LES TRAVAUX DE GROUPES ET LE BRUIT

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CLASSE DE SECONDE, Secondaire - Lycée, 2nde
  • exposé
  • cours - matière potentielle : généraux
  • leçon - matière potentielle : citoyenneté devant la classe sur le respect
  • exposé - matière potentielle : classe
  • leçon - matière potentielle : élocution
  • exposé
- 1 - 1 I.U.F.M. MAURY Fanny Académie de Montpellier Site de Montpellier LES TRAVAUX DE GROUPES ET LE BRUIT COMMENT FAIRE TRAVAILLER EN GROUPES UNE CLASSE DE SECONDE PARTICULIEREMENT AGITEE ? Discipline : Lettres Modernes Classe : Seconde option E.S Etablissement : Lycée Jean- Moulin, Béziers Tuteur : Jacqueline Petit Assesseur : Nicole Dejean Année Universitaire : 2001- 2002
  • planification soignée des objectifs de l'activité
  • objectifs du travail de groupe ………………………………………………………
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  • travaux de groupe
  • travail avec le groupe
  • travail avec les groupes
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I.U.F.M. MAURY Fanny
Académie de Montpellier
Site de Montpellier









LES TRAVAUX DE GROUPES ET LE BRUIT

COMMENT FAIRE TRAVAILLER EN GROUPES UNE CLASSE
DE SECONDE PARTICULIEREMENT AGITEE ?











Discipline : Lettres Modernes
Classe : Seconde option E.S
Etablissement : Lycée Jean- Moulin, Béziers



Tuteur : Jacqueline Petit
Assesseur : Nicole Dejean




Année Universitaire : 2001- 2002


- 1 - 1

Résumé :

Les travaux de groupes sont des pratiques destinées à favoriser l’enseignement
en privilégiant la communication entre élèves. J’ai une classe particulièrement
agitée et je dois rester vigilante lors de ces activités pour éviter tout
débordement. J’ai analysé ma manière de conduire les travaux de groupes avec
le niveau sonore de la classe pour essayer de trouver des solutions répondant au
problème du bruit.

Las actividades con grupos son practicas que favorecen la ensenanza
privilegiando el intercambio oral entre los alumnos.
Enseno en una clase llamada « dificil » y tengo que permanecer atenta para
evitar cualquier desbordamiento durante estas actividades. He analizado mi
manera de dirigir el trabajo con grupos y el nivel acustico de la aula para
encontrar estrategias que responden de modo eficaz al problema del ruido.











Mots clé : - bruit
- communication
- discipline
- groupe




- 2 - 2 SOMMAIRE :

INTRODUCTION ……………………………………………………………………………………………………….4

Première partie : Identification du problème- Observation ……………………………………………..5
1- Difficultés rencontrées ……………………………………………………………………………...5
1.1- Donner valeur aux travaux de groupes
1.2- Socialiser et responsabiliser les élèves
1.3- M’ adapter aux élèves
2- Présentation de la classe ……………………………………………………………………………6
2.1- Un groupe hétérogène
2.2- Le groupe perturbateur
2.3- Elèves en difficulté scolaire
3- Hypothèses sur les facteurs ……………………………………………………………………...…8
3.1- Mon statut de professeur
3.2- Manque d’organisation préparatoire
3.3- Le bruit inhérent à la classe
Deuxième partie : Réflexion autour de la problématique………………………………………………...10
1- Justification et objectifs du travail de groupe ……………………………………………………….10
1.1- Un travail de métacognition pour l’élève
a) moyen de socialisation
b)moyen de responsabilisation
1.2- Développer les compétences de communication et d’expression orale
a) pour l’élève
b) pour le professeur
2- Le Bruit, émanation d’une activité ? ……………………………………………………………...12
2.1- Le bruit porteur d’échanges
2.2- Le bruit incontrôlé
3- Le niveau sonore…………………………………………………………………………………….13
3.1- Quand réagir au bruit
3.2- Le bruit comme exutoire
Troisième partie : Pratiques et actions pédagogiques mises en œuvre pour répondre au problème …14
1- Où, quand ? ………………………………………………………………………………………… 14
1.1- Module/ Classe entière
1.2- Quand
- dans la séance
- dans la séquence
2- L’organisation des groupes : Aide pour limiter le niveau sonore …………………………….…16
2.1- Le temps
2.2- La planification par le professeur
2.3- Méthode pour les élèves
3- La mise en activité des élèves ………………………………………………………………………18
4- Que faire de l’élève perturbateur ? ………………………………………………………………..19
5- Mon rôle ………………………………………………………………………………………….….20
- ma place dans la salle - ma fonction
Quatrième partie : Interprétation et évaluation des résultats …………………………………………..20
1- Aspects négatifs ……………………………………………………………………………………...20
1.1- Les mêmes perturbateurs
1.2- Le travail des participants
1.3- Objectifs fixés- Objectifs atteints
1.4- La classe entière
2- Aspects positifs………………………………………………………………………………….…….22
2.1- La discipline
2.2- L’évolution des élèves
3- Concertation avec les autres professeurs…………………………………………………………....22

CONCLUSION ……………………………………………………………………………………………………..….24

- 3 - 3 INTRODUCTION



Lorsque nous évoquons le « bruit de classe », nous l’assimilons généralement
aux notions de discipline et autorité ( venant sans doute de l’angoisse du
professeur d’être chahuté).Cependant, l’enseignement du français a changé : le
professeur ne peut plus se contenter de la leçon d’élocution ou de récitation de
textes appris par cœur. La communication, la conversation, le travail collectif
sont autant de nouvelles pratiques destinées à favoriser cet enseignement. Nous
nous apercevons alors que le silence total en classe ne peut pas être exigé.

Le travail de groupe, qui change l’organisation habituelle de la classe pour
favoriser les échanges entre élèves, impose des limites et une discipline rigide
pour éviter les débordements. Il m’a donc paru intéressant, lors de cette activité,
de prêter l’oreille au bruit sous toutes ses formes (volontaire, involontaire,
causes, effets…).

Professeur stagiaire au lycée Jean- Moulin de Béziers, j’ai en responsabilité une
classe de seconde (option E.S), classe hétérogène, présentant un groupe d’élèves
perturbateurs pas vraiment propice au travail. Au milieu du premier trimestre
s’est tenue une réunion pédagogique où les professeurs de la classe ont instauré
des dispositifs nécessaires comme séparer les élèves perturbateurs dans chaque
cours, utiliser « l’arme » du carnet de correspondance en liaison avec le
professeur principal…
Bref, ce constat de début d’année m’a conduit à réfléchir sur mes méthodes et
stratégies d’enseignement : les premiers travaux de groupe effectués étaient une
occasion pour certains de bavarder, pour d’autres de ne rien faire.

Je partirai tout d’abord de l’observation des difficultés rencontrées et j’émettrai
des hypothèses sur les facteurs. Dans un second temps, je conduirai une
réflexion théorique autour de ma problématique pour justifier et clarifier mes
objectifs sur l’organisation de la classe en groupes. Ensuite, j’analyserai mes
pratiques pédagogiques réalisées pour répondre au problème du bruit dans les
travaux collectifs, pour finalement établir un bilan sur mes pratiques, les
résultats obtenus, et ce qu’il me reste à acquérir…






- 4 - 4 PREMIERE PARTIE : IDENTIFICATION DU PROBLEME -
OBSERVATION

1- Difficultés rencontrées

1.1 Donner valeur aux travaux de groupes

J’ai quatre heures de cours généraux de français qui ont lieu deux fois deux
heures consécutives, ce qui implique diverses activités pour éviter lassitude et
ennui. Après une heure de travail, j’ai quelquefois, en début d’année, fait
travailler mes élèves par groupes de deux. Il ne va pas sans dire que je me suis
heurtée à certains problèmes. Lors de ces petits travaux (un exercice à faire ou
un petit écrit d’invention), le niveau sonore tendait petit à petit à s’élever et
commençaient ici et là des bavardages : j’avais du mal à faire comprendre aux
élèves que le travail à deux était aussi important que le travail individuel.
Il faut dire qu’après une heure d’attention et de travail sur un texte, la deuxième
heure, organisée en travaux de groupes de deux, offre un cadre plus détendu et
de ce fait mes élèves n’accordaient pas ou peu de valeur à cette activité. La
réaction de Karim, élève quelquefois agité, lors du premier travail collectif en
groupes de quatre est significative : « Trop cool, ça c’est chouette ! » a-t- il dit.
J’ai, de ce fait, vite remarqué que lorsque les lycéens sortaient de l’organisation
habituelle de l’espace de la classe, l’excitation, associée aux échanges
communicatifs, créait un bruit de fond pouvant troubler fortement les activités
en s’accentuant par des remarques intempestives, rires ou même par des insultes
entre eux. En m’appuyant sur Philippe Meirieu et Marc Guiraud dans L’Ecole
ou la Guerre Civile, disant que le travail collectif est « exactement le contraire
de cet espace sacré où l’ordre des corps alignés et des visages tournés vers le
tableau noir cache de plus en plus mal le désordre réel », je me rendis compte
que l’élève n’était pas habitué à ce fonctionnement et…moi non plus.

1.2 Socialiser et responsabiliser les élèves

Lors du premier exposé de classe, fait par deux élèves sérieuses Naïma et Eva,
exposé sur le fantastique au 19°siècle clôturant la deuxième séquence, il y eut un
véritable manque d’attention de la part de certains élèves, par exemple Loïk,
boute-en- train de la classe, s’est mis à leur poser des questions qui n’avaient
aucun rapport sinon très lointain avec le sujet traité, un autre élève a suivi et
s’est mis à interrompre les filles sur des informations qu’il n’avait soi- disant pas
comprises. Pourtant, j’avais bien annoncé le but de cet exercice et l’attitude à
avoir : écouter attentivement et prendre des notes, ne poser de questions qu’à la
fin de l’exposé. Je m’étais mise en retrait et avais laissé à Naïma et Eva ma


- 5 - 5 place « magistrale », ce qui a provoqué ces réactions ; or, lorsque je repris ma
place et le monopole de la parole pour faire le point sur l’exposé qui venait
d’avoir lieu, le retour au sérieux est revenu. J’ai dû faire une petite leçon de
citoyenneté devant la classe sur le respect et l’écoute de l’autre et bien sûr, les
deux élèves perturbateurs furent convoqués à la fin du cours. Dans ces différents
travaux collectifs où les élèves ont la parole, je me retrouve souvent plus proche
de l’éducation morale et de la socialisation que de l’enseignement du français.

1.3 M’adapter aux élèves

Je finirai mes observations par une analyse de séance en module, ayant lieu le
mardi de huit à dix heures tous les quinze jours. Il s’agissait d’un compte rendu
de lectures cursives de pièces de théâtre après l’étude intégrale d’Andromaque
de Racine. Les demi- groupes ont été faits par ordre alphabétique pour éviter
toute protestation des élèves et aussi, il faut le dire, par facilité.
De huit à neuf heures, l’activité s’est très bien passée. Dans un premier temps,
chacun a travaillé individuellement sur un petit questionnaire : Pourquoi peut-on
dire que cette pièce est tragique ? Pourquoi avez-vous choisi cette œuvre ?
Souvenez-vous d’un passage qui vous a particulièrement marqué. Ensuite, après
environ quinze minutes, les élèves se placèrent en demi-cercle pour échanger
leurs différents points de vue. Il y eut une écoute attentive de l’autre et des
échanges de points de vue sur les œuvres qui témoignaient parfois d’une
sensibilité surprenante.
Par contre, le second groupe, de neuf à dix heures fut plus bruyant et moins
concentré, cette activité ne fut pas prise au sérieux par certains d’entre eux. La
disposition en demi-cercle a favorisé la communication, si je puis dire, de façon
négative, créant des petits bavardages de voisinage, des altercations d’élèves se
coupant la parole. Ce groupe- ci sortait déjà d’une heure de cours, ce qui peut
expliquer une baisse d’attention par rapport au premier groupe. Par ailleurs, il
présente les individus les plus bruyants de la classe qui ont tendance à perturber
les cours. J’ai pris conscience trop tard de devoir adapter l’activité à ces élèves.
Ces différents problèmes rencontrés m’ont permis de voir les défauts éventuels
dans ma manière d’enseigner et d’initier un changement dans ma pratique du
travail collectif.

2- Présentation de la classe

2.1 Un groupe hétérogène

Il est nécessaire de faire une rapide présentation de cette classe qui présente



- 6 - 6 trente-quatre lycéens dont cinq doublants. Des problèmes de comportement de
certains élèves en début d’année détruisaient complètement le groupe- classe.
Un groupe de quatre/ cinq perturbateurs étouffait une bonne partie de la classe
constituée d’élèves sérieux et travailleurs, tandis que d’autres suivaient le
mouvement majoritaire. Il faut dire que les actions de l’équipe pédagogique
ainsi que la réunion parents- professeurs ont porté leur fruit chez un grand
nombre d’entre eux. Néanmoins subsistent de temps en temps des disputes et
des insultes en plein cours, Nabil lançant à Jalal « ta mère ! » , et l’autre de se
mettre en colère et d’insulter à son tour. Cette classe présente aussi un fort
absentéisme de la part des élèves doublants. Le Conseiller Principal d’Education
surveille de près certains élèves souvent exclus de cours.

2.2 Le groupe perturbateur

Il convient ici de présenter les élèves qui ont tendance à déranger la classe :
- Loïk, « le boute- en- train » : arrivé en seconde alors qu’il ne le voulait pas,
celui-ci a décidé de ne rien faire de toute l’année, son seul objectif : exercer
le rugby et faire rire les camarades de classe. Un travail avec les parents et la
perspective d’une réorientation ont amélioré son attitude. Néanmoins cet
élève reste difficile à mettre au travail.
- Il y a ensuite Lambert, le « caïd », qui a d’énormes capacités mais ne les
exploite pas, au contraire, il feint ne pas prêter attention au cours et essaie de
perturber volontairement ses camarades en faisant du bruit avec un stylo ou
tout autre objet. Lambert a eu quelquefois des réactions agressives envers
certaines remarques que je lui ai faites. Je l’ai convoqué plusieurs fois, j’ai
essayé de lui parler mais je ne vois actuellement aucun résultat, alors j’ai plus
ou moins abandonné, du moment qu’il ne perturbe plus la classe.
- Enfin, un bon (très bon) élève, Xavier, qui en début d’année se laissait
entraîner par le groupe perturbateur. Après le conseil de classe du premier
trimestre, il s’est détaché de ce groupe mais il perturbe à sa manière ses
camarades : il sait qu’il a d’énormes facilités, se croit supérieur aux autres et
pense que tout lui est permis. Seul remède, préparer des questions en plus
lors des activités en classe pour qu’il ne perturbe plus les autres.

2.3 Elèves en difficulté scolaire

Comme je l’ai annoncé, cette classe présente de très bons élèves mais aussi
d’autres en grande difficulté. Jalal redouble sa seconde ; il présente d’énormes
lacunes en orthographe ainsi que des problèmes de compréhension de textes et a
beaucoup de mal à comprendre ce qu’on lui demande, ce que l’on veut de lui.


- 7 - 7 Par ailleurs, Karim est un élève travailleur mais a des difficultés en écriture, ce
qui est dommage car ses copies présentent souvent des idées intéressantes. De
plus, il faut dire que cet élève a de grandes responsabilités chez lui, il est le plus
âgé de ses frères et sœurs vivant avec leur mère qui ne parle pas très bien le
français. Il a quelquefois tendance à considérer le lycée comme un exutoire où il
se relâche des obligations familiales.

3- Hypothèses sur les facteurs

Le bruit lors des travaux de groupe est toujours présent, à un niveau sonore plus
ou moins élevé. Cependant, il a un caractère unique car il relève d’un professeur,
d’une classe, de l’activité demandée, de l’emploi du temps…

3.1 Mon statut de professeur

Je suis un jeune professeur de vingt- trois ans. J’ai tout d’abord considéré mon
âge comme un atout. En effet, la proximité de génération, que les élèves ont très
bien perçue, permet des échanges intéressants et facilite la communication. Par
exemple, lors d’un travail en groupes de deux sur l’écriture d’un texte
argumentatif devant insérer des reprises nominales variées, le sujet demandait de
parler du retour sur scène d’une star de la musique. Plusieurs élèves ont fait
appel à moi de façon pressante pour avoir des renseignements précis sur tel
chanteur, du type « Depuis combien d’années Mickaël Jackson n’est pas
remonté sur scène ? »
Mais d’un autre côté, cette proximité pouvait laisser place à un manque de
crédibilité, si je puis dire, de ma part, et j’ai dû donc imposer une distance. Le
premier trimestre fut géré par des renvois fréquents de cours, des punitions et
heures de colle. Je suis arrivée à m’imposer mais restait à trouver l’attitude à
avoir lors des travaux de groupes. Comme le montre Claude Siegrist dans Parole
étouffée, parole libérée disant que le travail de groupe est efficace car nous
passons « du monologue au dialogue sans que la relation au savoir ne change »,
en déléguant peu à peu une part de mon omniscience, je n’avais plus le
monopole de la parole et j’étais angoissée de perdre dans l’autorité et la
discipline. J’ai dû faire(et dois toujours faire) un travail sur moi pour rester
l’animateur de la classe.

3.2 Manque d’organisation préparatoire

Mes premiers travaux de groupe présentaient des lacunes au niveau de la rigueur
des consignes. En me référant au manuel de J.Reid, P.Forrestal et J.Cook Les
petits groupes d’apprentissage dans la classe, la première étape du travail


- 8 - 8 collectif qu’ils appellent « engagement » devant présenter une planification
soignée des objectifs de l’activité restait dans la superficialité. Est- ce que mes
buts sont clairs ? L’information est-elle facile à comprendre ? Les élèves sont-ils
capables d’assimiler toute l’information ? Autant de questions qui ne me
venaient pas distinctement à l’esprit parce que je m’étais assurée que
l’expérience partagée en fournirait suffisamment.

3.3 Le bruit inhérent à la classe

- Le bruit à l’intérieur de la classe :
Le travail collectif offre une plus grande facilité à l'expression et une obligation
de s'exprimer. De plus, il faut se rendre compte que le bruit est un « élément »
naturel chez l’élève, celui-ci baigne dans un univers de paroles ( Parole étouffée,
parole libérée M.Wirthner, D.Martin, P.Perrenoud) comme le montrent les
exercices de lecture à haute voix, les pratiques de l’argumentation…Un oral
passe entre un enseignant et des élèves et entre les élèves eux- même impliquant
un engagement affectif et social. Lors d’un débat argumentatif ( Pensez-vous
qu’il existe encore dans notre société un troisième dessous ? ) réalisé après
l’étude d’un extrait des Misérables de V.Hugo, certains élèves dont Lambert,
Nabil et Jalal se coupaient la parole, s’agressaient verbalement, ne s’écoutaient
pas, les sentiments prenaient le dessus. Par contre, lors de la dernière phase du
débat, ces élèves se sont rarement interrompus et les échanges se sont stabilisés,
chacun avait dit ce qu’il avait à dire. Le bruit d’une classe et ses silences sont
indissociables des individus.

- Le bruit extérieur à la classe :
Lors d’une séance un samedi matin de huit à dix heures, et précisant que je ne
laisse jamais aux élèves l’interclasse de neuf heures estimant qu’ils peuvent, en
seconde, rester attentifs les deux premières heures de la matinée, j’ai organisé un
travail de groupe lors de la deuxième heure. La séance qui précédait cette
activité était la lecture analytique d’un texte. A la sonnerie de neuf heures, les
bruits dans le couloir d’élèves changeant de salle ou prenant l’interclasse se sont
répercutés sur les différents groupes qui s’organisaient et il fallut un bon quart
d’heure pour retrouver toute leur attention. Il faut dire en effet que les élèves
réalisant un travail collectif ont, comme le dit Bruno Ollivier dans
Communiquer pour enseigner « leur mode de fonctionnement, leurs lois
internes » et sont plus sensibles aux autres phénomènes de groupe.

Ces diverses observations sur mes pratiques m’ont fait comprendre que
l’organisation de la classe en groupes relève d’une habileté qui se développe au
fil des expériences.


- 9 - 9 DEUXIEME PARTIE : REFLEXION AUTOUR DE LA
PROBLEMATIQUE

1- Justification et objectifs du travail de groupe

1.1 Un travail de métacognition pour l’élève

Face à ces diverses situations : manque d’écoute entre élèves ( cf. exposé de
Naïma et Eva), difficulté de les mettre au travail…je me suis aperçue que
justement le travail collectif pouvait résoudre certains problèmes.

a)Moyen de socialisation :
Cette classe est bruyante, des altercations entre élèves surviennent souvent et le
travail en atelier peut être un remède, un palliatif au bruit découlant de ces
agitations.
J’ai fait travailler la classe en groupes de quatre sous prétexte d’une proximité
réfléchie : la salle était organisée en trois rangées et les groupes ont dû se former
dans chacune d’elles par proximité ; je voulais faire en sorte que les élèves
apprennent à travailler avec ceux dont ils n’ont pas l’habitude. Ajoutons que
cette activité fut organisée au mois de janvier : depuis le début de l’année
scolaire, des groupes d’affinité se sont créés entre ces lycéens. Cette
organisation a eu une incidence sur le bruit qui ne découlait pas d’agitations de
certains élèves mais d’un travail en commun.
Deux élèves sérieuses, Victoria et Naïma , se sont retrouvées avec Lambert et
Nabil, garçons bavards et quelquefois perturbateurs. Lors de cette séance,
Lambert qui a un comportement insolent et extraverti en classe entière, s’est
retrouvé intraverti et calme dans cette organisation des groupes. Si j’ai dû faire
des remarques à certains au niveau de la discipline, Lambert n’a jamais été
interpellé : il appartenait à un groupe et y avait un rôle. Or, cette activité s’est
continuée la semaine suivante et en début de cette deuxième séance, Victoria
vint me voir me demandant de changer les groupes, disant que les garçons ne
faisaient rien. J’ai refusé , disant qu’elle devait apprendre à travailler avec
d’autres et l’accepter. J’ai convoqué Lambert et Nabil pour qu’ils corrigent leur
attitude puis j’ai regardé fonctionner ce groupe plus attentivement. Les deux
filles sont plus consciencieuses et travailleuses, elles avaient tendance à dicter
aux garçons ce qu’ils devaient mettre mais, après mon intervention, ceux-ci ont
affirmé plus nettement leur implication dans le travail demandé, et sont devenus
actifs au lieu de passifs : chacun a pris en compte la façon dont l’autre travaillait
et réagissait. Le bruit émanant du groupe était le fruit de l’activité de chaque
membre , et non pas de perturbations.

b) Moyen de responsabilisation :
Les élèves ont du mal à prendre conscience du bruit d’une classe.
- 10 - 10