CONCOURS DE RECRUTEMENT DES PROFESSEURS DES ECOLES
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CONCOURS DE RECRUTEMENT DES PROFESSEURS DES ECOLES

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Niveau: Secondaire, Collège, Troisième

  • redaction

  • fiche - matière potentielle : courtes

  • dissertation

  • cours - matière potentielle : l' année de préparation


CONCOURS DE RECRUTEMENT DES PROFESSEURS DES ECOLES SESSION 2012 HISTOIRE-GEOGRAPHIE La session 2012 du concours de recrutement des professeurs des écoles est la seconde organisée selon les modalités définies par l'arrêté du 6 janvier 2010. L'histoire-géographie est associée au français au sein d'une épreuve d'admissibilité d'une durée de quatre heures et intervient pour 8 points sur 20. Les candidats se voient proposer deux questions qui peuvent être d'histoire, de géographie ou d'éducation civique et morale. Ces questions peuvent prendre appui sur des documents. La note 0 sur 8 est éliminatoire. Cette seconde session de la nouvelle épreuve reste caractérisée par un taux d'absentéisme très élevé : Inscrits Présents Absents 2011 2012 2011 2012 2011 2012 Concours externe public 734 820 289 313 445 60,62 % 507 61,8 % Concours externe privé 123 176 49 59 74 60,16 % 117 66,4 % 3e concours 121 53 22 12 99 81,81 % 31 58,4 % Total 978 1049 360 384 618 63,19 % 655 62,4 % Comme l'année dernière, environ un tiers des candidats ne s'est pas présenté aux épreuves; on constate même pour les deux premiers concours une augmentation de ce taux d'absentéisme alors que le nombre d'inscrits, paradoxalement, s'est accru par rapport à l'année précédente.

  • dimension évolutive du sujet du moyen-âge

  • paysage rural

  • règles de base de la syntaxe et de l'orthographe

  • candidat


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Langue Français
CONCOURS DE RECRUTEMENT DES PROFESSEURS DES ECOLES
SESSION 2012
HISTOIRE-GEOGRAPHIE
La session 2012 du concours de recrutement des professeurs des écoles est la seconde
organisée selon les modalités définies par l’arrêté du 6 janvier 2010. L’histoire-géographie est
associée au français au sein d’une épreuve d’admissibilité d’une durée de quatre heures et
intervient pour 8 points sur 20. Les candidats se voient proposer deux questions qui peuvent
être d’histoire, de géographie ou d’éducation civique et morale. Ces questions peuvent
prendre appui sur des documents. La note 0 sur 8 est éliminatoire.
Cette seconde session de la nouvelle épreuve reste caractérisée par un taux
d’absentéisme très élevé
:
Inscrits
Présents
Absents
2011
2012
2011
2012
2011
2012
Concours
externe
public
734
820
289
313
445
60,62 %
507
61,8 %
Concours
externe
privé
123
176
49
59
74
60,16 %
117
66,4 %
3
e
concours
121
53
22
12
99
81,81 %
31
58,4 %
Total
978
1049
360
384
618
63,19 %
655
62,4 %
Comme l’année dernière, environ un tiers des candidats ne s’est pas présenté aux
épreuves; on constate même pour les deux premiers concours une augmentation de ce taux
d’absentéisme alors que le nombre d’inscrits, paradoxalement, s’est accru par rapport à
l’année précédente. Sans doute, l’organisation des épreuves d’admissibilité en septembre a-t-
elle perturbé cette année encore certains candidats qui, ne se sentant pas prêts, ont préféré
renoncer à concourir. Une diminution des postes à pourvoir cette année dans l’académie de
Clermont-Ferrand a peut-être pu inciter certains autres à composer dans d’autres académies.
Ce fort taux d’absentéisme a eu cette année encore de lourdes conséquences en termes
d’organisation de la correction. Les services doivent évidemment prévoir un nombre de
correcteurs correspondant à celui des inscrits, puis organiser leurs déplacements afin qu’ils
participent aux diverses réunions d’élaboration des consignes de correction, puis
d’harmonisation de la notation. La forte proportion de candidats absents a pour conséquence
que le jury composé initialement se trouve finalement surdimensionné et que le nombre de
copies par correcteur est réduit des deux tiers. Si cela permet à chaque correcteur d’aller vers
une évaluation encore plus fine de chacune des copies, il n’en demeure pas moins que cette
situation engendre des coûts, financiers et humains considérables pour la collectivité.
Les résultats globaux de l’épreuve s’établissent ainsi
:
2011
2012
Concours public
2.48/8
2,56/8
Concours privé
2.46/8
2,59/8
0
10
20
30
40
50
60
0
0,5
1
1,5
2
2,5
3
3,5
4
4,5
5
5,5
6
6,5
7
7,5
8
Public
Privé
Trois caractères apparaissent avec netteté :
-
des résultats globaux qui restent faibles malgré une légère progression des
moyennes observées dans le public comme dans le privé par rapport aux résultats
obtenus lors de la dernière session
(ramenée à une notation sur 20, la moyenne
s’établirait à 6,4, soit 0,3 point de plus environ que l’année dernière) ;
-
une médiane qui, comme l’année dernière, s’établit à environ 2 sur 8. Autrement dit,
plus de la moitié des candidats a obtenu une note inférieure ou égale à 2
et l’on
notera avec quelque inquiétude la présence
de sept
notes éliminatoires
, résultat de
copies entièrement vierges ;
-
un parallélisme entre les résultats des deux concours
, aussi bien en termes de
moyenne que de distribution des notes.
Si l’on affine l’observation, en prenant en compte chacune des deux questions, l’on obtient les
résultats suivants :
PUBLIC
PRIVE
2011
2012
2011
2012
Question 1 (Histoire)
1,12
1,35
1,32
1,38
Question 2 (Géographie)
1,36
1,35
1,14
1,92
DISTRIBUTION DES NOTES SUJET 1
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
0
0,5
1
1,5
2
2,5
3
3,5
4
Public
Privé
DISTRIBUTION DES NOTES SUJET 2
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
0
0,5
1
1,5
2
2,5
3
3,5
4
Public
Privé
Sans que l’on puisse vraiment différencier histoire ou géographie, public ou privé, le constat
de la faiblesse globale des résultats se situe dans la continuité de ceux opérés l’année dernière
et lors des sessions précédentes en 2008, 2009 et 2010 : ce qui n’est pas pour rassurer. Les
explications en sont les mêmes au plan général, que l’on peut résumer en quelques points :
-
Une quasi absence de problématisation des questions. Si la nature de l’épreuve
n’appelle certes pas une introduction au sens traditionnel donné à ce terme dans
l’exercice classique de la dissertation, l’on est cependant en droit d’attendre d’un
candidat qu’il cerne en une phrase ou deux le sens du sujet qui lui est soumis et qu’il
fasse ainsi la preuve de la bonne compréhension du problème qui lui est posé. En
l’absence d’une telle réflexion initiale, le traitement de la question se révèle invertébré
et part souvent à la dérive vers des considérations connexes au sujet, voire nettement
hors du champ de celui-ci. Ainsi, en histoire, était-on en droit d’attendre que le
candidat s’interroge sur la notion même de traite négrière, sur son caractère
multiforme (traite orientale, traite atlantique voire occidentale, traite interne) et prenne
en compte la dimension évolutive du sujet du Moyen-âge à l’époque moderne. Ainsi,
en géographie, fallait-il s’interroger sur les formes prises par les mutations subies par
les paysages ruraux depuis une trentaine d’années, sur les facteurs ayant conduit à ces
transformations, en évitant tout développement généraliste sur les évolutions de
l’agriculture française, l’exode rural ou les paysages de bocage ou d’openfield. D’une
manière plus générale, l’absence de plan a été trop souvent déplorée par bon nombre
de correcteurs.
-
La mauvaise appréhension des notions situées au coeur des questions. Ainsi en histoire
la notion de traite a-t-elle été trop souvent confondue avec celle d’esclavage, en
géographie, celle de paysage rural avec celle d’espace rural ou de paysage agricole. Le
jury doit ici rappeler que tout enseignement est centré sur la volonté de construire et de
faire acquérir aux élèves la compréhension de notions. Les candidats doivent donc se
persuader que s’ils prétendent un jour les enseigner, ils doivent faire la preuve qu’eux-
mêmes les maîtrisent.
-
Un niveau de connaissances factuelles globalement insuffisant : s’il n’est certes pas
question d’exiger des candidats à ce concours un niveau de maitrise scientifique de
type universitaire, le jury doit constater que, faute de connaissances précises, nombre
de copies peinent à faire apparaître une information actualisée à propos des éléments
essentiels qui permettraient de nourrir la réflexion.
Ainsi, pour la question d’histoire, nombreuses sont les copies à n’avoir abordé que la
traite atlantique en négligeant ou ignorant les autres traites. Le sujet est ainsi
partiellement traité en évacuant toute la profondeur de champs donné par l’étude de la
traite orientale. Les erreurs chronologiques ne sont pas rares : les débuts de la traite
sont trop souvent présentés comme contemporains de la découverte du nouveau
monde, son abolition assimilée à celle de l’esclavage en 1848 en France. La diversité
des acteurs et leurs rôles respectifs sont à peine entrevus. L’existence d’une traite
interne à l’Afrique complètement passée sous silence.
Pour ce qui est de la question de géographie, trop rares ont été les candidats capables
de replacer la transformation des paysages ruraux dans le contexte de l’évolution
d’une société française de plus en plus urbaine, mobile et tertiaire. Les
développements sont souvent restés superficiels et limités à l’évocation d’un certain
nombre de lieux communs : transformations des paysages ruraux liées au
remembrement, au tourisme,
sans que des exemples précis et territorialisés ne
viennent illustrer le propos. Le jury regrette ainsi que trop peu de candidats ne
proposent de typologies fondées sur une approche fonctionnelle et évolutive des
paysages ruraux (essor des espaces ruraux périurbains, nouveaux paysages ruraux à
vocation récréative, permanence et modernisation des paysages ruraux à vocation
productive, paysages des campagnes en crise et fragilisées). Il déplore également que
les acteurs économiques ou institutionnels intervenant dans l’aménagement de ces
territoires ne soient que très rarement cités, voire que leur existence soit méconnue.
Comme les années précédentes, le jury constate donc, à son très grand regret, un
niveau d’information globalement peu satisfaisant. Il réitère donc aux candidats et à
leurs préparateurs un conseil simple ; réaliser au cours de l’année de préparation un
ensemble de fiches courtes, récapitulant les dimensions principales de chacune des
thématiques au programme et s’imprégner de façon systématique des
éléments de
contenu susceptibles de nourrir une culture historique et géographique qui ne se limite
pas à des généralités.
-
Une difficulté à utiliser avec pertinence le document fourni avec le sujet. Il est rappelé
que ce document n’est là que pour apporter une aide au candidat. Il doit donc
servir à
appuyer une argumentation, à illustrer un propos et ne saurait être simple objet de
paraphrase. Son commentaire ne saurait non plus se substituer à la rédaction d’un
devoir soigneusement construit et argumenté.
-
une maitrise parfois aléatoire des règles de base de la syntaxe et de l’orthographe.
Pour l’ensemble de cette première épreuve d’admissibilité, orthographe et syntaxe sont
prises en compte à hauteur de trois points. Il a été décidé que deux points seraient
comptabilisés par le français et un point par l’histoire-géographie.
Sur cette question, le jury n’a pas été prompt à l’indulgence. Considérant que la
maitrise des règles de l’orthographe et de la syntaxe constituent un élément essentiel
des compétences qu’un enseignant doit maitriser afin de pouvoir ensuite les
transmettre, il a
décidé collectivement de faire preuve d’une extrême rigueur en la
matière et de sanctionner par le retrait d’un point toute copie révélant des insuffisances
manifestes, qu’il s’agisse de fautes lourdes (fautes d’accord, conjugaisons) ou de
fautes supposées à tort plus vénielles : c’est ainsi que les fautes d’accent, surtout si
elles sont répétées, ou si l’accentuation est oubliée, ont fait l’objet de sanctions. Le
jury attire fortement l’attention des candidats
sur ce point que certains croient, à tort,
simplement de forme et n’est pas disposé à accepter pour des candidats de ce niveau
universitaire, de tels manquements aux règles les plus élémentaires de la langue
française.
-
probablement une mauvaise gestion du temps disponible. L’épreuve de français étant
dotée de la partie la plus importante de la note, les candidats ont logiquement
concentré leur attention sur celle-ci et lui ont consacré la majeure partie du temps
disponible. Dés lors de nombreux candidats se sont trouvés dans la situation de ne pas
pouvoir traiter l’une des deux questions d’histoire et de géographie (ce qui explique
que souvent seul un exercice sur deux a été traité) ou alors de bâcler la réponse à la
seconde question. Le jury invite donc les futurs candidats
et leurs préparateurs à
veiller à maintenir un équilibre entre toutes les composantes de l’épreuve. L’on peut
raisonnablement penser que si deux heures sont consacrées au français, quarante cinq
minutes peuvent être dédiées à chacune des deux questions d’histoire et de géographie,
ce qui laisse au candidat le temps nécessaire à la relecture.
Le jury a fondé son évaluation sur des critères pérennes, qui sont ceux lui permettant de
détecter chez les candidats des aptitudes à exercer dans un délai rapproché un métier exigeant,
dont l’objectif est de rendre un service public de qualité. Ces aptitudes, qu’une formation
viendra conforter, sont les mêmes d’année en année : maîtrise impeccable de la langue et de
l’expression, capacité à cerner un sujet et à lui un donner un sens, compréhension des notions
centrales, actualisation d’un savoir qui, s’il ne peut pas être celui d’un spécialiste, doit être de
son temps et démontrer une culture globale, enfin parfois un simple bon sens permettant de
développer une pensée ordonnée. Le jury se réjouit d’avoir repéré, partiellement ou
totalement, ces aptitudes chez certains candidats, trop peu nombreux, auxquels des notes
élevées ont pu être attribuées. Il formule le voeu que, s’inspirant de cet exemple et, tirant profit
des remarques et conseils formulés ci-dessus, les futurs candidats sachent se préparer au
mieux pour les épreuves de la session 2013.
Jean-Marc NOAILLE
Inspecteur Pédagogique Régional Histoire-Géographie
Coordonnateur des épreuves d’histoire-géographie