Terroirs et origine : leçons d'une lecture croisée des expériences du Maroc et de la France pour une Méditerranée durable

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Le Conseil général du développement agricole (CGDA) du Maroc et le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) de France étudient les notions de « terroirs », d'« origine », de « produits de terroirs » et d'« approches terroirs » comme nouveaux moteurs possibles d'un développement méditerranéen durable.

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Publié le 01 janvier 2011
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Langue Français
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Royaume du Maroc
Ministère de LAgriculture et de la Pêche
Maritime


CO N S E I L GE N E R A L D U DE V E L O P P E M E N T
AG R I C O L E

République Française

Ministère de lmilAentation, de gAiructlruel

et de la Pêche


CO N S E I L GE N E R A L D E L AL I M E N T A T I O N,

D E L AG R I C U L T U R E E T D E S ES P A C E S RU R A U X

TERROIRS ETORIGINE:
LEÇONSDECTUNELROISRECSEEEEDEICNPXREESU


DUMAROC ET DE LAFRANCE



POURUNEMDÉTIREAR BLENÉEDURA


Mai 2010

SOMMAIRE


___________________________________________________________________________________
PREFACE3
I. INTRODUCTION3
_____________________________________________________________________________
__________________________________________________________________
II. LE CONTEXTE MEDITERRANEEN5
III. LES TERROIRS ET LES ISNTAOINTDEICIF GEOGRAPHIQUES : CONCEPTS, ENJEUX ET DEBATS RNTEINUXNAIOAT___________ 8

1. Un intérêt et un engagement international croissants 8
_______________________________________

2. Pourquoi une telle mobilisation ? Les atouts et les enjeux des terroirs_________________________ 10

3. Le débat mondial sur les indications géographiques : une confrontation en apparence de

deux visions pour le 15monde ________________________
___________________________________

4. Q‐ce quun terroir ? ______________________________________________________________
uest 20

5. L « approche terroirs » : quelles gouvernances et quelles politiques pour les terroirs ? 25
___________

IV. LE MAROC ET SES TERROIRS : ENJEUX, NOUVEAU CONTEXTE ET NOUVELLES DYNAMIQUES35
_______________________

1. Les enje pour le __________________________________________M__r_a_c_o_______________
ux 35
2. Lengagement nouveau du Département de lAgriculture pour les terroirs______ 38
________________
3. Des exemples de nouvelles dynamiques au plan régional et 40local _____________________________


3.1. LOriental 41
___________________________________________________________________________
__________________________________________________________________
3.2. Le Souss Massa Draa 43
3.3. La province dEssaouira________________________________________________________________ 47
3.4. ehcfCneahuo / _________________________________________________________ 50Tange Tétouan
r

_________________________________________________________
4. La contribution de la recherche 55

____
V. UNE ETUDE DE CAS : LES PRODUITS DE TERROIRS DANS LA STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DU SOUSS‐MASSA‐DRAA‐57
VI. LES TERROIRS POUR UN MAROC ET UNE MEDITERRANEE DURABLES : UNE LECTURE CROISEE DES EXPERIENCES DU
____________________________________________________________________
MAROC ET DE LA FRANCE71

Annexe 1 : Remerciements et références 79
____________________________________________________
Annexe 2 : Mise en uvre du deuxième Pilier du Plan Maroc Vert dans les espaces montagnards
et oasiens. Propositions d'action ______________________________________ 81
____________

2

PREFACE

Le Conseil Général du Développement Agricole (CGDA) du Maroc et le Conseil Général de lAlimentation, de
lAgriculture et des Espaces Ruraux (CGAAER) de France sont deux institutions surs contribuant chacune,
auprès de leurs Ministres respectifs, à la réflexion et au conseil sur les politiques publiques intéressant
lagriculture et le développement rural. Elles ont développé de longue date un « partenariat intellectuel »
privilégié, que laccueil au CGDA de lex directeur du Plan Bleu a permis ces dernières années de renforcer.
Chaque année, des experts des 2 pays sont ainsi mobilisés et contribuent à une réflexion partagée. Des
missions sont aussi organisées, en France et au Maroc, qui permettent une meilleure connaissance et
compréhension mutuelles.

Ce partenariat intellectuel revêt une importance particulière dans la période actuelle. Les lancements en 2008
du Plan Maroc Vert et de lUnion pour la Méditerranée ont créé en effet un nouveau contexte. Lannée 2008 a
été aussi marquée par la « crise alimentaire » mondiale, laquelle est venue nous rappeler limportance
stratégique de lalimentation et de lagriculture pour notre avenir commun. Les défis à relever sur les 2 rives
de la Méditerranée sont très importants. Il sagit notamment pour le Maroc de réussir la mise en uvre du
Pilier 2 du Plan Maroc Vert dédié au développement solidaire de la petite agriculture, ce qui a justifié une
réflexion approfondie du CGDA à laquelle des experts éminents du CGAAER ont apporté leurs précieuses
contributions. Les analyses ont conduit notamment à mettre laccent sur limportance qui devait être donnée
aux produits et aux dynamiques de terroirs ainsi quà une mise en uvre raisonnée de la nouvelle loi sur les
signes distinctifs dorigine et de qualité. Ces questions sont en effet importantes pour toutes les zones de
montagne, oasiennes et dagriculture sèche, lesquelles concentrent lessentiel de la population agricole et
rurale et doivent trouver de nouveaux chemins de développement durable.
Mettant à profit la dynamique introduite par ailleurs par la préparation du 3èmeForum international « Planète

Terroirs », le CGDA a constitué un panel dexperts marocains sur les terroirs et les 2 Conseils ont décidé
dorganiser conjointement à Rabat, le 10 Mars dernier, un Séminaire de « regards croisés sur les coopérations
maroco‐francaises relatives à la valorisation des terroirs et de lorigine ».Ce Séminaire a été particulièrement
fructueux. Il a montré les changements de fond en cours au Maroc ; limportance des coopérations
intellectuelle et daction, et notamment des coopérations décentralisées, entre les 2 pays ; et la nécessité de
consolider et de généraliser les acquis. Il a montré également la nécessaire prise en compte de la complexité
dans la réflexion et dans laction, pour faire des « terroirs », de « lorigine » et des « approches terroirs » de
vrais outils de développement durable. Les participants au Séminaire ont par ailleurs considéré que les
coopérations entre les 2 pays pourraient inspirer utilement dautres pays de la région ainsi que la nouvelle
Union pour la Méditerranée.

Les 2 Conseils tiennent par conséquent à exprimer leur reconnaissance à lensemble des experts et acteurs de
coopération des 2 pays qui ont apporté leur contribution à cette réflexion partagée.

MOHAMED AIT KADI
PRESIDENT DU CGDA

JACQUES BRULHET
VICE‐PRESIDENT DU CGAAER

3

I. INT RODU CT ION

La ,terranéeéMid on le rappellera dans la première partie de ce document, est une écorégion, ,confrontée dune part, à
de nombreux problèmes de « non durabilité » et, riche, dautre part, de nombreux atouts encore mmnetsnfuifasi
valorisés. Cest aussi une zone de fracture Nord/Sud et un espace de iranstapetra régionaux et biltaréua,x lesquels
doivent notamment sattacher à mieux valoriser les atouts partagés et à apporter des réponses concertées aux problèmes
communs.

La é,oibtisrevid la qualité et la diversité des savoir‐faire et des produits et la beauté des paysages culturels font partie
incontestablement des atouts .nséeanrrteémid Leur ,noitasirolav dans la mnoidlasiation, est bitpelsusce de redonner une
dynamique oniméocuqe et sociale et une meilleure durabilité irnventmeeneaoln à nombre de régions rurales en situation
difficile. Lenjeu est important pour la région, notamment au Sud et à lEst. Les zones de montagne, oasiennes et semi‐
arides y occupent en effet une place essentielle et montrent de grandes fragilités socio‐siqueonoémc et éco,uqseolig avec
pour esncueéqnsco, des risques possibles pour la stabilité et pour la prospérité communes.

Les marques dintérêt pour les « terroirs », l« origine », les « produits de terroirs » et les « approches terroirs » comme
nouveaux moteurs possibles dun emtndelévpeop mdétirearénen durable sont donc croissantes sur les 2 rives.
Cependant, il sagit de questions complexes qui netiténssec dêtre explicitées. La seconde partie du document sattache
par ocuentnséq à préciser les concepts et les ons,édifinit ainsi que létat des onsisidsucs inrnteioatsanel sur les indications
géographiques, une question dune importance majeure au niveau de lroonnigatisa mondiale du commerce.

Le Maroc est un pays qui dispose dun grand potentiel en « terroirs » grâce à son eepxcellneonti diversité et au maintien
de fortes traditions. Cest aussi un pays qui après avoir, depuis e,ncdaenépndli concentré sa politique agricole sur la
grande dyarhiqulue a adopté en 2008 une nouvelle stratégie, le « Plan Maroc Vert », qui constitue une évolution
importante. La nouvelle stratégie, tournée vers les « acteurs » et au service de tous les agrs,lteuricu entend valoriser
lensemble du potentiel agricole du pays et sortir tlruelgairuc marocaine de sa forte dualité. Elle comprend par
conséquent un « Pilier 2 dédié uementspécifiq au tnemeppolevéd solidaire de la petite luutrgciare, lequel donne une
»
priorité aux produits de terroirs, comme outils de tenemédevolpp durable des montagnes, oasis et zones dagtlruiruce
sèche. Cet engagement nouveau du pays nécessite beaucoup de réflexions sur le « comment » de sa mise en uvre. La
réflexion sur le « vers quoi » et sur le « comment » doit à la fois tirer parti des érieexpnces acquises par dautres pays et

tenir compte des scéétpiscifi marocaines et des progrès récents déjà obtenus localement.

La coopération entre le Maroc et la France est, de ce point de vue, importante. La France a en effet une expérience très
ancienne sur lgralucierut de montagne et sur les politiques de terroirs et dorigine. Et le partenariat tcelletnilue et les
nouvelles éparitnoscoo raliséesdécent entre régions des 2 pays ont permis ces dernières années des avancées partagées
importantes. La 3ème partie du document, en uypptansa notamment sur le séminaire organisé ntoienemtjnoc le 10 mars à
Rabat, sattache à rendre compte des nouvelles dyesqumina observées au Maroc. Un certain nombre dexemples
concrets, sont ainsi présentés. Un chapitre ldaneontidi est consacré au cas de la région Souss Massa Draa, une région en
pointe au Maroc pour la valorisation des produits de terroirs.

La dernière partie du document est consacrée à une « lecture croisée » des expériences des 2 pays. Elle met en discussion
les questions posées pour faire des terroirs et des approches terroirs de véritables outils dun ntdvéepemlepo territorial
durable au Maroc et en Métedianrreé. Le chapitre montre que le Maroc est leabobprtnem dans une phase de
« tournant » historique et quil est donc essentiel de consolider et de généraliser les réussites en intégrant la nécessaire
prise en compte de la complexité dans la réflexion et dans laction. Il souligne en conclusion anceportlim des
coopérations bilatérales et lintérêt que pourrait représenter une dynamique régionale plus forte au niveau euro‐
méditerranéen. Une telle ,dnymaqieu qui pourrait sinspirer de la double expérience de coopération franco‐marocaine,
coopération leutelteinecll et coopération daction, pourrait en effet contribuer à ehcorpparr les 2 rives pour des progrès
dintérêt commun.

4

II. LE CONTEXTE MÉD ITERRANÉEN

La Méditerranée est une « écorégion » unique par ses ificétssépic iquesgéograph et ,seuqirotsih la richesse de son
patrimoine, de sa diversité et de ses paysages culturels et le sentiment commun ecnanetrappad de ses opulatiosnp au
« monde émnéetedianrr ». Ses icifsétsicép font de la néeerradétiM « mille choses à la fois. Non pas un paysage mais
dinnombrables paysages. Non pas une mer, mais une succession de mers. Non pas une n,atioilisvic mais plusieurs
civilisations » (F Braudel).

Principale zone de fracture de la planète, la déMeénarreti est aussi un espace de coopération Nord/Sud et une région qui
partage un « destin commun » avec lEurope. La Méditerranée a autrefois vu la naissance de ,lucierutlgra de la ville, des
sciences, de la iholpiephso et des religions iéhtonomtsse. Elle est ujourdhuia confrontée à des problèmes graves de non
durabilité :

Figure 1 : sitaoinLittoral en Mdétienéraer
(source : Plan Bleu)

La fracture Nord/Sud se double de ésdbrleisuiéq
internes majeurs entre les arrière‐pays montagenxu
et arides, s,sélinagiarm et les plaines et littoraux
convoités (figure 1).

•Les ressources vitales sont dégradées et menacées.
Leau est étiolpxesuer alors que la population au sud
et à lest va encore saccroître de près de 100
millions dhabitants en 30 ans et que le changement
climatique annonce une réduction de la ressource de
près de 20%. Le chanetgnme climatique va en outre
accroître laridité et les risques de sécheresses, alors
que les systèmes agro‐seuqliogcoé sont déjà
largement dégradés par la catitifion.séred
Létalement urbain et le vedépploenemt des
infrastructures « consomment » une part toujours
croissante des meilleurs sols agricoles des plaines et
du littoral.





La nartnsmissio de nombreux savoir‐faire est
menacée.

La évulnérabilit aux risques, ndnoioatnsi et feux,
saccroît.

Les taux de surpoids et dobésité et la prévalence
des maladies qui y sont liées (certains cancers,
diabète, maladies cardio‐ascuvse)alri igtsneerntre
une forte au.noitatnemg

Léconomie néraneendémreti paraît fragile dans la
mondialisation et sa part relative dans le PIB mondial
se réduit alors que celle de sa population se
maintient.

5

La faiblesse de ln,ioatovnni celle des budgets consacrés à la recherche et au evolppmenetdé et une économie demeurée
trop « minière » et rentière en sont une cause souvent mise en avant. Bien que elaitnemdnom connue par exemple pour
la valeur de ses régimes ,seriatnemila de ses paysages culturels, de sa cuisine et de sa té,ersiodivbi la Méditerranée na
pas su non plus tirer usffsiamment profit de ses atouts. Au lieu de reconnaître la valeur de ses ressources et de ses savoir‐
faire et dinnover pour en tirer bénéfice dans la nmdionisalioat en intégrant ,tnemennorilvne le ntmepeopelévd et la
culture, la Méditerranée sest trop souvent contentée de copier des modes de t,loppemendéve de pr,ontiucod de gestion
et de consommation exogènes, isrdésnaadts et inadaptés. Si une cultureirga irriguée « moderne » a pu être utilement
développée, les ressources des arrière‐pays nont guère été valorisées et la dualité avec retuulicrgal tidiratonnelle sest
creusée. De nombreux jeunes ruraux au Sud ne regardent plus que vers la ville ou vers létranger. Le retard de
développement dune grande partie du territoire et le creusement des serbiliuqéséd régionaux limitent les marchés et
entravent tout le processus de progrès économique et social.

Ces évolutions sont blropueiqatéms notamment pour les rives Sud et Est confrontées à la fois à la forte croissance
démographique, à la pauvreté en eau et à de multiples fragilités. Elles accroissent la étilibvluénar au risque éiturécnsid
alimentaire, dont on a pu mesurer en 2007‐2008 toute la gravité potentielle pour la région. Elles contribuent aussi à
expliquer les fragilités rurales, socio‐omiquesnocé et iguqse,écolo dans les pays où les montagnes, les parcours et
lagriculture pluviale occupent une place essentielle, ce qui est le cas de iquementprat tous les pays riverains à lexception
notable de lEgypte, seul pays dont toute largciluuter est irriguée. La région se caractérise en effet par la place
relativement cxeitpeneonell de systèmes agro‐sylvo‐pastoraux complexes (dans lesquels les surfaces emtnleeltarun
végétalisées, utilisées comme parcours, trpeérestnne une ressource essentielle en même temps que par la mosaïque de
milieux et de terroirs (figure 2).

Figure 2 Systèmes agricoles et naturels en raerenéMitéd
(source : revue iqueraphgéog des pays )nséenarretidém

Or, au Sud et à lEst, les snoitalupop agricoles et rurales des arrière‐pays pauvres sont en général très eusesnombr et les
taux sitébahpemdnala encore élevés. Lasymétrie Nord/Sud peut aussi se mesurer aux esncfideréf edecfffsti dans
lagriculture et aux écarts toujours croissants de udtcporéitiv : 45% des actifs marocains vivent en effet de iructlrulgae
contre 3% des actifs français. Un libre échange agricole euqorécipr pourrait dans ces conditions savérer dautant plus
problématique que les autres secteurs de léconomie ne peuvent déjà offrir fisammentsuf demplois pour répondre à
larrivée massive de jeunes sur le marché du travail, que les itilésopbiss démigrer sont infimes et que les villes et les
finances publiques ne pourraient pas absorber un exode rural massif. Le défaut de vision euro‐neeritnéraédm et
linsuffisance de politique de epemlepodvént et de coopération pourraient, dans ces ions,ocdnti conduire à des crises et à
des nssibitatéli majeures dans certains pays elbarénlvu.s

6

Face à la raréfaction des ressources naturelles et aux fragilités socio‐siquenomocé et elsoqguié,co la Méditerranée est
condamnée à des changements de fond et à linnovation. Pour maintenir les équilibres ,rulanir/ruab sortir de la
pauvreté, réduire les risques esqusysimét et accroître la résilience de ses systèmes, elle na guère dautres choix que celui
de la promotion dun édtenloveempp nrreteénadimé durable et de qualité.

La région doit ainsi réorienter ses modes de d,tnemeppolevé de gestion, de production et de consommation et apprendre
à économiser leau, et à tirer profit beaucoup mieux de sa diversité, de toutes ses richesses et des nouvelles opportunités
de marché. Ceci peut signifier pour le Sud de énecssiaers progrès dans les ps,iqueolit institutions et méthodes pour sortir
de ciluuterlarg duale, professirannoesil et structurer la petite agriculture, mobiliser les ésutnamucmo locales et créer des
valeurs ajoutées pour les groupes concernés ainsi que des services emenuatnvnenorix pour lensemble de la société.

Un tel changement implique, pour les pays et les régions rurales concernés, de donner une nouvelle priorité aux
« terroirs ». Lneagegemtn sur les « produits » de qualité permettra en effet de valoriser le potentiel rranéen,émidet
daméliorer laccès au marché de la petite rueuctlgair et de créer de la valeur ajoutée captable localement. ecLexpérien
récente de lEurope neénenmitédraer en confirme limportance puisque le Portugal, lEspagne, la France, lItalie et la
Grèce, seréeprtennt à eux seuls 80% de tous les produits à indication oggéphraueiq de lUnion ne.ueorépne La jeune
expérience du Maroc aussi : le pays en a dailleurs fait une priorité nationale dans le cadre du Pilier 2 du nouveau Plan
Maroc Vert et lemenegngat, qui nest pas que national, mais aussi régional et local, est déjà riche de premiers
enseignements.

Lenjeu des terroirs va tdnnaecep bien au‐delà des produits. Sont aussi en jeu la gestion durable des ressources naturelles
et des écosystèmes, la promotion dune alimentation de santé et la mise en dynamique globale de territoires ruraux, y
compris par de nouvelles synergies entre lucierutlrga, lartisanat et le tourisme. Les terroirs, par leurs produits et
services, sont donc une porte dentrée pour un développement territorial durable de systèmes agro‐écologiques et de
nombre de petites régions rurales.

Cest ainsi tout un volet de la timaequrpboél de la relation entre monde néenerraéditm et tmeneolppédev durable que la
question des terroirs peut venir ainsi interroger.

7

III. LESTERROIRS ET LESIDENTIFCITAOISN GEOGRAPHIQU ES:
CONCEPTS,ENJEUX ET DEBATS INTERNATIONAUX

1. UN I N T E R E T E N G A G E M E N T I N T E R N A T I O N A L C T U N E R O I S S A N T S

Les « terroirs » sont‐ils importants dans notre monde moderne et pour notre avenir ? Sils peuvent susciter de la
sympathie, ils restent pour beaucoup un simple réservoir de traditions, associé à des produits de « niche » trnamiopdec
somme toute très ocesaind.re
Cependant, en ce début de 21ème siècle, un nombre toujours croissant de territoires et dacteurs‐des verngouts,emen
des autorités locales et des sétuanumomc, des nsommateurs,oc des argciluetru,s des rtaesaturrseu, certaines grandes
entreprises, des séalitsonnper setnadnepédni, des eu,siqifntiesc des ONG, des institutions lanoseretnitani ‐ntreoncdèsi
les « terroirs » et les produits à « identifications géographiques » (IG, quil sagisse dIGP ou dAOP, voir tioisndéfin ci‐
dessous) comme des questions taormpidcne stratégique.

Encadré 1. Définitions des IGP et AOP (définitions de lUnion européenne)

Suivant lexemple de la France (pionnière depuis 1 siècle des politiques de valorisation et de ),ontiecotpr de lEurope du
Sud, puis de lUE, des Etats en nombre croissant prennent des mesures pour promouvoir et protéger leurs produits de
terroirs. Ainsi par exemple :
•Le Costa Rica, la Colombie, lEthiopie séei,Ilonnd la queRpébuil dominicaine et certains Etats du Brésil ont été pionniers
pour faire respecter lorigine de leurs cafés (chaque région de production est un « cru »).
•De grands pays asiatiques comme la Chine et lInde ont mis en place des systèmes importants de promotion et de
reconnaissance des edifitntacisnoi géographiques.
•LInde protège son riz basmati et le thé ing,jeelrad la Jamaïque son café « blue mountain », le Sri Lanka son « thé de
Ceylan », le Kenya son « café bmuhteGniwi ».
•Le Maroc considère les produits et les amiqdynues de terroirs comme anrtpoimdce majeure pour le Pilier II du Plan
Maroc Vert (sa nouvelle stratégie agricole) dédié au netppmeevoléd solidaire de la petite utlucirga.re Deux nouvelles
divisions de son nistratiadmino centrale ont été créées pour soccuper ecspretnemevit de la labellisation et du
développement des produits de terroirs. Il a déjà fait en 2009 de lhuile dargan sa première IGP onticadiin( eihuqrgpagoé
protégée) et dune huile dolive locale (lhuile de Tyout Chiadma) sa première AOP taoin(paepll dorigine protégée), et
dautres produits sont venus les rejoindre en 2010.


8



Des collectivités torialriertse et acteurs des terroirs, premiers intéressés, sont aussi mobilisés. Au Nord comme au Sud, de
nombreuses régions, provinces, pssiorofes,nnel antumoumcsé et groupes dacteurs sengagent pour la défense, la valorisation et la
promotion de leurs terroirs. De multiples actions de coopération sieértlacéned appuient des mindayesqu régionales et locales dans
les pays du Sud.

Des personnes de progrès ‐cirga,sruetlu agronomes, sociologues, rgpaegh,osé érudits locaux, ateusommconsr avertis,
personnalités de diverses ..,ginise.,ro créent des mouvements pour les terroirs ou pour leurs produits avec un succès croissant. Ces
mouvements sont locaux, régionaux, mais aussi iernttinaauonx. Cest le cas notamment de :

•Slowfood, mouvement anltaoietnrni créé en Italie en 1986. Slowfood regroupe plus de 100.000 membres, soppose aux
effets dégradants de liertsudni' et de la culture fast‐food qui anstrddaenist les goûts. Il promeut le goût, les cultures
locales et une agriculture capable de préserver la iobvediitrsé et doffrir des ctivrspeepes pour les régions les plus pauvres.
•La miquedyna « Planète Terroirs », mouvement lannretoitain initié en France en 2003, par saoslnioatci Terroirs et
Cultures. Planète Terroirs uvre pour la noansiascn,eecr la promotion et la valorisation des terroirs, des biens et des
services de terroirs dans le monde, mobilise un réseau important dexperts et nsioutitdnits de recherche et
développement et organise tous les 2 ans un Forum onalnati.tnrei Des oitutitsinsn françaises de recherche ou de
développement telles que le CNRS, lINRA, lINAO, le CEMAGREF1 ne cessent denrichir la réflexion .euqifitencis

Les terroirs et les indications éggoariqphsue sont aussi une affaire importante pour plusieurs institutions
internationales:
•Qui dit terroir dit avant tout pluralité, diversité et résilience face aux aspects réducteurs dun certain mode de
développement. LUNESCO, défenseur des cultures et de la diversité, est donc en première ligne pour soutenir le
concept de terroirs et le mouvement Planète Terroirs. Elle considère les terroirs comme lun des foyers sur
lesquels nous pouvons renouveler notre rapport à la planète et lun des laboratoires de ces nouvelles sociétés du
savoir à même de jouer un rôle essentiel pour contribuer à restaurer le crédit de la science auprès du public. Elle
préconise ainsi de placer la réciprocité et léchange au cur des relations entre mondes agricole et scifiquenti.e

•Le FIDA (fonds ntiontinaearl pour le elévdtnemeppo agricole), lICARDA (Inanltaoietnr Center for icgrtuullarA
Research in the Dry Areas) et des tstitusonini des Nations Unies ousntneenti des approches terroirs pour
promouvoir une ltcueurirga durable et réduire la édsertification. Ils tentimenxpére en Tunisie, Syrie, Jordanie,
Madagascar, Mauritanie, Mali, Guinée,, des modes de gestion concertée des terroirs villageois par les
communautés locales tanyuppas sur des lectures socio‐foncières permettant de clarifier les modes niodccoatup
agricole et pastorale, les droits fonciers et les droits dusage.

•LOMPI nagro(noitasi mondiale de la propriété eutc)ellleelitn et lOMC atisnio(oanrg mondiale du commerce)
offrent un cadre de négociation pour les indications oérgg,quesaphi un sujet, on le verra plus loin, de dispute
majeure dans les onnscogéitai relatives à la nouccecrrne et à la régulation, ce qui en dit long sur son importance
stratégique.


•La FAO a publié en 2009 un guide pour promouvoir la qualité liée à lorigine et des oinnticadis euqihpraoggé
durables2 et elle appuie certains pays dans la mise en uvre de leur politique de produits de terroirs.
Ainsi, à la dnomontisaliia qui uniformise et sat,disendar se surajoute une midnonisalioat de la ictaoinidffréne ; à
laffirmation du global, répond aussi une affirmation du local.
Lavenir aurait‐il donc besoin des terroirs ?

1CNRS : Centre national de la recherche scientifique, INRA : institut national de la recherche agronomique, INAO : institut national de lorigine et de la
qualité, CEMAGREF : Institut de recherche pour lingénierie en agriculture et en environnement.
2 « Territoires, produits et acteurs locaux : des liens de qualité »

9

2. P E L L E M O B I L I S A T I O NO U R Q U O I U N E T? L T O U T S E T LE S A E S D N J E U X E E S

T E R R O I R S

Cette mobilisation croissante peut iqplrueexs par au moins 4 grandes raisons.


2 .1 L C O N O M I Q U E E E U S S I T EA R P R O D U I T S D E S T E R R O I R S D E

Les produits de terroirs ont pour eux trois atouts qui contribuent à leur réussite économique.
LA D E M A N D E I M P O R T A N T E E T C R O I S S A N T E D E S M A R C H E S.

Lexpérience française montre que les produits à indication argoqihpueég (IGP, AOP), peuvent représenter des volumes
significatifs (26 milliards , 20% du total du marché) avec des rogressionsp nettement susiréperue (5 à 10% par an) aux
produits de masse (produits « génériques »).

Tableau 1. Le marché alimentaire français en 2004
Type de marché Répartition

Bio, INSEE

Encore ne sont pas inclus dans ces chiffres les produits de terroirs autres que ceux à IG. Or ceux‐ci neettnreprés des
marchés sniigcafifsti et souvent croissants. De nombreux produits locaux vendus sur les marchés de proximité sont en
effet des « produits de terroirs » qui nont certes pas besoin aticniodeiifntd qieuéggoarhp protégée pour exister et
prospérer. Les nocuetammosrs savent les apprécier et ont confiance et les dorpetcusru nont donc pas besoin de
certifications officielles qui coûtent cher. Le succès croissant des AMAP oisnsaosicta( pour le maintien dune agriculture
paysanne) et des « paniers ebdohriseamad » pour fournir les nscoruetammos urbains de légumes de proximité et de
saison, peut dailleurs être signalé : près de 10% des marseillais y ont huiajuuodr recours.
La grande nioutbirtsid apporte aussi sa cionbitunort spécue.ifiq Ainsi, « Reflets de France », première marque de
distributeur consacrée aux terroirs, créée en 1997 par le groupe Carrefour, a vu ses marchés décupler en 10 ans. Avec
plus de 300 produits pour un chiffre daffaires de 320 millions deuros en 2006, elle est devenue une des 30 premières
marques vendues en France.

DE S P R O D U I T S N O N D É L O C A L I S A B L E S

Les produits de terroir ont un immense atout au plan de léconomie : ils ne peuvent être .sédaliséloc Ainsi, tout
investissement les concernant est de lintérêt à long terme du territoire concerné. Leur valorisation permet donc une
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