FRATERNITE MATIN - N°17665 Du 16/11/2023
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FRATERNITE MATIN - N°17665 Du 16/11/2023 , magazine presse

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Date de parution 16 novembre 2023
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo

Extrait

2
R eportage
Jeudi 16 novembre 2023
Saïoua et Nahio Quand les veuves crient à la maltraitance
Des associations dénoncent une pratique traditionnelle devenue, au fil du temps, un phénomène dans les villages des deux sous-préfectures du département d’Issia.
euve Bégou Élisabeth, assise sur une chaise en compagnie d’autres unVe rencontre informelle, le veuves dans une ha-bitation à Saïoua, à visage attristé, afïche une mine de désespoir. Elle vivait il y a quelques années avec son mari Bégou Zokou Victor, ex-économe à l’hôpital géné-ral d’Abengourou, des mo-ments paisibles à Korébouo (Saïoua), après le départ à la retraite en 2005 de ce dernier. Pour sécuriser socialementleurs vieux jours de couple, les deux conjoints ont réali-sé une plantation de 4 hec-tares de cacao. Ainsi, Bégou Élisabeth qui envisageait de réaliser son rêve de femme épanouie va ïnalement dé-chanter. Car, comme un coup de massue, l’homme avec qui elle a passé toute sa vie meurt en 2014. Avant son inhumation, commencent ses déboires. Ses belles-sœurs, raconte-t-elle, lui inigent une amende de 113 000 FCfa à payer, et à s’acquitter de trois pagnes traditionnels (Kita et adingra), d’un mouton, d’un casier de bière et d’un casier de vin. « J’ai payé cette amende mais rien n’y ït. Mes beaux-parents m’ont expropriée de la plan-tation de cacao. Tous les do-cuments relatifs au champ et tous les documents adminis-tratifs de mon époux ont été conïsqués. Je ne touche pas la pension alors que je suis mère de 4 enfants», conïe-t-elle. Car dame Bégou Élisa-beth n’a pas pu fournir les do-cuments administratifs en vuede bénéïcier de la pension de son défunt époux. Aujourd’hui,
Des membres du bureau de l’Avcy et du comité de suivi chargé de soutenir les veuves et les orphelins.(PHOTOS : DR)
avec ses enfants, elle vit en fa-mille sans revenu à Korébouo.Visiblement, elle a perdu sa forme d’antan parce qu’elle est rongée par les soucis de cette épreuve. Ce que dépeintcette veuve n’est pas un ïlm de ïction mais une situation que nombre de veuves vivent dans le canton Yocolo, aprèsle décès de leurs époux. Raison pour laquelle, les veuves, pour la défense de leurs droits, ont créé en 2017 l’Association des veuves du canton Yocolo (Avcy). Dans cette quête de solutions, le magistrat Sébastien Zahiri, président de la Fondation pour la culture et l’excellence Zahiri Ziki Pierre, a organi-sé, le 12 septembre 2023,dans le village de Diloboua
À la recherche d’une solution
ace à l’ampleur des difïcultés que vivent les veuves du canton F Yocolo, des autorités locales se prononcent.Séri Zadi Désiré, 3e ad-joint au maire de la com-mune de Saioua, afïrme qu’il y a des initiatives qui sont en cours pour éradi-quer cette pratique. Ajoutant que des projets générateurs de revenus sont également prévus pour soutenir les veuves et les orphelins.Quant au sous-préfet de Saioua, Bayoh Baba, il s’est dit surpris de consta-ter que depuis le 15 janvier 2020 qu’il est en service à la tête de la circonscription administrative de Saioua, aucune veuve n’est venue dénoncer les auteurs du Koubezra. « Il est à penser que les veuves se com-plaisent dans cette situation
ou elles se résignent tout simplement », dit-il. En synergie avec les autorités traditionnelles, il entend jouer son rôle d’administra-teur. Quant au directeur régio-nal du ministère en charge de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Touré Ab-doulaye, il relève que les campagnes de sensibilisa-tion seront accentuées à l’endroit des familles. Tou-tefois, il reconnaît que des activités génératrices de revenus ont été menées au proït des veuves victimes de maltraitance. « Nous ac-compagnons les veuves et les encourageons à dénon-cer ces pratiques en portant plainte contre les auteurs », . afïrme-t-il
E. KOUADIO CORRESPONDANT RÉGIONAL
(Saïoua), une cérémonie pour honorer les membres de ladite association.
Une association de 1 001 veuves
Une organisation qui regorge 1001 membres victimes de maltraitance dont l’âge varie de 30 à 70 ans. Les membres sont en ma-jorité des ménagères et des commerçantes. Le président d’honneur de ladite associa-tion, Nahounou Zadi Huber-son Linard, et le président de la fondation, ces deux ïls de la région, ont dénoncé pu-bliquement cette situation.Parce qu’étant une vieille pratique traditionnelle appelée Koubezra, qui invite la veuve à s’acquitter d’une amende for-faitaire à la mort de son époux. Mais selon des gardiens des us et coutumes, au ïl du temps, cette pratique a connu des déviations. L’on assiste au fait que des beaux-parents, notamment nièces, oncles, tantes et neveux du défunt in-
igent à la veuve une amende parfois difïcile à payer, la sou-mettent à des interrogatoires, et s’approprient l’héritage de son défunt époux. Ceux qui leur font subir cela sont ap-pelés Yourouguhé en langue locale. Dans une contribution, le magistrat Sébastien Zahiri a fustigé le fait que les veuves continuent d’être marginali-sées. Car la belle-famille, le plus souvent, se partage les biens du défunt sans se sou-cier du sort des orphelins etde son épouse. Il s’est indi-gné qu’en dépit de la loi re-lative au mariage et à la suc-cession en faveur des veuves, la tradition a du mal à épouser l’air du temps.  Pour en savoir davantage sur ce que vivent ces veuves,nous avons séjourné dans le canton Yocolo, les 28 et 29 septembre 2023. Nos pre-mières investigations auprès des anciens font état de ce que la pratique a cours dans la quasi-totalité des villages des deux sous-préfectures de Saïoua et Nahio du canton
Zahiri Sébastien, magistrat, a honoré les veuves à Diloboua.
Yocolo (composé de 42 vil-lages et 7 tribus). La preuve,325 cas sont signalés à Saïoua, 40 cas à Loboua, 38 à Bolia, etc. Les langues se sont déliées. Chefs traditionnels, autorités administratives, juristes, au-teurs, enfants des veuves et des victimes de cette pratique se sont exprimés sur la pro-blématique.
La détresse des veuves et des orphelins
Zadi Dabélé Célestin et Mabo Stéphane, deux jeunes qui ont vécu ce calvaire, ont créé avec leurs camarades un co-mité de suivi en 2017 dont ils sont délégués aïn de soutenirles veuves et les orphelins. C’est avec empressement qu’ils se sont mis à notre dis-position pour parcourir l’en-semble des villages. Nous avons rencontré deux jeunes déscolarisés, Zadi François et Kanon Luc, au cours de notre périple. Ils ont conïé avoir été obligés d’abandonner les études à partir de la classe de Cm2. Car leurs mères ont été dé-possédées de l’héritage de leur défunt père par leurs oncles et tantes. Pour surve-nir aux besoins de leurs frères et sœurs, ils étaient devenus des aide- maçons. De leur dur labeur, ils gagnaient 1200 F chacun par jour. Ce qui leurpermettait d’offrir le repas à leurs familles respectives et quelquefois, ils aidaient leurs mamans à payer le loyer qui s’élevait à 13 000 FCfa pour une chambre dans un quar-tier précaire dans la com-mune de Saïoua. Zabla Ahipo Aimé, président de la jeunesse communale de Saioua, conïe que sa mère en a été victime de ce traite-
ment à la mort de son père en 2003. « Si la femme est victime de maltraitance, l’in-térêt social de la famille est en péril. Conscient de ce fait, l’ex-président du conseil ré-gional du Haut-Sassandra, Prof Alphonse Djédjé Mady, le magistrat hors hiérarchie, Yoh Gama, et Prof Ziki Koléa se sont retrouvés à Saïoua avec les chefs traditionnels, religieux et de communauté pour rééchir sur la question de maltraitance des veuves en pays bété », a-t-il révélé. Précisant que des ébauches de solutions à ce éau n’ont rien changé. « Avec le nou-veau président du conseilrégional du Haut-Sassandra, nous allons reprendre la sen-sibilisation », a-t-il envisagé. Dans cette volonté de trouver une solution aux veuves en détresse, Zokohi Léonie, pré-sidente fondatrice de l’Asso-ciation des veuves du canton Yocolo (Avcy) justiïe la créa-tion de son organisation : «J’ai créé cette association pour ai-der les veuves et les orphelins en détresse. Nous sommes délaissées et souvent dépouil-lées par nos beaux-parents après le décès de nos époux. C’est après mon investiture, le 9 septembre 2022, que nous avons commencé nos activités ». Les membres de l’association des veuves du canton Yocolo en appellent à la solidarité et à la compas-sion des autorités : «Nous vivons des moments difïciles après la douloureuse dispa-rition de nos époux. Comme si être veuve est un délit. Au lieu d’avoir la compassion et le soutien pour nous, certains membres de notre belle- fa-mille nous humilient, nous violentent. Nous demandons à madame la ministre de la Femme, de la Famille et de
Ce queditla loi
’héritage des veuves n’a pas été ignoré par le législateur. Ainsi, la L loi N° 2019-573 du 26 juin 2019 relative auxsuccessions en son article 26 dispose: « Le conjoint survivant reçoit 25 % de la masse successorale de son (sa) défunt(e) époux (se), quel que soit le régime ma-trimonial ». Autrement dit,la veuve reçoit le quart de l’héritage et les enfants, les trois quarts. De plus, si la veuve subit des vio-lences physiques, morales (injures graves), ou est vic-time d’extorsion de fonds (il s’agit de délits passibles d’emprisonnement), elle a le droit de saisir la police, la gendarmerie, ou la justice.
Pour l’heure, l’association des veuves n’a pas porté de plainte devant la sec-tion de tribunal d’Issia. Un juriste s’est prononcé sur cette question. Pour KonéSébastien, en service à la clinique juridique de Daloa,les lois sont au-dessus de la coutume. Il faut donner force à la sensibilisation et si elle ne produit pas les effets escomptés, l’on peut alors passer à la répression : « Pour ce faire, il appar-tient aux veuves d’ester en justice. Il existe une batterie de textes de loi, notamment la nouvelle loi sur les suc-cessions et le code pénal, qui protègent les veuves », . a-t-il relevéE. K.
Jeudi 16 novembre 2023
l’Enfant, qui est très sensible à tout ce qui touche à la mère et à l’enfant de prendre des mesures pour éviter ces cas. Nous souhaitons qu’aucuneveuve ne revive cette situa-tion », a afïrmé Zokohi Léo-nie. Sa première vice-prési-dente, Kacou Eugénie Zozo, enfonce le clou. Elle afïrme qu’elle était ma-riée pendant 18 ans à Zozo Solou Faustin, originaire de Guébia, ancien inïrmier à l’hôpital général de Yopou-gon Attié. « Nous n’avons pas eu d’enfants dans notre union, mais j’ai eu 3 enfants de ma première union et mon époux en a eu 2 d’une autre femme. A son décès en 2009, et après les ob-sèques, une femme a été désignée pour me soumettre à un interrogatoire musclé pour me contraindre à avouer un adultère, le meurtre de l’époux défunt, etc », a-t-elle afïrmé. Avant d’ajouter : «Le verdict a été sans appel. J’ai été condamnée à payer à ma belle-famille 200 000 FCfa, un mouton, des casiers de boissons et un pagne traditionnel. J’ai payé ladite amende avec l’aide de mes parents. J’ai pris mes effets personnels et je suis rentrée en famille avec mes enfants ». Quant à la veuve Kpassou Simone, secrétaire générale de l’association, elle n’a pas aussi échappé au Koubezra.« Je vivais avec mon époux Kipré Poime Frédéric qui était en service à Abidjan, à Ci-Telecom. Il était origi-naire de Saïoua. Il a pris une retraite anticipée en 1999 et nous sommes allés chez lui à Saïoua. Il est mort en 2019. Dans la tradition bété, la veuve est exposée à l’hu-miliation », révèle la dame. Mère de cinq enfants, elle raconte entre deux sanglots qu’après l’enterrement de ce dernier, elle a été accusée par des membres de sa belle-fa-mille de l’avoir tué. Elle a été contrainte à s’excuser alors qu’elle ne se reprochait rien. Malgré tout, elle devait s’acquitter de 30 000 FCfa. N’ayant pas les moyens de payer cette somme, sous une pluie battante, elle a été priée avec ses enfants de quit-ter le domicile de son défunt époux à Krizabahio, village situé à 15 km de Saïoua.Le lendemain, ses enfants ont trouvé refuge dans une autre localité. Lits, chaises, ustensiles de cuisine et les documents administratifs qui devraient lui permettre de toucher la pension de son mari ont été conïsqués par ses beaux-parents tout comme la carte nationale d’identité qu’elle devait utili-ser pour établir les certiïcats de nationalité ivoirienne de ses enfants, se souvient-elle.Aujourd’hui, elle loue un stu-dio à Saïoua. Ses enfants et elle vivent grâce à son petit commerce de placali au mar-. ché de ladite ville
EMMANUEL KOUADIO
CORRESPONDANT RÉGIONAL
R eportage
Des parents des défunts époux confessent
es belles-familles ont été mises à l’index par les veuves. Cer-D taines parmi elles ont accepté de s’expri-mer, le 7 novembre 2023, par téléphone. Bégou Jean Clément, l’un des frères du défunt époux de Bégou Eli-sabeth, conïrme les actes posés par des membres de sa famille : « Effectivement, au décès de mon frère, un neveu s’est accaparé sa plantation de 4 hectares qu’il exploite, sans penser à la veuve et aux enfants. Il a agi sans l’accord des autres membres de la famille. C’est de la méchanceté ». Toutefois, il reconnaît que la veuve et les enfants ont droit à l’héritage selon la tradition.« S’agissant de mon défunt frère, sa plantation reste toujours la propriété de ses ayants droit. Elle pourra leur être rétrocédée à tout mo-ment même si cela peut créer des frictions entre le neveu et les héritiers », a-t-il ajouté. Quant à Kipré Narcisse, frère du défunt mari de Kpassou Simone, il reconnaît les hu-miliations subies par celle-ci. «Après les obsèques de mon frère, les Yourouguhé (Ndlr Belles sœurs en Béthé) ont fait subir toutes sortes de
Nahounou Bernadette fait ofce de responsable des Yourouguhé de Madoua.(PHOTOS : DR)
sévices et humiliations à ma belle-sœur Kpassou Simone. Une forte amende lui a été imposée. Le seul bien de son défunt époux, une mai-son, à été conïsqué par les sœurs et nièces. Seule face à toutes ces dérives, elle a, à son corps défendant, fuit
le village. Il y a environ un an que la pièce d’identité de son mari qui avait été conïs-quée, lui a été restituée. Mais jusqu’à ce jour, les You-rouguhé ont mis la maison en location et jouissent seuls du fruit des loyers », a-t-il re-levé.
Des chefs traditionnels plaident pour l’arrêt des abus
Guédé Zéphirin, chef du canton Yocolo.
es chefs traditionnels ont décidé de joindre leur voix à celle des cadres pour militersatDion des abus et autres en faveur de la ces-dérives. Ils en donnent les raisons. « Les veuves étaient, naguère, bien trai-tées et même protégées. L’on avait de la compassion et beaucoup d’empathiepour elles et leurs enfants. Elles font partie de la famille du défunt, leur belle-famille. Dans la tradition bété, à
Tré Kacou Victor, chef de la tribu Laoua.
la mort du mari, la femme est autorisée à choisir un membre de la famille (frère, cousin, neveu) aïn de se remarier.Mais beaucoup de veuves non seulement ne se sont pas remariées, mais elles n’ont pas aussi rejoint leurs familles d’ori-gine », dixit le chef du can-ton Yocolo, Guédé Sahiri Zéphirin, par ailleurs chef du village de Saioua. Se-lon lui, le koubezra, unepratique de la culture bété, est un rituel à la suite du-
quel les veuves payaient, à l’époque ancienne, une amende symbolique de25 à 50 F Cfa ou un mor-ceau de pagne. Mais avec l’évolution de la société, ces vingt der-nières années, cette pra-tique a pris de l’ampleur, l’on exige de l’argent, des pagnes, des moutons, etc. Le patriarche Tré Ka-cou Victor, chef de la tri-bu Laoua, abonde dans son sens. Selon lui, dans un passé lointain, c’était une épreuve pour tester la ïdélité de l’épouse et sa loyauté envers son dé-funt mari. L’on présente de l’eau dans un récipient à la veuve dans lequel elle doit se mirer. Si cette der-nière aperçoit l’image de son défunt époux, c’est qu’elle est l’auteure de son décès. Le cas échéant, elle est innocente. Dans la tradition, le défunt est enterré sans ses dessous. Si on veut faire du mal à la veuve, on lui en porte avant de l’inhumer. Mais dans les jours suivants, la . veuve meurt
E. KOUADIO
Ces deux hommes inter-rogés désapprouvent le comportement des Yourou-guhé qu’ils jugent contraire à l’éthique et à la solidarité africaine. Peut-on échapper au Kou-bezra ? Dame Nahounou Bernadette, qui fait ofïce de responsable des You-rouguhé de Madoua, village de la commune de Saioua, et Kipré Moro Marcelin, ha-bitant du village de Balam, expliquent cette pratique. Selon la première, cet acteest une sorte de jugement auquel sont soumises les veuves. Le verdict ainsi que l’amende dépendent de la nature des relations que la veuve a eues avec sa belle-famille du vivant de son mari : «Si la veuve a eu des rela-tions conictuelles avec sa belle-famille, l’amende est élevée. Et si au contraire, elle a été réceptive, son amende est moindre. Après les obsèques, la veuve est jugée et l’amende lui est ini-gée en fonction des critères que je viens d’évoquer ». Kipré Moro donne une infor-mation complémentaire sur cette pratique: « A la mort
3
du mari, un membre de la fa-mille est proposé en mariage à la veuve. Lorsqu’elle re-fuse, elle est battue et chas-sée de la famille. L’amende se paie en fonction de la classe sociale du défunt ». Pour eux, ce sont les You-rouguhé qui décident de tout. L’amende oscille entre 100 000FCfa et 1 000 000F Cfa. Le sort de la veuve est encore plus dramatique quand cette dernière est est accusée de la mort de son époux. Elle est alors humiliée publiquement, par-fois battue, dépossédée de tous ses biens personnels et même des biens successo-raux avant d’être chassée de la famille avec ses enfants. Ces interlocuteurs sont favo-rables à la pérennisation de cette pratique, quitte à revoir à la baisse le montant des amendes. Toutefois, Na-hounou Bernadette fait des précisions : « Avec ma nou-velle foi chrétienne, je suis désormais peu encline àm’investir dans ce genre de pratique. Mais cela fait partie . de notre culture »
EMMANUEL KOUADIO
CORRESPONDANT RÉGIONAL
Elles obtiennent du secours
Nahounou Zadi Huberson, le parrain de l’association, a souhaité que des mesures spéciales soient prises pour l’épanouissement des veuves.
’association des veuves bénéïcie du soutien de leur parrain et président d’honneur soLn Linard, ïls de la région.Naounou Zadi Huber-« J’ai épousé la cause des veuves car je déplore les traitements humiliants et dégradants qu’on leur in-ige alors qu’elles sontdéjà afigées par la perte d’un être cher. Je me suis mis à leurs côtés pour les soutenir moralement et ï-nancièrement dans leur lutte pour la dignité et la survie. Je compte parcourir tous les villages, les villes et les hameaux du canton pour mobiliser, sensibiliser les uns et les autres aïn de
sauver les veuves », justiïe ce cadre. Avant d’ajouter : « Je plaide pour qu’une loi spéciale soit prise. A mon humble niveau, j’ai déjà ouvert un compte bancaire que j’ai alimenté avec la somme de 1 mil-lion de franc CFA. Je leur ai offert des kits scolaires d’une valeur de 1 million F cfa en 2022. Cette année, elles ont bénéïcié de kits scolaires d’une valeur de 1.125 000f. J’ai offert aussi aux femmes des bâches et des chaises pour la loca-tion aïn de leur permettre d’avoir des revenus pour . leur autonomisation »
E. K.
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Politique
Journée nationale de la paix
Jeudi 16 novembre 2023
Ouattara : ‘‘La paix, creuset de tous les progrès que nous avons accomplis’’
La Journée nationale de la paix a été célébrée, hier. Le Président Ouattara a insisté sur l’importance de la stabilité pour le pays. a Côte d’Ivoire est au- le café, la noix de cajou La Côte d’Ivoire respire jourd’hui respectée et et le coton, elle occupe de bien économiquement. Elle bien intégrée dans le bons rangs. Ses deux ports constitue un véritable pôle Lsur le plan de la sécurité etaux États voisins de l’hin- concert des nations. (Abidjan et San Pedro) per- économique dans la région, Pour le Chef de l’État mettent au pays de s’ouvrir en Afrique. Par ailleurs, que Alassane Ouattara, cette position enviable est à terland ainsi qu’au monde de la défense, après l’atten-mettre à l’actif de la stabilité entier. tat terroriste de Grand-Bas-que connaît le pays depuis Son budget qui est constam- sam (2016), le pays connaît qu’il tient les rênes du pou- ment en hausse a triplé en également une stabilité, loin voir. Il s’est félicité de cette dix ans (2011 à 2022). Alors devant ses voisins dont cer-situation qui permet au pays qu’en 2011, il s’établissait à tains font presque quotidien-de faire des progrès remar- 3 050,5 milliards de F Cfa, nement l’objet d’attaques quables. il est passé à 9 901,1 mil- djihadistes. «La paix est le creuset de liards de F Cfa en 2022. Et Pour le Président de la Ré-tous les progrès que nous au cours de cette année, publique Alassane Ouattara, avons accomplis ensemble selon le gouvernement, ce la Côte d’Ivoire est résolu-au cours de ces dernières budget était orienté vers ment engagée sur le che-années», a-t-il indiqué, hier, l’amélioration des conditions min du développement, car à la faveur de la célébration de vie des populations. Le elle continue d’être un havre de la Journée nationale de projet de loi de 2024 s’établit de paix où il fait bon vivre. la paix. à plus de 13 000 milliards de «Nous continuerons à y tra-La Côte d’Ivoire est la loco- FCfa. vailler, sans relâche, pour le motive de l’Uemoa, eu égard La mise en œuvre, notam- bonheur de tous les habi-à son leadership dans cette ment, du Plan national de tants de notre beau pays», région. développement (Pnd) 2021- a-t-il dit à l’endroit des Ivoi-Les économistes lui attri- 2025 ainsi que du deuxième riens; à qui il a souhaité une buent un tiers du Pib de Programme social du gou- «excellente Journée natio-l’Union. vernement (PsGouv 2) denale de la paix». pays connaît une embel- crises (Covid-19 et guerre La Côte d’Ivoire est toujours Depuis une dizaine d’an- 2022 à 2024 a permis de lie économique, vu sa forte ukrainienne), cette ascen- le premier producteur de ca-MARCEL APPENA nées, après l’accession de combler de nombreux gaps. croissance économique (7 à sion aurait sans doute at- cao au monde. Concernant l’actuel Chef de l’État à la 8% par an). teint, aujourd’hui, les deux magistrature suprême, le Et n’eût été les différentes chiffres. Le Rpc-Paix salue les retombées Des enfants s’imprègnent des symboles de la République du retour de lapaix t revoilà le Rassemble-ment pour la Paix et la Concorde (Rpc-Paix) E d’Henriette Lagou. La cheffe de cette forma-tion politique et ses militants ont mis à profit la célébration de la Journée nationale de la paix, pour organiser, hier, la 11 e Journée du militant. Évoquant le retour de la paix, après la décennie de crise (2002-2011) qu’a connue la Côte d’Ivoire, Henriette Lagou s’est réjouie du climat de paix Les enfants n’ont pas boudé l’instant qui leur a permis de redécouvrir les différents symboles de et de quiétude qui règne au-la République, en cette journée de célébration de la paix. jourd’hui sur le pays, depuis que le Président Ouattara se t si l’apprentissage sont adonnés à divers ex- Les enfants sont le socle, trouve au pouvoir. «Les re-des valeurs de civisme posés, des jeux autour des l’avenir du pays et lorsqu’ils tombées sont visibles depuis commençait par les cinq symboles identitaires assimilent quelque chose en le retour de la paix en 2013Le Rpc-Paix d’Henriette Lagou a célébré la 11e édition de la Journée du tout-petits qui repré- de la Côte d’Ivoire. A savoir, terme de connaissance, ils àEcette interrogation que la République, l’emblème na- lescence et à l’âge adulte claré, dans une adresse aux notre pays. Il s’agit des Pré- en plus intenable », la sécu-dans notre pays», a-t-elle dé-militant, à la faveur de la Journée nationale de la paix. sentent l’avenir ? C’est le portrait du Président de la les cultivent jusqu’à l’ado-Ivoiriens, avant la clôture de direction du civisme et de la tional qui est le drapeau tri- », croit-elle avant d’indiquer sidents Félix Houphouët-Boi- rité des Ivoiriens et le retour la 11e édition de la Journée citoyenneté, service sous tu- colore Orange-blanc-vert en qu’une tournée se fera dans gny, notre bien-aimé pre- définitif de tous les exilés. du militant. telle du ministère de la Pro- bande verticale et d’égales divers établissements avec mier Président et bâtisseur La présidente du Rpc-Paix a Pour cette formation poli-motion de la Jeunesse, de dimensions, la devise de la bibliothèque nationale de la Côte d’Ivoire moderne également indiqué qu’elle a tique, on ne peut pas au-l’Insertion professionnelle et la République (Union-dis- pour vulgariser les symboles et apôtre de la paix et Aimé foi en une «Côte d’Ivoire qui jourd’hui célébrer la paix sans du Service civique, veut ré- cipline-travail), l’hymne na- aux apprenants. Henri Konan Bédié, deu- va continuer d’avancer en al-évoquer le père-fondateur pondre progressivement. tional (l’Abidjanaise) et les Pour la directrice de la biblio- xième Président du pays qui lant de progrès en progrès et de la Côte d’Ivoire moderne, En marge à la Journée na- armoiries de la République. thèque nationale, Chantal a institué, par le décret N°96- de succès en succès si nous Félix Houphouët-Boigny, rap-tionale de la paix célébrée, Selon la directrice du ci- Adjiman, c’est une initiative 205 du 7 mars 1996, la Jour- continuons de garantir les li-pelé à Dieu, le 7 décembre le 15 novembre, elle a mo- visme et de la citoyenneté, à accompagner parce que le née nationale de la paix », a bertés, protéger la démocra-1993. Idem, selon elle, pour bilisé 200 enfants de divers Georgette B. Kouassi, ces livre qui instruit le mieux les indiqué la présidente du Rpc- tie, promouvoir l’égalité ». le deuxième Président ivoi-établissements d’Abidjan cinq symboles seront mieux enfants doit être leur compa- Paix, en invitant les militants Au cours de son discours, rien, Henri Konan Bédié, lui autour du thème « Journée expliqués aux enfants afin gnon. C’est donc à travers à observer une minute de Henriette Lagou a aussi rap-aussi rappelé à Dieu, le 1er nationale de la paix autour de les faire connaître mais le livre que les notions de silence, en mémoire de ces pelé les valeurs qui caracté-août dernier. du livre ». surtout leur permettre de paix et les symboles de la deux illustres disparus. risent sa formation politique. «Au moment où se tient cette A la bibliothèque nationale connaître leurs valeurs. Qui République seront assimilés Elle a invité le gouvernement Entre autres, protéger, garan-cérémonie, j’ai une pensée où ils se sont retrouvés à sont la fraternité, la solida- et mieux vulgarisés pour un à faire face à des phéno- tir et promouvoir la paix. pieuse pour deux grandes l’occasion, ces enfants dont rité, l’amour qui concourent avenir meilleur. mènes tels que «la cherté figures emblématiques de l’âge varie de 5 à 15 ans, se véritablement à la paix. «HERVE ADOUde la vie qui devient de plusMARCEL APPENA
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