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In tégration des lign es à haute ten sion dan s le m assif de Sén art (Esson n e)
1 2 1 Gér ar d HERBUVEAUXPean -Fr an çois , J ONGEadette D, Bern EGOVE
1 Société Batr ach ologique de Fr an ce, Grou pe parisien , 22 aven u e Édou ard -H erriot, 94260 Fr esn es, Fr an ce
2 Muséum Nation al d’H istoire Naturelle, CNRS UMR 7179 , 4 aven ue d u Petit-Ch âteau, 918 0 0 Brun oy, Fr an ce
Ré s u m é :
ju illet 20 10
En octobre 20 0 9, R éseau Transport Electricité (R TE) a décidé d’élargir l’em prise des lign es à haute ten sion pour assurer la sécurisation de son réseau. Depuis cette date, la quasi-totalité des acteurs du m assif de Sén art se son t pron on cés con tre cet élargissem en t.En raison de la présen ce de n appes phréatiques très proches de la surface, l’en fouissem en t de ces lign es présen te un risque m ajeur de dom m ages con sidérables à n om bre d’habitats d’in térêt patrim on ial : m ares, tourbières et zon es hum ides.Les proposition en taless expérim qui suiv en t on t pour objet de tran sform er progressiv em en t ces tran chées qui m utilen t actuellem en t le m assif de Sén art en un e zon e à haute v aleur en v iron n em en tale tout en assurant la sécurisation du réseau. Elles on t été présen tées au cabin et de J ean -LouisBORLOOin istre, M d’Etat, M in istre de l’Écologie, de l’Én ergie, du Dév eloppem en t Durable et de la M er, le 20 J uillet 20 10 .
Co n te x te
Le m assif for estier de Sén ar t est tr aver sé par des lign es à h aute ten sion (64 0 0 0 Volts) qui on t été posées pen dan t les an n ées 1960 . La cr éation de ces lign es et l’en tr etien des em pr ises associées on t en tr aîn é l’appar ition d’écosystèm es r ar es en for êt : tourbièr es, lan des, pr air ies, fr uticées et les «ch em in s de visite», en tr eten us par EDF/ RTE pour sur veiller leur s ouvr ages, étaien t deven us de vér itables sen tier s de r an don n ée. Cepen dan t, l’en tr etien in itialem en t m an uel de ces em pr ises a été pr ogr essivem en t aban donn é pour êtr e r em placé par des tech n iques de
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plus en plus m écan isées. Cette évolution r ésulte d’un e volon té de r éduir e les coûts de gestion, avec r ecour s à la procédur e d’appels d’offr e attr ibués au «m oin s-disant» et n on au «m ieux-disan t». Il en est r ésulté un e dim in ution progr essive de l’in tér êt de ces em pr ises pour la biodiversité. Ain si, dès 1998 on y a observé la dispar ition de la gr en ouille r ousse, l’am ph ibien le plus m en acé du m assif de Sén ar t puisque sa der n ièr e observation fiable r em on te à 20 0 1. Cette dégr adation est telle en 20 10 que la r éalisation d’in ven tair es écologiques appar aît san s utilité r éelle. Apr ès la tem pête de 1999, les «ch em in s de visite» son t deven us d’usage difficile pour les r an donn eur s. L’utilisation de l’élagage a favor isé le len t dépér issem en t des ar br es de lisièr e. Son in dustr ialisation , avec en par ticulier l’utilisation de la «gir afe», a accélér é ce dép ér issem en t et l’a propagé à l’in tér ieur des peuplem en ts for estier s. Ces divers ph én om èn es on t évidem m en t am plifié le tr aum atism e paysager constitué par ces lign es.
L’élabor ation , en 1996 et 1997, d’un plan de gestion, expér im en tal et am bitieux, de ces em pr ises par un e équipe de l’Office Nation al des Forêts an im ée par Mich el BÉAL aur ait pu in ver ser cette évolution défavor able apr ès qu’il eut été in tégr é dan s un e con ven tion r égion ale, sign ée en jan vier 1999, en tr e l’ONF, l’AEV et EDF/ RTE. Il a été m is en œ uvr e à par tir de 20 0 1 en for êt dom an iale, et à par tir de 1999 dan s le dom ain e r égion al de Bois Ch ar don . Dan s un ar ticle con sacr é à ce plan de gestion publié par Liaison -IDFE en m ar s 20 0 2, alor s m êm e que sa m ise en œ uvr e avait déjà cessé, Gér ar d HERBUVE AUXécr ivait :
Les élém en ts rem arquables de l’étude in itiale son t :sion ;es à haute ten liées aux lign techn iques t rain tes pte des con la prise en com prises en pr en an t en com pte les pay un e v alorisation globale de ces em sages, aussi bien en v ision rapprochée qu’en v ision loin tain e, un accueil raison n é du public, ain si que la v alorisation écologique de ces zon es ;de m ilieux ;ers la con tée v ction n els stitution de réseaux fon gestion écologique orien un e es et de zon es ouv ertes à l’in térieur de la for la création de v raies lisièr têt se substituan ain si aux lisières extern es détruites ou très fortem en t dégradées par l’u rban isation en périphérie de la for êt ;iter les coûts de gestion .portan t pour lim un effort im et pr écisait in fin e : Pour autan t, com m e dan s toute dém arche expérim en tale, des phén om èn es im p r év us, v oire des erreu rs, son t à en v isager. Un p rogram m e d’év aluation et de suiv i dev rait don c v oir le jour afin d’iden tifier les év en tuelles difficultés ren con tr ées, de con n aître le coût réel de cette gestion et d’apprécier son efficacité dan s tous ses aspects.La s é c u ris a tio n d u ré s e a uIl con vien t tout d’abord de r appeler que la tem pête de 1999 n ’a en tr aîn é aucun dom m age aux lign es à h aute ten sion alor s m êm e que la for êt de Sén ar t a été l’un e des plus touch ées d’Ile-de-Fr an ce. Les peuplem en ts for estiers voisin s étaien t alor s en bon état san itair e, ce qui n ’est plus le cas aujourd’h ui. Nous proposon s d’assurer la sécurisation du r éseau, n on par l’élar gissem en t des em pr ises actuelles com m e RTE per siste à le pr oposer, m ais par la cr éation et la gestion d’un eli s iè re i r ré gu liè r ee, d’un e lar geur d’au m oinsproch e de la lisièr e n atur elle d’un e for êt. Cette zon 20 m ètr es, fer ait l’objet d’un e gestion par ticulièr es o n n te n a n t fo re s tie rc a r a c tè re m a i . Ceci exclut évidem m en tgé ré e p a r la s u r fa c e RTEa u gm e n ta ti o n d e to u te . Si depuis plus de 15 an s, un e telle gestion de lisières a fait l’objet d’im por tan tes r éflexion s, à Sén ar t et ailleur s en Ile-de-Fr an ce, si un début de m ise en œ uvr e a par fois eut lieu, n ous n e con n aisson s aucun exem ple où elle a été pour suivie dan s la dur ée. Un e telle dém ar ch e doit
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don c êtr e con sidér ée com m eh a u te m e n t e xp é ri m e n ta le. Elle n e peut se con cevoir sans s’appuyer sur les savoir -fair e de for estier s de ter r ain expérim en tés et, bien sûr, san s un en gagem en t fin an cier de lon gue dur ée. Si cet objectif figur ait déjà dan s le plan de gestion de 1997, aucun e m esur e con cr ète pr écise n ’y était associée. Il n ’a fait l’objet d’un début de m ise en œ uvr e que dan s le Bois Ch ar don . Apr ès 10 an s, on peut y con stater l’absen ce de dépér issem en t des ar br es de lisièr e et un e am élior ation globale des em prises et de leur s abor ds. Nous considéron s que l’Office Nation al des Forêts, gestion n air e de la m ajeur e par tie du m assif de Sén ar t, a seul la légitim ité et la com péten ce pour con duire dan s la dur ée un e telle gestion de lisièr e. Malh eur eusem en t, à ce jour, l’Office Nation al des For êts n ’a pas en cor e expr im é la volonté de s’en gager r ésolum en t dan s cette voie. N o s p ro p o s itio n sLe s o b je c tifs re te n u s p a r S FMIII e t s e s p a rte n a ire s
Il convien t d’abord de pr en dr e en com pte les objectifs déjà cités du plan de gestion de 1997 et d’y ajouter les élém en ts ou pr écisions qui étaien t m écon n us en 1997 : la pr éser vation dur able des sols com m e com posan te m ajeur e de la biodiversité ; la pr otection du patr h istor ique im oin e ch éologique et ar en par don t ticulier les fortifications en ter r e de 1915 ; de l’aban don des déch la pr éven tion ilieu n atur el, ets dan s le m étan tcette pr éven tion assur ée tout autan t par l’in ter diction ph ysique de l’accès des véh icules n on autor isés que par des paysages valor isés par un lar ge public ; douces avec la gestion d’un des «ch em in sla pr ise en com pte explicite des cir culation s de visite» pour qu’il soita u s s iutilisable par les piétons et les cyclistes. N o n a u d u m p in g e n viro n n e m e n ta l
Pen dan t ces der n ièr es an n ées en par ticulier, RTE s’est si peu pr éoccu pé de l’in ser tion en vir on n em en tale de ses ouvr ages que sa dém ar ch e doit êtr e r approch ée de celle des in dustr iels in dien s ou chin ois du «r etr aitem en t» des déch ets. Lor s de l’ébauch e de con cer tation in ter ven ue au début de 20 10 , il est appar u que la pr éoccupation pr incipale de RTE (ou de sa r epr ésen tan te ?) était de gar an tir la four n itur e d’électr icité au pr ix le plus bas possible, la pr ise en com pte de l’in sertion en vir on n em en tale des ouvr ages n ’étan t en visagée que sous r éser ve de l’existen ce d’un «m ontage fin an cier » ad hoc, c’est- à-dir e en fait d’un e im por tan te participation fin an cièr e des collectivités locales et de l’Etat (ou de ses ém an ation s). Cette position n ous par aît totalem en t in acceptable. Nous con sidér ons, qu’au m oin s à ter m e, c’est à RTE d’assum er la totalité du coût de la com pen sation globale des dom m ages en vir on n em en taux associés à ses ouvr ages, la réper cussion de ces fr ais sur les utilisateurs d’électr icité n e pouvan t que favor iser les économ ies d’én er gie. Le sch ém a ci-join t fourn it un exem ple d’em pr ises RTE «idéales» associan t la diver sité des h abitats n atur els cr éés ou favorisés par le passage des lign es à h aute ten sion aux n écessair es m esur es de gestion et de pr otection qu ’elles im posen t, tout en favor isan t l’accueil du public.
Lisière irrégulière à créer et à gérer
Proposition de zonage autour des lignes HT du massif forestier de Sénart
Mare
Fruticée
Ilôt boisé
Emprise réelle des lignes
Gérard Herbuveaux, Hubert Michel (SFMIII), mise à jour juillet 2010
Zone forestière à gestion particulière Zone entretenue régulièrement par des engins mécaniques Zone à gérer par les techniques du génie écologique Pied de pylone Chemin de visite destiné à la surveillance des lignes HT par RTE Partie entretenue pour la circulation des piétons et des cycles