Fraternité Matin n°17011 - du mercredi 08 septembre 2021
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Fraternité Matin n°17011 - du mercredi 08 septembre 2021

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Date de parution 08 septembre 2021
Langue Français
Poids de l'ouvrage 11 Mo

Exrait

Rentrée gouvernementale Conseil des ministres PREMIER QUOTIDIEN IVOIRIEN D’INFORMATIONS GÉNÉRALESaujourd’hui Mercredi 8 septembre 2021 / N° 17011 www.fratmat.info / FratMat Mobile #129# (orangeCi) P. 5 Prix: 300 Fcfa • Cedeao : 450 Fcfa • France: 1,70 € Coopération Le Chef de l’État échange avec l’ambassadeur tunisien en In de mission P.4 6 mois après la deuxième attaque terroriste
Comment on vit à Kafolo L’armée quadrille le terrain, les autorités administratives s’activent au réarmement psychologique des populations PP. 2-3 Un village moderne en constructionLe récit de notre envoyée spéciale Proposée comme membre d’un groupe de réexion Simone Gbagbo dit non à Laurent GbagboP.5
Houphouët-Boigny de Co
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Nation
Mercredi 8 septembre 2021
Menaces permanentes d’attaques terroristes à Kafolo Les populations entre peur et espoir !
Les habitants du village qui a fait l’objet d’attaques répétitives sont toujours apeurés en dépit
afolo, localité située à plus de 800 kilomètres d’Abidjan. L’évocation de son seul nom fait bitKants de la région du Tcho-sursauter tous les ha-logo. Ce gros village qui est à 50 kilomètres du Burkina Faso porte toujours les sé-quelles des attaques terro-ristes dont il a été victime à deux reprises, en juin 2020 et mars 2021. L’histoire de Kafolo se conte désormais avec attaques terroristes, enlèvements de personnes et de biens, prises d’otages, explosions de mines artisa-nales... Les 30 kilomètres de voie non-bitumée menant à Kafolo, à partir de Nassian, ne peuvent être abordés avec sérénité. Malgré tout le cou-rage qu’on peut avoir, c’est avec la peur au ventre qu’on y va. Sur la piste empruntée le samedi 14 août 2021, nous rencontrons un contingent de l’armée de terre en patrouille. Le soldat au volant du véhi-cule de commandement nous conseille d’éviter tout ce qui ressemblerait à des sachets ou des bouteilles en plastique jetés par terre.« Cela pour-rait être une mine artisanale qui ferait exploser votre vé-hicule »,avant de lance-t-il, poursuivre son chemin. Le danger est perceptible et la prudence de mise.Après une distance d’environ 10 km, nous rencontrons l’Honorable Diomandé Karim, député de Kong et natif de Kafolo. Il se gare à notre niveau pour un échange. Après les présenta-tions d’usage, il nous confie au propriétaire terrien de Ka-folo, Bamba Aboulaye, avec qui il se rendait à des funé-railles à Ferkessédougou afin de faciliter notre travail au-près des villageois.« Allez-y tranquillement. Il n’y a rien. Nous revenons de là-bas », rassure l’élu, avec un sou-rire aux lèvres, comme pour détendre nos mines apeu-rées. Il faut le reconnaître, le fait d’avoir Bamba Aboulaye dans notre véhicule nous a donné beaucoup d’assurance pour la suite. Sur le trajet, notre attention est détournée par les singes et les écureuils qui traversent la route pour avoir accès au Parc national de la Comoé situé à droite, sur le chemin de l’aller. Voir ces animaux dans cette ambiance nous a fait du bien et a distrait notre esprit. Ce fut de courte du-rée puisque Bamba Abou-laye va nous montrer juste après, l’endroit où a explosé
de la présence massive des forces armées.
Les habitants de Kafolo, nostalgiques de leur sérénité d’antan.
l’une des mines artisanales (à proximité de la maison des Eaux et Forêts selon notre hôte) ; le trou dans le sol et le ruban jaune de la police scientifique pour délimiter le lieu s’y trouvent toujours. Nous continuons le chemin en écoutant le propriétaire terrien nous conter l’histoire de cette mine artisanale qui a explosé sur cette piste.« L’on a découvert au total trois mines artisanales autour de Kafolo mais aucune d’entre elles n’a été meurtrière », nous rassure-t-il. La conver-sation autour de cet incident se poursuit jusqu’à Kafolo. A l’entrée du village, les im-pacts de balles dans les murs de l’ex-poste de l’armée qui a fait les frais de la première at-taque, avec la mort d’une di-zaine de soldats, sont encore visibles.« Nous ne connais-sons pas vraiment les soldats tués puisqu’ils se relayaient à chaque fois. Mais, le fait qu’ils aient été ainsi abattus à cet endroit hante notre esprit…»,confie le propriétaire terrien qui, une fois sur les lieux, a réuni les villageois autour de nous. Ces propos sont confir-més par Dera Abdoulaye :« Savoir que des gens ont été tués sur notre terre nous trau-matise. Nous vivons dans la peur constante que cela ne recommence plus. Notre sé-rénité a complètement dispa-ru à cause de cette situation surtout après la deuxième attaque. Nous avons compris qu’ils peuvent venir attaquer à tout moment. Nous n’ar-rivons pas à dormir la nuit. Même les bruits des portes nous effraient maintenant...»
Et il n’a pas tort. Les attaques terroristes ont changé les habitudes des villageois à Kafolo.nous pou-« Avant, vions vaquer à nos occupa-tions jusqu’à tard dans la nuit en dehors du village. Mais aujourd’hui à cause de cette situation, l’armée présente à Kafolo nous a demandé de faire taire tous bruits de motos à partir de 18h… », confesse avec dépit, Tioté Amara. Il y voit, tout de même un bon côté. Cela permet à l’armée de distinguer les mouvements des villageois et ceux des suspects. Surtout que les enquêtes ont démon-tré que les assaillants utilisent les motocyclettes comme moyens de déplacement. La peur et la hantise de len-demains incertains est encore plus grande chez les femmes de Kafolo.« J’ai peur pour
moi-même, mon mari et mes enfants. Nous habitons non loin du camp. Qui sait quand ces choses vont reprendre? Peut-être qu’ils vont s’en prendre à nous et nous tuer ? Cette idée ne me quitte plus », s’inquiète, la voix tremblo-tante, Mme Barro Habiba, mère de famille. Ouattara Ko-rotoumou ne dira pas autre chose :« Quand mon mari part en ville pour les courses et même dans les champs, je ne suis pas en paix tant qu’il ne rentre pas…» Pourtant, l’armée y a établi un camp.« C’est la présence de l’armée qui nous donne le courage de réaliser nos tra-vaux champêtres et d’aller en dehors du village. Ce qui était impossible avant leur présence massive. Cette peur qui nous tétanisait au lendemain des attaques est
Le calme règne à Kafolo.(PHOTOS:SÉBASTIEN KOUASSI)
passée. Nous sommes un peu tranquilles. Mais pas se-reins », soutient, pour sa part, Touré Bassaradi. Il justifie cette situation d’inquiétude à cause des échos récurrents de la présence des terroristes du côté du Burkina Faso. N’est-ce pas des rumeurs ? Les villageois réunis pour la circonstance répondent à l’unanimité par la négative. Avoyé Kassim, un jeune pê-cheur ghanéen (vêtu du mail-lot blanc de l’équipe nationale de football de son pays) qui n’arrive plus à aller en eau profonde à cause de ces menaces terroristes, prend la parole :« Nous sommes à seulement 50 km du Bur-kina Faso et la présence de ces terroristes est effective là-bas. Ils peuvent attaquer à n’importe quel moment ». A l’en croire, auparavant, lui et
ses camarades parcouraient jusqu’à 5 km, voire plus pour pêcher dans le fleuve Co-moé. Une activité qui leur per-mettait de commercialiser le poisson fumé au village. Mais aujourd’hui, la situation les oblige à rester pas loin des rives et à se contenter d’assu-rer la pitance quotidienne de leur famille.« Nous ne pou-vons plus vendre du poisson. Ce que nous prenons est tel-lement insuffisant que nous le consommons nous-mêmes »,remarquer Ousmane fait Tangara, un autre pêcheur de nationalité malienne, désem-paré par cette situation. Le même problème se pose au niveau de la commerciali-sation de la viande de bœuf. « Pendant les attaques, il s’est trouvé que certains peuhls bouviers ont été arrê-tés. D’autres bouviers peuhls du village sont rentrés chez eux ... c’est difficile d’avoir de la viande de bœuf actuelle-ment. Le kilogramme qui était à 800 Fcfa est passé à 1000 FCfa… », se lamente dame Ouattara Korotoumou. Elle explique que les habitants de Kafolo sont obligés de s’ap-provisionner uniquement les jours de marché qui a lieu une fois tous les cinq jours. Les commerçants viennent des villages environnants, des campements et de Ferkessé-dougou pour les ravitailler en viande, en poisson et autres produits vivriers… Entre peur de vivre des len-demains incertains et désirs de se rendre aux champs pour subvenir à la pitance quotidienne, les villageois de Kafolo prient que la quiétude qui a toujours régné dans cette bourgade revienne. SABINE KOUAKOU ENVOYÉE SPÉCIALE
Mercredi 8 septembre 2021
Nation
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Comment l’armée et les autorités administratives travaillent à la quiétude des populations
epuis la première at-taque meurtrière à Kafolo en juin 2020 (14 soldats tués), le aDmis sur pied, à Kong, un gouvernement ivoirien poste de commandement re-groupant les différents corps d’armée de Côte d’Ivoire.« Toute l’armée est aujourd’hui présente à Kong », affirme le lieutenant-colonel Agoua Aimé, l’adjoint au Comman-dement du secteur Est de la zone opérationnelle de Kong que nous avons rencontré. Poursuivant, il ajoute :« Une patrouille est régulièrement organisée à Kafolo pour ras-surer les populations ». Cette démarche a permis à l’armée de repousser les as-saillants lors de la seconde attaque à Kafolo en mars 2021, moins d’un an après la première. Et depuis cette date, l’armée est de plus en plus active dans cette zone. « Nous avons eu peur d’être attaqués à notre tour après la première attaque de Kafolo. Mais depuis que l’armée est présente, nous nous sentons en sécurité », confie Mme Kouakou Blandine, au mar-ché de Kong. Elle est soute-nue par Mme Touré Ariane, une coiffeuse qui déclare:« Quand l’armée est là, on est tranquille; ce qui n’était pas le cas avant ». Outre la présence de l’armée, il y a aussi un travail de fond qui est fait sur le terrain par
Le préfet de Kong Soumahoro Soualiho et toutes les autorités militaires et administratives ont un seul objectif: remettre en confiance les populations.
les autorités administratives. « Notre travail depuis les at-taques est un travail de ré-armement psychologique. Si les populations ne sont pas réarmées psychologique-ment pour vaquer quotidien-nement à leurs occupations, elles risquent de céder le terrain à nos ennemis… », explique Soumahoro Souha-lio, préfet du département de Kong. Selon lui, ce travail de réarmement psychologique a eu lieu aux lendemains de la première attaque et continue à travers les réunions régu-lières avec toutes les com-munautés de son départe-ment. Il prend en compte les sous-préfectures notamment celle de Sikolo dont dépend
Kafolo. Le message trans-mis lors de ces rencontres est clair :« Les paysans et les fonctionnaires doivent va-quer à leurs occupations pour continuer le développement de Kong. On invite les popu-lations à nous aider à travers les informations pour que les forces de défense et de sécu-rité puissent opérer en toute sérénité…On leur a deman-dé de se considérer chacun comme un agent des forces de renseignement », recom-mande le préfet. Le maire ré-sident de Kong, Barro Abou-bakary, abondant dans son sens, confirme qu’il s’agit« de faire attention au compor-tement de chacun de nous et de dénoncer tout comporte-
Kafolo: un village moderne
Kafolo a fière allure grâce à cette mosquée.
ans ce village fron-talier du Burkina Faso, les habitants disposent d’une mos-enDvier à celles des grandes quée qui n’a rien à villes ; elle est belle, grande et imposante.« C’est un don du député de Kong Dioman-dé Karim», révèle fièrement Bamba Aboulaye, le proprié-taire terrien du village. A l’entrée de Kafolo, c’est un grand bâtiment peint en bleu et blanc clôturé qui vous ac-cueille. C’est le dispensaire du village. Les travaux sont terminés, l’on attend les
équipements pour son fonc-tionnement. Il est compo-sé de deux bâtiments ; l’un pour les infirmiers d’État et l’autre pour la sage-femme. Les villageois attendent, avec impatience, l’inaugura-tion de leur premier dispen-saire et des fonctionnaires qui y seront affectés pour participer à l’animation de leur communauté. Ils sont également enchan-tés de savoir que bientôt, ils auront droit à leur premier collège situé à proximité du camp militaire. Les travaux sont déjà bien avancés. Il
en est de même pour l’aé-rogare qui verra également bientôt le jour. Il convient de rappeler que ce village est habité majo-ritairement par les Malinké, les Lobi et les communau-tés de la Cedeao. Les popu-lations sont des cultivateurs de mil, de sorgho, de maïs, d’anacarde et de riz. Et de-puis les attaques terroristes, Kafolo abrite un camp mili-taire. Kafolo, c’est aussi un village électrifié qui bénéfi-cie d’une couverture de télé-phonie mobile. S. KOUAKOU
Les militaires, de leur camp, veillent au grain.(PHOTOS:SÉBASTIEN KOUASSI)
ment suspect au sein des ha-bitants. Nous leur avons don-né des signes à détecter chez les personnes suspectes afin qu’ils puissent les signaler à l’armée qui, à son tour, se chargera de faire des vérifica-tions...».Selon le maire Barro Aboubakary, la collaboration avec les populations sur le terrain se déroule bien actuel-lement même si au départ, elles étaient méfiantes. « Ce message ne passait pas
au départ parce que certaines personnes avaient peur. Mais à force de les sensibiliser, les uns et les autres ont compris qu’il s’agit d’une collaboration avec l’armée en signalant des personnes suspectes au sein de la population. Ce n’est pas pour les emprisonner mais pour aider nos forces de l’ordre à mieux travail-ler. Je peux dire aujourd’hui que la collaboration entre la jeunesse et notre armée se
passe bien »,raconte le pré-sident des jeunes de Kong, Ouattara Kassoum. En dehors de ces actions, un numéro vert a été commu-niqué aux populations pour toutes informations relatives à cette situation. Cependant, la réflexion et les stratégies sont toujours peaufinées pour faire barrage à la progression des terroristes dans cette zone. SABINE KOUAKOU
De la solitude des fonctionnaires
L’infirmièrie d’État, Béhibro Kouadio attend l’ouverture du nouveau dispensaire. ort de plus de 25 000quitte rarement mon poste.que je déprime parfois. Hor-âmes, Kafolo disposemis les jours de marché, uneDe toute façon, je crois que d’une école primaire defois tous les cinq jours, il n’yje n’ai pas trop le choix. Je inFstituteurs sont absents enmerie sera fermée. Donc en isolés davantage », soupire 6 classes et une infirme-suis le seul infirmier à Ka-a pas d’animation. Et les at-rie. Les fonctionnairesfolo. Si je m’absente, l’infirterroristes nous ont- taques raison des vacances sco-dehors des réunions liées aul’aide-soignante au regard laires. Seul l’infirmier d’Étattravail, je suis toujours à monperdu, assise dans sa cui-Béhibro Kouadio et sonposte… »,avec sa fillette.poursuit-il. sine aide-soignante Koffi N’Go-Quand il doit participer aux Une situation vécue difficile-ran Béatrice en place. C’est réunions familiales ain-ment par le couple qui s’est un couple. Monsieur exerce si qu’aux cérémonies de trouvé dans l’obligation de se depuis huit ans à Kafolo, sa réjouissance ou à des fu-séparer de ses deux grands femme est fonctionnaire de-enfants à cause de l’insénérailles de ses parents, -puis un an et travaille à ses Béhibro Kouadio se fait re-curité due aux attaques.« côtés. présenter par sa femme KoffiNous nous sommes sépa-« Cet endroit était habité parN’Goran Béatrice.rés de nos enfants (8 ans un Européen. C’est sa mai-Si Béhibro Kouadio dit bienet 5 ans) après les attaques son qui nous sert aujourd’huise sentir à cet endroit, ceterroristes. Nous les avons d’infirmerie (une vieille mai-n’est pas le cas de sa com-envoyés chez nos parents. son avec des moustiquairespagne.« Nous sommes vrai- Nous sommes restés ici sur les portes et fenêtres ment isolés. Je vois rarementavec notre dernière fille. Elle déchirées) et ses magasins, mes parents. Ils viennent mea 3 ans. C’est plus facile notre habitation »,confie l’in-voir pendant mes périodesde s’enfuir avec un enfant firmier Béhibro Kouadio.«Ende maternité (ndlr : elle est qu’avec trois enfants…»,re-dehors des attaques, tout vamère de trois enfants). Nousgrette Béhibro Kouadio. bien ici. Je me sens bien. Jesommes seuls ici et j’avoue S. KOUAKOU
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P olitique
Coopération / En fin de mission
Mercredi 8 septembre 2021
L’ambassadeur de Tunisie exprime sa gratitude au Président Ouattara
Lediplomatetunisienafaitsesadieux,hier,auChefdel’ÉtatauPalaisprésidentiel.
ambassadeur de la Tu-nisie, Mohamed Nawfel Labidi, au terme de près de cinq années passées reLçu hier en audience par le en Côte d’Ivoire, a été Président de la République, Alassane Ouattara. Ce fut une belle occasion pour le diplomate d’exprimer sa reconnaissance au peuple ivoirien et au Chef de l’exécu-tif ivoirien. «J’ai exprimé, lors de cette audience, toute ma gratitude ainsi que celle de la Tunisie, au Président de la Répu-blique, au gouvernement et au peuple de Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré, face à la presse. En effet, il s’est réjoui de ses quatre années et huit mois de présence en Côte d’Ivoire. «Durant la trentaine d’années de carrière un peu partout dans le monde, les années passées en Côte d’Ivoire ont été les plus belles», a-t-il tenu à souligner. Les échanges ont été aussi l’occasion pour SEM. Nawfel Labidi d’exprimer au Pré-
Le Président de la République a reçu hier, en audience, l’ambassadeur de la Tunisie. (PHOTO:PORO DAGNOGO)
sident Alassane Ouattara «les salutations du Président
de la République tunisienne». Par la suite, il lui a réitéré son
Diplomatie / Réfugiés ivoiriens en Afrique de l’Ouest
La Côte d’Ivoire s’engage à respecter la nouvelle feuille de route
’État de Côte d’Ivoire est prêt à adopter les recom-mandations qui sortiront L de la réunion sous-régio-nale portant sur la feuille de route pour des solutions durables à la situation des ré-fugiés ivoiriens en Afrique de l’Ouest. La ministre d’État, mi-nistre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Diaspora, Kandia Camara, l’a signifié, lundi, au cours d’un dîner officiel au centre de conférences dudit minis-tère, à Abidjan-Plateau. «Nous allons adopter d’im-portantes résolutions rela-tives à la mise en œuvre de la nouvelle feuille de route sur la recherche de solu-tions durables à la situation des réfugiés ivoiriens dans la sous-région. À cet égard, je voudrais vous assurer que la Côte d’Ivoire ne ménagera aucun effort pour la mise en œuvre effective des recom-mandations issues de cette rencontre régionale», a in-diqué la ministre d’État qui s’est réjouie de la tenue de cette rencontre dans la capi-tale économique ivoirienne. Elle également exprimé la gratitude du peuple de Côte d’Ivoire aux différentes dé-légations des pays présents pour avoir offert gîte et cou-vert aux réfugiés ivoiriens. La ministre d’État a aussi adres-
La ministre d’Etat a offert un dîner de bienvenue aux partici-pants de la réunion régionale.(Ph: DR)
sé ses remerciements au Haut-commissariat des Na-tions unies pour les réfugiés (Hcr), aux agents du Système des Nations unies, aux par-tenaires au développement ainsi qu’aux représentations diplomatiques et consulaires «pour leur soutien constant». Bien avant, la cheffe de la diplomatie ivoirienne a ma-gnifié les liens étroits de coopération et d’amitié qui existent entre la Côte d’Ivoire et l’ensemble des pays de la sous-région ouest-africaine. Elle a également salué l’in-tégration réussie des popula-tions venues des autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Au nom du Hcr, Raouf Mazou a salué la volonté du gouver-
nement ivoirien de clôturer le dossier des Ivoiriens qui ont pris le chemin de l’exil, no-tamment au cours de la crise post-électorale qui a secoué la Côte d’Ivoire en 2010 et 2011. Il a réaffirmé l’enga-gement du Hcr«pour toute l’assistance et le support né-cessaires».La réunion régionale sur la si-tuation des réfugiés ivoiriens dans les pays de l’Afrique de l’Ouest, ouverte lundi, a pris fin hier. En présence, notam-ment, de ministres venus des pays de la sous-région ainsi que de diplomates, d’agents du Système des Nations unies et de partenaires au dé-veloppement. M. APPENA
invitation de voir son homo-logue ivoirien effectuer une
visite officielle en Tunisie. Selon le diplomate tunisien, l’audience avec Alassane Ouattara a été l’occasion de passer au peigne fin, l’état de la coopération bilatérale entre la Côte d’Ivoire et la Tunisie. «C’est l’un des rares pays où il n’existe pas de visa», s’est-il réjoui, faisant allusion à la Côte d’Ivoire. Il a ensuite fait savoir que les relations qui unissent les deux pays sont «excellentes». Elles sont chapeautées par une commission mixte qui organise des rencontres, de façon alternative à Abidjan et à Tunis, tous les deux ans. Sur le plan de la coopération purement économique, Mo-hamed Nawfel Labidi s’est félicité de la présence de nombreuses entreprises tuni-siennes sur le sol ivoirien. «Lorsque je présentais mes lettres de créance, la Tuni-sie comptait en Côte d’Ivoire 42 entreprises. Aujourd’hui, elles sont au nombre de 160 à avoir reçu leur agrément du Cepici, dont 120 sont ac-
tives», malgré les problèmes liés à la Covid-19. Selon l’ambassadeur de la Tunisie de 800, ce sont au-jourd’hui 2000 Tunisiens qui sont présents en Côte d’Ivoire. «C’est la plus grande communauté tunisienne en Afrique », a-t-il fait remarquer. Il a, en outre, affirmé que les échanges aussi bien culturels que commerciaux sont aussi bons. Il a précisé qu’il en est de même en ce qui concerne l’enseignement supérieur. Avec notamment une cen-taine d’étudiants ivoiriens en Tunisie bénéficiant d’une bourse de ce pays. Enfin, il a indiqué que la Côte d’Ivoire est un si beau pays que les Tunisiens en sont tombés « follement » amou-reux. «C’est un paradis », a-t-il indiqué, en invoquant le Bon Dieu pour qu’Il la préserve, ainsi que son Président. «Il fait d’énormes choses pour la Côte d’Ivoire, la sous-région et l’Afrique», a-t-il conclu. MARCEL APPENA
Prévention des atrocités
Le Groupe de travail Afrique prépare la conférence
internationale prévue en 2022-2023 es points focaux ré-masse à une culture de pré-tante de la réunion d’Abi-gionaux de contact vention précoce et perma- djan a été la rencontre du Groupe de tra-nente. Il encourage et sou- avec les organisations de L vail Afrique de Gaa- tient les initiatives locales la société civile et des re-mac (Action mondialeet est complémentaire auxprésentants des médias au contre les atrocités decours d’un panel organiséefforts de prévention régio- masse) se sont réunis dunaux existants », a indiquéau Conseil national des 29 août au 3 septembre, à la juge Jamila Mohammed, droits de l’homme le 31 Grand-Bassam.présidente du Comité na-août. Ce panel a été animé Présidé par la juge Jamila tional kényan pour la pré- par Diaby Bakari (vice-pré-Mohammed, le Groupe devention et la répression du sident du Groupe de travail travail Afrique de Gaamacgénocide, des crimes deAfrique), Dr Walé Adeboye (G-Gta) est composé des guerre, des crimes contre (point focal Afrique de représentants de chacunel’Ouest anglophone), Aatsal’humanité et de toutes les des sous-régions du conti- formes de discrimination. Athogo (Afrique centrale), nent africain. Ces personna- Elle est également la prési-Me Alphonse Van (avocat lités réunies à Grand-Bas-dente du G-Gta et son point et membre du Groupe de sam ont préparé le terrainfocal régional pour l’Afrique travail).Les échanges ont pour la conférence interna-de l’Est.porté sur la mise en place tionale Gaamac IV et discu- Au cours de leur visite en des mécanismes nationaux té des priorités du G-Gta enappuyés par des réformesCôte d’Ivoire, les points fo- 2022-2023.Le G-Gta est la caux régionaux de contact législatives, afin de prévenir plus grande et la plus active du Groupe de travail ontles atrocités et les géno-des initiatives régionalesrencontré des interlocu- cides. de Gaamac, un réseau teurs clés, tels que la pré-Après le Rwanda, l’Afrique global et inclusif d’États,doit se donner les outils etsidente du Conseil natio- de la société civile et d’ins- nal des droits de l’homme, les mécanismes, à l’instar titutions académiques qui le conseiller politique dedes pays de la Conférence soutiennent les États dans l’Union africaine et le char-des Grands lacs. Les or-l’établissement d’architec- gé d’affaires de la Commu-ganisations de la société tures et de politiques natio-civile et les médias ont éténauté des États de l’Afrique nales pour la prévention des de l‘Ouest (Cedeao). Ils ontsollicités pour accompagner atrocités. montré comment le Groupecette initiative, notamment Le G-Gta compte plus deface aux nouvelles formesde travail Afrique peut sou- 25 membres issus de plus tenir les architectures et de menaces comme le ter-de 10 pays. «Le Gaamac apolitiques nationales derorisme ainsi que les conflits pour objectif de passer de prévention des atrocités encommunautaires en Afrique. la réaction aux atrocités de Afrique. Une phase impor-SALIF D. CHEICKNA
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