FRATERNITE MATIN - N°17666 Du 17/11/2023
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FRATERNITE MATIN - N°17666 Du 17/11/2023 , magazine presse

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Date de parution 17 novembre 2023
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo

Extrait

Développement régional Les cinq katas du dragon PREMIER QUOTIDIEN IVOIRIEN D’INFORMATIONS GÉNÉRALESchinois Vendredi 17 novembre 2023 / N°17 666 www.fratmat.infoPrix: 300 Fcfa  Cedeao : 450 Fcfa  France: 1,70 € P. 8 Côte d’Ivoire - Guinée-Bissau Meyliet Koné prend part à une double cérémonie à Bissau P. 4 Vagondo Diomandé sur le retour de Soro :
‘‘ Personne ne l’empêcheP. 4Reportage de rentrer’’Salon du contenu audiovisuel d’AbidjanSassandra, Amadou Coulibaly situe les enjeux P. 16 un paradis Pdci-Rda / Présidence Bendjo, premier à déposer sa candidatureoublié P. 5 Pp. 2-3 PHOTO : DR
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R eportage
Vendredi 17 novembre 2023
Tourisme Sassandra, un paradis oublié
En marge de la présentation de l’ouvrage de l’administrateur Georges Thomann, réédité plus d’un siècle après sa première parution, l’association Le club
des amis s’est offert une excursion à Sassandra. Ville aux belles plages et aux édiIces en ruine, témoignage d’un passé colonial séculaire.
es plages de sable n de couleur rousse ou blanche. Des coco-tiers qui se balancent l’ocDéan atlantique. Une mer au gré des brises de à la pureté cristalline qui pré-sente ses vagues comme des pierres précieuses... Sassan-dra. Paisible cité balnéaire si-tuée à un peu moins de 300 kilomètres d’Abidjan, semble être sortie des pinceaux d’un artiste habile et adepte de palettes chatoyantes. Un lieu rêvé pour les vacances et un cadre sublime pour les excursions sur les sites his-toriques dont les vestiges témoignent d’un passé pros-père. C’est dans la salle des fêtes du lycée moderne Gof-fry Kouassi Raymond, dans un Sassandra qui résiste aux coups de boutoir du temps, que l’association Les amis du livre et les éditions Vallesse ont procédé, le 4 novembre, à la présentation ofcielle de l’ouvrage intitulé « Essai de manuel de la langue néouolé parlée dans la partie occiden-tale de la Côte d’Ivoire » de Georges Thomann, l’admi-nistrateur colonial qui a fondé le Cercle de Sassandra, en 1893. En marge de la présen-tation de cette œuvre, exac-tement 118 ans après sa pre-mière édition, la petite dizaine des membres de l’association « Les amis du livre », qui a or-ganisé la rencontre culturelle, s’est offert une balade dans Sassandra et ses environs. D’abord à la maison du gou-verneur Louis-Gustave Bin-ger, demeure nichée sur la crête d’un promontoire rocheux et qui semble toi-ser les habitations aux alen-tours. Construite à la n du XIXe siècle au moment où la Côte d’Ivoire devenait une colonie française, ce lieu offrait une vue imprenable au gouverneur qui pouvait, grâce à des jumelles, voir les mouvements des popu-lations autochtones. Laissée à l’abandon depuis plusieurs décennies, cette bâtisse ja-dis somptueuse a perdu de sa superbe et beaucoup de son attrait. Pour y accéder, il faut se frayer un chemin dans l’abondante végétation qui a annexé son passage. « Faute de main-d’œuvre, cela fait quelques mois que nous n’avons pas déblayé le pas-sage qui mène à la maison du gouverneur », nous informe un garde pénitentiaire de la Maison d’arrêt et de correc-tion de Sassandra, située à
Les gros rochers de la plage de Drewin plantés dans la mer ajoutent à la beauté de ce décor féérique.(PHOTOS : DR)
un jet de pierres de la vieille demeure. Lorsque le groupe accède à la maison du gou-verneur après avoir traversé ronces et épines, la majesté qui se dégage du lieu incline au silence. L’environne-ment naturel de la baie toute proche en rajoute au mystère
et à la grâce de l’édice. Éba-his par la magnicence de l’endroit, personne ne fait de bruit. Seuls les grondements de la houle qui vient échouer sur les rochers situés tout en bas brisent de temps en temps le silence. Le guide nous défend de nous rendre
La stèle érigée en mémoire d’Émile Schiffer, fondateur de l’huilerie de Drewin.
à l’étage supérieur. « Ce n’est pas très solide. Il y a quelques mois, un pan de la structure s’est effondré », prévient-il. Au balcon qui prolonge le sé-jour, la vue qu’elle offre à par-tir de sa terrasse supérieure surplombant la baie est sans aucun doute agréable à voir.
Laconstruction de la rési-dence du gouverneur, en ces lieux, n’est pas le fruit du ha-sard, nous informe le garde pénitentiaire. « Cela répon-dait à des exigences straté-giques. D’ici, le gouverneur pouvait tout contrôler, voir et donc prévenir les éven-
tuels mouvements d’humeur des populations autochtones soumises », informe-t-il.
Les affres du temps
Déjà au XIXe, le béton armé permettait la construction de formes très innovantes pour l’époque, avec des façades en gradins, un étagement des terrasses et des balcons. Les enduits extérieurs sont colo-rés dans une gamme de tons ocre, jaune et blanc. Malgré les affres du temps qui n’ont pas épargné la maison du gouverneur aujourd’hui en ruine, le site est fascinant par sa beauté insolite et par le tour de force technique et la prouesse architecturale qu’elle représente. Un riverain rencontré, lui, craint que l’édice coloniale ne s’écroule et déplore les ef-fets de son abandon pour le quartier. « Ailleurs, on entre-tient les bâtiments d’époque. Ils sont la mémoire du pays », se désole-t-il. La randonnée dans la ville se poursuit au dernier wharf d’Afrique de l’Ouest encore debout. Du temps de sa splendeur, c’est là que les navires venaient accoster. Sur ce lieu, le groupe est ten-té de faire un retour dans le passé et d’imaginer le four-millement des foules colorées de l’époque, de tendre les oreilles pour entendre les dis-cussions animées entre com-merçants et chalands d’antan.
Georges Thomann, un colon atypique
ébrouillez-vous»! Se-lon les documents biographiques sur Georges Thomann, deDdeux mots que le gou-c’est par cette phrase verneur Louis-Gustave Binger le laissa déconcerté sur la berge de Sassandra, avant d’embarquer sur son bateau. Nous sommes en 1893 et le jeune adminis-trateur colonial alors âgé de 21 ans, alsacien authen-tique, qui découvre l’Afrique pour la première fois, va « se débrouiller ». Tant et si bien que les Neho, popula-tions autochtones de Sas-sandra, vont l’adopter. Ses méthodes pacistes qui tranchent avec la brutalité et le manque de tact des autres administrateurs co-loniaux vont lui permettre
de tisser des liens si étroits avec ce peuple qu’un siècle plus tard, il habite encore les souvenirs et les conversa-tions des Neho. Fondateur du Cercle de Sassandra, Georges Thomann a contri-
bué aux connaissances en ethnologie, topographie et linguistique africaines de l’époque, grâce à ses nom-breuses publications. Dont celui intitulé « Essai de ma-nuel de la langue Néouolé parlée dans la partie occi-dentale de la Côte d’Ivoire » que les éditions Vallesse réédite, 118 ans après sa première parution. Selon Auguste Gnalehi, vice-président de l’asso-ciation «Les amis du livre», Georges Thomann ne fut pas seulement un adminis-trateur, mais aussi un hu-maniste doublé d’un ethno-logue qui avait à cœur de connaître et de comprendre les populations placées sous son autorité
M. SANOGO
Vendredi 17 novembre 2023
Avec un art consommé de la narration, Nangui Yesso, pro-fesseur au lycée moderne de Sassandra, nous plonge dans le temps colonial et nous fait ressentir l’ambiance des na-vires marchands et le ressac qui giait les coques des ba-teaux lorsque la marée était haute et la brise légère qui ca-ressait les joues des badauds à la marée basse. « L’activité économique était très dense ici du temps où la cité était le premier port ivoirien », ex-plique-t-il. « C’est donc ici que les bateaux des explorateurs européens venaient accos-ter ? », s’interroge l’un des membres du groupe. Le guide acquiesce.
Un scandale de beauté naturelle
La balade se poursuit vers le phare de Sassandra, la grande torche qui guidait les voyageurs. Sa station debout, depuis des lustres, en rajoute à la nostalgie évreuse de la ville. Le pont Weygand situé à quelques minutes du centre-ville offre, elle aussi, une vue imprenable sur le euve Sas-sandra. Magnique ouvrage, il informe sur l’intelligence des ingénieurs de l’époque. Faire une traversée sur ce pont qui date de la période de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, c’est s’offrir un spec-tacle inédit malgré sa vétusté. De là, on peut voir plusieurs carcasses de voiture immer-gées au deux tiers. Le potentiel touristique de Sassandra est inestimable tant la ville recèle de trésors historiques, inestimable aussi par la beauté déroutante de son paysage diapré. Le relief hissé en hauteur de la ville cache de nombreuses mer-veilles pour les randonneurs qui ont soif d’aventures. Du haut des petites collines su-rélevées, on peut apercevoir les barques de pêcheurs tra-ditionnels qui tanguent au gré des vagues. On peut aussi voir les silhouettes des villa-geoises s’affairer à la cuisson des poissons dont les efuves viennent taquiner les narines. En 2019, l’ambassadeur Maurice Bandama, alors mi-nistre de la Culture et de la Francophonie, en visite dans
R eportage
Le tunnel où passaient les esclaves, selon les habitants de Drewin.(PHOTOS : DR)
la ville, avait déclaré que « cette zone est un scandale de beauté naturelle ». Il avait raison de le dire car Sassan-dra est comme une Belle aux bois dormants. Après deux bonnes heures de promenade touristique, le cap est mis sur le vieux quar-tier colonial. Là, se trouve le monument, disons plutôt un bloc de béton planté en mémoire de l’équipage du bateau MV Dumana, torpillé par le U-515, un sous-ma-rin allemand aux larges des côtes de Sassandra pendant la Seconde guerre mondiale.La 78e cérémonie des Jour-nées commémoratives du Monument aux Morts, érigé en 1944 par la France Libre et inauguré le 29 décembre 1945, sous la présidence du gouverneur Latrille, an-cien gouverneur de la Côte d’Ivoire française libre, a eu lieu à Sassandra du 10 au 12 octobre dernier.
Sentier abrupt
Après avoir parcouru les 8 kilomètres qui séparent la ville de Sassandra du village de Bassa, le groupe est reçu dans le jardin de la maison d’un habitant de Bassa. Tan-dis que certains ‘’Amis du livre’’ honorent avec grand appétit les mets proposés, d’autres se régalent du spec-tacle qu’offre cette maison qui domine l’océan atlan-
tique. La pause gourmande durera un peu plus d’une heure et demie. Après, tout le monde dévale un sentier abrupt long d’un peu plus de 100 mètres pour se rendre à Drewin. Le groupe est tout de suite frappé par les ruines de l’huilerie fondée par le chef de bataillon du 1er régiment, Émile Schiffer, décédé sur le champ d’honneur en 1915, comme on peut le lire sur la stèle située en bas de sa mai-son qui surplombe le village de Drewin. « Avant, les ha-bitants de Bassa vivaient là. Mais l’avancée des eaux qui rongeait lentement mais sûre-ment le village a fait que nos parents ont décidé de s’ins-taller à Bassa », nous informe un habitant du village. Depuis 1929 donc, les habitants de Drewin se sont installés un peu plus haut sur la falaise et ont dénommé leur nouveau lieu de vie Bassa, qui signie en Ného havre de paix. La visite de la maison d’Émile Schiffer est un moment de grande émotion. Le gar-dien qui nous conduit dans le tunnel sombre à l’arrière de la bâtisse et squatté par des chauves-souris, nous informe que c’est ici que les esclaves étaient entassés. L’odeur rance des lieux et le récit glauque qu’en fait le gar-dien plonge le groupe dans une tristesse mêlée de co-lère. « C’est inhumain », dit un membre du groupe. Selon
Jadis somptueuse, la maison du gouverneur Louis-Gustave Binger est en ruine.
le gardien, le lieu d’environ 10 mètres de long sur 3 mètres de largeur pouvait abriter une centaine d’esclaves. » C’est grâce à cette bouche d’aéra-tion que les esclaves avaient un peu d’air pour respirer ». Puis, il nous indique un en-droit bétonné. « Nous avons fermé le trou pour éviter que quelqu’un tombe dedans. Le trou mène jusqu’à la plage. Quand les bateaux des né-griers arrivaient, on faisait passer les esclaves par ce canal et ils étaient ensuite embarqués pour le Brésil, les États-Unis et les Antilles. Les populations forestières des environs étaient capturées pour leur robustesse et ven-dues aux Européens », af-rme le gardien. Même si les habitants de Drewin le disent, les documents historiques sont circonspects. Sia Albé-
ric, doctorant en histoire, est moins afrmatif. « Il n’existe pour l’heure aucune preuve ir-réfutable de ce que la maison d’Émile Schiffer a effective-ment servi de lieu de canton-nement pour les esclaves ».
Surf
Un peu plus bas, sur la plage, on voit des gamins qui bar-botent dans la mer tandis que les plus grands font du surf avec des touristes eu-ropéens. Sébastien et Flo-rence, un couple de touristes belges, disent être tombés amoureux de Drewin. « La mer est propice pour le surf. C’est notre première fois ici, mais nous sommes convain-cus que ce ne sera pas notre dernière fois. Les populations sont chaleureuses, le cou-cher du soleil est magnique
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et la plage est l’une des plus belles qu’il nous a été donné de voir ». Depuis 4 ans, l’État a entre-pris des démarches an de revaloriser les principaux sites de la Traite négrière en Côte d’Ivoire et de les réper-torier sur la liste du patrimoine de l’Unesco. « La nalité est que ces sites soient restaurés et protégés. Depuis que la voirie de la côtière a été re-faite, nous recevons de plus en plus de touristes. Si les sites historiques sont réha-bilités, les gens viendront de plus en plus pour découvrir notre village. Les retombées économiques proteront à l’ensemble des villageois », espère un fonctionnaire à la retraite qui vit à Drewin. Avant de repartir, le groupe décide de se tremper les pieds dans les eaux d’un bleu immaculé, et de se rincer les yeux avec les gros rochers plantés dans ce décor fée-rique. Au moment du coucher du soleil, le spectacle est particulièrement captivant. Le ciel bleu vire à un rouge écarlate. Avec les caméras de leurs téléphones, tous l-ment la scène. « À quoi ça sert de traverser la moitié de la planète pour aller voir des vestiges de civilisations oubliées si on ne s’intéresse pas à ceux qui sont visibles à quelques dizaines de kilo-mètres de chez nous », s’écrit un membre du groupe. C’est avec les étoiles dans les yeux que les Amis du livre quittent ce village après avoir dégusté du lait de coco
MORIBA SANOGO ENVOYÉ SPÉCIAL À SASSANDRA
S.O.S pour le lycée moderne Goffry Kouassi Raymond
âti en 1959, une année avant l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le B lycée moderne Goffry Kouassi Raymond qui compte environ 3 500 élèves est dans un état de délabre-ment avancé. Les murs sont ssurés, certaines fenêtres impossibles à fermer, des portes sont cassées. Outre les salles de classe, la vétus-té des locaux pose surtout problème en ce qui concerne les sanitaires. «Jugez-en par vous-mêmes, les élèves sont obligés de se soulager dans les broussailles. C’est monnaie courante de voir des serpents faire irruption dans les salles de cours. On a signalé cette situation depuis plusieurs années», témoigne un enseignant qui a souhaité garder l’anony-mat. Puis d’ajouter: « Nous sommes un service public dont le personnel est motivé, mais on nous demande de plus en plus de faire appel à un système D et cela nit par agir sur le climat sco-laire». Ce bâtiment de plus de 60 ans accuse le poids
Le bâtiment qui date d’une soixantaine d’années accuse le poids des ans et baigne dans l’insalubrité.
des années et baigne dans l’insalubrité. «De nombreux cadres ont fréquenté cette école. Il est urgent qu’ils nous viennent en aide an de sauver ce lycée. Il y va de l’avenir de nos enfants «, déplore un parent d’élèves qui juge inacceptables les conditions dans lesquelles les apprenants suivent les cours.Selon lui, l’obsoles-cence des locaux exige une rénovation complète
de certaines parties du bâti-ment. Pour les élèves, il est parfois difcile de suivre les cours dans ces conditions. « Certaines classes sont séparées par du contre-plaqué. Pendant que nous suivons nos cours, nous entendons la voix de l’en-seignant d’à côté. Tout cela nous perturbe », soupire un élève de terminale
M. S.
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