Santé, adolescence et familles : Rapport préparatoire à la conférence de la famille 2004

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Dans le cadre de la préparation à la Conférence de la famille 2004, le groupe de travail présidé par Marcel Rufo s'est penché sur l'état de santé des adolescents et les principaux problèmes de santé rencontrés à l'adolescence (comportement alimentaire, obésité, suicide, consommation de tabac, alcool, drogue ou psychotrope, sexualité...). Le groupe de travail a formulé les sept propositions suivantes qui visent notamment à renforcer la prévention : mieux informer et former les différents acteurs dans le domaine de la santé des adolescents, rendre les adolescents acteurs de leur santé, étendre sur toute la période de l'enfance les actions de prévention, instaurer à des âges clés du développement des adolescents des actions de prévention, prévenir les ruptures dans l'accès aux soins des adolescents, favoriser la diversité des structures et des lieux d'accueil pour adolescents et créer des maisons pour les adolescents.

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Publié le 01 mars 2004
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Langue Français
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ille
Rapport préparatoire à la Conférence de la famille 2004
Santé, adolescence et familles
Président
Rapporteu r
Secrétariat
Marcel RUFO Professeur d’Université - Praticien Hospitalier, Pédopsychiatre
Henri JOYEUX Président de Familles de France
Délégation interministérielle à la famille
Ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes Handicapées - Ministère délégué à la Famille
Santé, Adolescence et Familles
1
SOMMAIRE
Lettre de mission 6 Avant-propos du professeur Marcel RUFO, Président 9 Préambule du professeur Henri JOYEUX, Rapporteur 11
A. Etat des lieux:Comment vont les adolescents aujourd’hui ?
1. Des pistes pour la réflexion sur la santé des adolescents
1.1 La santé n’est pas uniquement l’affaire des médecins 1.2 « L’adolescence, c’est passer de la dépendance infantile à une position plus autonome » 1.3 L’adolescence, un temps abordé de façon positive 1.4 La « crise » de l’adolescence, moment du développement 1.5 Une crise qui a lieu dans une société aux exigences particulières 1.6 Une société  que les adolescents inquiètent  où les adultes doivent trouver leur position éducative  soutenir les capacités des adolescents à penseroù les adultes doivent  où la médicalisation constitue une tentation
2. Des données contrastées
2.1 Combien sont-ils ? 2.2 Une bonne santé affirmée 2.3 La mortalité chez les adolescents 2.4 Les interruptions volontaires de grossesse et les grossesses précoces 2.5 L’entrée dans la sexualité 2.6 Les adolescents issus de l’immigration 2.7 Le surpoids et l’obésité à l’adolescence
 
   14
 14
 14  15  16  16  17
 18
 18  18  18  19  19  20  20
2.8 Deux aspects du mode de vie des adolescents à relier à la montée des problèmes de surpoids 21
2
 l’activité physique  ce que mangent les adolescents 2.9 Les troubles du comportement alimentaire 2.10 Les consommations de tabac, alcool et cannabis et les comparaisons européennes 2.11 Les consommations de médicaments psychotropes 2.12 Le handicap à l’adolescence 2.13 Les troubles mentaux chez les adolescents 2.14 Des situations sanitaires particulières 2.15 Une indéniable fragilité des jeunes de 12 à 25 ans 2.16 L’évolution des familles 2.17 La santé au sein de la famille 2.18 Le rôle des familles 2.19 Une importante demande des familles
3. En guise de conclusion
1.
B. Examen des propositions
L’adolescence, âge de la vie à part entière
Proposition
 22  22  24  24
 26  27  28  29
 30  30  31
     32
     35
Favoriser l’accès des partenaires de la santé des adolescents (parents, professionnels) à l’information sur les moyens de préserver les potentialités et le bien-être des adolescents, former les acteurs de terrain aux spécificités de l’adolescence.
2. Des risques maîtrisés par des adolescents acteurs de leur santé
Proposition
 46
Promouvoir les services de téléphonie à destination des adolescents ainsi que l’information et les actions collectives de prévention, notamment en milieu scolaire.
3
3.
L’enfant, adolescent de demain
Proposition
     60
Pour accompagner son développement, prolonger les actions de prévention en faveur de l’enfant au-delà de 6 ans. Rendre notamment possible, pour les départements qui le souhaiteraient, la poursuite des actions de PMI jusqu’à l’âge de 12 ans.
4. L’entretien « santé », élément de prévention des conduites à risque
Proposition
     70
Instaurer à des âges clés du développement des adolescents des examens de prévention avec entretiens personnalisés.
5. L’adolescence, période de transition
Proposition  Améliorer la continuité des soins aux âges de l’adolescence
6. Entre le souci et le soin : la crise
Proposition
     76
     87
Favoriser la diversité des structures et des lieux d’accueil pour adolescents, faire jouer les complémentarités, innover en partenariat avec les collectivités locales pour mieux répondre aux besoins identifiés.
7. Des « maisons » pour les adolescents
Proposition
     95
Lieux d’accueil et de soins pour adolescents (et adultes jeunes) s’adressant également à leurs familles.
4
Synthèse du r
C. 
apport
Synthèse du ra
Rappel des propositions
pport , résumé des propositions
 105
 107
5
6
7
8
AVANT-PROPOS DU PRESIDENT
Les adolescents sont en bonne santé physique. L’adolescence est l’âge de la vie où les hommes et les femmes sont le moins malades. Cette période est celle d’une triple transformation : organique, psychique et sociale. Et toutes ces transformations fragilisent.
Regardons l’adolescent dans la salle de bains. Il y reste des heures. Pas nécessairement pour se laver ! Pour s’observer. Parce qu’il lui faut devenir propriétaire de soi, devenir propriétaire de ses changements. A l’adolescence, il faut se plaire. « Quelle est mon allure ? ma taille ? mon apparence physique ? » C’est ce qui explique les conformismes vestimentaires durant cette période. Quand on se plaît, on va plaire.
La fragilité de l’adolescence existe. Les adultes doivent faire attention aux mots qui peuvent faire office de sévices psychiques. Un adolescent, c’est un sacré pari sur l’avenir. Mais il peut se saborder, se mettre en échec. C’est pour cela qu’il faut positiver l’adolescence et parler d’avenir, tout en sachant que c’est le moment où tout est vécu au présent, dans l’immédiat, où l’on vit dans lehic et nunc. Cet accompagnement n’a rien de facile plus on s’approche de : l’adolescent, plus il s’éloigne. Pour les parents, comme le dit Winnicott, il faut survivre. L’adulte, ni trop près, ni trop loin, doit dire sa position (« ne fais pas l’idiot ») et tenir un discours d’avenir qui soit aussi un discours d’amour (« protège-toi »).
Les parents d’aujourd’hui sont plus attentifs à leurs enfants, plus informés. Ils ont fait des progrès par rapport aux parents d’autrefois. Ils accompagnent bien mieux le développement du bébé. Mais cette attention, cette écoute, cette compréhension entrent en contradiction avec les besoins des adolescents qui attendent des moments de débat, une radicalité de la position d’adulte, des positions claires de parents.
Qu’est-ce qu’un adulte par rapport à un adolescent ? C’est quelqu’un qui dit ce qu’il pense, qui supporte l’opposition, qui donne sa position dans les mises à l’épreuve de la parentalité. Il n’y a pas d’avenir sans discussion. Plus un adolescent est difficile, plus il demande soutien et preuve d’amour. Les enfants adoptés nous le montrent bien qui à l’adolescence testent tout particulièrement l’affection de leurs parents. Mais en réponse à cette demande la parole ne suffit pas. Il faut des actions. Il faut savoir par exemple aller le chercher à trois heures du matin pour le ramener à la maison. Il faut, à la provocation, répondre par la présence affective.
Les grands-parents quant à eux ont une double mission : être les représentants de l’arbre de la vie de la famille et pouvoir évoquer avec tendresse les difficultés que posaient les parents quand ils étaient enfants. Parce que, sur leur passé, les parents ont une obligation de discrétion. Certains secrets nous ont construits, nous adultes, mais il ne faut pas jouer à l’ancien combattant de l’adolescence, il ne faut pas tout divulguer. Certaines confidences peuvent être pathogènes. C’est l’adolescent qui transgresse, pas les parents ! Le passé adolescent des parents ne doit pas entrer en concurrence avec l’actualité adolescente de leurs enfants.
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