Les ramifications du Roman de Renart
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Description

Niveau: Secondaire, Collège, Cinquième
Les ramifications du Roman de Renart Le Roman de Renart est écrit en langue d'oil. Mais la célébrité du personnage qui parodie les chansons de geste dans ses aventures toutes terre à terre, a débordé largement les frontières de des provinces des textes connus. Il illustre l'éternel combat du petit rusé contre la force, symbolisée par la bêtise du loup. Les toponymes, les contes et les fables en ont gardé des traces, tout comme des allusions dans d'autres textes littéraires. Ainsi, Guillaume, septième comte de Poitiers, neuvième duc d'Aquitaine, lo coms Guilhem IX de Peitieus, premier troubadour, né en 1071 et mort un dix février 1126 (Payen) ou 1127 (Bec, Jeanroy, Nelli), a laissé onze chansons et quelques apocryphes que Jef Barthels a traduits en vers français et néerlandais en se fondant sur la version occitane éditée par Jean-Charles Payen.1Dans la cinquième, en particulier, il pourrait évoquer Renart dans le faux pèlerin qui contrefait le muet pour rester auprès des belles et qui sous la torture de la griffe du chat roux (allusion à Tybert ?) ne dit mot. C'est plus dans la situation générale que dans le détail qu'il faut entendre ces allusions aux personnages de Renart et Tybert. Nous citons trois strophes en occitan : « Sor, aquest hom es enginhos,E laissa lo parlar per nos :Nos aportem nostre gat ros ; de mantement,qe?l fara parlar az estros, si de re?nz ment.

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Publié par
Date de parution 01 avril 2005
Nombre de lectures 117
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Exrait

Les ramifications duRoman de Renart
LeRoman de Renartécrit en langue d’oil. Mais la célébrité du personnage qui parodie les est chansons de geste dans ses aventures toutes terre à terre, a débordé largement les frontières de des provinces des textes connus. Il illustre l’éternel combat du petit rusé contre la force, symbolisée par la bêtise du loup. Les toponymes, les contes et les fables en ont gardé des traces, tout comme des allusions dans d’autres textes littéraires. Ainsi, Guillaume, septième comte de Poitiers, neuvième duc d’Aquitaine,lo coms Guilhem IX de Peitieus,premier troubadour, né en 1071 et mort un dix février 1126 (Payen) ou 1127 (Bec, Jeanroy, Nelli), a laissé onze chansons et quelques apocryphes que Jef Barthels a traduits en vers 1 français et néerlandais en se fondant sur la version occitane éditée par Jean-Charles Payen. Dans la cinquième, en particulier, il pourrait évoquer Renart dans le faux pèlerin qui contrefait le muet pour rester auprès des belles et qui sous la torture de la griffe du chat roux (allusion à Tybert ?) ne dit mot. C’est plus dans la situation générale que dans le détail qu’il faut entendre ces allusions aux personnages de Renart et Tybert. Nous citons trois strophes en occitan :
« Sor, aquest hom es enginhos, E laissa lo parlar per nos : Nos aportem nostre gat ros ;  demantement, qe·l fara parlar az estros,  side re·nz ment. »
N’Agnes anet per l’enujos, e fo granz et ab loncz guinhos : e eu, can lo vi entre nos,  aign’espavent, Q’a pauc non perdei la valor  el’ardiment.
Qant aguem begut e manjat, eu midespoillei a lor grat. Detras m’aporteron lo gat  male felon ; la una·l tira del costat  troal tallon.
« Sœur, cet homme est un rusé : Il ne parle pas pour nous tromper : Apportons notre chat roux ;  Toutaussitôt, Il le fera parler à toute vitesse S’il ment de quelque façon. »
Dame Agnès alla chercher ce déplaisant, Qui était imposant avec de longues moustaches : Et moi, quand je le vis parmi nous,  Jem’effrayai tant Que je faillis perdre mon courage  Etma témérité.
Quand nous eûmes bu et mangé, Je me suis déshabillé selon leur volonté. Alors, elles m’apportèrent le chat  Méchantet félon ; L’une le tira depuis mon flanc  Jusqu’autalon.
Traduction de Mary Sanchiz
Ramon Llull DansEl Libre de les Bèsties, età la manière de la littérature satirique duRoman de Renart en 1 VoirMeta: Journal des traducteurs: Translators' Journal, Volume/ Meta50, numéro2, Avril 2005, p.665-681 « Processuset cheminements en traduction et interprétation/ Processes and Pathways in Translation and Interpretation », sous la direction de Hannelore Lee-Jahnke, directeur : André Clas, éditeur : Les Presses de l'Université de Montréal, ISSN : 0026-0452 (imprimé)1492-1421 (numérique). Voir aussi en particulier l’article « L’oeuvre de Guillaume IX d’Aquitaine et son processus de traduction : un retour aux sources, Reconstruction annotée de la Canso V»,Frans De Laet, Haute École de Bruxelles, Bruxelles, Belgique. fdelaet@heb.be
pleine expansion à la même époque, Ramon Llull utilise la fable pour écrire une satire politique sans concession et dont les thèmes n’ont pas pris une seule ride.
Le personnage de Na Renart, au féminin en catalan, contrairement à son homonyme francien, y joue néanmoins le même rôle de personnage rusé et retors qui permet de mettre en évidence les travers humains sous la fiction animale.
On retrouve une illustration personnifiée du même (de la même) Renart dans une enluminure du Missel des Merciers et des Peintres,remière ae de la messe de l’Assomtion de la Viere, où Renart reprque municipale
Voici une citation sous forme de fable :
Respòs Na Renart, e dix est eximpli:
« Enuna terra se sdevench que totes les bísties se cordaren que donassen tots dies una bèstia al lehó, per ço que no les treballàs en son cassar;e·l lehó les en apellà quíties. Tots dies aquelles bísties gitaven sorts, e aquella bístia sobre a qui tanyia la sort, anava al lahó e menjava-la. I die se sdevench que caech la sort sobre Iª lebra, e aquella lebra trigà anar al lehó tro hora de mig die, car temia morir. Molt fo irat lo lehó, car tant se havia stat la lebra, car gran fam havia; e dix a la lebra per què havia tant stat. E la lebra se scusà, e dix que prés de aquell loch havia I lahó qui deya que era rey d’aquella terra, e qui la havia cuydada pendre. Lo lehó fo molt irat, e cuydà’s que fos veritat ço que la lebra li havia dit, e dix que li mostràs lo lehó. La lebre se mès primera, e lo lehó la seguí. La lebra vench a I gran pèlech de aygua, la qual era de una bassa qui era environade, de totes parts, de I gran mur. Con la lebra fo sobre la aygua, e la ombra de la lebra e del lehó apparegueren en la aygua, dix la lebra al lehó: «Sènyer, veus lo lehó qui és en la aygua, e vol menjar una lebra? ».Lo lehó se cuydà de la sua ombra que fos lehó, e saltà en la aygua, per ço que·s combatés ab aquell leó. Lo leó morí en la aygua, e la lebra ab sa çortesa aucís lo lehó.»
Ramon Llull,Llibre de les Bèsties,GEA edicions, Barcelona, 1990.
Dame Renart réponditet donna cet exemple :
« Dans une terre, il arriva que toutes les bêtes s’accordèrent pour donner chaque jour une bête au lion afin qu’il les laissât tranquilles sans les chasser. Le lion les en tint quittes. Tous les jours, ces bêtes tiraient au sort, et celle sur qui tombait le sort se rendait au lion qui la mangeait. Un jour, il advint que le sort tomba sur un lièvre, et ce lièvre-là tarda à se rendre au lion jusqu’après l’heure de midi, car il craignait de mourir. Le lion fut très irrité, tant le lièvre avait tardé et tant il avait faim. Il demanda au lièvre pourquoi il avait tant tardé. Le lièvre s’excusa et dit que, près de là, il y avait un lion qui se disait roi de cette terre et avait essayé de le capturer. Le lion fut très en colère et voulut savoir si ce que le lièvre lui avait dit était vrai; il lui demanda de lui montrer le lion en question. Le lièvre passa devant et le lion le suivit. Le lièvre vint jusqu’à une grande nappe d’eau stagnant un bassin entouré de toutes parts d’un grand mur. Quand le lièvre fut au- dessus de l’eau et que son reflet et celui du lion apparurent dans l’eau, il dit au lion : « Seigneur, vois-tu le lion qui est dans l’eau et qui veut manger un lièvre ? »Le lion crut que son reflet était un autre lion et sauta dans l’eau pour le combattre. Le lion se noya et le lièvre, par son astuce, tua ainsi le lion. »
Traduction de Mary Sanchiz.
Et quelques contes traditionnels qui mettent en scène les héros duRoman de Renart:
Extrait d’Horace CHAUVET,Folklore du Roussillon,La fin du vieux loup quiPerpignan, 1943 « avait faim », repris d’un conte de J.S PONS (Lucernale)
La fin du vieux loup qui avait faim
Il était une fois un vieux loup, n’ayant que la peau et les os, qui ne trouvait pas le moindre agnelet à se mettre sous la dent. Une jument et son poulain caracolaient : « Voilà bien mon affaire, pensa-t-il, pour apaiser ma faim de loup ! Ce jeune poulain doit être si tendre !... ». Fallait-il passer de suite à l’attaque? Non. Ayant beaucoup fréquenté maître Renard, le vieux loup était devenu rusé. Il aborda le couple sans colère : — « Salut à toi, la plus belle conquête de l’homme, dit-il à la jument. Ne pourrais-tu me confier ton poulain, qui est si alerte ? J’ai besoin pour mes vieux jours d’un jeune compagnon. — « Vousavez de bien grosses dents, monsieur le Loup ! — « Pour mieux te sourire, ma toute belle. — « Ehbien !Puisque vous êtes si galant, je consens à vous servir. Cependant vous devriez, à votre tour, me rendre un petit service. Figurez-vous que mon poulain gambadait ce matin dans un pré; je me suis fatiguée à courir après lui et je souffre même d’une fâcheuse épine qui s’est plantée dans ma cheville. Voudriez-vous me l’extirper ? ». Alors, pour soulager cette infortune, le loup chaussa ses lunettes et s’agenouilla : — « Voyons ? Voyons cette patte douloureuse, que je l’examine de près !... — « Ma patte ? La voici... » Et vlan! D’un maître coup de sabot, la jument fit rouler la bête à terre et s’enfuit à toute allure, suivie de son poulain gambadeur. Jurant, mais un peu tard, qu’on ne le prendrait plus à faire du sentiment, le loup reprit sa course, clopin clopant, cherchant du soleil pour réchauffer sa vieille carcasse et guettant une proie. Près d’un mas grognait une truie, au milieu de ses gorets. Point de danger! Voilà boudins tous cuits ! Il s’approcha patelin : — « Bonjour,princesse couenneuse. Permettriez-vous qu’en cette basse-cour, je vous fasse un brin de cour ? — « Vous êtes bien poli, à cette heure, monsieur le maraudeur !Certain agneau jadis vous trouva moins aimable ! — « Iln’était pas de votre sexe... Je vous trouve rose et fraîche; vous me plaisez. Vos porcelets sont bien mignons aussi. Pourriez-vous m’en octroyer quatre ou cinq pour déjeuner ? — « Quel appétit ! Mais votre détresse me touche, ô prince famélique; prenez tout le troupeau, je vous en fais hommage. Sachez cependant que ces porcelets ne sont pas baptisés encore, les pauvres. Vous n’auriez certainement pas le courage de les envoyer dans l’autre monde sans qu’on les ait aspergés d’eau bénite ! Votre estomac en pâtirait. — Vousparlez fort chrétiennement, princesse
reniflante ; il faut baptiser ces chéubins. Allons chercher une onde claire... ». Et voilà le troupeau parti, trottant menu, à la suite du dangereux berger qui aiguisait déjà ses dents jaunâtres : — « Voici un bien modeste ruisseau, mais il suffira pour notre usage. — « Cesfonts baptismaux me paraissent insuffisants, répondit la truie. Allons plus loin. Je connais un lac dont l’onde est toute bleue, comme il convient pour notre cérémonie. Dans le miroir de l’eau mes porcelets auront, tout en buvant, l’impression de se manger eux-mêmes, avant d’être dévorés par vous: ça les habituera ». L’argument était péremptoire. On arriva sur les bords du lac et, pour aller plus vite, la maudite bête prit un seau dans sa bouche et s’empressa de le remplir d’eau. Mais, tandis qu’elle vaquait à cette occupation, la truie, d’un coup sec de son groin, la bouscula dans la mare et s’enfuit de toute la vitesse de ses courtes pattes, suivie du chapelet de petits cochons. Grognements désespérés, cris des paysans, alerte générale! Le loup, tout ruisselant, n’eut d’autre ressource que de s’enfuir vers des rives plus clémentes. Le lendemain, il vit, dans un champ, deux béliers qui s’abordaient à coups de cornes : — « Fortbien, pensa le loup. C’est un beau festin en perspective ! Ces animaux sont connus comme sots ; au demeurant ils sont dodus... ». Et en bon apôtre, il s’approcha : — « Holà ! Holà ! Qu’avez-vous à vous quereller ? Réconciliez-vous de grâce! Je m’y emploierai de mon mieux si vous voulez me dire l’objet de votre dispute. — « Nous ne sommes pas d’accord pour le partage de ce champ et c’est entre nous une guerre sans merci. Le vainqueur sera maître de tout le territoire. — « Mieux vaut s’entendre, messieurs les encornés. Je vais me placer au milieu du champ, entre vous deux et chacun prendra sa part à droite et à gauche ». Et voilà le loup devenu géomètre et juge de paix. Il mit ses lunettes, pour mieux en imposer, choisit sa place et pria les plaideurs d’approcher bien près de lui : — « Encoreplus près, mes bons amis, leur dit-il, encore plus près !... ». Mais les deux béliers, méfiants, se précipitèrent sur lui, tête baissée, pour en découdre et, à coups de corne, l’écorchèrent à plaisir : — « Çat’apprendra, maudit animal, à te mêler de ce qui ne te regarde pas, dit l’un! Les corbeaux se régaleront. — « C’estun beau jour, dit l’autre, car nous vengeons toute une génération de pauvres ouailles... » Ce qui ne les empêcha pas de recommencer leur duel interrompu.
Transcription d’un conte narré dans les Aspres il y a une centaine d’années (Mary Sanchiz) :
LE RENARD, LE LOUP ET LE POT DE MIEL
Un jour Maître Renart, toujours en quête de tromperies, et son compère le Loup cheminaient de compagnie dans les petits bois de chênes-liège qui couronnent les collines des premiers contreforts du Canigou. Tous deux avaient le ventre creux et la faim les tenaillaient. Depuis huit jours ils n’avaient rien mangé, et ils pensaient qu’en se rapprochant un peu des fermes isolées, ils pourraient peut-être attraper quelque géline égarée. Ils ne parlaient guère, tout occupés à scruter chaque haie à renifler chaque buisson. Ils remontèrent vers Ponteilla par un ravin qui porte encore le souvenir de leurs chasses et que les paysans nomment « Coma de Lloba». Tout était calme et le soleil de midi commençait à darder ses rayons implacables sur la terre, ajoutant encore à la fatigue de nos deux chasseurs.
Tout à coup, Renart s’arrête. Sur un tas de pierres, en bordure d’une vigne, il vient d’apercevoir un pot de miel, oublié par un « mosso » du hameau deNYLSqui avait déjeuné là pendant qu’il travaillait un arpent de terre. D’ailleurs des miettes sur le sol prouvaient bien qu’il pas parti depuis très longtemps. Renart aurait préféré quelque poule bien grasse, mais toute nourriture est bonne à prendre, surtout quand on est affamé. Mais le loup aussi a vu le pot de miel et il se précipite. Renart, qui préférerait ne pas partager mais qui n’en fait rien voir, arrête son élan : « Beau compère, nous ne pouvons manger ce miel ici, les mouches nous en voleraient la moitié ; emportons le pot chez nous et nous le garderons pour cet hiver, car ce serait dommage de renoncer à chasser aujourd’hui. » Le loup accepta et ils emportèrent le pot dans leur tanière du côté des Baguères. Ils firent bien car chemin faisant ils trouvèrent un gibier qui apaisa leur faim, quelque géline échappée de Saint-Nicolas. Quelque temps après, un Dimanche matin, Renart eut bien envie de goûter le miel sans en parler au Loup. Aussi lui annonça-t-il quand les cloches de l’église voisine se mirent à sonner pour appeler les fidèles à la Messe : « Entends ces cloches : elles annoncent que l’on va baptiser mon filleul. J’y cours. A tout à l’heure! ». Et Renart fit semblant de partir. En réalité il ne fit que le tour de la maison, rentra par la fenêtre de derrière et mangea un peu de miel. Puis il revint, comme se de rien n’était et s’écria : « Ce fut un beau baptême ! - Comment appelle-t-on l’enfant ? demanda le Loup. -COMENÇADET,COMENÇADET» répondit le rusé. Le dimanche suivant, Renart se dit qu’il pourrait renouveler l’histoire du baptême, et dès que les cloches se mirent à sonner : « Entends ces cloches, dit-il à nouveau au loup. Elles annoncent que l’on va baptiser mon filleul ». Et il refit ce qu’il avait fait le dimanche précédent. A la sortie de la messe, il fit semblant de revenir et au loup qui lui demandait comment s’appelait ce nouveau filleul, il répondit : «MIGET,MIGET». Enfin, le troisième dimanche arriva, et Renart qui décidément avait pris goût au miel prétexta le baptême de son troisième filleul qu’il déclara appeler : «ACABADET,ACABADET».
Un soir d’hiver, pourtant, le loup se rappela du pot de miel et proposa à Renart de l’entamer. Ce dernier accepta et ils allèrent chercher le pot. Quand le loup s’aperçut qu’il était vide, il se mit en colère et accusa Renart :
« Ce ne peut être que toi, puisque je sais bien que je n’y ai pas touché ! Renart qui avait plus d’un tour dans son sac lui répondit : - Ecoute, il sera facile de confondre le coupable. Celui qui a mangé tout ce miel, en une fois, aura sans aucun doute le ventre dérangé ; couchons-nous et celui de nous deux qui demain matin aura fait ses besoins dans son lit et aura souillé sa couche de miel sera sans conteste le voleur ».
Le loup, sûr de son innocence, acquiesça et ils partirent se coucher. Le loup ne tarda pas à ronfler et Renart, qui ne faisait que semblant de dormir et qui n’avait fermé qu’un œil, se releva doucement. Il alla au pot de miel, essuya soigneusement les dernières traces de miel qui restaient sur les bords. Puis il en badigeonna soigneusement le derrière du Loup qui continuait à ronfler.
Enfin au petit matin, quand ils se réveillèrent, le Loup qui trouva son derrière poisseux se lamenta piteusement : - « C’est moi ! »
Renart rit aujourd’hui encore du bon tour joué au loup et ses ricanements, portés par la marinade les soirs d’été, s’entendent jusqu’à l’élevage de poules de l’Estany d’en Conte où ils font encore frémir les malheureux volatiles pourtant bien à l’abri derrière les grilles des pondoirs.
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