Histoire-géographie - programme scolaire des élèves de 5e
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Ce document est un document d'accompagnement pour tous les professeurs qui enseignent l'histoire-géographie en classe de 5e.

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Histoire-géographie
éducation civique eduscol
eHistoire 5
I - Les débuts de l’islam
Environ 10% du temps annuel consacré à l’histoire
PROBLÉMATIQUES
Tout comme pour l’étude des débuts du judaïsme et du christianisme, le programme entend aborder de
manière historique l’islam ; cela signifie la mise à distance du récit de la Tradition musulmane des
origines en le confrontant à d’autres sources (notamment pour le temps de la conquête), pour distinguer
les faits d’une part, le sens que ces faits prennent pour les musulmans d’autre part. Ainsi peut-on croiser
l’histoire militaire et politique d’une part, l’histoire culturelle d’autre part, tout en rendant compte du
décalage chronologique entre les événements et le temps de leur mise par écrit : les ouvrages qui
e constituent les références sur la vie de Mahomet ont en effet été rédigés au cours du IX siècle ; ils
fonctionnent sur le principe de la « chaîne de garants », mais cette pratique systématique ne s’est mise
eque progressivement en place au cours du VIII siècle, sans qu’il puisse toujours être possible de
reconstituer l’élaboration des traditions.
Les narrations sur la période primitive de l’islam n’ont donc pas été rédigées dans l’intention de
constituer des documents d’histoire ; elles sont dépendantes du contexte de leur élaboration, après la
mort de Mahomet, du filtrage des transmetteurs successifs, des conflits politiques de la période, des
intentions propres aux auteurs dans le contexte d’un islam en train de s’organiser. Ce sont ces temps
d’élaboration de la religion, et de la civilisation qui lui est liée, que le programme entend aborder sous
eune forme adaptée aux élèves de 5 .
SUPPORTS D’ÉTUDE
Le contexte de la conquête et des premiers empires arabes
Ce sont des textes d’origine chrétienne (syriaques, grecs…), donc extérieurs au monde arabe, qui
erendent comptent dès le milieu du VII siècle de la nouveauté et de la puissance de la conquête arabe.
Selon toutes les sources, arabes ou non, Mahomet apparaît comme l’initiateur de la conquête : la
conquête hors de l’Arabie et ses conséquences font donc partie des origines de l’islam, au même titre
que la conquête de la péninsule arabe. On pourra donc confronter, les appellations utilisées dans
différentes sources pour désigner les conquérants afin d’observer le moment où apparaît le terme
« musulman ». Si une carte des conquêtes est nécessaire, on veillera cependant à l’accompagner d’une
réflexion sur la signification des conquêtes pour les musulmans eux-mêmes (le jihad est
inséparablement conquête de soi et expansion islamique).
Les récits de la Tradition comme fondements de l’islam
Pour la Tradition musulmane, le Coran est « descendu » sur Mahomet ; mais on ne peut ignorer le rôle
du pouvoir politique (califes) et celui de l’entourage proche de Mahomet dans la sélection et
l’organisation des textes : l’organisation des sourates de la plus longue à la plus brève est, par exemple,
révélatrice de cette élaboration, de même que la longue existence de versions différentes du Coran,
finalement détruites sur ordre des califes. De même, les traditions biographiques contenues dans les
Hadîth ont été travaillées en fonction de ce que leurs auteurs, les clercs, estimaient devoir présenter de la
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Ressources pour faire la classe au collège

figure de « l’envoyé de Dieu », selon les besoins d’un islam en train de s’institutionnaliser pendant et
après les conquêtes, et selon les besoins des pouvoirs politiques en quête de légitimation, en attribuant
les décisions prises à Mahomet pour les doter d’une autorité incontestable.
Dans l’étude des grands textes de l’islam, il faut donc rechercher non ce qui est « réellement arrivé »
mais le sens que prennent ces textes dans un univers culturel différent de celui du monde occidental.
L’extension et la diversité religieuse et culturelle de l’Islam médiéval
On veillera à l’unité de cette étude centrée soit sur Damas lorsque Moawwiya s’impose comme premier
calife omeyyade face à Ali, soit sur Bagdad sous le calife Haroun al Rachid al Mansour ; l’approche de
la mosquée dans ce cadre permettra de montrer l’étroite relation entre le politique et le religieux. La carte
qui situe le monde musulman à l’époque considérée doit permettre de montrer que l’idéal de l’Umma,
communauté religieuse et politique, ne résiste pas aux problèmes posés par l’immensité et la diversité du
monde musulman et par les ambitions politiques des uns et des autres.
PIÈGES À ÉVITER
− Comme pour le judaïsme et le christianisme, le récit musulman des origines est celui des croyants,
non celui des historiens. Il faut présenter comme telle la croyance musulmane, mais la distinguer des
événements historiquement avérés, ce qui suppose une bonne maîtrise du sujet.
− Les élèves disposent de quelques représentations concernant le monde musulman ; il faut les aider à
distinguer ce qui est l’islam tel qu’il apparaît aujourd’hui dans le monde et l’islam des origines : aucune
religion ne se maintient à l’identique sur le temps long et chaque époque revendique sa fidélité aux
origines en s’adaptant à son propre temps.
− Il faut veiller à bien distinguer Arabes et musulmans : les habitants de l’Arabie n’étaient pas tous
musulmans ; le monde musulman d’hier et celui d’aujourd’hui ne se limitent pas à l’Arabie ni au
monde arabophone et tous les Arabes ne sont pas musulmans ; cette distinction aidera les élèves à
comprendre la pluralité de traditions dans le monde musulman, notamment concernant les contraintes
alimentaires ou l’interdiction de la reproduction de la figure humaine.
− Les conquêtes musulmanes ont longtemps été présentées comme une irrésistible lame de fond
venue s’échouer et échouer en Europe ; or, le grand mouvement de conquête qui trouve son origine
dans des raids de pillage, s’explique d’abord par les faiblesses internes des empires byzantin et
sassanide et de l’Espagne wisigothique. Il s’étend sur un siècle, soit un temps plus long que celui des
grandes épopées telle celle d’Alexandre.
− Ne pas distinguer l’islam (religion) de l’Islam (civilisation)
HISTOIRE DES ARTS
− Si l’étude d’une mosquée est à mettre en relation de façon prioritaire avec le pouvoir politique qui
la fait construire, la présentation de diverses mosquées, souvent ornées de calligraphies coraniques
permet de percevoir la diversité des traditions architecturales au sein du monde musulman, dès les
premières époques de l’islam et les emprunts faits aux mondes conquis (cf. la mosquée de Damas).
− Les enluminures témoignent d’une civilisation hautement élaborée et, en même temps, de la
diversité de l’islam : les manuscrits perses, par exemple, comportent des représentations de
personnages, prohibées dans d’autres parties du monde musulman. Ces représentations doivent être
présentées aux élèves dans leur état de conservation, sans modification contemporaine.
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POUR ALLER PLUS LOIN
• Alfred-Louis de Prémare, Les fondations de l’islam Entre écriture et histoire, Seuil, 2002
e e• Françoise Michaud, « Les pays d’Islam VII -XV siècle », Documentation photographique
n° 8007, La Documentation française, février 1999
• Pascal Buresi, « Histoire de l’islam », Documentation photographique n° 8058, La
Documentation française, juillet-août 2007
• « L’islam et le Coran, un livre, une religion, des empires », Les collections de l’Histoire, n°
30, janvier-mars 2006
ère• Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, PUF, 2004 (1 éd. 1996)
• Gabriele Mandel Kahn, L’Islam, guide des arts Hazan (ouvrage sur la civilisation
islamique), 2007
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Histoire-géographie
éducation civique eduscol
eHistoire 5
e e
II - L’Occident féodal, XI - XV siècle
Rappel : les quatre thèmes de la deuxième partie du programme
occupent environ 40% du temps annuel consacré à l’histoire
Thème 1 – Paysans et seigneurs
PROBLÉMATIQUES
A partir du X è et du XI è siècles, le village apparaît, qui regroupe dans un même lieu construit en dur
et sur un même terroir des populations jusque-là dispersées en hameaux précaires et temporaires.
L’ordre seigneurial s’appuie sur cet « encellulement » des hommes, concept d’historien qui désigne le
regroupement plus ou moins imposé de populations par un dominus ( le seigneur) qui veut et peut
ainsi mieux les contrôler, notamment au moyen de châteaux fortifiés.
Le débat historiographique sur l’émergence soudaine ou progressive de la seigneurie est inutile au
collège. C’est le dominium qui est à comprendre, c’est à dire la relation de dépendance entre un seigneur
et ses villani (les habitants de la villa, devenus les vilains), soit tous les habitants du lieu d’encellulement
réunis dans un sort commun, paysans et artisans. En cinquième, on traduira simplement la notion de
« seigneurie territoriale » que les historiens contemporains ont substituée à la distinction entre seigneurie
foncière et seigneurie banale par la seigneurie que l’on définira simplement comme le territoire et
les hommes sur qui pèsent les pouvoirs d’un seigneur.
Qu’est ce que vivre en seigneur et qu’est-ce que vivre en vilain ?
− Le seigneur, laïc ou religieux, tire de la seigneurie les ressources qui lui permettent de vivre en
seigneur. Il multiplie les prélèvements sur ses vilains et leur production : champarts, cens, corvées, droits
d’usages, amendes… Pour cela, il lui faut disposer d’une organisation seigneuriale qui rende possible les
actes seigneuriaux : commander, juger, prélever, stocker, vendre, distribuer, investir.
− Il doit et peut alors vivre en seigneur, c’est à dire remplir les obligations que les liens féodaux
induisent envers d’autres seigneurs et légitimer sa position sociale par un mode de vie extraordinaire au
sens premier du mot. Le port et la pratique des armes, l’incarnation des valeurs chevaleresques,
l’ostentation dans le luxe et dans la redistribution des richesses, le sentiment de supériorité et le mépris
pour la masse des vilains sont les attributs de la vie noble.
− Au-delà de multiples statuts juridiques (serfs ou libres ; métayers, fermiers ou alleutiers), les
conditions réelles des paysans se rapprochent : aux XII è et XIII è siècles, presque tous sont soumis à des
degrés divers au dominium
− Vivre en vilain, c’est alors vivre dans la dépendance du seigneur, avec son cortège d’humiliations
(taxations personnelles sur les serfs, cens imposé aux alleutiers…) et d’arbitraire. Selon l’intérêt que
chacun y trouve, selon le rapport de force local, selon le degré d’injustice ou de violence de tel ou tel
seigneur, cette relation est faite d’acceptation contractuelle et de résistance.
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Ressources pour faire la classe au collège

− Mais c’est aussi vivre la vie collective du village : conscience communautaire renforcée par la
naissance de la paroisse et de son église, rites et les fêtes communes, une organisation collective autour
d’une assemblée villageoise.
Qu’est ce qu’un château-fort ?
Le « château-fort » concrétise la domination seigneuriale et répond à quatre fonctions dont l’examen
permet d’aborder tous les principaux aspects du thème :
− la fonction d’organisation et de gestion de la seigneurie (le château n’est pas que mâchicoulis et
créneaux, il comprend la « basse-cour », généralement disparue, des bâtiments d’exploitation de la
seigneurie…)
− la fonction politique et sociale de pivot de l’encellulement et du contrôle des hommes ;
− la fonction symbolique de la domination inscrite dans le paysage, notamment par l’élévation, et
lieu de la vie noble du sire châtelain et de ses milites (les chevaliers) ;
− la fonction militaire, de protection, réévaluée par certains chercheurs et pour certaines régions.
La seigneurie, à l’origine de la fortune de l’Occident ?
La concentration de richesses dans les mains des seigneurs induit une dynamique économique et sociale.
Des efforts et des investissements sont consentis dans le développement des sources de richesse
(défrichements et mise en culture de tout l’espace possible…). La création d’un marché de
consommateurs de biens rares et chers (armes, luxe, édifices) donne l’occasion de la renaissance du
grand commerce et du développement urbain. Enfin, ce système économique (capture d’une partie du
revenu paysan), social (identification d’un groupe à la fonction militaire) et symbolique (valeurs
militaires de la chevalerie) confère aux milites de l’Occident la puissance militaire de la cavalerie lourde
des chevaliers.
SUPPORTS D’ÉTUDE
À partir de l’historiographie (monographies notamment) on partira autant que possible de l’étude d’une
seigneurie particulière pour rendre concrète pour les élèves l’approche des éléments du système
seigneurial : dépendance, prélèvements, violence des rapports sociaux. Sur ces sujets, les textes
médiévaux, notamment juridiques, sont difficilement accessibles aux élèves et sont à réécrire dans une
langue simple. Le mode de vie seigneurial est relativement accessible au travers de textes littéraires ou
d’images. Celui des vilains relève plus d’un récit que le professeur fondera sur l’historiographie.
On pourra s’appuyer aussi sur des exemples précis de situations des relations sociales et faisant l’objet
de récits oraux ou écrits du professeur. Si ces exemples sont rendus concrets par le professeur, on peut
concevoir des travaux d’élèves qui permettent de construire une représentation de la relation de
dépendance et de l’ordre seigneurial, par exemple sous la forme de récits « la vie dans la seigneurie de
n », « la journée du seigneur de n », « la vie au village de n » mettant en scène les protagonistes (le
seigneur, ses agents, des paysans, des artisans, le prêtre de la paroisse…) et leurs relations au travers de
quelques uns de leurs actes concrets.
L’étude de vues aériennes de villages serrés autour d’un château peut servir à fixer l’idée du village
seigneurial et du processus d’encellulement. Les vues contemporaines de châteaux-forts devront être
complétées par une évocation de leur aspect réel au Moyen Age.
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PIÈGES À ÉVITER
− Entrer dans le détail des types de seigneuries.
− Vouloir tout dire, aborder la question des obligations réciproques sous forme de listes à prétention
exhaustive plutôt que sous forme d’exemples significatifs de la relation de domination. Se perdre dans
les catégories inutiles pour la compréhension de l’ordre seigneurial (distinction entre redevances en
argent et en nature, entre réserve seigneuriale et tenures…) au profit de sa signification sociale : la
dépendance.
− Perdre l’élève dans la différenciation régionale ou dans celle de statuts.
− Ne voir dans la seigneurie qu’une entreprise fondée sur un rapport de force, la violence et la
brutalité des rapports sociaux, ce qu’elle est bien sûr, mais qui ne définissent pas seules les relations
sociales dont les équilibres successifs et perpétuellement recomposés reposent aussi sur des obligations
réciproques.
− Limiter l’approche à l’opposition binaire entre seigneurs et vilains, sans laisser entrevoir les
différenciations sociales multiples qui sont induites par le système même (sire, chevaliers, agents
seigneuriaux capables de s’élever, maiores et minores parmi les vilains)…
HISTOIRE DES ARTS
− Les images des « travaux paysans » sont surtout celles du calendrier agricole, topos iconographique
de l’Antiquité décliné en cosmologie christologique par les théologiens médiévaux. Il ne s’agit donc pas
de « documents » sur la vie des paysans. Il ne faut pas se les interdire, mais pour des utilisations
particulières, visant moins « l’identification d’informations » sur les paysans (qui ne pourrait guère
concerner que l’outillage) que :
− l’illustration aidant à fixer la mémoire par des images auxquelles le professeur accroche des faits et
des idées, puisées à d’autres sources ;
− une approche d’histoire des arts (identification des types d’œuvres, de représentations, ou de
vocabulaire –manuscrits, enluminures, portails, vitraux, fresques, mosaïques, livres d’heures–).
POUR ALLER PLUS LOIN
• Baschet Jérôme, La civilisation féodale, Aubier, 2004.
Clair ouvrage de synthèse sur l’Occident médiéval, pourvu de très utiles commentaires
d’œuvres d’art.
• Feller Laurent, Paysans et seigneurs au Moyen-âge, Aramand Colin, 2007.
État des lieux des connaissances actuelles, avec des exemples précis très utiles, développés
en quelques lignes, et une très riche bibliographie (monographies notamment).
• Morsel Joseph, L’aristocratie médiévale, Armand Colin, 2004.
Synthèse claire. Exemples précis et d’utiles extraits de documents insérés dans le texte de
l’auteur.
• Charon Pascale et Guillouët Jean-Marie (sous la direction de), Dictionnaire d’histoire de
l’art du Moyen-âge occidental, Robert Laffont, 2009
Riche recueil d’articles précis (thèmes, lieux, œuvres, édifices, acteurs) donnant la culture
qui fonde seule l’utilisation pertinente de la plupart des documents sur l’ensemble de
l’Occident médiéval
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éducation civique eduscol
eHistoire 5
e e
II - L’Occident féodal, XI - XV siècle
Rappel : les quatre thèmes de la deuxième partie du programme
occupent environ 40% du temps annuel consacré à l’histoire
Thème 2 - Féodaux, souverains, premiers États
PROBLÉMATIQUES
La distance prise par les historiens contemporains avec l’élaboration tardive de la représentation du
e« système féodo-vassalique » par les feudistes du XVIII siècle, par les révolutionnaires contempteurs
des « droits féodaux » et par les historiens républicains n’est pas accessible en cinquième. On se
résoudra en cinquième à une approche simplifiée, centrée sur la France.
eA partir du X siècle, les liens d’homme à d’homme (bénéfices, honores et serment), dont les
Carolingiens avaient fait un principe de gouvernement pour encadrer l’aristocratie dans un filet de
fidélité, échappent au pouvoir royal déliquescent et structurent l’organisation de l’aristocratie par des
réseaux de clientèle et de vassalité à la fois hiérarchiques et croisés.
Qu’est ce que l’organisation féodale ?
Un ou des exemples de l’échange entre fief et hommage, protection et auxilium (l’aide féodale du vassal
à son suzerain) sont une entrée commode pour faire comprendre qu’il s’agit d’abord d’une répartition du
pouvoir sur les hommes au sein d’une aristocratie dont les membres sont inégalement puissants. La
reconnaissance du pouvoir d’un vassal sur des hommes dominés par un château, même si le fief est loin
d’avoir toujours une assise foncière, peut faire comprendre ce processus qui est moins un contrat qu’un
acte de partage de pouvoir et de concordia destiné à assurer la paix entre seigneurs (dans le contexte de
la féodalité, le mot a un sens différent de celui qu’il prend au sein de la seigneurie).
L’Église joue un rôle fondamental dans cette organisation féodale. Son pouvoir idéologique est
immense. Elle définit les normes chrétiennes d’exercice du pouvoir qui légitiment l’aristocratie (les trois
ordres…) et qui s’efforcent de la contrôler (règles du mariage, paix et trêves de Dieu…).
e e eC’est à partir du XII siècle (et surtout au XIII et au XIV ) que le juridisme des professionnels du droit et
les efforts progressifs de reconstruction du pouvoir royal figent les « liens féodaux-vassaliques » dans un
système mythifié. Les réseaux féodaux y sont instrumentalisés pour enserrer l’aristocratie dans un ordre
hiérarchique de vassaux et de suzerains. C’est au service de la construction de l’Etat qu’ils sont alors
pensés comme une pyramide qui place le roi à son sommet, le suzerain des suzerains.
Comment l’État émerge-t-il en France ?
− Par l’assise et le maintien d’une tradition royale, héritée des « premières races », toujours
symboliquement reconnue, nourrie par la continuité dynastique exceptionnelle des Capétiens et par la
construction délibérée du caractère sacré de la monarchie (le sacre, l’emblème marial du lys, la sainteté
de Louis IX…) ;
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Ressources pour faire la classe au collège

− Par les moyens financiers et militaires fournis par développement économique du domaine royal de
l’Ile de France et de l’Orléanais ;
− Par la progressive construction des instruments de l’État moderne : les hommes de l’université (qui
procurent les instruments intellectuels –le droit– et humains –les légistes, ex. de Guillaume de Nogaret–
) ; l’utilisation du droit féodal contre les princes indociles ou rivaux (Flandres, Plantagenêts) ; la création
progressive des agents (sénéchaux, baillis et prévôts) et des organes de l’État autour du roi.
e eCela se traduit dans l’espace par le regroupement territorial du domaine royal aux XII et surtout XIII
siècles. Au terme du grand affrontement de la guerre de Cent Ans, la fidélité dynastique à la couronne de
plus en plus largement partagée prépare l’émergence ultérieure d’un sentiment national original parce
que né, en France, de la construction de l’État.
e Quelle carte des monarchies en Europe à la fin du XV siècle ?
Cette carte peut-être organisée par la problématique de l’inégal avancement de la formation des États,
qui permet de délimiter trois espaces. C’est en Occident que les États proto modernes sont déjà présents
(France, Angleterre, Espagne). En Europe centrale et orientale, de vastes territoires parfois instables sont
réunis dans les mains de souverains au hasard des mariages et des successions (ex de la Pologne et de la
Hongrie). Entre les deux, le rêve du vieil empire romain germanique laisse place à la dispersion politique
en petit ensembles italiens et germaniques dont émergent les domaines dynastiques des Habsbourg.
SUPPORTS D’ÉTUDE
L’étude de l’organisation féodale peut se faire à partir de l’exemple concret d’un fief, de son détenteur et
de son réseau à la fois familial et social. C’est au travers d’exemples de relations entre les seigneurs et
entre les parentèles que le système peut se comprendre en cinquième.
L’émergence de l’État et la construction territoriale du royaume peut être rendue concrète par l’étude de
l’action d’un grand personnage constructeur du pouvoir royal, et des grands événements qui en sont
significatifs :
− Philippe-Auguste ; la lutte contre les Plantagenets ; la bataille de Bouvines (1214) ;
− Blanche de Castille et la création des sénéchaussées de Beaucaire et de Carcassonne à la suite des
croisades albigeoises (1226) ;
− Philippe IV, ses conseillers dont Guillaume de Nogaret, l’arrestation et le procès des templiers,
première grande opération policière et judiciaire d’État ;
− Charles VII et Jeanne d’Arc, le sacre de Reims ;
− Louis XI et sa lutte contre l’ensemble bourguignon.
eL’étude de la carte de l’Europe au XV siècle n’a guère de chance d’être autre chose qu’une mosaïque
de tâches de couleur pour les élèves si son étude n’est pas associée à la mention de quelques
événements, récits ou personnages assez hauts en couleur pour frapper l’imagination et être
mémorisables : Isabelle et Ferdinand au siège de Grenade pour l’Espagne, la guerre des Deux Roses
pour l’Angleterre, la défaite des chevaliers Teutoniques pour la Pologne, la menace de l’invasion
ottomane pour la Hongrie…
PIÈGES À ÉVITER
− Décrire un monde féodal figé dans son juridisme et dans l’image d’une « pyramide féodale », plutôt
que comme une société aristocratique organisée en réseau de clientèle.
− Passer du temps à l’étude de la chevalerie et des chevaliers qui, dans sa dimension symbolique, ne
fait pas partie de l’étude. Les milites ont d’abord été le groupe de serviteurs armés des aristocrates,
hommes de main et gardiens des châteaux qui enserrent les hommes des seigneuries, avant de voir leur
mode de vie guerrier et leurs valeurs à la fois christianisés par l’idéologie de l’Église et adoptés par
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l’ensemble des aristocrates qui trouvent dans le service armé qui leur est désormais réservé la
légitimation de leur position sociale.
− Faire du « chevalier » un modèle héroïque pour les enfants, ce qui revient à faire fonctionner pour
eux l’idéologie seigneuriale des temps médiévaux.
HISTOIRE DES ARTS
Comme pour le chapitre précédent, les œuvres d’art qui mettent en scène les seigneurs sont moins des
documents sur l’aristocratie que sur les discours qui les légitiment. Des extraits de chansons de gestes
peuvent à la fois fournir une approche de l’œuvre littéraire et des moments vivants servant à la
mémorisation.
POUR ALLER PLUS LOIN
è è• Barthelemy Dominique, L’ordre seigneurial, XI -XII siècle, Nouvelle histoire de la France
médiévale, Points histoire, Le Seuil, 1990
Également utilisable pour le chapitre précédent.
• Flory Jean, Philippe-Auguste, Tallandier, 2007 et Le Clech Sylvie, Philippe le Bel,
Tallandier 2007
Deux biographies dans lesquels le professeur peut choisir des exemples vivants,
significatifs de la construction de l’État et de la formation territoriale du royaume de
France.
• Genet Jean-Philippe, Le monde au Moyen Âge, Hachette, 1991
Histoire générale du Moyen Âge, dans une approche événementielle qui fonde une
réflexion sur la construction de l’État.
e e• Morsel Joseph, L’aristocratie médiévale, V – XV siècle, Armand Colin, 2004
Approche fine, nuancée et donc complexe de la question, qui s’efforce, au détour de
multiples réflexions épistémologiques, de la libérer des conceptions convenues et datées.
Nombreux exemples utilisables pour des récits.
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Rappel : les quatre thèmes de la deuxième partie du programme
occupent environ 40% du temps annuel consacré à l’histoire
Thème 3 - La place de l’Église
PROBLÉMATIQUES
Le programme invite à étudier l’Église dans ses trois dimensions (la communauté des fidèles et sa
religiosité, l’institution hiérarchisée et son rôle social et politique, les édifices du culte dont les œuvres
d’art), en abordant trois problématiques :
1. Celle du sentiment religieux qui est observable au travers de pratiques, à l’intersection de
l’organisation de la vie religieuse par les clercs et de l’expression populaire de la foi. C’est à partir d’un
exemple qui peut être trouvé dans les pèlerinages, le culte des reliques et des saints, les fêtes religieuses
ou des cérémonies liturgiques… ;
e2. Celle du grand et tenace effort accompli par l’Église, notamment à partir du X siècle pour
spiritualiser le monde matériel et, par conséquent, guider voire contraindre les consciences dans la
voie du dogme. Parmi les grands faits religieux qui sont mis au service de cet effort, on pourra retenir au
choix l’un ou l’autre des points suivants : la définition et l’obligation des sacrements, le contrôle du
mariage, le maillage territorial par l’organisation séculière ou régulière (grands ordres monastiques), la
lutte contre l’hérésie et l’inquisition…
3. Celle du rôle économique, social et intellectuel de l’institution. Sa puissance foncière (entre un
quart et un tiers des terres), son insertion dans le système seigneurial (exemples de seigneuries
ecclésiastiques, notamment celles des grands ordres comme Cluny) et sa richesse en font la cible des
usurpations des laïcs contre lesquelles luttent les « paix de Dieu » et la réforme grégorienne qui s’efforce
de séparer les clercs des laïcs et des logiques lignagères du siècle (interdiction de la simonie et du
mariage des clercs).
Dans ce rôle social complexe et riche, on pourra choisir entre :
− le domaine de l’instruction et de la conservation du savoir, autour des écoles cathédrales ou des
bibliothèques monastiques ;
− l’exemple de l’ascension de quelques individus issus du peuple, notamment des femmes –
Hildegarde de Bingen, Claire d’Assise, Catherine de Sienne– ;
− le rôle social et idéologique des œuvres de charité (hospices) ;
− le rôle intellectuel d’une université et d’un clerc savant (Abélard, Thomas d’Aquin, Guillaume
d’Occam…).
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