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163 pages
Français

L'antiterrorisme à l'âge du djihadisme

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Français

Description

Ce livre appréhende le terrorisme djihadiste, la trajectoire de ses acteurs et les stratégies et tactiques de l'antiterrorisme. En analysant une vingtaine d'épisodes récents, il déduit en comparant les échecs et les succès, les moyens par lesquels les forces de la police et les services de renseignement réussissent à prévenir les attentats et à démanteler les réseaux djihadistes.

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Date de parution 12 février 2018
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EAN13 9782140069390
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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Exrait

Maurice Cusson
L’ANTITERRORISME À LÂGE DU DJIHADISME
Avec la collaboration de Olivier Hassid, Jonathan James, Olivier Ribaux, Raphaël Duguay, Nabi Youla Doumbia et Claire Chabot
L’antiterrorisme à l’âge du djihadisme
CollectionSécurité et Société dirigée par François Dieu Cette collection publie les travaux de chercheurs de toutes dis-ciplines intéressées par les problèmes de sécurité. Elle se propo-se d'aborder ces questions en toute liberté de problématique et de méthodologie, en étudiant notamment le développement des fonctions et institutions policières, les politiques publiques de sécurité, les manifestations de violence et formes de délinquan-ce qui menacent les sociétés contemporaines, les risques techni-ques et les systèmes de protection qu'ils suscitent. Dernières parutions François DIEU,L’identité du gendarme, 2018 Jean-François IMPINI,Délinquance sérielle et police judiciaire, 2017 Jean-Stéphane VIALLEFONT,Terrorisme, islamisme et sacrifice. La mort en transfiguration, 2016 Pierre THYS,Les armes « à létalité réduite », 2010 Chikao URANAKA,Police et contrôle social au Japon, 2010 François DIEUet Pascal SUHARD,Justice et femme battue. En-quête sur le traitement judiciaire des violences conjugales, 2008 Laurent MUCCHIELLI(sous la dir.),Gendarmes et voleurs, 2007 Jean-Hugues MATELLY,Une police judiciaire… militaire ? La gendarmerie en question, 2006 François DIEU(sous la dir.),Questions de sécurité, 2006 François DIEU,Police de la route et gendarmerie, 2005 Alain PINEL,Une police de Vichy. Les groupes mobiles de ré-serve (1941-1944), 2004 François DIEU,Policer la proximité. Les expériences françai-ses, britanniques et new yorkaises, 2003 Christian CHOCQUET,Terrorisme et criminalité organisée, 2003 Benoît DUPONT,Construction et réformes d'une police : le cas australien, 2003
Maurice Cusson L’antiterrorisme à l’âge du djihadisme Avec la collaboration de Olivier Hassid, Jonathan James, Olivier Ribaux, Raphaël Duguay, Nabi Youla Doumbia et Claire Chabot
Du même auteur La Resocialisation du jeune délinquant, Presses de l'Université de Montréal, 1974
Délinquants pourquoi ?, Hurtubise HMH, 1981. Réédité en 1995 par Bibliothèque québécoise
Le Contrôle social du crime, Presses universitaires de France, 1983
Pourquoi punir ?, Dalloz, 1987 Croissance et décroissance du crime, Presses universitaires de France, 1990 Criminologie actuelle, Presses universitaires de France, 1998 e La Criminologieédition), Hachette, 1998. Réédité en 2014 (6 Prévenir la délinquance, Presses universitaires de France, 2002. Réédité en 2009 La Délinquance, une vie choisie, Hurtubise HMH, 2005. Réédité en 2010 par Bibliothèque québécoise L'Art de la sécurité. Les Enseignements de l'histoire et de la criminologie, Hurtubise HMH, 2010. Réédité en 2011 par les Presses polytechniques et universitaires romandes Les Homicides. Criminologie historique de la violence et de la non-violence, Hurtubise HMH, 2015 © L’Harmattan, 2018 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-14157-2 EAN : 9782343141572
Introduction Ce livre a pour objet l’antiterrorisme – ou contre-terrorisme – conçu comme l’ensemble des activités visant à anticiper, prévenir, contrer et réprimer les actes criminels des terroristes. Le contre-terrorisme tel qu’il est pratiqué par les services de police et de renseignements des démo-craties modernes a recours à un ensemble de tactiques et de techniques : la surveillance, l’infiltration, l’interception des communications, la protection des sites, le démantè-lement des réseaux, etc. Sur la ligne de front de l’antiterrorisme, nous trouvonsles forces d’élite d’intervention comme, en France, le RAID de la police nationale et le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) et, au Québec, le Groupe tactique d’intervention de la Sûreté du Québec. Les servi-ces de police et de renseignements ont un rôle essentiel à jouer. Les magistrats prennent des décisions cruciales. Et quand un terroriste est condamné, il est emprisonné, plus tard, placé en libération conditionnelle. Les services péni-tentiaires et correctionnels ne peuvent donc être ignorés. L’antiterrorisme n’est pas un monopole de l’État. Les agences de sécurité privée et les services internes de sécu-rité propres aux institutions et entreprises y contribuent par la sécurisation de leurs sites menacés. Ainsi le directeur de la sûreté au sein d’une organisation privée, publique ou parapublique mobilise des moyens humains et technologi-ques pour protéger l’établissement qui lui est confié contre les intrusions, incluant celles des terroristes. Des gardiens sont présents dans les aéroports, les usines d’explosifs, les grands magasins et autres lieux susceptibles d’être pris pour cible par les terroristes.
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Nombreux sont les ouvrages sur l’histoire et les causes du terrorisme ainsi que les travaux des islamologues et philo-sophes sur les rapports entre l’islam et la violence. Mais nous ne trouvons que peu d’écrits sur l’antiterrorisme, ses tactiques, ses techniques, ses stratégies. Il ne suffit pas de connaître les terroristes pour en déduire un contre-terrorisme efficace et respectueux de la règle de droit. En-core faut-il savoir quoi faire et comment le faire. De quels moyens les services de police et de renseignement, la jus-tice et les services pénitentiaires disposent-ils pour faire face ? Que savons-nous sur l’efficacité des dispositifs de lutte contre les attentats terroristes ? Quelles leçons pou-vons-nous dégager des succès et des échecs des opérations antiterroristes des dernières années ? Comment les acteurs de l’antiterrorisme opèrent-ils et comment pourraient-ils devenir plus efficaces : mieux prévenir, mieux surveiller, mieux traiter l’information, mieux protéger, mieux contrô-ler ? Les réponses à ces questions se font rares. Parce que nous trouvons, d’un côté, les spécialistes des services secrets qui savent, mais à qui il est interdit de parler et, de l’autre, les politiciens qui ne savent pas (ce qui ne les empêche pas de parler). Pourtant l’information ne manque pas tout à fait. Les attentats terroristes font grand bruit dans les mé-dias, ils sont décrits, racontés avec un luxe de détails, y compris sur ce que les services ont fait et sur ce qu’ils au-raient dû faire. Par ailleurs, nous trouvons dans les ouvra-ges spécialisés des analyses éclairantes sur la manière dont certains services ont réussi à démanteler une cellule terro-riste et, ce faisant, à prévenir un attentat. En la matière, nous ne sommes pas dans le noir complet. Les orientations stratégiques sur la lutte contre le terroris-me sont fixées par l’autorité politique. Mais est-elle suffi-
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samment informée ? Pour leur part, les spécialistes de l’antiterrorisme n’ont que des idées floues sur l’efficacité de leur action ; ils ne savent pas vraiment ce qui marche et ce qui ne marche pas dans leur pratique. C’est dire qu’un livre consacré à l’antiterrorisme pourrait intéresser, d’un côté, les politiques et les hauts fonctionnaires qui définis-sent les grandes orientations du contre-terrorisme et, de l’autre, les spécialistes, y compris les « opérationnels », qui veulent s’informer et réfléchir sur les succès et les échecs enregistrés ailleurs et par d’autres. L’antiterrorisme dont il sera question dans ce livre prend pour cible les djihadistes contemporains, c’est-à-dire les terroristes se réclamant de l’islam le plus radical qui tuent ou complotent de tuer en croyant livrer une guerre sainte contre l’Occident. Ce choix me conduit à exclure du pro-pos la terreur d’État et les violences – souvent qualifiées de terroristes – qui font rage au cours des guerres de reli-gion et autres guerres civiles. La terreur d’État obéit à une tout autre logique et elle tue manière beaucoup plus mas-sive que les attentats qui ont fait les manchettes en Europe depuis 2015. Entre la terreur d’État et le djihadisme, les différences sont considérables : par l’ordre de grandeur des massacres, par les rapports de force, par les raisons de l’exercice de la violence. Plan de l’ouvrage er Le chapitre 1 met en avant quelques notions et thèses pour penser un antiterrorisme démocratique, défensif et préventif. Le chapitre 2 porte sur les organisations terroristesqui frappent aujourd’hui les démocraties occidentales : leur idéologie, leur stratégie et leurs tactiques.
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Le chapitre 3 décrit le processus de radicalisation condui-sant le djihadiste à vouloir tuer au sacrifice de sa vie. Au terme de ce chapitre, le lecteur aura saisi pourquoi, dans un pays comme la France, on trouve des terroristes, mais aussi, pourquoi ils sont très peu nombreux. Le chapitre 4 compare des échecs à des succès de l’antiterrorisme pour en dégager les leçons. Les échecs examinés ici sont de graves attentats que les services n’ont pas pu prévenir à cause de défaillances identifiables. De l’autre côté, nous avons retenu deux catégories de succès du contre-terrorisme : d’abord, des opérations conduisant au démantèlement d’une cellule avant qu’elle ne puisse passer à l’attaque ; ensuite, les dispositifs de prévention qui ont réussi à mettre un terme à une série d’attentats. Le chapitre 5 part du constat que si des terroristes veulent tuer plusieurs personnes, ils doivent se procurer des armes ou des explosifs, recruter des complices, coordonner leurs actions, communiquer entre eux, s’entraîner, etc. L’on en déduit qu’un moyen de prévenir les attentats consiste à éliminer les unes après les autres les conditions permettant aux terroristes de réaliser leurs objectifs de mort. Le chapitre 6 défend la thèse voulant qu’il ne suffit pas de découvrir et d’arrêter les terroristes, encore faut-il protéger leurs victimes potentielles. Il répond à deux questions : d’abord, quels sites faut-il protéger en priorité ? Ensuite, comment les protéger ? Comment les services de police et de renseignement par-viennent-ils à détecter un complot terroriste en temps utile pour empêcher un attentat ? Le chapitre 7 répond à cette question en décrivant les méthodes d’enquête et de traite-ment de l’information utilisées pour éventer un complot.
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Le chapitre 8 décrit les moyens d’une vraie surveillance et d’un vrai contrôle des terroristes trouvés coupables. Le chapitre 9 prend appui sur des exemples de groupes terroristes aujourd’hui disparus, notamment, en Allema-gne, la Fraction armée rouge, pour rappeler que ces orga-nisations sont mortelles et pour en donner les raisons. Ce chapitre servira de conclusion. Remerciements Au début et à la fin du travail de rédaction de cet ouvrage, j’ai profité de la collaboration de collègues, d’amis et de doctorants. Ils m’ont fourni de l’information. Ils m’ont ouvert de nouvelles pistes. Ils m’ont obligé à préciser mes idées. Ils m’ont proposé une foule de corrections. Aupara-vant, en réaction à l’attentat de Charlie Hebdo, avec Oli-vier Hassid, directeur et spécialiste en sûreté à Pricewater-houseCoopers et Jonathan James, doctorant à l’Université de Montréal, nous avions écrit un article sur l’anti-terrorisme. Article qui fut une préparation à la conception du présent livre. Raphaël Duguay, criminologue et expert en sécurité physique de la Commission canadienne de sé-curité nucléaire du Canada, m’a expliqué comment sécuri-ser un site exposé à une grave attaque terroriste. Olivier Ribaux, directeur de l’École des sciences criminelles de l’Université de Lausanne, m’a fait profiter de ses vastes connaissances sur l’enquête criminelle, la police scientifi-que et l’analyse des données sur les phénomènes crimi-nels. Et il m’a obligé à repenser et nuancer mes idées sur le contrôle et la surveillance des individus trouvés coupa-bles d’actes terroristes. Nabi Doumbia, PhD criminologie et Claire Chabot doctorante en criminologie de l’Université de Montréal m’ont fait découvrir des faits
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