation nationale butent invariablement sur des préoccupations parti-sanes, voire claniques et
Je me suis mise à leur disposition, ils le savent, ils peuvent compter sur moi, ils le savent également. Je
continuerai d’honorer le pacte de conîance qui nous lie.
Laurent Gbagbo, après son acquittement total à la Cpi, est revenu en Côte d’Ivoire. Il a été même reçu en audience par le Président de la République, Alassane Ouattara. Comment avez-vous vécu cette rencontre ? Êtes-vous d’avis avec des Ivoiriens, notamment des personnalités de la classe politique, qui estiment que ce retour de l’ancien Chef de l’État donnera un coup d’accélérateur à la réconciliation nationale ? Évidemment, l’acquit-tement et le retour de l’ex-Président Laurent Gbagbo sont deux bonnes nouvelles qui offrent de réelles perspectives
hésion nationale est un travail de longue haleine qui commande nécessai-rement l’implication de tous les acteurs politiques majeurs, mais également le concours de la socié-té civile et de l’ensemble de nos concitoyens. À cet égard, la rencontre entre les Présidents Ouattara et Gbagbo s’est présentée comme une étape certes symbolique mais encore insufsante.
D’aucuns afïrment que toutes les actions engagées pour la réconciliation ont toutes échoué. Avez-vous des propositions pour booster ce processus ? Bien malin qui pourrait don-ner la recette idoine pour y
des intérêts individuels. Je prote de votre tribune pour en appeler à un sur-saut qualitatif qui permet-tra à la nation ivoirienne d’avoir enn une approche authentique et sincère an d’identier les voies et moyens de parvenir à la paix et à la concorde qui, comme nous le savons, demeurent des prérequis au développement et au progrès. Je pense que notre chère Côte d’Ivoire le mérite.
Yasmina Ouégnin, lors des échéances électorales à Cocody, a surclassé tous ses adversaires. Quel est votre secret ? Si je le dévoilais, je pour-rais être battue aux pro-
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chaines échéances. (Rires) Pour être plus sérieuse, le secret réside dans la réelle proximité que j’en-tretiens avec les popu-lations de ma circons-cription, et même bien au-delà. A cela, faudrait-il ajouter la franchise et la transparence avec la-quelle nous menons, en-semble, une conversation citoyenne, depuis plus d’une décennie, pour per-mettre des lendemains meilleurs à tous les Ivoi-riennes et Ivoiriens. Ceux-ci me le rendent bien en retour, en me renouve-lant leur conance. Je me suis mise à leur dis-position, ils le savent, ils peuvent compter sur moi, ils le savent également. Je continuerai d’honorer le pacte de conance qui nous lie.
Une scène, ces derniers jours, retraçant un acte de viol en direct sur la chaîne privée Nci a suscité une vague d’indignations en Côte d’Ivoire. En tant que femme, mère et une des ïgures féminines les plus brillantes et aimées du pays, quel commentaire en faites-vous ? Que pourrais-je dire qui n’a été déjà exposé par la désapprobation géné-rale et l’indignation que la grande majorité des Ivoiriennes et Ivoiriens a exprimée, à la suite de la diffusion de cette émis-sion. Surtout que depuis plusieurs années déjà, je suis très impliquée dans ce combat pour que cessent les violences ba-sées sur le genre que sont, entre autres, le viol, le harcèlement sexuel, l’excision, etc. Bien au-de-là des sanctions prises par l’appareil judiciaire dans ce cas précis, il faut légi-timement s’inquiéter de la déliquescence morale et des travers de notre socié-té qui ont trouvé des vec-teurs dans nos médias. Il y a certainement matière à réexion pour redonner à nos populations en mal de repères les principes civiques et les valeurs morales qu’elles semblent avoir perdues, peut-être par la faute des nom-breuses crises et tensions socio-politiques qui ont jalonné l’histoire de notre pays depuis plus d’un . quart de siècle
INTERVIEW RÉALISÉE PAR KANATE MAMADOU
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