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Transport routier de marchandises. Mission parlementaire.

De
152 pages

Hillmeyer (F). Paris. http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0047696

Ajouté le : 01 janvier 2004
Lecture(s) : 28
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PROLOGUE
Il y a plusieurs fa ons d aborder la rØalitØ du transport routier, mais il y a un
constat incontournable que les transporteurs avaient eux-mŒme transformØ en
slogan « si vous l avez, c est qu un camion vous l a apportØ ». C Øtait marquØ
l arriŁre des vØhicules qui sillonnaient la France, le signe mŒme de l importance
extrŒme qu avait pris, dØj l Øpoque, l e transport routier de marchandises. Et
il traduisait fort bien une rØalitØ qui n a cessØ, depuis, de s affirmer encore : 78
% des marchandises qui « voyagent » dans ce pays sont charriØes par une
immense flotte de camions. Ils empruntent nos artŁres, grandes ou petites,
comme la sŁve dans un arbre, apportant partout oø c?est nØcessaire, l Ønergie
indispensable
Et puis, l image peut s inverser: routes encombrØes par des thØories de
camions, artŁres surchargØes, fr lant l apoplexie, impressionnants voisinages de
petites autos et des monstres du bitume. Bruit, fumØes, gaz Et deux mondes
sur la mŒme chaussØe et qui ne se connaissent pas, ne se croisent pas
vraiment, et se dØdaignent : l automobiliste derriŁre son volant, le chauffeur
derriŁre le sien. Le premier voit « tarzan » d abord et a du mal reconna tre
dans sa cabine haut perchØe, le professionnel de la route, comprendre que,
justement, c est lui qui lui apporte son gigot surgelØ, son lait, l essence dont il
nourrit sa voiture, la farine de son croissant ou sa nouvelle tØlØ
RivØ son horaire, ? ses contraintes de dØchargement, au contr le de sa
vitesse, attentif au rØgime de son moteur, contr lØ en permanence par son
disque qui tourne dans son bo tier, voire par satellite, puisque l usage du GPS se
gØnØralise peu peu, le conducteur-routier, 400 ou 500 chevaux sous son
champignon, fait son travail, un boulot pØnible, difficile, que chaque jour, les
automobilistes lui rendent plus compliquØ encore .
Le chauffeur routier devient lui aussi, l occasion, automobiliste.
L automobiliste, lui, a rarement l occasion de grimper dans une cabine de
routier et de partager sa vie de travail et ses contraintes.
Mais ce que voit l automobiliste, qu il emprunte une autoroute, une « nationale » ou
une « dØpartementale », c est d abord qu il y a de plus en plus de camions, et ensuite,
qu il y a de plus en plus de camions Øtrangers. Aux belges, aux hollandais, aux
allemands, aux italiens, se sont ajoutØs les camions espagnols, portugais, hongrois,
lettons, slovaques, roumains, bulgares, anglais
/
1Et il se demande de temps autres, si l Europe ne serait pas devenue avant
tout, et d abord, l Europe des camions
Et que voient les riverains des grandes voies de circulation comme des routes
secondaires ? Un dØferlement sans cesse croissant de camions, des caravanes
qui traversent notre pays de part en part, engorgeant, saturant notre rØseau
routier pour Øviter les pØages.
Le « Routier sympa » de Max MEYNIER est dØj une vieille image. Et pourtant, le
routier est sympa. C?est sa duplication l infini et dans toutes les longueurs qui
inquiŁte. C?est le bruit de la machine, c est ses dØpassements qui durent si
longtemps, c est le gaz d Øchappement , c est sa masse quand elle devient
bolide, ou bien sa perception .
DerriŁre tout cela, il y a des hommes. Ceux qui sont au volant, ceux qui sont
dans les bureaux, ceux qui dirigent : 460.000 personnes vivent de la route en
France, dans 42.000 entreprises dont les activitØs regroupent le transport routier
de marchandises (TRM de proximitØ, interurbain, dØmØnagement, location de
vØhicules avec conducteur) et l organisation du transport de fret, 80 % de ces
entreprises de transport ont moins de 6 salariØs.
ŁmeAujourd hui, et pour la 3 annØe consØcutive, le secteur fran ais des
transports routiers de marchandises est en crise, les entreprises affichent des
rØsultats dØcevants et, l international, les activitØs sous pavillon fran ais sont
en chute libre.
A l?initiative du Ministre Gilles de ROBIEN, le Premier Ministre, M. RAFFARIN, m a
demandØ de conduire une mission d Øtude sur l Øtat des transports routiers
fran ais, en particulier au moment oø 10 nouveaux pays vont intØgrer
l ensemble europØen. Avec, certainement, des consØquences. En particulier
sur les entreprises de transport fran aises de marchandises.
Je veux ici, remercier M. le Premier Ministre et M. de ROBIEN, de leur confiance
et dire toutes les personnalitØs qui ont bien voulu rØpondre mes questions et
m accueillir, parfois au sein de leurs entreprises, ma profonde gratitude ainsi
que toutes les personnes qui m ont assistØ dans cette t che et en particulier
Mme Nicole LHOMME du MinistŁre du Transport. En espØrant que ce travail
entrepris dØbut septembre, pourra avoir des prolongements bØnØfiques pour la
profession et pour notre pays: ils jouent un r?le tout fait essentiel et
aujourd hui, irrempla able.
Francis HILLMEYER
2« Le transport routier n a pas besoin d une politique d assistance, mais d une
politique de confiance qui vienne soutenir et relayer ses initiatives. Il a aussi
besoin d une politique qui s engage en sa faveur et en faveur de ses
entreprises, car ce sont elles qui assurent le dØveloppement durable du
secteur » » nous avons besoin d une politique ambitieuse pour les transports,
c est essentiel pour l Øconomie de nos rØgions et donc pour la richesse
d emplois que vous reprØsentez, mais aussi pour le rayonnement et la capacitØ
de notre pays garder un r le moteur au sein de l Europe ».
« Pour se dØvelopper, les entreprises ont besoin d avoir des perspectives ouvertes
vers l avenir et de rØduire les facteurs d incertitude. Actuellement,
l Ølargissement de l Union europØenne inquiŁte les entreprises de transport
routier, et c est comprØhensible, car cette Øtape historique est sans prØcØdent. »
« Ma mission de ministre en charge des transports est de vous aider aborder
cette Øtape dans les meilleures conditions possibles. Je vais donc confier dans
les prochains jours un parlementaire une mission pour analyser la situation
Øconomique et sociale du transport routier de marchandises et les
consØquences de l Ølargissement afin de me proposer un programme de
travail conduire avec votre profession jusqu en mai 2004 et au-del ».
«La perspective de l Ølargissement renforce l impØratif d une meilleure
harmonisation au sein de l Europe, car il n est pas acceptable que, selon les
pays de l Union, les entreprises soient confrontØes des pratiques diffØrentes
qui crØent des distorsions de concurrence insupportables pour un secteur dØj
soumis de multiples pressions ».
Extrait du discours de M. Gilles de ROBIEN
Ministre de l Equipement, du Transport, du Logement, du Tourisme et de la Mer
PrononcØ le 23 juin 2003 lors de sa visite de lentreprise « Transports JACOT ».
3
?« Le principal atout compØtitif du transport routier est sa capacitØ transporter
des marchandises partout dans l Union europØenne, mais Øgalement sur
l ensemble du continent avec une flexibilitØ inØgalØe et moindre prix. Mais le
dØveloppement de cette capacitØ s est rØalisØ dans un contexte trŁs
paradoxal. Les entreprises du secteur se livrent une concurrence acharnØe.
Celle-ci a atteint un degrØ tel que certaines entreprises de transport, pour
survivre dans un environnement extrŒmement concurrentiel, compte-tenu de la
hausse des charges d exploitation (prix des carburants, nouveaux
Øquipements) doivent se rØsoudre contourner les rŁgles en matiŁre de temps
de travail, d autorisation de circuler et de principes ØlØmentaires de sØcuritØ
routiŁre. Ces entorses la lØgislation deviennent trop frØquentes. La
concurrence travers les prix risque encore de s?exacerber avec
l Ølargissement, les charges d exploitation en vigueur Øtant moins ØlevØes dans
les pays candidats ».
? «les parts de marchØ que la route a gagnØes, ne peuvent masquer la
grande prØcaritØ financiŁre dans laquelle se trouve aujourd hui nombre
d entreprises de transport, en particulier les plus petites. Ces derniŁres ont de
plus en plus de difficultØs maintenir une rentabilitØ souvent artificielle du fait
des pressions sur les prix exercØs par les chargeurs et l industrie, en particulier en
cas de choc conjoncturel, comme l augmentation du prix du gazole. »
? « malgrØ ces constations, aucun vØritable plan de restructuration du secteur
n a ØtØ entrepris ce jour en Europe. La crainte de mouvements sociaux et
d une paralysie des principaux axes de transit n y est certainement pas
ØtrangŁre ».
Extrait du Livre Blanc de la Commission europØenne
sur la politique europØenne des transports ? l horizon 2010 : l heure des choix .
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