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Cérémonie en hommage Georges Charpak 1er mars

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Niveau: Secondaire, Lycée, Première
    Cérémonie en hommage à Georges Charpak / 1er mars 2011 Georges Charpak, de l'histoire à l'école Clotilde Marin Micewicz, Enseignante formatrice à l'école primaire, membre de l'équipe nationale de La main à la pâte. Avec Georges Charpak, j'ai partagé deux choses précieuses : un petit coin de terre et d'histoire, et le chapitre douloureux d'une époque qui marqua nos familles et puis... le terrain heureux de la classe dans un projet pour l'Éducation à la science avec La main à la pâte puisque c'est à cette occasion que j'ai commencé moi-même à m'approcher des sciences et que j'ai rencontré Georges. C'était en 1996 à Vaulx-en-Velin, dans ma classe alors. L'histoire d'abord... Lui naquit à Dabrowica, en Pologne à l'époque, aujourd'hui Doubrovytsia en Ukraine, il est arrivé bien jeune en France sa terre d'accueil, bien avant l'époque tragique à laquelle il survécut, comme d'autres polonais, émigrés après guerre comme mon propre père. Cette « chienne d'époque » comme il disait, et les souvenirs de tragédies aux noms de « occupation, déportation, insurrection » nous les avons partagés quelquefois, sans beaucoup de bavardage mais avec le cœur. Il n'y a pas si longtemps, après avoir reçu le récit de mon père, insurgé de Varsovie, Georges m'avait écrit ceci : « Il m'arrive d'être léger ou badin lorsqu'on évoque pour moi la Pologne ou l'Ukraine, en revendiquant haut et fort ma naissance de Français laïc et

  • terrain heureux de la classe

  • révolution dans l'éducation donnée aux jeunes enfants de la planète

  • gens de terrain

  • ambassadeurs de la science infatigables

  • classe primaire


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Date de parution 01 mars 2011
Nombre de lectures 45
Langue Français
Cérémonie en hommage à Georges Charpak / 1
er
mars 2011
Georges Charpak, de l'histoire à l'école
Clotilde Marin Micewicz,
Enseignante formatrice à l’école primaire, membre de l’équipe nationale de
La main à la pâte
.
Avec Georges Charpak, j’ai partagé deux choses précieuses : un petit coin de terre et
d’histoire, et le chapitre douloureux d’une époque qui marqua nos familles et puis... le terrain
heureux de la classe dans un projet pour l’Éducation à la science avec
La main à la pâte
puisque c’est à cette occasion que j’ai commencé moi-même à m’approcher des sciences et
que j’ai rencontré Georges. C’était en 1996 à Vaulx-en-Velin, dans ma classe alors.
L’histoire d’abord... Lui naquit à Dabrowica, en Pologne à l’époque, aujourd’hui
Doubrovytsia en Ukraine, il est arrivé bien jeune en France sa terre d’accueil, bien avant
l’époque tragique à laquelle il survécut, comme d’autres polonais, émigrés après guerre
comme mon propre père. Cette « chienne d’époque » comme il disait, et les souvenirs de
tragédies aux noms de « occupation, déportation, insurrection » nous les avons partagés
quelquefois, sans beaucoup de bavardage mais avec le coeur. Il n’y a pas si longtemps, après
avoir reçu le récit de mon père, insurgé de Varsovie, Georges m’avait écrit ceci : « Il m’arrive
d’être léger ou badin lorsqu’on évoque pour moi la Pologne ou l’Ukraine, en revendiquant
haut et fort ma naissance de Français laïc et républicain à l’âge de sept ans, à Paris. Je ne le
ferai plus
1
(...). On est quand même un peu responsable de l’image que l’on laisse à ceux qui
sont appelés à vous côtoyer. Je suis né d’une graine proche de la tienne et nous sommes
aujourd’hui dans la même tranchée pour essayer d’embellir le monde que nous allons laisser à
nos enfants. »
Georges Charpak a bien démontré combien la France s’est enrichie de sa diversité, lui
qui oeuvra tant pour la Science et pour l’Éducation. Nul doute que sa propre histoire peut se
lire en filigrane de son action militante en faveur de l’éducation scientifique des enfants de la
planète, quand il a déclaré lors de la cérémonie de Hazkarah inaugurant un mémorial de la
Shoah le premier octobre 2006 : « Il est impératif d’avoir une révolution dans l’éducation
donnée aux jeunes enfants de la planète, une éducation basée sur la maîtrise de l’esprit
scientifique. Ils en ont un pressant besoin. Il leur permettra de choisir leur futur en apprenant à
déchiffrer la nature, à dialoguer avec leurs pairs, à s’adapter à un monde changeant
rapidement, en leur apprenant à juger par eux-mêmes, en refusant les vérités toutes faites et
les propagandes dont veulent se gaver les gourous de toute obédience ».
1
La phrase originale de Georges Charpak est : « Je ne le ferai plus après avoir lu le chapitre Mirek et Charpak
(...) », chapitre extrait du texte intitulé « Histoire de Stanislas Félix, l’enfant de Syreni Grod » de J.-B. Micewicz
(Communication personnelle).